ALI DARAS DANS LA BASSE-KOTTO : LA POPULATION DE...

Vendredi 24.02.16 : 10H17

ALI DARAS DANS LA BASSE-KOTTO : LA POPULATION DE CETTE PREFECTURE EST-ELLE SACRIFIEE COMME FUT CELLE DE LA OUAKA ?

Tout comme les habitants de la préfecture de la Ouaka, ceux de la Basse-Kotto n’auront que les yeux pour pleurer dans les jours à venir. Selon des sources non encore officielles, Ali Daras se trouverait à Mobaye avec ses quelques généraux qui l’ont protégé et conduit dans cette ville. Mythe ou réalité ? Nous les saurons d’un moment à l’autre quand la Minusca ou le gouvernement éclairera la lanterne des Centrafricains.

Si réellement Ali Daras s’est déplacé de Bambari à Mobaye, c’est grave. Et un observateur serait tenté de dire que la population de Mobaye en particulier, et celle de la Basse-Kotto en général, sont sacrifiées sur l’autel du diable par la Minusca et tous ceux qui ont participé activement au déguerpissement de Daras de Bambari. La Minusca vient encore une fois de plus de creuser la tombe des Centrafricains dans la Basse-Kotto. Et les députés de cette préfcture ont raison de monter au créneau pour dénoncer cette pratique indigne et inhumaine des responsables civils et militaires de la Minusca. Car, si nos mémoires sont encore bonnes et fraîches, la coalition FPRC-MPC-RPRC menée par Nourredine Adam, avait clairement dit que Ali Daras doit être arrêté et traduit en justice pour répondre de ses crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur les populations civiles. Les habitants de Bambari, dans leur mémorandum remis à la Minusca le mardi 21 février, après leurs deux marches pacifiques pour exiger le départ de Ali Daras de Bambari, ont évoqué l’arrestation pure et simple de ce dernier.

Et comment se fait-il que la Minusca se permet le luxe de faire déplacer ce Nigérien de Bambari à Mobaye ? Est-ce normal ? A-t-elle pris en compte le vœu du peuple centrafricain ? Autant d’interrogations qui dépassent l’entendement humain et qui nécessitent des éclaircissements. Si le peuple centrafricain a toujours clamé haut et fort que la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga vogue au gré du vent ou rame à contre courant, qui dit le contraire ? Les faits sont là et palpables. Les Casques Bleus de la Minusca font déplacer un loup d’une localité à une autre. Mais, pourquoi faire ? Vous le savez tous. C’est pour dévorer les brebis qui sont dans l’autre bergerie car celles qui sont à Bambari ne sont plus grasses. Mieux vaut trouver un endroit où abondent les gibiers pour que Ali Daras et ses hommes les dévorent à satiété. Et l’endroit le plus indiqué, le plus propice est la préfecture de la Basse-Kotto.

L’Organisation Internationale de la Migration (OIM) et l’Opération militaire française dénommée Sangaris, ont toutes deux transféré les seigneurs de guerre de la Séléka de Bangui à Bambari. Au départ, les habitants de Bambari les ont accueillis à bras ouverts pensant que ce sont des êtres humains, c’est-à-dire des hommes comme eux et qu’il fallait leur réserver un accueil chaleureux. Mais une fois qu’ils se sont installés confortablement, leurs hôtes sont devenus leurs ennemis jurés. Ce n’est pas l’attaque de l’évêché de Bambari par ces criminels qui nous démentira. D’autres exactions à grande échelle ont été commises par ces hors-la-loi que nous ne pouvons les citer toutes.

Aujourd’hui, Ali Daras et ses quelques éléments seraient autorisés par la Minusca à installer leur quartier général à Mobaye. Ses hommes qui sont encore à Bambari, vont le rejoindre dans quelques jours,  puisque la Minusca à décrété cette localité, « ville sans groupes armés ». Et le Centrafricain lambda s’interroge en ces termes, est-ce à Mobaye en particulier, et dans la Basse-Kotto en général qu’il faut déverser les groupes armés ? La Minusca a-t-elle mûri sa réflexion pour prendre une telle décision ? Au cas où des incidents surviendraient dans la Basse-Kotto, après que Ali Daras s’est implanté, ce que nous ne souhaitons pas, qui sera le responsable n° 1 ? N’est-ce pas la Minusca ? Par le biais des uns et des autres, Abdoulaye Hissein et tant d’autres leaders influents de la Séléka avaient quitté le Km5 à bord de sept (7) véhicules 4x4 et ont rejoint les préfectures de la Nana-Gribizi et de la Bamingui-Bangoran. Ils ne sont nullement inquiétés aujourd’hui. De la même manière, Ali Daras se retrouverait à l’heure actuelle dans la Basse-Kotto, principalement à Mobaye. Où est le sérieux ?

A l’allure où vont les choses, la fin de la crise centrafricaine n’est pas pour demain. Les Centrafricains doivent prendre leur mal en patience en attendant que les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) soient réhabilitées et redéployées sur toute l’étendue du territoire national. La crise a pris une tournure bizarre : on fait déplacer des mercenaires, des sanguinaires d’une localité à une autre. C’est regrettable pour la Minusca dont la mission première est de protéger les civils et non les sacrifier.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire