BAMABARI SOUS HAUTE TENSION : DES AFFRONTEMENTS ENTRE ...

Lundi 20 Fév. 2017 : 10H08

BAMABARI SOUS HAUTE TENSION : DES AFFRONTEMENTS ENTRE FPRC-MPC ET L’UPC,

 PSYCHOSE GENERALISEE AU SEIN DE LA POPULATION , ALI DARASSA SOMME DE QUITTER LA VILLE

Ali darassaLa tension vive entre la coalition FPRC-MPC de Nourredine Adam et Mahamat Alkhatim, et l’UPC d’Ali Darassa ne faiblit pas. Après le raid aérien de la Minusca sur cette coalition qui avait tenté de franchir la « ligne rouge, raid au cours duquel le chef d’état-major du RPRC, Joseph Zoundéko avait trouvé la mort, les affrontements entre ces groupes armés  dissidents de la Séléka font rage.

Ces combats très meurtriers se déroulent à quelques kilomètres de la ville de Bambari où se sont massés les combattants de l’UPC pour stopper l’offensive de la coalition FPRC-MPC sur Bamabari. Les éléments de Ali Darassa, dans un passé récent, ont décidé de défendre la ville de Bamabari, où ils ont installé leur Quartier Général (Q.G). De l’autre côté, les hommes de Nourredine Adam et Mahamat Alkhatim, dans une interview accordée au RJDH, sont déterminés à aller jusqu’au bout. Leur objectif final est de déloger Ali Darassa de Bambari, y compris aussi ses hommes qui sont très enclins dans les tueries, les massacres des populations civiles à Bambari, Kouango Zangba … ; sans oublier les incendies des maisons et villages entiers. A la fin de la semaine dernière, l’ONG Human Right Watch a publié un rapport accablant sur l’UPC. D’après ce rapport, trente-six (36) personnes, hommes et femmes, ont été tuées dans une école  alors qu’elles étaient convoquées pour une réunion. Les exactions des combattants de l’UPC sur les populations civiles ayant pris une vitesse de croisière et très inquiétantes pour l’avenir des habitants dans ses zones de juridiction, c’est dans ce contente que la coalition FPRC-MPC veut définitivement y mettre fin en chassant ou en délogeant Ali Darassa.

Nous ne sommes pas à mesure de fournir le bilan de ces affrontements intercommunautaires. Car l’accès aux zones où se déroulent les affrontements est difficile à cause de la cruauté des combattants. Même les ONG humanitaires ne sont pas autorisées à y mettre pied pour s’occuper des blessés et éventuellement enterrer les cadavres. Ces combats se déroulent loin des caméras. Ces criminels, ces hors-la-loi, ces va-t-en-guerre, sans âme, ni foi, tirent sur tout ce qui bouge. Les villes d’Ippy, de Bakala et le village Ndassima, ainsi que d’autres villages dans le périmètre des affrontements, ayant été vidés de ses habitants au profit de la ville de Bamabari encore sous le contrôle de l’UPC, aucune information ne filtre sur les combats. Est-ce que les rebelles des deux (2) camps s’en prennent aux civils innocents qui fuient les affrontements ? Les populations sous la protection des Casques Bleus dans ces zones sont-elles attaquées par ces rebelles ? Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes et demandent des éclaircissements.

Mais au moment où les combats se rapprochent de la ville de Bamabari, les déplacés venus de Bakala, Ippy, Ndassima, ainsi que les habitants de la dite ville sont inquiets. La psychose généralisée s’est emparée d’eux, malgré que la ville soit calme en dépit de quelques tirs sporadiques, probablement de la part des combattants de l’UPC. Aucun incident n’est encore signalé à Bambari. D’après un habitant de Bambari joint au téléphone, l’inquiétude se lit sur le visage des habitants. Ils disent que, si l’UPC et la coalition FPRC-MPC s’affronteront à Bambari, ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Mais les Casques Bleus de la Minusca ont pris des dispositifs sécuritaires et ont renforcé leur position sur le terrain. Nous osons espérer pour notre part que la fameuse « ligne rouge » ne sera pas franchie par le FPRC et le MPC. Dans cette situation sécuritaire extrêmement tendue entre les factions dissidentes de la Séléka, et pour éviter que le pire ne se produise à Bambari, d’après certaines sources non officielles, la Minusca aurait lancé un ultimatum de 48 heures à Ali Darassa pour quitter la ville de Bamabri et cet ultimatum serait expiré depuis le vendredi 17 février. Si cette information s’avère vraie, Ali Darassa acceptera-t-il de partir de Bamabari ? Et quel sort sera-t-il réservé à ses combattants ? Une fois que ce dernier aura pris la tangente, les combattants de la coalition FPRC-MPC abandonneront-ils l’usage de la force, renonceront-ils à la marche sur Bambari et enterreront-ils définitivement la hache de guerre pour faire la paix ? Et si Ali Darassa s’entête, que fera la Minusca ? Quelle position adopteront-ils les combattants du FPRC et MPC ? Autant d’interrogations qui dépassent l’entendement humain. Aux dernières nouvelles, l’UPC et la coalition FPRC-MPC campent toujours leur position.

A l’allure où vont les choses, la préfecture de la Ouaka risque fort de sombrer dans un chaos indescriptible si les forces en présence campent toujours sur leur position ce que nous ne souhaitons pas. Certains leaders des partis politiques et le chef des Anti-Balaka de la région réclament eux aussi le départ d’Ali Darassa de Bambari. Et les Centrafricains s’interrogent en ces termes, « une fois Ali Darassa quittera son Q.G de Bambari, où sera-t-il installé ? Sera-t-il rapatrié dans son pays d’origine ou conduit à la Cour Pénale Internationale (CPI), habilitée à juger ce genre d’individus qui ont commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité » ? Nous disons tout simplement aux Centrafricains de prendre leur mal en patience, en attendant que le ciel s’éclairci sur Ali Darassa. Mais nous souhaitons qu’Ali Darassa et ses principaux généraux soient arrêtés et traduits à la CPI pour répondre de leurs actes. Car si Darassa et les siens seront déplacés de Bambari pour une autre ville de la RCA, les affrontements ne cesseront pas. Les combattants du FPRC-MPC les poursuivront jusqu’à leur dernier retranchement. Donc mieux vaut qu’il parte de la RCA.  Après son départ, Nourredine Adam et Mahamat Alkhatim doivent renoncer à la guerre, s’aligné sur le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Tous les combattants étrangers au sein de leurs groupes doivent eux aussi déguerpir de la RCA. Leur projet machiavélique de partition du pays doit disparaitre à jamais.

Les Centrafricains en général, et les populations de Bamabri en particulier, veulent la paix, rien que la paix. Que cessent les affrontements fratricides très meurtriers entre l’UPC et la coalition FPRC-MPC.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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