LA CLASSE POLITIQUE : FAUT-IL DEFENDRE L’INTERET DE LA POPULATION

Mardi 09.05.2017 : 12H14

 

LA CLASSE POLITIQUE : FAUT-IL DEFENDRE L’INTERET DE LA POPULATION QUI SOUFFRE OU FAIRE DES CALCULS POLITIQUES POUR SON PARTI ?

Bertin bea du knk 1Les leaders politiques centrafricains ont enfin reconnu leur médiocrité. Nous avons toujours dit que la vie d’un parti politique ne se résume pas aux élections. Or, dans la plupart de pays africains, quand on perd une élection, c’est fini, la vie s’arrête là. C’est le cas en Centrafrique avec les leaders politiques. Certains leaders politiques ont disparu de la scène politique nationale depuis fort longtemps. Lorsque les groupes armés tuent, violent, pillent, incendient même dans leurs propres régions, cela ne les émeut nullement. Les débats souvent entamés par ces hommes, témoignent que certains leaders des partis politiques font des petits calculs pour défendre leurs propres intérêts, et non pour défendre la population qui souffre atrocement, et n’aspire qu’à la paix.

Les discours de certains leaders de partis politiques à l’occasion du 3ème  congrès ordinaire du Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE), ne pèsent pas un gramme dans la balance. Pendant que certains élus de la nation se préoccupent de la situation des populations civiles qui souffrent dans l’arrière-pays sous les exactions des groupes armés, d’autres font leurs calculs politiques pour défendre leur parti. C’est le cas de Bertin Béa, Secrétaire général par intérim du parti KNK de François Bozizé, et Ferdinand Alexandre Nguéndet, président du parti Rassemblement Pour la République (RPR). Bertin Béa, en se focalisant sur la réponse du président tchadien, Idriss Deby-Itno au  rédacteur en chef du journal « Jeune Afrique », en la personne de François Soudan, croit fermement que l’organisation d’un dialogue politique inclusif, avec la participation des deux (2) anciens chefs d’Etat centrafricain, Bozizé et Djotodia, ainsi que les ex-Séléka et Anti-Balaka, est la seule condition de mettre un terme à la crise en RCA. Dans le cas contraire, on n’y arrivera jamais. Une manière de blanchir François Bozizé pour lui permettre de revenir et vivre tranquillement dans son pays.

Mais que dire de nombreuses victimes qui continuent jusqu’à la date d’aujourd’hui de vivre comme des animaux sauvages dans la brousse et sur le site des déplacés ? Tant que des mesures fortes ne sont pas prises pour réduire la gâchette des groupes armés, est-ce le dialogue sollicité par Bertin Béa qui peut mettre un terme à la souffrance des populations ? En tenant un tel propos, Bertin Béa voudrait sacrifier des milliers de Centrafricains pour la cause d’un seul homme, et donc de François Bozizé. Cela n’étonne personne puisque c’était de cette manière que le KNK a géré le pays pendant dix (10) ans, conduisant toute la nation dans la pire crise. Où était Bertin Béa pour solliciter le dialogue inclusif afin d’arrêter les tueries en masse, les incendies, les pillages commis par les ex-combattants Séléka et Anti-Balaka ? Est-ce aujourd’hui que le KNK voit mieux ?

Ferdinand Alexandre Nguédet était le président du Conseil National de Transition (CNT). Il n’a jamais haussé le ton pour demander l’arrestation de Ali Daras. Quand l’évêché Saint Joseph de Bambari a été attaqué par les éléments de Daras, qu’est-ce que Nguédet a fait ? Aujourd’hui, Alexandre Nguédet veut finir coûte que coûte avec Daras, parce qu’il sème la désolation dans sa région. Nguédet a lancé une pétition pour demander rien que l’arrestation de Ali Daras. Mais que dire de Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen, Mahamat Alkhatim et tant d’autres, qui poursuivent des exactions sur les populations à Kaga-Bandoro, Bouca, Batangafo, Bocaranga, Ngaoundaï, Koui, pour ne citer que ces quelques villes ? Ces régions ne font-elles pas partie de la RCA ? Au cas où Nguédet serait président, ne gouvernera-t-il  que la Ouaka ? Comment peut-on prendre au sérieux les hommes politiques centrafricains, s’ils ne sont plus en mesure d’entamer des débats francs, sincères, dans le but de défendre les populations qui souffrent ?

Les attentes de la population sont nombreuses. Mais la priorité des priorités demeure la sécurité et la paix. C’est sur ces deux (2) points que les leaders politiques doivent orienter leurs débats pour libérer définitivement la population de la prise d’otage. C’est quand chacun se sent libre qu’on peut s’asseoir autour de la table pour discuter et trouver une solution à nos querelles. Cessons de faire de petits calculs machiavéliques pour défendre nos propres intérêts ou l’intérêt de notre parti. La classe politique centrafricaine a encore du chemin à parcourir pour devenir une classe politique mûre et digne de ce nom. La RCA avant tout, et le peuple centrafricain d’abord.

Bénistant MBALLA

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Date de dernière mise à jour : Mar 09 mai 2017