ANTONIO GUTERRES, SG DE L’ONU A BANGUI :

Mercredi 25.10.2017: 10H00

ANTONIO GUTERRES, SG DE L’ONU A BANGUI : QUE DOIVENT LUI DIRE LES AUTORITES DU PAYS ?

Gouterres touad et meckLe Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres a foulé le sol centrafricain ce mardi 24 octobre 2017. Il y séjournera du 24 au 27 octobre 2017. Une visite de travail de quatre (04) jours qui le conduira à Bangassou, chef-lieu de la préfecture du Mbomou meurtri depuis le mois de mai 2017. C’est même dans cette ville que plusieurs Casques Bleus de la Minusca ont trouvé la mort après une embuscade tendue par les Autodéfenses de Bangassou sur l’axe Rafaï-Bangassou. D’autres ont aussi perdu la vie dans une attaque menée par ces mêmes Autodéfenses contre le quartier Tokoyo majoritairement musulman.

Au cours de sa visite, il rencontrera les responsables de la Minusca, les autorités du pays. Mais nous osons croire qu’il est venu toucher du doigt la situation sécuritaire à laquelle est confrontée la population centrafricaine du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Si à Bangui, un calme relatif y règne, par contre, dans les villes de l’arrière-pays, les civils broient du noir, croupissent sous les bottes des groupes armés. Depuis le déclenchement de la crise par l’ex-coalition Séléka en décembre 2012 et l’avènement des Anti-Balaka en décembre 2013, c’est-à-dire un an après, le pays de feu président-fondateur Barthélemy Boganda va de mal en pire. Chaque jour qui passe amène son lot de malheurs : tueries, massacres, tortures, traitements inhumains et dégradants, disparitions forcées, viols et abus sexuels, incendies des maisons, destructions des édifices publics et privés, pour ne citer que ces quelques exactions, sont légion en RCA. Les villes de l’arrière-pays tombent les unes après les autres sous le contrôle des milices Séléka et Anti-Balaka et/ou Autodéfenses. Il est difficile aux Centrafricains, surtout nos compatriotes en province de circuler librement sur le territoire national et de vaquer à leurs occupations habituelles. Nombreux sont obligés de quitter le pays pour se réfugier dans les pays voisins. Ceux qui y sont restés, s’entassent aujourd’hui dans les sites de fortune. D’autres sont dans la brousse et vivent comme des animaux. Ils sont même pourchassés par ces hommes en armes jusque dans leur dernier retranchement. Au jour d’aujourd’hui, on assiste aux attaques ciblées qui s’apparentent en un nettoyage ethnique. Et c’est très dangereux pour le devenir de la nation centrafricaine.

Depuis la fin 2016 jusqu’à ce jour, rien ne va plus en RCA. La situation sécuritaire et humanitaire est alarmante, catastrophique, chaotique et le pays peut encore basculer dans une autre crise qui serait plus dévastatrice que celle que nous vivons actuellement. Mais ce que nous ne comprenons pas, les Casques Bleus de la Minusca sont déployés en Centrafrique au mois de septembre 2014 pour protéger les populations civiles. C’est leur principale mission. Malheureusement, c’est au vu et au su des Casques Bleus de la Minusca que les populations civiles sont massacrées, torturées, maltraitées. Ce ne sont pas les populations de Mobaye, Bangassou, Kémbé, Zémio, Kaga-Bandoro, Bambari, Alindao, Zangba, Mingala, Bocaranga, Bria, Ippy, la liste n’est pas exhaustive, qui nous démentiront. D’autres contingents sont de connivence avec certains groupes armés, notamment les branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka à cause de leur affinité religieuse. L’impartialité et la neutralité sont foulées au pied par ces soldats onusiens, dits soldats de la paix. La presse privée centrafricaine, la société civile, les partis politiques et les Centrafricains lambda ont dénoncée mais en vain ces pratiques honteuses des Casques Bleus de la Minusca. Aucune solution n’a été trouvée à la passivité, à l’immobilisme, à l’attentisme, à l’inefficacité et à la non clairvoyance de la Minusca.

Dieu merci le nouveau patron de l’ONU, Antonio Guterres est à Bangui. Comme les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ont prêché dans le désert du Sahara ou de San Pédro, la balle est désormais dans le camp des autorités du pays. La visite d’Antonio Guterres est une occasion en or pour nos dirigeants. Qu’est-ce qu’ils doivent lui dire ? C’est très simple. Ils ont été élus par le peuple centrafricain. Ce sont les vœux et les attentes des Centrafricains qu’ils ont l’obligation de les porter à l’attention du SG de l’ONU : la sécurité et la paix sur toute l’étendue du territoire national, un point, un trait. Les Casques Bleus de la Minusca doivent changer de fusil d’épaule. Pour ce faire, la Minusca qui est aujourd’hui une force de maintien de la paix doit impérativement devenir une force combattante. C’est de cette façon que la paix et la sécurité tant souhaitées et attendues par les Centrafricains reviendront d’elles-mêmes. Mais si les Casques Bleus de la Minusca continuent de dorloter, de caresser les groupes armés dans le sens du poil, d’être de connivence avec ces derniers, les Centrafricains ne verront pas le bout du tunnel. Il faut que les autorités disent clairement à Antonio Guterres que les Casques Bleus sont inefficaces sur le terrain, interviennent en sapeurs-pompiers après l’incendie. D’autres ne font que le tourisme militaire. Pire encore, certains ne sont attirés que par l’odeur du sexe féminin au détriment de la mission qui leur est dévolue. Combien de mineures, de jeunes filles, de femmes ont été violées ou abusées sexuellement par les soldats de la Minusca ? Dieu seul le sait.

En outre, ce qui attise la haine d’autres communautés à l’égard des Casques Bleus est qu’ils sont pour l’une (les minoritaires) au détriment de l’autre (les majoritaires). Et sans nous voiler la face, c’est cette force onusienne qui, par ces calculs machiavéliques, a transformé cette crise politique en une crise ethnique ou confessionnelle, disons-le, même si les trois leaders de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) s’y opposent catégoriquement. C’est à causes des bévues, des dérapages de la Minusca que nous sommes arrivés là. Toutes ces manœuvres doivent cesser pour que la RCA sorte de ce bourbier, ce gouffre.

Une autre chose qui est très nécessaire pour l’avenir radieux de la RCA et de son peuple, est la levée immédiate et sans condition de l’embargo qui est suspendu sur la tête des Forces Armées Centrafricaines (FACA) comme l’épée de Damoclès. La levée de l’embargo, imposé par le Comité de Sanction de l’ONU et entériné par le Conseil de Sécurité est impérative et sans condition. D’ici février 2018, les Centrafricains ne veulent plus entendre parler d’embargo. C’est le moment à jamais pour les autorités de le rappeler à Antonio Guterres. Le peuple Centrafricain veut voir son armée opérationnelle d’ici début 2018. Les dirigeants du pays ne doivent plus tergiverser là-dessus quand ils recevront en audience Antonio Guterres.

Voilà succinctement ce que les autorités doivent dire au SG de l’ONU, Antonio Guterres. La crise a trop duré. Il est temps d’y mettre fin. Et les autorités doivent aller directement aux maux qui enflamment la crise centrafricaine. Il faut adopter un ton sévère à l’égard des groupes armés qui continuent de prendre tout un peuple en otage. De nouvelles stratégies militaires doivent être prises par le SG de l’ONU et appliquées par les Casques Bleus de la Minusca afin que cessent les tueries, les massacres, les incendies des maisons, les destructions systématiques.

A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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