A QUOI RESSEMBLE L’ASSEMBEE NATIONALE, SINON UN SAC

Lundi 26.05.2017 : 10H27

A QUOI RESSEMBLE L’ASSEMBEE NATIONALE, SINON UN SAC A CRABES BOURRE DE HAINE, DE RANCOEUR, D’HYPOCRISIE, DE JALOUSIE : PAUVRE SARANDJI

Sarandji et dologueleJamais dans l’histoire de la RCA au plan politique, une législature n’a été aussi terne. L’Assemblée Nationale n’est pas une tribune de règlement de compte au gouvernement. L’interpellation des membres du gouvernement n’est pas la guerre. Et pourtant, certains députés n’hésitent pas à parler de « Haut lieu de la démocratie ». L’histoire nous enseigne que Bozizé a demandé à son parti de soutenir lors des élections, Anicet-Georges Dologuélé. C’est une passerelle qui est établie entre Dologuélé et Bozizé, son parti le KNK et sa branche armée. Dologuélé perd l’élection présidentielle, mais il est élu député de la nation. Pourquoi il ne peut infléchir la position de Bozizé et sa branche armée ? N’est-il pas concerné par la paix en Centrafrique ? N’y a-t-il que Touadéra et son gouvernement pour ramener la paix ? Ne dit-on pas que « tout chemin mène à Rome », donc à la paix ?

Le Secrétaire général par intérim du KNK est également député de la nation à l’Assemblée Nationale. Il a déclaré haut et fort sur les ondes de RFI, qu’il faut discuter avec Bozizé, le chef des Anti-Balaka. Bertin Béa, député, n’est-il pas concerné par la recherche de paix en Centrafrique ? Les Anti-Balaka étant reconnus par Bertin Béa comme branche armée du KNK, il a donc un pouvoir en tant que Secrétaire général par intérim, sur les Anti-Balaka. Du côté des Anti-Balaka, le désarmement ne poserait aucun problème si Anicet-Georges Dologuélé et Bertin Béa, tous deux (2) députés de la Nation, tous deux proches de Bozizé, aimaient leur pays. S’il ne faut voir que Touadéra et son gouvernement, il y a un vrai problème. Ceux qui ont une marge de manœuvre auprès de Bozizé, préfèrent laisser faire, les Centrafricains vont toujours mourir, parce qu’il n’y a que Touadéra seul face aux groupes armés.

Si l’Assemblée Nationale était réellement un « Haut lieu de la démocratie », le président de cette institution, ayant été mis en cause par le général Zoundécko dans une interview au RJDH, les députés auraient mis sur pied une commission d’enquêtes parlementaires. Il n’y a que les députés pour laver leur président de tout soupçon. C’est un silence de cimetière qui a suivi jusqu’à ce jour. Si c’était un membre du gouvernement, ce serait une massue que les députés utiliseraient pour l’écraser. Le gouvernement, depuis le premier ministre jusqu’aux ministres, renferme des gens instruits qui savent lire, écrire et analyser les faits, les évènements dans notre pays. La Communauté internationale sait aussi que les Centrafricains n’aiment pas leur pays, à travers la classe politique. Et c’est à juste titre que « l’Union Sacrée », ne saurait tenir la route, puisque la paix, c’est l’affaire de Touadéra et de son gouvernement. Selon Dologuélé, « le pouvoir peut dormir sur ses lauriers puisque les Nations Unies assurent sa sécurité ». C’est un raisonnement simpliste.

Catherine Samba-Panza a été élue au suffrage indirect par le CNT. Les Nations Unies assuraient sa sécurité. Cela n’a pas empêché les Anti-Balaka de faire un coup d’Etat le 26 septembre 2015. Elle était obligée de revenir en catastrophe à Bangui, abandonnant une mission d’Etat au profit de la RCA. Avant Bruxelles, il y a eu des convulsions qui ont failli faire échouer cette importante rencontre pour le pays. A Bangassou, même si l’on parle des auto-défenses, l’ombre des Anti-Balaka plane sur ces atrocités. Au lendemain de l’investiture de Touadéra, tous les proches de Bozizé, civils et militaires disaient ouvertement sans se cacher, « Touadéra ne fera pas un an au pouvoir ». Touadéra, comme  son prénom l’indique, a un cœur d’Archange. Voyons ce qui se passe en RDC, au Niger, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, où les opposants défilent en prison, pour un rien. Parfois, les accusations sont fabriquées de toutes pièces. Touadéra ne gagnera rien en optant pour cette méthode. Le colonel Charles Massi a disparu pour toujours, pour avoir osé secouer le fauteuil de Bozizé. Depuis lors, il n’a jamais réapparu. Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous le fasse demain.

L’histoire en Centrafrique est pleine d’enseignements, mais hélas. Feu président Patassé, paix à son âme, avait rendu la vie politique impossible au feu président Dacko qui a ensuite remis le pouvoir au président Kolingba. Personne au monde n’a le monopole de la manipulation, des convulsions politiques par la rue. Patassé arrive au pouvoir en 1993, démocratiquement élu. Les mutineries de 1996 à 2003, couvrant tout le règne du « Barbu National » jusqu'à sa chute, constituent le retour du bâton. Kolingba n’a fait que renvoyer l’ascenseur de 1981 à Patassé. Il y a autant de clichés qui auraient dû servir de socle aux comportements des hommes politiques, principalement les leaders politiques.

Un bon leader politique, avant de parler, doit savoir qu’il y a un passé, un présent et un futur. Les propos du président de l’URCA ne trahissent pas sa véritable pensée profonde ? Sa proximité avec Bozizé et sa branche armée en disent long. A quoi sert-il de discuter de la sécurité et de la paix avec des gens qui font semblant, alors qu’ils connaissent bien la marge de manœuvre du gouvernement ? Les armes qui sont  dans les Etats voisins, notamment le Cameroun, ont fait l’objet d’un déplacement du ministre de la Défense, Joseph Yakété. Ces armes sont rentrées sur un territoire étranger par effraction. Elles ont été saisies, stockées, y compris des véhicules parqués. L’Etat centrafricain ne va pas les reprendre comme une femme qui va récupérer son sac de manioc au champ. Il faut une procédure de rétrocession qui passe par les Nations-Unies. Le Cameroun a déjà saisi les Nations-Unies pour finaliser la procédure de rétrocession. Et alors, diantre !

 

Julien BELA 

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