ACCALMIE A BRIA, DOUCHE FROIDE POUR LES ELEMENTS DE L’UPC A.....

Vendredi 25 Novembre 2016 : 13H53

ACCALMIE A BRIA, DOUCHE FROIDE POUR LES ELEMENTS DE L’UPC A MOBAYE : ALI DARAS A PAYE LE PLUS LOURD TRIBUT DES AFFRONTEMENTS

Incursion des bandits armes dans trois villages du nord journal de banguiDes affrontements intercommunautaires opposant l’ethnie Goula du FPRC aux peulhs de l’UPC, ont eu  lieu dans la ville de Bria, au début de cette semaine. Des tirs d’armes lourdes et légères ont retenti, faisant fuir de nombreux civils qui se sont refugiés dans la brousse. D’autres ont pris d’assaut la base de la Minusca et l’aérodrome de ladite ville sous contrôle des Casques Bleus. Les conditions de vie de ces déplacés internes sont déplorables et méritent une attention particulière. Un semblant de calme calvaire règne en ce moment dans la ville de Bria. Mais la tension est encore palpable et les activités commerciales, administratives, scolaires, n’ont pas encore repris. Des dizaines d’individus tant au sein de l’UPC et du FPRC, que de la population civile ont trouvé la mort. Les blessés ne se comptent plus.

Un habitant de Bria que nous avons joint ce matin, sous couvert d’anonymat témoigne : « les affrontements entre l’UPC et le FPRC sont d’une rare cruauté car je n’ai jamais vu un tel combat qui s’est déroulé dans notre ville. Tellement que les deux (2) groupes armés qui se sont affrontés sont lourdement armés, nous avons cru pour notre part que c’est la 3e guerre mondiale qui s’est déclenchée. Aujourd’hui, ce sont les éléments du FPRC qui sont visibles dans la ville ». Les derniers propos de cet habitant témoignent à suffisance que l’UPC d’Ali Daras a payée le plus lourd tribut de ces affrontements intercommunautaires que nous qualifions de brutal, inhumain, bestial.

Et les conséquences de ces affrontements se font sentir dans la ville de Mobaye, située au Sud-est de la RCA. Selon un autochtone du chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto, joint aussi au téléphone le mercredi 23 novembre, « les chefs de l’UPC qui sont à Mobaye et qui nous mettaient mal à l’aise, ont tous péri, certainement qu’ils sont tombés dans une embuscade tendue par le FPRC au moment où ils se rendaient à Bria. C’est une véritable douche froide pour les hommes de l’UPC qui sont basés chez nous. Ceux qui se disaient intouchables, des demi-dieux à Mobaye ne sont plus. L’information nous a été rapportée par leurs hommes qui sont aujourd’hui à Mobaye et qui n’ont pas fait le déplacement. L’inquiétude et la peur se lisent sur leur visage. Les exactions sur la population civile ont baissé d’intensité et la population de Mobaye respire en ce moment un nouvel air. C’est vraiment un ouf de  soulagement pour nous ».

A la lumière de ces deux (2) témoignages recueillis auprès des habitants de Bria et de Mobaye, ne peut-on pas affirmer qu’Ali Daras a subi une défaite cuisante à Bria ? Il ne fait aucun doute. L’UPC a perdu beaucoup de ses éléments qui se considéraient comme des seigneurs de guerre et n’hésitaient pas à mettre  fin à la vie de leurs concitoyens. Aujourd’hui et peut-être depuis lundi 21 novembre 2016, ces criminels patentés ont rejoint ceux qu’ils ont tués sans aucune forme de procès et le jugement de Dieu Tout-Puissant va devoir commencer. C’est pour dire que cette parole biblique, « tout se paie ici bas », est devenue réalité en Centrafrique. Ali Daras et les siens ont commencé à payer le sang des innocents qu’ils ont versé depuis plus de trois (3) ans. C’est le commencement de la fin. Le plus dur arrivera ou se produira dans les jours à venir si l’UPC continue de persister dans les violences contre des civils.

Les gens ont raison de dire que les morts ne sont jamais morts. Ils commencent maintenant à se manifester dans leur tombe contre leurs bourreaux. Les peuhls d’Ali Daras qui ont versé le sang des innocents à Mobaye, Zangba, Bambari, Kouango, pour ne citer que ses quelques villes, doivent comprendre que leur fin est proche. Il en sera de même pour les hommes du FPRC de Nourredine Adam. D’autres factions rebelles de la Séléka vont certainement dans les jours à venir se dresser contre eux, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ne parle plus de rebellions en Centrafrique. Le compte à rebours ne fait que commencer pour les seigneurs de guerre, les hors-la-loi, les criminels sans foi, ni conscience.

Nous avons toujours dit qu’« il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix ». En outre, le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra, a tendu la main fraternelle à ses frères qui ont pris les armes. Il a prôné et prône le dialogue pour une sortie favorable de la crise. Mais toute porte à croire que Touadéra prêche dans le désert de Sahara ou de San Pédro. Le FPRC, l’UPC, le MPC, le RPRC, ne veulent pas entendre parler de la paix. Ils balaient du revers de la main les propositions du chef de l’Etat et sont toujours réfractaires au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion, Rapatriement (DDRR). Et les conséquences de ce refus, ils les vivent aujourd’hui. S’ils avaient accepté de déposer les armes et de faire la paix, nous pensons que ceux qui ont perdu leur vie dans ces affrontements, devraient rester en vie. Mais malheureusement, un rebelle est un rebelle. Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, les rebelles ne voient que leurs armes et sont toujours prêts à commettre des actes barbares.

Le FPRC et l’UPC ont certes tiré les leçons de ces affrontements intercommunautaires. Désormais, ils vont s’aligner sur le processus DDRR pour épargner la vie de leurs combattants et de la  population civile. « La paix n’a pas de prix », dit-on.

Denis LOUGOUSSOUS-NGOUVENDA

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