ATTAQUES REPETEES DES GROUPES ARMES CONTRE ...

Jeudi 08.06.2017 : 10H35

ATTAQUES REPETEES DES GROUPES ARMES CONTRE LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA :

NON APPLICATON DE LEUR MANDAT

Minusca victimeLa Minusca, entendue Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République centrafricaine, a officiellement pris fonction en Centrafrique le 15 septembre 2014, après la Misca, la force sous  conduite africaine. Pour votre gouverne, sa principale mission reste et demeure la protection des populations civiles, comme ses responsables et son porte-parole ne cessent de clamer haut et fort sur les ondes des radios nationales et internationales.

Au départ, cette force onusienne était acclamée par la population centrafricaine, exactement comme l’Opération militaire française, dénommée Sangaris qui était déployée en RCA, le 05 décembre 2013, le jour même où les Anti-Balaka ont attaqué les positions des combattants Séléka dans la ville de Bangui, la capitale. Les Casques Bleus de la Minusca faisaient bien leur travail et étaient en étroite collaboration avec la population centrafricaine. Mais au fil des temps, les soldats onusiens se sont démarqués de l’objectif qui est assigné à leur mission. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, des voix ont commencé à s’élever, dénonçant leurs comportements qui ne cadrent pas avec leur mission. Tantôt, on les accuse d’être de connivence avec tel ou tel groupe armé, tantôt ils protègent certains individus au détriment d’autres. Certains compatriotes vont même plus loin en disant qu’ils donnent des armes et munitions à certains groupes armés. Ce n’est pas feu général Joseph Zoundéko, ex-chef d’Etat major  du FPRC de Nourredine Adam et les populations de Bambari, Bakala, Ippy… et celles de l’enclave musulmane du Km 5 à Bangui, qui nous démentiront. Même certains leaders politiques centrafricains sont montés au créneau pour dénoncer les attitudes affichées par les soldats onusiens, dits soldats de la paix.

Mais durant ces derniers temps, nous assistons à la montée en puissance des attaques répétées contre les Casques Bleus de la Minusca. Récemment, six (6) ont perdu leur vie suite à ces attaques dans la ville de Bangassou. A Mobaye, on nous a signalé aussi une attaque menée par les éléments d’autodéfense contres ces derniers. Dans un passé, les convois de ces mêmes Casques Bleus sont tombés dans une embuscade tendue par des éléments non identifiés assimilés aux combattants de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony,sur l’axe Obo-Mboki. Deux (2) Casques Bleus avaient péri. Nous avons publié un article à ce sujet disant que la crise centrafricaine avait pris une autre tournure, tout en invitant les soldats onusiens à être intransigeants avec tous les groupes armés, sans exception.

Force est malheureusement de constater que nous avons prêché dans le désert de Sahara. Les soldats de la paix continuent toujours d’être accusés par la population centrafricaine, d’avoir collaboré avec certains groupes armés. Et ce n’est un secret pour personne, à moins que l’individu vient de voir le jour. Nous ne pouvons pas être étonné de voir aujourd’hui que les Casques Bleus sont pris à partie par certains groupes armés, notamment les éléments d’autodéfense. Ces incidents surviennent parce que cette force internationale ne respecte pas son mandat. La non application de ceci pose un réel problème.

La Minusca assiste sans réagir aux massacres, aux carnages, aux tueries des populations civiles sans défense. Le plus souvent, elle n’intervient qu’en sapeurs-pompiers après l’incendie. Des gens ont été massacrés au vu et au su de ces derniers sans que cette situation les émeuve. C’est dans ce chaos indescriptible que certains compatriotes se sont constitués en éléments d’autodéfense car ils estiment pour leur part que les Casques Bleus ne sont plus neutres, impartiaux dans la protection des populations civiles. Ils ont un penchant pour certains groupes armés. Quand ceux-ci tuent, incendient, pillent, violent, détruisent tout sur leur passage, ils ne réagissent pas. Mais si ce sont d’autres, ils se dressent contre eux. Comment voulez-vous que ceux-là croisent les bras ? Comment voulez-vous qu’ils croisent les bras alors que leurs parents sont constamment tués grâce à la complicité et à la connivence des Casques Bleus de la Minusca avec certains groupes armés, notamment l’UPC de Ali Daras et tant d’autres ?

Sans nous voiler la face, c’est la non application des différentes résolutions des Nations Unies votées en faveur de la RCA par les Casques Bleus de la Minusca qui sont à l’origine des attaques contre eux. S’ils avaient mis en application le désarmement forcé de tous les combattants des groupes armés, nous n’en serons pas là aujourd’hui. Mais hélas, c’est un statu quo, un silence complice qui ne dit pas son nom.

Pour que les attaques contre les Casques Bleus de la Minusca, ce que nous déplorons, ne se reproduisent plus, ils ont l’obligation d’observer à la lettre leur mandat, de ne plus être de connivence avec certains groupes armés, d’être neutres et impartiaux et de protéger les populations civiles comme il se doit. Sinon…

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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