ACCALMIE PRECAIRE A BOCARANGA APRES DES AFFRONTEMENTS

Mardi 10.01.2017 : 10H28

ACCALMIE PRECAIRE A BOCARANGA APRES DES AFFRONTEMENTS TRES MEURTRIERS ENTRE LES 3 R ET LES AUTODEFENSES

 

La vie reprend timidement son cours à Bocaranga, ville située dans la préfecture de l’Ouham-Péndé au Nord-Ouest de la République Centrafricaine. Au cours de la semaine dernière, des affrontements très meurtriers ont opposé les combattants du RRR (Retour, Réclamation, Réhabilitation) du tristement sanguinaire Sidiki aux autodéfenses de la ville de Bocaranga. Ces affrontements ont eu lieu dans le village Santiwali. Des maisons ont été incendiées par les hommes de Sidiki. On a dénombré vingt (20) morts dans le rang du RRR et un parmi les autodéfenses. Le contingent Bangladeshi de la Minusca, en patrouille, a été pris pour cible par ses assaillants. Un habitant joint au téléphone depuis Bocaranga a affirmé que quatre (4) Casques Bleus bangladeshi ont été désarmés et exécutés par ces hors-la-loi. Mais d’après Radio France Internationale (RFI), il y a eu un mort, côté Bangladeshi après de violents combats. Lequel des deux (2) témoignages est plausible ? Difficile de dire. Ce qui est sûr, les soldats onusiens et les autodéfenses se sont valablement affrontés avec ces va-t-en-guerre. Ils les ont mis en débandade.

Depuis le samedi 07 janvier jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun coup de feu n’a été entendu. Les habitants qui ont trouvé refuge dans la brousse regagnent peu à peu leur domicile. D’autres préfèrent se terrer encore dans la brousse car les hommes de Sidiki, les rescapés, ont promis revenir pour attaquer de nouveau ces villages qui avoisinent la ville de Bocaranga. Il convient tout de même de signaler que des passeports et des cartes d’identité camerounais ont été retrouvés sur les cadavres. Ce qui prouve à suffisance que les combattants des 3R ne sont autres que des Camerounais. Et l’Etat camerounais ne peut nous démentir à ce sujet. Avec la mort des ressortissants camerounais dans ces affrontements, il ne faut aucun doute que l’ombre du Cameroun plane aussi dans la crise centrafricaine. Après le Tchad et le Soudan, le Cameroun est aussi entré dans la danse. Car, n’oublions pas qu’une bonne partie du territoire centrafricain est annexée depuis plusieurs mois par les militaires camerounais. Et les ressortissants de ce pays limitrophe y construisent des immeubles, alors qu’ils savent bien que cette portion de terre occupée appartienne bel et bien à l’Etat centrafricain et non camerounais.

Où allons-nous avec la complicité des pays voisins dans la crise centrafricaine ? Est-ce de cette façon que nos voisins comptent résoudre cette crise centrafricano-centrafricaine ? Qu’ils sachent que la RCA n’est pas le premier pays au monde qui a été secoué par une telle crise. Bien des pays africains ont vécu de pareilles crises. Aujourd’hui, la paix et la sécurité règnent dans leurs pays respectifs. Un adage dit, « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra ». En d’autres termes, quelle que soit la persistance de la crise, les Centrafricains retrouveront la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Même si le Tchad, le Soudan, le Cameroun nient toujours leur implication dans cette crise et prétendent la résoudre, les comportements de leurs administrés prouvent à suffisance que la main invisible de ces pays est bel et bien présente. Et c’est ce que nous observons aujourd’hui aux frontières centrafricano-tchadienne, centrafricano-camerounaise et soudanaise. Mais est-il possible que le Cameroun et le Tchad agissent ainsi à l’égard de la RCA ? Mesurent-ils les conséquences des actes que posent quotidiennement leurs administrés et leurs militaires en Centrafrique ? Ont-ils pensé un jour que la crise qui sévit en Centrafrique peut se retourner un jour contre eux ? D’après des informations qui nous sont parvenues, les effets pervers de notre crise commencent déjà à se faire sentir au Tchad. Il en sera de même pour le Cameroun, le Soudan et d’autres pays limitrophes de la RCA.

Hier, c’étaient les mercenaires tchadiens et soudanais qui ont renversé le régime de François Bozizé Yangovonda, incendié des maisons et villages, pillé des biens d’autrui et de l’Etat, massacré les pauvres citoyens civils. Aujourd’hui, c’est le tour des mercenaires camerounais d’agir comme les autres. A la lumière de la situation sécuritaire qui prévaut en RCA, nous demandons aux Centrafricains qui sont à nos frontières respectives d’être vigilants. Car, il est inadmissible que nos voisins continuent à nous traiter comme des esclaves, à nous tuer comme des bœufs à l’abattoir. Les Centrafricains sont et demeurent hospitaliers. Et il est hors de question que les ressortissants des pays limitrophes de la RCA profitent de cette hospitalité pour nous maltraiter. Trop, c’est trop ! Il faut que ces actes barbares commis par ces mercenaires cessent.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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