ALI DARASSA, L’ARBRE QUI CACHE LA PARTITION DU PAYS :

Vendredi 17 Février 2017 : 09:48

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ALI DARASSA, L’ARBRE QUI CACHE  LA PARTITION DU PAYS :

LE FPRC, LE MPC ET LE RPRC PLUS QUE DETERMINES A ATTEINDRE CET OBJECTIF

 

Ali Darassa avait refusé de prendre part à l’Assemblée Générale de l’ex-coalition Séléka, tenue à Bria. Ses combattants ont attaqué Bria, afin que Ali Darassa étende son hégémonie sur l’ensemble des zones minières, dont il contrôle une grande partie en monopole exclusif. Il vend du diamant et de l’or, récolte les droits et taxes, bref, il est le maître absolu des zones sous son contrôle. Le FPRC, l’UPC, le MPC et le RPRC sont toutes des forces négatives, des rebellions qui se sont émiettées. En attaquant Bria pour imposer son influence, Ali Darassa et ses hommes ont échoué. C’est le déclenchement de la contre-offensive du FPRC, du MPC et du RPRC qui veulent récupérer à leur tour toutes les zones minières très juteuses sous l’autorité de Ali Darassa, afin d’avoir les moyens d’acheter les armes et imposer la partition du pays. Le défi est de taille pour la République Centrafricaine. Ali Darassa n’est qu’un prétexte pour la coalition FPRC, MPC et RPRC qui recrute des combattants au Tchad pour les besoins de la cause.

Les Centrafricains doivent sortir de la naïveté qui les caractérise. Si Bambari tombe, c’est le K.O. Ali Darassa n’est que l’arbre qui cache la forêt. Le pire nous guette. A Bambari, la coalition belliqueuse contrôlera tout le Nord-est du pays et toutes les zones minières de cette partie du pays. Les Centrafricains manquent cruellement d’information pour les uns, pour d’autres, un déficit cruel de capacité d’analyses des faits et des évènements. Alors la majorité ne mesure pas la portée du danger imminent qui guette la RCA. La RCA est au bord de l’apocalypse. Ali Darassa a essuyé le revers de la médaille, car en voulant tout posséder, il s’est mis la corde au cou et sert de prétexte pour la partition du pays.

La démocratie comme système politique n’a aucun sens en RCA, puisque toutes les grandes puissances de ce monde, ont pris une part active aux financements des élections en RCA. L’évolution de la crise sur le terrain est diamétralement opposée à l’ordre constitutionnel tant vanté par les Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Etats Unis, la Chine, la CEEAC, la CEMAC. C’est le monde à l’envers. La démocratie centrafricaine est en péril devant des malfrats, des bandits de grand chemin, des rebelles sans foi, ni loi. Que peuvent faire les nouvelles autorités du pays qui n’ont aucune force sous la main, ni les Forces Armées Centrafricaines, ni les Forces de Sécurité intérieure ? C’est la loi et les intérêts des grandes puissances qui priment. Pourquoi parle-t-on des Droits de l’Homme, dans la mesure où le peuple centrafricain n’a aucun droit à disposer de lui-même ? Et la crise prend de plus en plus une proportion inquiétante dans le Nord-est du pays, sans oublier que la LRA de Joseph Kony est toujours aussi active dans le Sud-est du pays. La CEEAC doit voler au secours de la RCA à l’exemple de la CEDEAO en Gambie. Les Gambiens sont aujourd’hui libres et peuvent s’occuper du développement de leur pays.

Cinq (5) ans de crise, n’est-ce pas un peu trop pour un pays très pauvre comme la RCA ? Un pays qui manque de tout, eau, nourriture, électricité, routes, logements décents, un système éducatif en déconfiture, les hôpitaux détruits, une économie sous perfusion, peut-on faire des calculs politiques sur le dos d’un peuple à moitié mort ? La politique à géométrie variable des grandes puissances n’a aucun visage humain, ni conscience, ni foi. Les intérêts priment sur les âmes humaines. Que les Centrafricains s’entretuent, détruisent le peu qui existe, cela ne fait ni chaud, ni froid, à ceux-là mêmes qui tiennent les grands discours sur la bonne gouvernance, la démocratie, les Droits de l’Homme et autres tralala. « Lhomme est véritablement un loup pour l’homme » dans ce monde égoïste et de plus en plus cruel.

Le FPRC a fait encore appel au fameux général soudanais qui avait pillé toute l’administration centrafricaine et que les Banguissois connaissent bien. Il occupait le camp des Sapeurs-Pompiers ici à Bangui, à l’âge d’or de la coalition Séléka et sous le régime de Djotodia. Tous les mercenaires qui se sont retirés au Tchad, au Soudan, au Darfour avec d’énormes butins de guerre, sont de retour, car Nourredine Adam leur a fait appel pour la partition du pays. Ces mercenaires sont plus puissants que les combattants du FPRC, ils s’imposent et arrachent tout entre les mains du FPRC qui n’a que les yeux pour pleurer. Djotodia, chef de l’Etat, n’a jamais eu une quelconque autorité sur ces mercenaires. Ils tuent, pillent, amassent le trésor, leur butin de guerre et disparaissent au Soudan, au Darfour, au Tchad. Nourredine Adam à l’époque ministre d’Etat à la Sécurité publique, a dû démissionner volontairement, puisque personne n’obéissait à personne, chacun faisait sa loi. Les généraux, les colonels de fortune n’avaient d’ordre à recevoir de personne. C’était une course effrénée, sans foi, ni loi, à l’enrichissement. Ils visaient les maisons des particuliers, prenaient tout ce qui s’y trouve. Tout partait immédiatement en direction du Tchad, du Soudan, du Darfour. Le même Nourredine réédite.

 

Julien BELA

 

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