AFFRONTEMENTS ENTRE FPRC ET MLCJ A AM DAFOCK,...

Jeudi 18.07.2019 : 09h12

AFFRONTEMENTS ENTRE FPRC ET MLCJ A AM DAFOCK, N’EST-CE PAS UNE VIOLATION DE L’ACCORD DE KHARTOUM ?

Rebelle 3Dans l’article 5, alinéa b de l’Accord Politique de Paix et de Réconciliation (APPR) en RCA, il stipule, « Les groupes armés, pour leur part, s’engagent à renoncer au recours aux armes et à la violence pour faire valoir toute forme de revendication, quelle soit politique, sociale ou économique et, par conséquent, mettre fin de manière immédiate, complète et irrévocable à toutes les hostilités et formes de violence entre eux, ... ».

Mais qu’est-ce que le peuple centrafricain observe après la signature de l’Accord Politique de Paix pour la Réconciliation en RCA, dit Accord de Khartoum ? C’est un constat amer qui se dégage de cet Accord. Pour étayer cette thèse, dès le mois de mars, c’est-à-dire un mois après la signature dudit accord, les combattants de l’UPC d’Ali Daras qui ont investi toute la Basse-Kotto, s’en sont pris aux populations civiles sur le tronçon Zangba-Alindao, tuant plus d’une centaine de personnes et incendiant des villages entiers. Certains villages ont même disparu de la carte de la Basse-Kotto. Au jour d’aujourd’hui, il n’y a que des murs sans toit qui se dressent dans ces villages abandonnés. Hommes, femmes, enfants et les animaux domestiques se sont évaporés dans la nature comme une traînée de poudre. Ces villages sont devenus les lieux de refuge des animaux sauvages car les arbustes et les herbes y ont poussé.

Dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, précisément dans les villages Lémouna, Koundjili, Djondjom, aux environs immédiats de Paoua, les éléments armés des 3R du tristement célèbre camerounais Sidiki Abass ont massacré plus d’une cinquantaine de personnes, essentiellement des hommes, lors d’une réunion qu’ils ont eux-mêmes organisée au mois de mai dernier. Ce massacre a suscité des indignations au sein de la classe politique centrafricaine, parmi les organisations de la société civile et dans le rang de la Communauté internationale. Sous la pression du gouvernement et de la Minusca, Sidiki Abass a livré au moins six (6) présumés auteurs de ce massacre à la Justice centrafricaine. Ils attendent certainement leur comparution devant la Cour Criminelle ou la Cour Pénale Spéciale (CPS).

C’est dans cette situation chaotique que le Front Uni pour la Défense de la Nation, dénommé en sango, « E Zingo Biani », a exigé de l’Exécutif la destitution de tous les membres des groupes armés nommés au gouvernement et dans les institutions de l’Etat. Cette plateforme politique réclame aussi l’arrestation et la traduction devant les juridictions nationale et internationale de Sidiki Abass, leader des 3R et Ali Daras , chef charismatique de l’UPC. Jusqu’à la date d’aujourd’hui, le gouvernement que dirige Firmin Ngrébada, sous l’impulsion du président Touadéra, n’a pas encore réagi aux exigences du mouvement « E Zingo Biani ». Ce bras de fer entre le gouvernement et cette plateforme politique est loin de voir le bout du tunnel.

Revenons à nos moutons. Sans nous voiler la face, l’UPC, les 3R, le FPRC et le MLCJ ont violé les dispositions de l’article 5, alinéa b de cet APPR. Les combattants d’Ali Daras et de Sidiki Abass n’ont pas renoncé au recours aux armes et à la violence pour faire valoir toute forme de revendication. Pour preuves, les éléments de l’UPC ont justifié leurs exactions sur les populations de la Basse-Kotto par le fait que les Anti-Balaka ont volé une arme d’un Séléka. Est-ce par l’attaque meurtrière que les hommes de l’UPC doivent faire leurs revendications ? De même, dans les environs immédiats de Paoua, les combattants des 3R s’en sont pris violemment aux paisibles villageois innocents dans certains villages a cause du vol de leurs bœufs par des individus malintentionnés. S’il est clairement dit que c’est par voie du dialogue qu’on doit régler tout différend, UPC et 3R ont-ils respecté leurs engagements pris dans cet Accord ?

En outre, depuis dimanche 14 juillet 2019, les combattants du FPRC, sous le commandement d’Abdoulaye Hisseine, s’affrontent presque quotidiennement aux éléments du ministre délégué auprès du Premier ministre, Chef du gouvernement chargé des Relations avec les Groupes Armés, Gilbert Toumou Déya. Alors qu’il est écrit noir sur blanc que « les groupes armés, pour leur part, s’engagent à mettre fin de manière immédiate, complète et irrévocable à toutes les hostilités et formes de violence entre eux ». Est-ce le cas aujourd’hui entre le FPRC et le MLCJ ? Ces deux groupes armés dissidents de l’ex-coalition Séléka ont-ils mis fin de manière immédiate, complète et irrévocable à toutes les hostilités et formes de violence entre eux ? Si pour des marchandises, ils s’entretuent comme des mouches (une dizaine de morts dans les deux (2) camps), qu’en sera-t-il pour les choses importantes ?

A vrai dire, et à l’allure où vont actuellement les choses, nous pouvons valablement affirmer que les Séléka nous roulent dans la boue avec ce fameux accord. Car, du côté des Anti-Balaka, nous n’avons, jusqu’à la date d’aujourd’hui, enregistré aucun dérapage, aucune bévue, à moins que nous ne sommes pas au courant de leurs exactions. Mais la violation incessante et flagrante de l’APPR, dit accord de Khartoum, par les combattants Séléka, n’est plus à démontrer. Nous venons à peine d’illustrer cette violation par les exactions des 3R et de l’UPC, ainsi que les affrontements entre le FPRC et le MLCJ.

D’où nécessité pour les garants et facilitateurs dudit Accord d’intervenir le plus rapidement possible pour qu’il ne soit vidé de son contenu. Car ces violations se déroulent au vu et au su de ces derniers. Il s’avère indispensable de mettre fin à ces attaques sur les populations civiles et les affrontements intergroupes armés. Heureusement, l’Ambassadrice de l’Union Européenne en RCA a affirmé que les auteurs des exactions après l’Accord de Khartoum seront jugés.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire