ABDOUL KARIM MECKASSOUA, PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE,

Vendredi 27 Jan. 2017 : 10H23

ABDOUL KARIM MECKASSOUA, PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE, A CHRISTINE LAGARDE, DG DU FMI : « C’EST UN VERITABLE PLAN MARSHALL QU’IL FAUT POUR LA RCA »

 

«    C’est une grande première qu’un haut responsable du FMI (la DG) foule le sol centrafricain », a déclaré Anicet Georges Dologuélé, député de la nation. L’Honorable Karim Meckassoua, Président de l’Assemblée Nationale (PAN), va plus loin et perce l’abcès : « C’est un véritable plan Marshall qu’il faut pour la RCA ». C’est une fierté nationale de voir les grosses pointures de la vie politique nationale se mettre en exergue pour plaider le sort de leur pays. La RCA est un navire sur lequel nous sommes tous embarqués. S’il y a naufrage, nous périssons tous. Si le bateau arrive à bon port, tout le monde y trouve son compte. Le passage de la Directrice générale du FMI a mis en exergue des faiblesses dans le recouvrement des recettes de l’Etat. Et cela transparaît également dans les propos de l’Honorable Anicet Georges Dologuélé. Il ne faut pas se voiler la face, beaucoup d’efforts restent à faire pour porter le manteau de bon élève du FMI, à l’exemple du Rwanda qui a connu comme la RCA, la pire des crises de son histoire, le génocide.

Les doses de rigueur, de la transparence, de l’intégrité et de la compétence, ne sont pas encore à la hauteur des défis que la RCA doit relever. Il faut plus de bâton que de carotte. Paul Kagamé, pour mettre le Rwanda en orbite, ne lésine pas sur les moyens de redresser les arbres tordus. Il faut sévir pour mettre hors d’état de nuire les brebis galeuses qui mettent en avant leur ventre. Ce temps est définitivement révolu. Bien des cadres centrafricains n’ont pas encore compris que ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui doivent soulever ce pays pour le mettre débout. C’est nous qui avons détruit le peu qui existait, il nous revient de le reconstruire. Les 100 logements de Sakaï-Boeing constituent un don humanitaire, une œuvre de charité de sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc, aux populations déplacées. Le gouvernement ne peut prendre prétexte d’une action humanitaire pour faire de grands discours. Nous voulons voir les 10.000 logements inscrits dans le programme gouvernemental être lancés, et c’est là que nous apprécierons à sa juste valeur, la volonté et la détermination du gouvernement à conjuguer le verbe LOGER. Un don humanitaire n’a rien à voir avec un plan national de logement, de l’habitat et de l’urbanisme. Il ne faut pas se cacher derrière le doigt de la main.

Il faut concevoir, ensuite avoir les reins solides pour défendre le projet et convaincre les partenaires. C’est le rôle et la responsabilité des ministres, comme agents de développement. C’est celui qui est dans le besoin qui cherche, fouille, bèche pour avoir gain de cause. Il faut agir sur son destin, être maître des circonstances pour transformer son environnement. Les projets ne tomberont pas du ciel. Les Honorables président de l’Assemblée Nationale Abdoul Karim Meckassoua et Anicet Georges Dologuélé sont des personnes ressources de premier rang, sur lesquelles le gouvernement peut s’appuyer pour avoir des avis contraires, fondés et objectifs. C’est de la dialectique que naît la vérité. Autant il faut soutenir les nouvelles autorités face à des institutions de la dimension du FMI, autant, il faut relever les failles de la gouvernance. La vérité blesse mais ne tue pas.

Selon le ministre de l’Urbanisme lors du lancement des travaux de construction des 100 logements le 20 janvier 2017, « l’heure n’est plus à la parole, mais aux actes ». Centrafric Matin n’a pas encore vu un acte concret et convaincant du gouvernement. Bruxelles relève encore de la théorie de l’espérance. Au moins en ce qui concerne les routes, nous voyons quelques réalisations (bitumage), seulement à l’échelle urbaine. Nous avons comme impression que les ministres ont peur de voir très gros, de voir plus grand et se contentent des miettes humanitaires pour faire du tapage. Bientôt un an et les Centrafricains n’en sont qu’à des intentions, des catalogues ou des chapelets d’intentions : 20 logements, 25.000 logements avec une société chinoise, pour ne citer que ces cas, mais pour quand, c’est le sexe des anges. Franchement, la RCA frôle la misère en terme de cadres. Comment font les pays qui nous entourent pour décrocher des financements de centaines de milliers de milliards ? La RCA est pourtant plus vaste et plus peuplée que certains pays de la sous région qui avalent de très gros financements. Ne sommes-nous pas capables de faire appel à des compétences extérieures dans le cadre des projets ?

Les cadres centrafricains veulent tout de leur pays, mais ils ne font rien pour leur pays. Les pillages, les détournements, les très mauvaises manières de servir, se poursuivent malgré la litanie de la rupture. Un slogan creux qui ne veut rien dire, car les réflexes n’ont pas encore épousé le concept de progrès. Nous avons observé beaucoup de chose lors des préparatifs des festivités du 1er décembre 2016. Les programmes emplois au départ sont différents en terme de résultat final. On propose un costume pour le défilé, mais à la fin et à la surprise des travailleurs, l’ensemble proposé est une tenue « directeur ». Est-ce que les instances de contrôle suivent l’exécution des programmes emplois des sociétés d’Etat et Offices publics ? Non. Qui est donc le véritable assassin du pays, ce sont les institutions de contrôle inefficaces, incompétentes, irresponsables, voire complices. Personne n’ose veiller sur les finances publiques, les recettes et menues recettes de l’Etat.

Julien BELA

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