AFFRONTEMENT TRES MEURTRIER ENTRE LES PEUHLS ...

Vendredi 20 avril 2018 : 11H08

AFFRONTEMENT TRES MEURTRIER ENTRE LES PEUHLS ELEVEURS (WOUDA) ET LES COMBATTANTS SELEKA DANS LA COMMUNE  DE YABONGO : PLUS DE 100 MORTS ET DES BLESSES

Peuls et selekaLes affrontements opposant, soit les combattants Séléka aux Anti-Balaka soit les Séléka entre eux, se poursuivent allègrement de nos jours. Si dans d’autres villes de nos provinces la situation sécuritaire s’améliore peu à peu, par contre dans la préfecture de la Basse-Kotto en général,  et dans la sous-préfecture de Zangba en particulier, une vive tension règne entre ces différents groupes armés. Cette tension débouche le plus souvent sur des affrontements très meurtriers. C’est ce qui est arrivé dans la commune de Yabongo, située dans la sous-préfecture de Zangba.

En effet, d’après des informations fiables en notre possession, un affrontement d’une rare cruauté a opposé les combattants Séléka de l’UPC aux peuhls éleveurs (Wouda) dans la commune de Yabongo, le lundi 16 avril dernier, dans un marché hebdomadaire, dénommé « marché lundi ». Qu’est-ce qui est à l’origine de cet affrontement ? D’après un rescapé de ces combats entre Séléka et ces peuhls éleveurs, qui est arrivé dans la ville de Mobaye, « Tout est parti d’un problème d’adultère. Un peuhl éleveur Wouda vit depuis plusieurs années avec sa femme. Avec l’arrivée de la Séléka dans la localité, un combattant de l’UPC court avec cette dernière. Quand il est absent de la maison, c’est ce rebelle-là qui le remplace. Et les rumeurs de la relation sexuelle de son épouse avec ce combattant de l’UPC lui parviennent de temps en temps. Faute de preuve, il ne peut pas agir.

C’est ainsi que le lundi 16 avril 2018, pendant le déroulement du « marché lundi », le peuhl éleveur Wouda, de  retour de sa promenade, a surpris ce combattant Séléka avec sa femme entrain de faire l’amour dans son lit. Ne pouvant supporter une telle humiliation, il a sorti son couteau et a poignardé l’homme qui est mort sur le champ. Sa femme a reçu aussi des coups de couteau. Elle succombera dans les minutes qui suivent après ses blessures.

Après avoir appris qu’un peuhl éleveur Wouda a tué un combattant Séléka, les éléments de l’UPC d’Ali Daras ont encerclé ce marché hebdomadaire qui est très fréquenté, et par des peuhls et par des populations civiles. Dans les secondes qui suivent, ils ont commencé à tirer sur tous les peuhls qui vendaient la viande des bœufs. C’est en ce moment précis qu’un affrontement d’une rare intensité a opposé les combattants de l’UPC aux peuhls éleveurs Wouda. Les populations civiles, hommes, femmes, enfants qui se trouvaient dans ledit marché ont reçu des balles perdues. Le bilan de cet affrontement a atteint plus de cent (100) morts. On dénombre aussi des centaines de blessés. Les victimes sont aussi bien les combattants Séléka, les peuhls éleveurs Wouda que les populations civiles, surtout les femmes et les enfants ».

Ce témoignage est accablant. Le spectre de cet affrontement est horrible, à en croire une autre source qui affirme avoir vu des corps sans vie qui gisaient dans le sang. Et la rédaction de Centrafric Matin s’interroge en ces termes : est-il permis à un groupe rebelle de tirer sur les vendeurs et les acheteurs dans un marché ? N’est-ce pas un crime contre l’humanité ? Un problème d’adultère doit-il être résolu au bout d’un poignard et des kalachnikovs ? Les combattants Séléka et ces peulhs éleveurs qui ont massacré ces populations civiles, en majorité des femmes et des enfants, pendant leurs affrontements, seront-ils poursuivis par les parents des victimes devant la justice ? Autant de questions qui dépassent l’entendement humain.

Le gouvernement doit jeter un regard dans la sous-préfecture de Zangba qui est aujourd’hui partagée entre les combattants Séléka et les Anti-Balaka, dits Autodéfenses qui règnent en maitres absolus des lieux. Sans nous voiler la face, la commune de Yabongo où cet affrontement très meurtrier a eu lieu, n’est que l’ombre d’elle-même et  est abandonnée à son triste sort par le gouvernement depuis que les hommes d’Ali Daras y ont élu domicile. La situation sécuritaire qui prévaut dans cette commune est très inquiétante. Les habitants vivent la peur au ventre et ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Ils sont entre l’enclume et le marteau des groupes armés (Séléka et Anti-Balaka). En 2015-2016, les combattants de l’UPC avaient massacré les civils dans cette commune. Des maisons avaient été incendiées et des biens emportés. Plusieurs compatriotes ont du se refugier en République Démocratique du Congo. Les plaies ne se sont pas encore cicatrisées que ces mêmes Séléka ajoutent des malheurs aux malheurs.

Le gouvernement doit agir le plus rapidement possible pour sauver les habitants de cette partie du pays pris aujourd’hui en otage par les groupes armés. C’est vraiment dommage !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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