AFFRONTEMENTS MEURTRIERS ENTRE L’UPC ET LE FPRC :

Mardi 20.12.2016 : 10H26

AFFRONTEMENTS  MEURTRIERS ENTRE L’UPC ET LE FPRC : LA PEUR S’EMPARE DES HABITANTSDE NGAKOBO ET KOUANGO

Deplaces

Les affrontements intercommunautaires entre l’ethnie Goula du FPRC de Nourredine Adam et les peuhls de l’UPC d’Ali Daras, les conséquences commencent déjà à tomber. Débutés dans la ville de Bria  avec plus de quatre-vingts morts et de nombreux blessés, ces affrontements ont gagné respectivement les villes de Bakala, Ippy, Alindao et le village Ndassima, zone aurifère et diamantifère de Bambari. Le tchadien Nourredine Adam et ses acolytes ont pris contrôle des villes de Bakala et Ippy. Par contre, le Nigérien Ali Daras est maître incontesté et incontestable de la ville d’Alindao qui est devenue aujourd’hui son Quartier Général (Q.G). Même si ce dernier ne se trouve pas présentement à Bambari, ses hommes contrôlent toujours cette ville.

Par rapport à cette tension très tendue et le risque d’un énième affrontement entre l’UPC et le FPRC, la peur, l’angoisse, la tristesse commencent à gagner les populations de Ngakobo, ville sucrière de la RCA et la ville de Kouango située sur le bord du fleuve Oubangui. D’après un habitant de Ngakabo que nous avons rencontré dans la rue à Bangui, ce matin du lundi 19 décembre 2016, « je suis venu à Bangui pour me protéger. La ville de Ngakobo est le plus souvent le théâtre des affrontements entre les groupes armés. C’est dans ce contexte et à l’approche des combats entre l’UPC et le FPRC, que j’ai décidé de quitter la ville. Là-bas, il n’y a aucune autorité de l’Etat. Nous sommes abandonnés à notre triste sort. Beaucoup d’habitants de cette localité ont dû partir. D’autres se sont refugiés dans la brousse. Leur situation humanitaire est très alarmante : les soins de santé n’existent pratiquement pas. Les enfants ne vont même plus à l’école. Du matin au soir, quand j’étais encore dans la ville, la peur se lisait sur le visage des autochtones. Cette situation perdure encore. Je demande au gouvernement et à la Minusca de tout mettre en œuvre pour envoyer des Casques Bleus supplémentaires afin de protéger les populations ».

Même son de cloche de la part des habitants de Kouango qui disent craindre des probables affrontements entre l’UPC et le FPRC. A en croire ces habitants, les hommes de l’UPC d’Ali Daras continuent d’affluer vers ladite ville. Ils renforcent leur position et sont sur le pied de guerre.

Ces témoignages sont tristes et doivent interpeller la conscience du gouvernement et de la Minusca. Car les habitants des villes de Kouango et Ngakobo ont souffert et continuent de souffrir sous les bottes de ces malfrats, ces criminels, ces seigneurs de guerre. Vous êtes sans ignorer qu’au mois d’août ou septembre dernier, pendant que Mahamat Alkatime faisait son carnage à Kaga-Bandoro, les hommes d’Ali Daras massacraient les pauvres citoyens civils de Kouango. Plus de cinq cents (500) maisons ont été incendiées, par ces hors-la-loi. Les morts et les blessés ne se comptaient pas, car certains habitants qui tentaient de traverser la rivière Oubangui en nage pour se réfugier au Congo-Démocratique, sont  morts noyés. A Ngakobo, des tueries en masse ont en lieu et se poursuivent peut-être aujourd’hui à l’absence des caméras.

Pour éviter que les mêmes actes barbares des groupes armés ne se reproduisent dans ces villes et aussi dissiper l’inquiétude des uns et des autres,  la Minusca qui dispose d’un mandat robuste, musclé, doit monter en puissance pour barrer la route à ces seigneurs de guerre afin qu’ils ne s’affrontent pas à Ngakobo et à Kouagno. Le sang des Centrafricains a trop coulé sous le pont. Les incendies, des maisons et villages ont  trop duré. Les veufs, veuves et orphelins sont aussi nombreux que les sables au bord de l’Oubangui pendant la saison sèche. Les Centrafricains en ont assez marre de pleurer leurs morts. Tout ceci, à cause de Nourredine Adam, Mahamat Alkhatime, Ali Daras, Jeseph Zoundéko et autres. Il est temps d’arrêter cette hémorragie, cette escalade des violences qui sont quasi-quotidiennes dans la préfecture de la Ouaka.

Les combattants du FPRC, UPC, RPRC, MPC et autres qui prennent leurs armes, pour le bout du monde, doivent les déposer et s’adhérer au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), pour faire la paix. Ils n’ont pas d’autres choix que de saisir la main tendue du chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra. Les affrontements détruisent le tissu-socio-économique et ne peuvent résoudre un différend. Tout doit passer désormais par le dialogue prôné par Touadéra, et rien d’autre.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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