ATTAQUES CIBLEES CONTRE LES COM...

Mercredi 04/10/2017: 07H42

ATTAQUES CIBLEES CONTRE LES COMMUNAUTES, MASSACRES, INCENDIES, MODES OPERATOIRES PROPRES AUX ANTI-BALAKA

Les attaques ciblées contre les communautés, les massacres des civils, les incendies de villages entiers sont des modes opératoires propres aux groupes terroristes qui sévissent dans le monde entier. Ce sont ces mêmes phénomènes qui  se développent depuis que la crise a été enclenchée en décembre 2012, soldée par la prise du pouvoir de l’ex-coalition Séléka, le 24 mars 2013 et la contre offensive lancée par  les milices Anti-Balaka pendant cette même année.

Un observateur averti serait tenté de dire que ce sont des terroristes déguisés en groupes armés qui opèrent en République Centrafricaine. A l’avancée de la nébuleuse ex-coalition Séléka de la ville de Bangui pour s’emparer du pouvoir, le président François Bozizé disait que ce sont des étrangers qui venaient conquérir la RCA. Personne ne voulait l’écouter parce que tout le monde souhaitait son départ. Ce qui fut fait le 24 mars 2013, date à laquelle la MICOPAX  a ouvert le boulevard aux sanguinaires de la Séléka afin de conquérir le régime de Bangui.

Immédiatement après la conquête du pouvoir, les éléments de la Séléka se sont répandus comme une traînée de poudre dans toutes les régions du pays. Certains éléments disaient clairement qu’un poulet vaut plus cher qu’un être humain créé à l’image de Dieu. La RCA  est devenue le repère des criminels sans foi ni loi : massacres des civils, viols, pillages, incendies de villages et maisons, des champs et greniers agricoles. La population civile centrafricaine continue de dénoncer haut et fort, devant l’opinion nationale et internationale, qu’il y a tant de mercenaires étrangers au sein du mouvement Séléka. Mais personne n’y prête attention. Il a fallu très longtemps après la démission contraignante  de Michel Djotodia à Ndjamena au Tchad le 10 Janvier 2014 que l’opinion internationale a reconnu enfin que la Séléka est bourrée de mercenaires étrangers.

La situation s’est empirée le 05 décembre 2013 avec la contre offensive menée par les milices Anti-Balaka pour contraindre les crimes et les exactions commis sur la population civile par les ex-Séléka. C’est à partir de cette date que le conflit a pris la tournure de ‘’crise interconfessionnelle’’ avec des attaques ciblées contre les communautés, les massacres, les viols collectifs, les pillages, les incendies des maisons des particuliers, des édifices publics et privés ainsi que les sièges des ONG humanitaires nationales et internationales. Depuis bientôt cinq (05) ans, la République Centrafricaine bat le record en termes  de la négation de la personne  humaine.

Malgré les brillantes élections qui devraient mettre fin aux violences des groupes armés et favoriser le retour à la sécurité, la paix, le vivre ensemble et la réconciliation au sein des communautés, la situation sécuritaire du pays n’a fait que s’aggraver. Six (06) mois après le retour du pays à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016, caractérisé par la prestation du serment du chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, la ville de Kaga-Bandoro a connu un carnage dirigé contre la population civile chrétienne par les éléments du MPC, l’une des branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka sous commandement de Mahamat Alkhatim, faisant plus de trois cents (300) morts.

Aujourd’hui, les affrontements s’amplifient dans les régions du Nord-ouest et du Sud-est, avec des attaques ciblées et répétées contre les communautés, les casques bleus de l’Organisation des Nations Unies, voire le personnel humanitaire. De Bangassou à Zemio, en passant par Bria, Alindao, Mobaye pour ne citer que ces villes, les affrontements entre les factions rebelles de la Séléka, les Anti-Balaka de Maxime Mokom et les autodéfenses continuent de faire de nombreuses victimes, tant du côté de la population civile que des travailleurs humanitaires. Parfois, ces attaques des groupes armés sont dirigées contre les sites des déplacés dans lesquels des civils ont trouvé refuge. C’est la preuve qu’il y a des ‘’terroristes’’ qui œuvrent au sein des groupes armés à l’intérieur du pays.

« Terroristes » ? Oui. Cela est possible du fait de la porosité des frontières de la RCA avec les Etats voisins. Depuis que l’ex-coalition Séléka a pris le pouvoir, l’armée nationale qui devrait assurer le contrôle de tout le territoire du pays est frappée par l’embargo, décidé par le Conseil de Sécurité de l’ONU, interdisant l’importation d’armes, de munitions et autres effets de guerre à destination de la RCA. Or, les Etats voisins de la RCA font face également aux crises militaro politiques et aux phénomènes terroristes. Curieusement, la Minusca avec ses 12.500 casques bleus déployés dans le pays pour protéger et pacifier l’ensemble du territoire de la RCA ne joue qu’aux médecins après la mort sans prendre une mesure forte et rigoureuse vis-à-vis des groupes armés.

Les experts des Nations Unies avaient rendu public un rapport de 126 pages, retraçant les trafics d’armes qui se développent entre les frontières de la RCA avec le Tchad, le Soudan, voire les deux (02) Congo. Et tout porte à croire que la voie est totalement libre et permet aux terroristes d’entrer sur le territoire centrafricain en tuant, pillant, incendiant et exploitant frauduleusement les ressources naturelles du pays. C’est le véritable danger pour l’avenir d’un pays comme la RCA qui a perdu tous  ses repaires  depuis plus de trente (30) ans.

La population centrafricaine a décidé de mettre fin à l’impunité à travers la justice. D’où, la mise en place de la Cour Pénale Spéciale pour traquer et juger les auteurs, co-auteurs et complices des plus graves violations des Droits de l’Homme et du droit international humanitaire. La concrétisation de cette Cour a connu des avancées significatives. Mais l’insécurité galopante dans l’arrière-pays est l’un des facteurs entravant cette juridiction d’être concrète. C’est un problème crucial qui devrait mobiliser les partenaires au développement de la RCA afin que les objectifs poursuivis soient atteints.

 

Bénistant MBALLA

 

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