ACCALMIE A BAMBARI, BRIA, KAGA-BANDORO, VILLES ROUGES :

Mercredi 01 Fév 2017

ACCALMIE A BAMBARI, BRIA, KAGA-BANDORO, VILLES ROUGES : LA MISE EN GARDE DE LA MINUSCA ET LE DIALOGUE PRONE PAR TOUADERA ONT-IL PORTE SES FRUITS ?

Toua 3

Un observateur national ou international de la crise centrafricaine serait tenté de dire que l’accalmie, du moins précaire, règne à Bambari, Bria, Kaga-Bandoro, Bakala, Ippy, les villes les plus touchées par les affrontements meurtriers de ces derniers temps. Même un Centrafricain lambda ne pourra dire autre chose. Une accalmie relative est observée sur toute l’étendue du territoire national. Mais cela ne veut pas dire que des exactions des groupes armés sur les populations civiles dans les villes de nos provinces ont cessé. Bien au contraire. Elles se poursuivent allègrement, et d’une manière isolée. Les barrières illégales érigées çà et là, empêchant la libre circulation des personnes et des biens, contribuent efficacement aux rackets, aux rançonnements de nos compatriotes. Les prises d’otage, les détentions arbitraires, les disparitions, bref des actes barbares de tout genre sont encore perpétrés par les combattants rebelles.

Mais l’accalmie que nous observons dans ce mois de janvier est-elle due au dialogue prôné par le président Touadéra avec les groupes armés et la mise en garde de la Minusca ? Il ne fait aucun doute. Nombreux Centrafricains, après le carnage de Ndomété, Kaga-Bandoro, Kouango, et les affrontements très meurtriers entre le FPRC de Nourredine Adam et l’UPC d’Ali Daras à Bria, Bakala, Ippy et au village Ndassima, avaient demandé au gouvernement et à la Minusca de prendre ses responsabilités. Une façon de leur demander de faire l’usage de la force. Ils avaient peut-être raison, vu l’intensité des actes inouïs, barbares, indignes et bestiaux commis par ces seigneurs de guerre. Utiliser la force pour mettre hors d’état de nuire ces malfrats, c’est bien pour certains, mais s’orienter vers le dialogue, l’entente pour faire comprendre ces brebis galeuses, c’est encore mieux. Et c’est cette voie que le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange a choisie. Il en est de même pour la Communauté internationale qui le soutient dans ce chemin  qui permettra au pays de sortir de ce bourbier. N’oubliez surtout pas que répondre à la violence, c’est mettre de l’huile sur le  feu. Une fois l’huile mis sur le feu, il nous serait difficile de l’éteindre et les conséquences seront très dramatiques, les pertes en vies humaines incalculables.

C’est dans cet ordre d’idée que Touadéra a opté, opte et optera toujours pour le dialogue avec les groupes armés afin de décrisper la situation. D’aucuns pensent que c’est la faiblesse de l’Exécutif, alors qu’il n’en est rien. C’est un moyen efficace pour résoudre un différend comme le nôtre. De nombreux  pays africains, même les pays limitrophes de la RCA, ont connu des crises. D’autres sont parfois plus violentes que celle qui se déroule aujourd’hui en Centrafrique. Par le dialogue, le pourparler, les belligérants ont trouvé un terrain d’entente. Les peuples de ces pays vivent aujourd’hui en parfaite harmonie. Nous osons espérer que la ligne tracée par Touadéra portera ses fruits. Certaines communautés ou groupes armés qui se regardent en chien de faïence, cohabiteront ensemble. La cohésion sociale d’antan fera son retour.

En outre, cette accalmie précaire n’est pas aussi le fruit du hasard. C’est la résultante de la mise en garde de la Minusca aux groupes armés contre toutes attaques sur les populations civiles. Mais celle-ci ne veut pas dire que les Casques Bleus de la Minusca iront en guerre contre nos compatriotes qui ont pris les armes. C’est lorsqu’ils s’en prendront à leurs concitoyens que les soldats onusiens les attaqueront. Mais avant d’en arriver là, ces soldats et les civiles qui composent la Minusca font un travail remarquable. Celui-ci vise à sensibiliser, à conscientiser les combattants rebelles à abandonner l’usage de la force, à déposer les armes et à enterrer définitivement la hache de guerre. Si certains persistent et signent dans des actes barbares, c’est à ce moment précis que la foudre de la Minusca s’abattra sur eux. Donc la Minusca mène aussi des dialogues auprès de ces va-t-en guerre. Car vous êtes sans ignorer que la Minusca est une force de maintien de la paix et non de guerre. C’est lorsque les exactions, les attaques sont menées contre les populations civiles sans défense que cette force internationale qui est sensé les protéger, intervient à son tour.

A la lumière de ce que nous observons aujourd’hui concernant l’accalmie sur l’ensemble du territoire, nous pouvons valablement affirmer que le dialogue prôné par Touadéra et la mise en garde de la Minusca aux groupes armés ont porté ses fruits. C’est un ouf de soulagement pour le peuple centrafricain qui aspire à la paix, rien que la paix. Nous souhaitons pour notre part que Nourredine Adam, Ali Daras, Sidiki et autres optent définitivement pour la paix et abandonneront les armes.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire