ASSIGNE EN RESIDENCE SURVEILLEE, ROBERT MUGABE

Mardi 21 Novembre 2017 : 10H20

ASSIGNE EN RESIDENCE SURVEILLEE, ROBERT MUGABE S’ACCROCHE AU POUVOIR COMME LES SELEKA ET ANTI-BALA AUX ARMES

Robert mougabeUn tournant décisif s’opère lentement mais sûrement au Zimbabwe. Dans la nuit du 15 novembre 2017, le plus vieux président africain et du monde, le Zimbabwéen Robert Mugabé, âgé de 93 ans et qui a passé 37 ans au pouvoir, est assigné en résidence surveillée par l’armée qui lui est fidèle depuis l’indépendance. En toile de fond, le limogeage de son vice-président et compagnon de lutte très populaire au sein de l’armée pour le remplacer probablement par la 1ère dame du pays, Grâce Mugabé.

Après ce coup de théâtre des militaires, ceux-ci ont affirmé qu’il ne s’agit non pas de coup d’Etat mais d’une purge dans l’entourage du vieux président. Malheureusement, les choses se précipitent et s’apparentent à un coup de force en douceur. Après avoir poussé Robert Mugabé à la démission en vain, ces derniers ont demandé aux Zimbabwéens de descendre dans la rue pour exiger le départ de celui-ci. Ce qui fut fait. Des milliers de personnes de la société civile, de l’opposition et même de son parti, la ZANU PF ont crié leur ras-le-bol en demandant à Mugabé de quitter le pouvoir. Il a été aussi expulsé de son parti tout comme il a démis son vice-président.

Dans la journée du dimanche 19 novembre 2017, les Zimbabwéens s’attendaient à la démission de Robert Mugabé. Curieusement, dans son discours prononcé à la nation aux environs de 19 heures temps universel, 21 heures , heure d’Harare, Mugabé a laissé les Zimbabwéens sur leur soif. Sa démission très attendue par ce peuple n’est pas apparue dans son discours de plus de 20 minutes. Il s’est contenté seulement de dire à son peuple et tous ceux qui souhaitent son départ qu’il présidera le congrès extraordinaire de la ZANU PF à la mi-décembre 2017, alors qu’il a été déjà évincé de la direction du parti qui lui a donné 24 heures pour quitter le fauteuil présidentiel. Ce lundi 20 novembre, la Cour Suprême se réunira pour prononcer, oui ou non, son départ.

Alors que l’étau se resserre autour de Mugabé, ce vieux président s’accroche bec et ongles à son fauteuil présidentiel quoiqu’il soit abandonné, rejeté par son propre parti et ses compagnons de lutte pour l’indépendance. A y voir de près et sans nous voiler la face, Mugabé veut rester à la tête du Zimbabwe jusqu’à sa mort. Et il l’a à maintes reprises répété avant ce coup de théâtre des militaires zimbabwéens. Il n’a nullement l’intention de démissionner.

D’une part, il a raison. Tout juste parce que les militaires, dans les premières heures qui ont suivi son assignation en résidence surveillée, ont souligné clairement qu’il ne s’agit pas d’un coup d’Etat. Donc, si ce n’est pas un putsch, Mugabé doit rester à son poste. S’il persiste et signe aujourd’hui malgré les pressions des militaires, de son parti, de la société civile, de l’opposition, de la rue, la faute incombe aux militaires. Ce sont eux qui  ont dit à l’opinion nationale et internationale que ce n’est pas un coup d’Etat. Mugabé s’en tient aux propos tenus par les militaires le 15 novembre dernier. Nous aurions souhaité que ces hommes en treillis, au lieu de chercher de midi à 14 heures, prennent leurs responsabilités et annoncent eux-mêmes la destitution du vieux président que de tergiverser. Mugabé n’est pas un homme vulgaire. C’est un intellectuel, un homme éclairé, puisqu’il a au moins sept (7) diplômes universitaires à son actif. Trente sept (37) ans au pouvoir avec tous les avantages, les honneurs, Mugabé ne peut se laisser faire. La décision finale appartient à ceux qui veulent pousser Mugabé à la sortie, c’est-à-dire les militaires, un point, un trait.

Tout comme Robert Mugabé surnommé le vieux dinosaure, s’accroche mordicus au pouvoir au Zimbabwé, les Anti-Balaka et les Séléka prennent leurs armes pour le bout de leur nombril en RCA. Malgré les accords de paix, de cessez-le-feu immédiat, de cessation des hostilités, de non agression et les appels lancés par le gouvernement, la Communauté internationale au dialogue pour résoudre la crise, les groupes armés persistent et signent dans les tueries, les massacres, les intimidations, les disparitions forcées, les traitements inhumains et dégradants, les destructions systématiques des édifices publics et privés, des locaux des ONG nationales et internationales, les incendies de villages entiers. Chaque jour, on entend parler des morts par-ci, des blessés par-là. Nos compatriotes qui ont pris les armes ne baissent pas les bras.

La main fraternelle tendue par le président de la République, Chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, est foulée aux pieds par ces hommes en armes. Ils pensent que c’est une faiblesse. Or, il n’en est rien. Touadéra ne veut pas ajouter des malheurs aux malheurs, des Centrafricains. C’est pourquoi, il a opté pour le dialogue afin de résoudre pacifiquement la crise centrafricaine. Mais, les groupes armés ne l’entendent pas de cette oreille. Où veulent-ils nous amener ? A quand cesseront-ils de commettre des exactions sur les populations civiles ? Ceux qui meurent sous leurs balles ne sont-ils pas leurs frères et sœurs ? Autant de questions qui dépassent l’entendement humain. Et nous espérons que pour cette nouvelle armée 2018 qui se pointe à l’horizon, ils reviendront à de bons sentiments pour donner une chance aux déplacés, aux réfugiés de regagner leurs maisons et la terre de leurs aïeux.

« Chaque chose a son début et sa fin », dit-on. Il faut que les tueries, les massacres, les incendies de villages entiers cessent. Le peuple centrafricain veut tourner la page sombre de son histoire.

Il en  est de même pour Robert Mugabé. Après 37 ans de pouvoir sans partage, il est temps qu’il laisse la place aux autres. Le Zimbabwe n’est pas un patrimoine familial, ni une dynastie, un royaume. Il appartient à tous les Zimbabwéens du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Agé de 93 ans, nous pensons pour notre part que Mugabé est fatigué, épuisé et qu’il n’a plus la force de présider à la destinée d’un pays. Il sera souhaitable qu’il démissionne tout en gardant ses prérogatives d’ancien chef d’Etat. Sortir par la petite porte n’est pas digne pour Mugabé, de surcroît, père de l’indépendance.

Rien ne sert de s’accrocher au pouvoir. La fin de Mugabé a sonné. Qu’il pleuve, neige, vente, le vieux président cèdera son poste à son vice-président qu’il a limogé. C’est le vœu des Zimbabwéens.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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