BANGUI DISPOSE D’UNE GARNISON DE 02 BATAILLONS :

Jeudi 30/11/2017 : 09H49

BANGUI DISPOSE D’UNE GARNISON DE 02 BATAILLONS : LES MALFRATS PEUVENT-ILS CONTINUER A DEFIER L’AUTORITE DE L’ETAT ET FROISSER LES INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE ?

Faca 4De l’armée de projection, la RCA passe à une armée de garnison. Et la ville de Bangui dispose depuis quelques mois d’une garnison, avec deux bataillons formés par l’EUTM, désormais opérationnels. Les bandes armées, ces bandits de grand chemin, peuvent-ils continuer impunément à défier l’autorité de l’Etat et froisser les institutions de la République ? Les rumeurs les plus folles sèment la panique au sujet de la fête du 1er décembre 2017. Les Anti-Balaka proches de Bozizé d’un côté, les ex-combattants Séléka de l’autre. Les déserteurs des rangs des FACA qui ont intégré les Anti-Balaka, se croient plus seigneurs de guerre, plus puissants, font diffuser des informations toxiques de nature à troubler la quiétude de la population. Ces soldats déserteurs sont bien connus de toutes les Forces de Défense et de Sécurité ( FDS). Bangui doit être sécurisée à au moins 90 %.

La défense de la patrie doit être au cœur de la mission des FACA. Il faut desserrer l’étau autour de la ville de Bangui. Les Anti-Balaka et les ex-combattants Séléka se croient tout permis, alors que les données ont changé. Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont debout et opérationnelles ; c’est un complément indispensable aux efforts de la Minusca, en plus de la gendarmerie, de la police et de l’OCRB qui font déjà un travail formidable. L’exemple de l’OCRB mérite d’être suivi par tous afin de restaurer la paix, la sécurité et la stabilité. La RCA a besoin de ces facteurs de manière urgente pour amorcer l’amélioration des conditions de vie de la population excessivement misérable. Les populations exilées, celles déplacées aspirent à retrouver leur dignité, le minimum qu’on puisse dire. La misère n’a plus de qualification en RCA, après plus de vingt (20) ans de crises militaro-politiques, depuis 1996. Fort heureusement, c’est un pays béni de Dieu et le Tout-Puissant fait encore prospérer l’économie de cueillette : les chenilles, les champignons, les criquets se succèdent et constituent un don de Dieu pour soulager la misère du peuple centrafricain. Les prix sont à la portée de toutes les bourses des plus pauvres, des plus misérables.

Les FACA retrouvent peu à peu leur lettre de noblesse. Il leur faut des véhicules pour la mobilité, les patrouilles et la surveillance du territoire de nuit comme de jour, avec l’appui de la Minusca. La garnison de Bangui a la lourde mission de sécuriser la célébration du 1er décembre 2017, fête nationale. Après les affres de la guerre, les Centrafricains ont le droit de se détendre, de se délecter et de se distraire un temps soit peu. La RCA n’est pas une prison. Le commandant Anatole Ngaya de la garnison de Bangui a du pain sur la planche. Les Banguissois ont les yeux tournés vers lui afin qu’ils soient rassurés. Les FACA sont encore démunies certes, mais avec peu, elles peuvent faire bien des choses. La logistique fait cruellement défaut : les véhicules, les armements lourds, les lance-missiles et les missiles sol-sol et sol-air, les tanks, les chars blindés, les hélicoptères de combat. Selon un officier des FACA, l’Armée Centrafricaine dispose de deux (2) Mig stationnés à l’aéroport Bangui M’Poko. Les FACA ont des pilotes qui peuvent les faire fonctionner pour pilonner les malfrats de tous bords qui hantent le pays.

La majorité de généraux est inutilisable. Touadéra doit faire appel aux généraux de sa génération afin de tenir le même langage. Comme a dit le président français Emmanuel Macron à Ouagadougou au Burkina Faso, « je suis comme vous, jeune… ». Les oiseaux de même plumage volent toujours ensemble. Depuis le début de la crise centrafricaine à ce jour, les vieux généraux sont dans leur petit coin et muets comme des carpes, mais aspirent toujours à occuper des postes pour écarter les jeunes généraux aguerris et dynamiques qui veulent contribuer à sauver leur pays. Le général  Jean-Pierre DoloWaya a fait ses preuves sous Bozizé, en allant pulvériser la base de Baba Laddé qui a détalé comme un lapin débusqué. Le général Galoti a effectué dans le Nord du pays, des missions sur missions jusqu’à ce que, surexploité par le régime Bozizé, il démissionne. Voilà des généraux qui doivent être les piliers de l’armée, en complément de l’actuel Chef d’Etat major. Un général de la génération de votre grand père n’a aucun apport, tant en dynamisme, en stratégie, qu’en vision d’une armée nationale républicaine. C’est la vieille garde qui a lamentablement échoué avec les précédents régimes. Où étaient-ils pour que le pays en arrive là ? Comme disent les philosophes, « tout homme est fils de son temps ». Et Macron, président français, n’a pas choisi au hasard, de s’adresser à la jeunesse universitaire du Burkina Faso. Les jeunes de même génération se comprennent mieux qu’avec les vieux crocos à bout de souffle et qui n’ont plus de jus.

L’Oubangui-Chari n’a plus de sens aujourd’hui, mais figure dans les annales de l’histoire. Des Oubanguiens encore en activité au sein de l’administration de l’Armée, cela pose un sérieux problème d’efficacité et de dynamisme. Les généraux de l’Oubangui-Chari doivent être honnêtes avec eux-mêmes et céder les places qu’ils occupent inutilement aux jeunes généraux. Il ne suffit pas d’être là pour placer ses pions, les fidèles serviteurs, les « doungourous », les parents, amis et connaissances. Macron tient le langage de sa génération, car il n’a pas connu l’esclavage et la colonisation. Il ne saurait en être autrement avec Touadéra et tous les autres dirigeants qui viendront.

Il est inadmissible que ceux qui ont travaillé avec Boganda et De Gaule soient encore aux affaires en RCA. La jeunesse centrafricaine est pénalisée, car sans issue, puisque les vieux crocos s’accrochent mordicus.

Julien BELA

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