ACCORDS POLITIQUES ET CESSEZ-LE FEU IMMEDIAT :

Mercredi 21.06.2017 : 10H38

ACCORDS POLITIQUES ET CESSEZ-LE FEU IMMEDIAT : FAUT-IL VERITABLEMENT CROIRE AUX GROUPES ARMES ?

Touad et rebelles 1Les Accords politiques, les cessez-le-feu ne se comptent plus. A Rome en Italie, pour ce mois de juin 2017, un énième Accord avec un cessez-le-feu immédiat, vient d’être signé par les groupes armés, les représentants des partis politiques, de la société civile, des Nations Unies, du gouvernement, de la Communauté Internationale et sous l’égide de la Communauté laïque SANT’EGIDIO. Les groupes armés ont toujours utilisé la langue de bois. Nous estimons que pour ce millième cessez-le-feu, les groupes armés ont vomi ce qu’ils ont sur le cœur. Les groupes armés ne sont pas tombés du ciel comme une génération spontanée. Ce sont des êtres humains qui émanent de ce peuple qu’ils tuent, violentent et prennent en otage.

Une rébellion quelle qu’elle soit, a sa raison d’être, quand il y a des objectifs politiques à atteindre. Dans le cas spécifique de la RCA, les rebelles ont pris part à toutes les échéances électorales. Des rebelles se sont présentés, aussi bien à la présidentielle qu’aux législatives. Certains ont été élus députés de la nation. N’est-ce pas un symbole fort pour amener les groupes armés à déposer les armes volontairement ? De Ndjamena (autant de fois), Libreville bien avant, en passant par Brazzaville, Addis-Abeba (Union Africaine), les Nations Unies (New York), Luanda en Angola, les pays des Grands Lacs, enfin, la venue du Pape François à Bangui, et l’implication Sant’ Egidio depuis  Rome. Les Accords et les cessez-le-feu sont systématiquement violés dans les minutes qui suivent. Tous les efforts consentis ne peuvent que s’effondre et c’est le retour à la case départ.

Les mercenaires étrangers n’ont ni foi ni loi. Mais nos compatriotes qui sont dans les groupes armés, peuvent-ils suivre aveuglément les étrangers qui massacrent leurs propres frères ? Les Centrafricains, membres des groupes armés, doivent cesser les hostilités. Ils pourront ainsi donner une chance à leurs compatriotes déplacés et exilés de retrouver une vie plus humaine. Ils pourront ainsi reconstituer une vie normale. Bozizé a « somalisé » le pays comme il l’a prophétisé avant sa chute. Se souvient-il au moins de feu président Patassé ? Il l’a envoyé en exil au Togo, mais il n’a pas mis le pays à feu et à sang pourtant, il en avait la capacité. Le paradoxe le plus écœurant est de voir Bozizé signer un accord avec les ex-Séléka pour diaboliser son propre pays. Bozizé, général, président, et soi-disant en passant, Serviteur de Dieu à l’Eglise « Christianisme Céleste », cela dépasse l’entendement humain. Pourquoi les peulhs et les musulmans sont la cible privilégiée des partisans de Bozizé ? Est-ce le bouton rouge de la somalisation prônée par Bozizé ? Et pourtant, les représailles aveugles touchent tout le monde alors que ce sont les proches de Bozizé qui sont à l’origine. Même à Bossangoa, tout  le monde n’a pas profité du régime de Bozizé. Bien au contraire, sa rébellion a totalement détruit Bossangoa, Bozoum et Paoua.

Aujourd’hui, les Centrafricains retiennent leur souffle, suite à l’annonce d’un Accord politique suivi d’un cessez-le-feu immédiat. Un Comité de Suivi a été mis en place dont la communauté internationale est membre. Les populations attendent voir les nouvelles recettes proposées par les groupes armés pour avoir le cœur net, car un menteur n’est jamais cru, même quand il dit la vérité. Nous sommes dans ce cas de figure. Les populations, les observateurs, la communauté internationale sont devenus des Saints Thomas et donc très sceptiques. Le tournant qui peut convaincre, est celui du désarmement pour se ranger dans le camp du programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Les Centrafricains sont fatigués. Les groupes armés aussi se disent fatigués, tout le monde est fatigué, alors arrêtons et tournons la page de la sauvagerie, de la bestialité définitivement, qui font des centrafricains des primitifs. La souffrance de vos compatriotes, a débordé le vase et ils n’en peuvent plus. L’heure est venue d’arrêter les hostilités et de faire la paix.

Malgré le génocide le plus retentissant de la planète, les Rwandais ont pu s’arrêter pour dire non, plus jamais ça ! Ils construisent aujourd’hui leur pays. Le génocide est désormais dans les archives de l’histoire. Ils se sont tournés vers l’avenir, vers le développement, vers la prospérité. Le Rwanda est l’un des meilleurs élèves du FMI et de la Banque Mondiale. Le pays se construit, se modernise à une vitesse exponentielle. Les partis politiques qui s’agitent, l’Assemblée Nationale qui joue les pompiers après l’incendie, ainsi que la société civile, peuvent s’engouffrer dans cet accord politique avec cessez-le-feu immédiat, pour tenir les groupes armés aux mots et leur rappeler leur engagement solennel à Rome. C’est l’occasion ou jamais de renforcer l’ « Union Sacrée » pour bouter la guerre hors de notre pays. Il faut talonner les groupes armés afin que les prophètes de malheur ne les entrainent sur la mauvaise pente. Bangui roule. Chaque Centrafricain se bat pour sa survie. Les affaires ont repris un peu partout, dans les quartiers, dans les arrondissements, dans tous les marchés, au Centre ville, au Km5, la plaque tournante de l’économie. Les provinces peuvent prendre le train en marche, tant pour l’agriculture, l’élevage, les routes, l’énergie, le commerce, bref, renaître de leur cendre.

Julien BELA

 

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