ADAMA DIENG, LE « MONSIEUR GENOCIDE »

Lundi 09/10/2017 : 10H00

ADAMA DIENG, LE « MONSIEUR GENOCIDE » DE L’ONU : « PAS D’IMPUNITE... », SERA-IL ENTENDU ? IL FAUT USER DE LA FORCE

Les jours passent et rien ne bouge, malgré le lancement du programme « DDRR-Pilote ». Le FPRC, les Anti-Balaka de Mokom, l’UPC, le MPC et les 3R persistent dans leur folie meurtrière, massacres de la population civile, incendies de maisons, pillages systématiques des maisons abandonnées par les populations en fuite pour se mettre à l’abri. Malgré le dialogue permanent, la non violence, la main tendue du chef de l’Etat depuis son investiture le 30 mars 2016, les groupes armés ne l’entendent pas de cette oreille. La violence ne fait que rebondir de plus belle, parce que les groupes armés savent que Touadéra n’a pas d’armée sous la main d’une part, et d’autre part, la Minusca n’est pas venue pour faire la guerre. Ces paramètres permettent aux groupes armés de se comporter en bande de tueurs, sans foi ni loi. Les groupes armés ne croient pas en la justice (CPS), puisqu’elle n’aura pas de force sous la main pour arrêter ces assassins patentés, ces croque-morts, ces sanguinaires, parce que le rapport de force est du côté des damnés de la terre.

« Il n’y a  pas d’impunité », a déclaré monsieur Adama Dieng, aux représentants des groupes armés. « Un homme averti, en vaut deux », dit-on. Les groupes armés continuent de caresser le rêve de l’invincibilité, de la toute puissance. Ils sont aveuglés à telle enseigne qu’ils sont incapables de faire la distinction entre la raison, le bon sens et l’illusion suicidaire qui les galvanisent. L’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, est venu à Bangui et quelques années après son passage, les groupes armés ne démordent pas : « plus jamais un vingtième anniversaire du génocide à Bangui ... ». Aujourd’hui, ce sont les signes précurseurs d’un génocide qui sont manifestes, même si le terme « génocide » paraît à notre entendement très fort, un peu exagéré. Le peuple centrafricain est pris en otage depuis bientôt cinq (5) ans, réduit à néant, asphyxié. Or, aucune revendication raisonnable ne vient étayer la logique des armes des groupes armés.  C’est là que le bât blesse.

Qui souffre, c’est la population civile en perpétuels déplacements, tantôt en exil, tantôt sur les sites de fortunes. Pire encore, les ONG humanitaires qui essaient de sauver la dignité humaine, ne sont pas épargnées. C’est la politique de la terre brûlée pour soumettre tout un peuple à une mort lente. C’est sous cet angle qu’apparaît le spectre d’un génocide, car les écoles , les hôpitaux, les activités agricoles et pastorales, le commerce, la liberté d’aller et venir, sont tous paralysés. Adama Dieng a prêché dans le désert en rencontrant les groupes armés. Il faut de manière impérative, inverser le rapport des forces entre les groupes armés et les prophètes de la paix. De plus, comme le disent certains analystes, « il faut couper les sources de financement des groupes armés ». Les chefs de guerre, François Bozizé Yangouvonda et Michel Djotodia qui tirent les ficelles, endossent une lourde responsabilité devant l’histoire. Ceux qui manipulent les groupes armés ici à Bangui sont bien connus des forces de défense et de sécurité.

Il devient extrêmement urgent de réarmer les FACA et de les déployer dans les points chauds. Les FACA seront les bras armés de la CPS pour collecter les criminels patentés qui se croient au-dessus de la loi. Jonas Savimbi et John Garang ont bien fini quelque part, à plus forte raison de petits bandits et criminels qui sont rompus dans le trafic illicite du diamant et or ? Comme la main tendue de manière fraternelle de Touadéra aux groupes armés n’ayant pas servi à quelques choses, il doit changer de fusil d’épaule, opter pour la force et être sans pitié avec les ennemis de la République et de la paix. Il n’y a plus d’autres alternatives que celle de l’usage de la force. Les Centrafricains ne doivent plus moisir sous les bottes des malfrats, des criminels, des bandits de grand chemin. L’heure est venue de hausser le ton, car autant d’accords, autant de rencontres, autant de sommets : Libreville, Brazzaville, Ndjamena, Rome avec Sant’ Egidio et enfin en perspective, Libreville encore avec l’Union Africaine (UA). Toutes perches tendues n’ont pas servi la cause de la paix et les groupes armés sont restés droits dans leurs bottes.

Il n’y a pas que les groupes armés. La vie du pays ne s’arrête pas à ces derniers. Il y a la misère, la pauvreté, la reconstruction du pays détruit par ces groupes armés, les écoles, les hôpitaux, les routes, l’énergie et la relance  de l’économie nationale. Il n’y a plus de temps à perdre avec des individus qui ont vendu leurs âmes à l’enfer. Il faut absolument faire basculer les rapports des forces pour espérer évoquer la paix. Le dialogue de sourds a trop duré, les Nations Unies, les autorités du pays en tête de liste, la CEMAC, la CEEAC, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les chancelleries, les organisations telles Sant’ Egidio, la plate forme religieuse, les organismes venus des pays musulmans, bref, le monde entier est passé par la crise centrafricaine, mais nous sommes toujours à la case de départ. Il faut changer le logiciel stratégique afin de passer à la vitesse supérieure. L’embargo n’a plus sa raison d’être dans la mesure où la RCA frôle le génocide. Ceux qui maintiennent l’embargo ne seront pas différents des groupes armés, ils sont complices et ennemis du peuple centrafricain et seront traités comme tel. Ils porteront la responsabilité morale et pénale des crimes en Centrafrique. Antonio Guterres sera à Bangui au cours de ce mois, après le passage de Adama Dieng. Il faut que les lignes bougent positivement dans le sens de la paix.

Le nouveau Secrétaire Général des Nations Unies doit imprimer sa marque et insuffler une nouvelle dynamique de paix, de sécurité et de réconciliation nationale. Ban Ki-Moon a fait ce qu’il a pu, il revient à Antonio Guterres de relever le défi sécuritaire en Centrafrique. Le réarmement des FACA, le renforcement des capacités de la Minusca, tant en troupes qu’en armes de pointe, tanks, hélicoptères de combat en nombre suffisant, des avions bombardiers, des drones, et autres logistiques nécessaires à la réussite de sa mission. Les Centrafricains sont fatigués, épuisés, livides et n’en peuvent plus. Il n’y a pas pire maladie que la faim, la malnutrition, la sous-alimentation, la pauvreté absolue, la misère ordurière. La dignité de l’être humain vaut plus que tout. Les Centrafricains sont des victimes innocentes d’une crise purement politique qui n’avait aucune raison de traîner en longueur dans le temps.

 Touadéra est un élu du peuple qui n’a rien à voir avec les règlements de compte Bozizé/Séléka. En ciblant systématiquement les musulmans, Bozizé et ses Anti-Balaka veulent imposer une guerre religieuse qu’ils ne maîtrisent pas. Dieu merci, toutes les tentatives de faire de la crise centrafricaine, une crise confessionnelle, ont toutes échoués. Les Centrafricains n’en veulent pas.

 

Julien BELA

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