BANGASSOU, MOBAYE BASCULERONT DANS UN ...

Mercredi 14.06.2017 : 10H35

BANGASSOU, MOBAYE BASCULERONT DANS UN NOUVEAU REGAIN DE  VIOLENCE A CAUSE DE L’ATTITUDE, DES COMPORTEMENTS DES CASQUES BLEUS MAURITANIENS

Deplaces 5Un autre regain de violence sans précédent se dessine lentement mais sûrement à Bangassou, à Mobaye, respectivement chefs-lieux des préfectures du Mbomou et de la Basse-Kotto. La situation sécuritaire qui prévaut dans ces régions du pays n’est pas aux beaux fixes. Après l’attaque de la localité de Bangassou par les éléments d’autodéfense à la mi-mai, les choses se compliquent davantage. Depuis un certain temps, Bangassou semble être encerclée par les différents groupes armés qui poussent en RCA comme des champignons dans la forêt de l’Amazonie. On y trouve des Anti-Balaka, des éléments d’autodéfense, des combattants du FPRC, de l’UPC, de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) du tristement célèbre sanguinaire Joseph Kony, et nous en passons. A Mobaye, ce sont les éléments de l’UPC de Ali Daras qui règnent en maitres absolus des lieux. Dans tout ce chaos indescriptible qui échappe au contrôle des autorités, si nous osons le croire, c’est l’attitude, les comportements des Casques Bleus mauritaniens qui laissent à désirer. Dès leur première participation à une force de maintien de la paix dans le monde, principalement en Centrafrique, la prestation de ces derniers ne cesse d’être critiquée et remise en cause par les populations dans les zones où ils sont déployés. A Ngakobo, ville située dans la préfecture de la Ouaka, les habitants avaient eu chaud à cause de l’attitude et des comportements de ces derniers qui assistent au massacre des populations civiles sans réagir. Il en était de même pour la population de Bambari. Chaque jour, des marches pacifiques étaient organisées pour demander le départ de ce contingent mauritanien qui se range toujours derrière les combattants de l’ex-coalition Séléka. Nous pensons aujourd’hui qu’ils ne sont plus à Ngakobo, à Bambari, raison pour laquelle la paix et la sécurité reviennent dans cette partie du pays. Aujourd’hui, les Casques bleus mauritaniens sont déployés à Bangassou, à Mobaye. D’après les informations qui nous parviennent de la ville de Bangassou, ces soi-disant soldats de la paix distribueraient des armes à certains  compatriotes pour se défendre contre toutes attaques de certains groupes armés susceptibles de s’en prendre à eux. Et ces concitoyens, après avoir reçu ces armes et munitions, en font usage. Ils n’hésitent un seul instant à tirer sur tout ce qui bouge. La population non musulmane de Bangassou est considérée comme des Anti-Balaka. Ne pouvant supporter les dérapages de ces Casques Bleus mauritaniens, nombreux se sont réfugiés en RD-Congo. D’autres se sont terrés dans la brousse et risquent fort bien d’être pris en étau par les groupes armés qui ont encerclé la ville. Dans la ville de Mobaye, les Casques Bleus mauritaniens sont accusés d’être de connivence avec les combattants de l’UPC qui ont pris contrôle de toute la localité et ses environs. Selon les habitants de cette ville, le contingent mauritanien de la Minusca est toujours aux côtés des hommes de l’UPC. Et ce n’est pas étonnant. A Bambari, à Ngakobo et consorts, les Casques Bleus mauritaniens, selon les propos des habitants, auraient manœuvré ensemble avec les combattants de l’UPC. Et c’est ce qui se passe en ce moment dans le Sud-est de la RCA. L’adage qui dit, « qui se ressemblent, s’assemblent », est devenu réalité en Centrafrique. Dans ce cas de piètre figure, les Casques Bleus mauritaniens sont-ils réellement des soldats de la paix ? Sont-ils neutres, impartiaux comme disent leurs responsables ? Eu égard à tout ce qui se passe à Bangassou et à Mobaye, ces deux villes risquent de basculer dans la violence inouïe si les Mauritaniens ne sont pas délocalisés. C’est un danger imminent. Les autorités centrafricaines et les responsables onusiens doivent y pencher le plus rapidement possible pour éviter que le pire n’arrive. C’est vraiment dommage pour la Mauritanie qui participe pour la première fois de son histoire à une force de maintien de la paix de l’ONU. Ce contingent doit être rapatrié sous peine d’être considéré comme complice ou coauteur des crimes commis par les groupes armés, principalement l’UPC de Ali Daras. Qui vivra, verra.  

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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