AVIS DIVERGENTS DE LA POPULATION SUR L’ANNIVERS...

Lundi .03.04.2017 : 09H13

AVIS DIVERGENTS DE LA POPULATION SUR L’ANNIVERSAIRE DE L’AN 01 DU REGIME TOUADERA

 

Ville de bangui apres la violenceLe 30 mars 2016, le président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra avait prêté solennellement son serment d’investiture, après les élections véritablement crédibles, transparentes et démocratiques qui ont conduit le pays au retour à l’ordre constitutionnel. C’était dans ce sens que le chef de l’Etat a célébré l’anniversaire de son investiture, ce jeudi 30 mars 2017. Profitant de cette occasion, le père de la nation centrafricaine a dressé le bilan de son exercice d’un (01) an au pouvoir. Parmi les multiples défis à relever, la paix, la sécurité à travers la pacification de l’ensemble du territoire pour une véritable réconciliation nationale et la relance de l’économie pour le développement, sont les priorités inscrites dans la feuille de route des nouvelles autorités du pays. Après le discours du chef de l’Etat, la rédaction de Centrafric Matin a fait un tour dans certains arrondissements de la capitale pour recueillir les avis de la population sur la cérémonie de l’an 01 du chef de l’Etat.

Pour certains, le bilan est positif mais beaucoup de choses restent à réaliser sur le plan sécuritaire. Bernadette et Roger, commerçants au marché Gobongo dans le quatrième arrondissement de la ville de Bangui affirmaient que, « le bilan d’un (01) an d’exercice au pouvoir du chef de l’Etat est positif. Les nouvelles autorités du pays ne cessent de mobiliser les bailleurs de fonds pour le développement de la RCA. Grâce aux financements des partenaires internationaux, nous assistons aujourd’hui à quelques réalisations, à l’exemple de la reconstruction des infrastructures routières et la relance de la culture du coton dans les préfectures de l’Ouham et de la Ouaka. C’est déjà un pas en avant. Mais le seul problème qui bloque le développement du pays est la situation sécuritaire encore précaire non seulement dans l’arrière-pays, mais aussi à Bangui. Le gouvernement et la Minusca doivent déployer des efforts pour la réhabilitation totale de nos forces de défense et de sécurité pour protéger le territoire et la population contre les actes barbares des groupes armés et certains bandits de grand chemin ».

D’autres personnes ont affirmé qu’il est encore tôt de dire que le bilan est positif ou non. C’est le cas de Romaric et Bienvenu, résidant à Boy-Rabé, le quartier présidentiel dans le quatrième arrondissement. « Nous venons de traverser une grave crise avec des conséquences extrêmement graves sur la population. Certes, les élections ont contribué au retour à l’ordre constitutionnel. Mais la situation sécuritaire du pays reste encore très tendue, fragile. Tels sont les cas dans les préfectures de la Haute-Kotto et de la Ouaka avec les affrontements meurtriers entre les factions rebelles de l’ex coalition Séléka qui ont occasionné de nombreux dégâts matériels et de lourdes pertes en vies humaines. Il est vrai que des efforts ont été faits par les autorités du pays. Mais c’est trop tôt pour nous de dire si le bilan est positif ou non », ont-ils martelé. Jacques, un habitant de Kaga-Bandoro qui s’est réfugié avec sa famille à Bangui suite aux derniers événements douloureux survenus dans sa région natale, n’était pas passé par quatre (04) chemins pour dire, « pourquoi dresser si vite un bilan ? On ne reconstruit jamais un pays pendant un (01) an. La crise que nous avons traversée et continue de traverser est très profonde. Et les défis auxquels nous faisons face sont immenses et complexes. L’insécurité gagne encore une bonne partie du territoire, empêchant la restauration de l’autorité de l’Etat et la libre circulation des personnes et des biens. Donc pour moi, il faut attendre la fin du mandat des autorités du pays pour faire un bilan exact de la situation ».

Certains centrafricains que nous avions interrogés aux quartiers Combattant et Miskine dans le 5ème et 8ème arrondissements de Bangui, parlaient d’un bilan mitigé à cause des exactions des groupes armés sur les populations civiles dans l’arrière-pays. Selon ces derniers, « le bilan d’un (01) an au pouvoir de Faustin Archange Touadéra est mitigé. La RCA ne se limite pas seulement à Bangui. Ceux qui sont tués et massacrés dans l’arrière-pays, ne sont-ils pas des centrafricains ? C’est toute la population qui a voté pour espérer à la paix. Il est inadmissible que certains compatriotes continuent de souffrir sous les bottes des groupes armés. La mission première du gouvernement est de protéger sa population. Mais comme l’armée nationale n’est pas opérationnelle, il revient à la Minusca de prendre sa responsabilité pour sauver la vie des Centrafricains qui souffrent. Ce sont les Nations-Unies qui empêchent notre armée d’être opérationnelle à travers l’embargo. Dans quel pays au monde un gouvernement légitime ne dispose t-il pas de ses forces de défense et de sécurité ? Tant que les groupes armés ne sont pas désarmés, et que les FACA vont continuer de moisir, rein ne peut aller dans le bon sens ».

Il est à noter que Faustin Archange Touadéra a été élu comme président de la république dans un contexte de crise militaro politique déclenchée en décembre 2012 par l’ex coalition Séléka qui a renversé le régime de François Bozizé le 24 mars 2013. La contre offensive des Anti-Balaka menée contre les actes de tortures et pillages des combattants de la Séléka le 05 décembre 2013, a conduit le pays aux tueries intercommunautaires. Le déploiement des forces internationales (Sangaris et Minusca) a baissé les tensions et a permis aux autorités de la transition d’organiser les élections avec le concours de la Communauté internationale.

Depuis la date du 30 mars 2016 où le président de la république a prêté serment, nous assistons à un changement par la mise en place de toutes les institutions républicaines. Mais malgré quelques réalisations sur le plan socioéconomique, le principal défi reste l’insécurité grandissante dans plusieurs régions du pays, empêchant la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et la libre circulation des personnes et des biens.

 

Bénistant MBALLA

 

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