20 ANS D’EXISTENCE DES CASQUES-BLEUS AU CONGO N’ARRETENT...

Lundi 27.02.2017: 08H37

20 ANS D’EXISTENCE DES CASQUES-BLEUS AU CONGO N’ARRETENT PAS LE MOUVEMENT DES GROUPES

ARMES : LA VERITABLE « UNION SACREE »

PEUT CHANGER LA DONNE EN RCA

Minusca 2

 

Une analyse profonde des crises militaro-politiques dans d’autres pays  à l’exemple de la République Démocratique du Congo (RDC), du Soudan, du Mali, de la Côte d’Ivoire pour ne citer que ces quelques pays Africains où les casques-bleus de l’ONU ont été déployés, pourrait amener le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest à se mobiliser comme un seul homme pour lutter contre les forces du mal. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les jours, les mois, voire les années passent avec les mêmes scénarios : tueries, pillages, viols, incendies, massacres et la liste est longue. Cependant, tous les regards des Centrafricains sont braqués uniquement sur les Casques Bleus de l’ONU pour rétablir la sécurité et la paix dans le pays. Pourtant, les responsables des Nations-Unies ne cessent de dire que les forces onusiennes ne constituent pas une force combattante. Faut-il dans ce cas d’espèce croiser les bras et attendre que les Casques Bleus nous donnent la paix comme la manne tombée du ciel ?

Déjà plus de vingt (20) ans, les soldats onusiens à travers la Monusco sont toujours omniprésents sur le terrain en RD-Congo. Leur présence a-t-elle arrêté le mouvement des groupes armés ? Non. Le peuple congolais continue jusque-là de subir les pires exactions des groupes armés. Il ne se passe pas un seul jour sans que les populations civiles congolaises sont sacrifiées sur l’autel des seigneurs de guerre qui violent, pillent, tuent, incendient et ravagent tout sur leur passage. Tel est aussi le cas au Soudan où des milliers et des milliers de populations civiles ont fui les affrontements entre les groupes rebelles et se retrouvent en ce moment sur les camps des déplacés en menant une vie ultra-précaire comme des animaux sauvages. La mission onusienne au Darfour (Minusmad) était bien présente quand le Soudan a été divisé. Le Nord du Mali est occupé depuis lors par l’Organisation de l’Etat Islamiste qui terrorisent du jour au jour les populations civiles, obligeant de nombreuses personnes à se refugier dans d’autres localités pour éviter les massacres, alors qu’il y a la présence des forces onusiennes et notamment la Minusma. Les Casques Bleus viennent de quitter récemment la Côte d’Ivoire après treize (13) ans d’activités. Mais la situation sécuritaire du pays reste toujours précaire. Est-ce en RCA qu’ils peuvent faire mieux ?

Tout compte fait, les Casques Bleus constituent une force d’interposition et non une force combattante. De plus, les Nations-Unies travaillent sur la base des textes adoptés au conseil de sécurité de l’ONU. D’où la seule application des résolutions prises au conseil de sécurité. C’est pour autant dire que la tâche incombe aux fils du pays de s’unir comme un seul homme afin de rétablir la sécurité et la paix dans leur pays. C’est ce qui manque cruellement aux Centrafricains pour sortir définitivement la RCA du gouffre. L’« Union Sacrée » prônée par le chef de l’Etat ne semble concerner qu’une partie de la population. Sur les mille et un (1001) partis politiques qui agissaient au moment des élections, il n’y a que quelques uns qui déploient des efforts pour apporter une solution à la crise. C’est l’exemple des honorables députés de l’Ouham-Péndé qui ont effectué une visite dans leurs circonscriptions et essayé de discuter avec les groupes armés dans le but de faire cesser les hostilités. Où sont les autres députés de la nation ? Nulle part. La situation sécuritaire qui prévaut en ce moment dans la Ouaka et la Haute-Kotto ne les concernent nullement. Ils attendent juste le jour des élections pour revenir solliciter le suffrage de cette même population qu’ils abandonnent dans la gueule des sanguinaires qui la déciment comme bon leur semble.

Même son de cloche du côté de la société civile. Une société civile digne de ce nom est celle qui regroupe en son sein toutes les organisations nationales. Elle est donc forte et capable de mener des actions allant dans le sens de l’intérêt général. Malheureusement, la société civile centrafricaine vogue au gré du vent en survolant les vrais problèmes qui minent et gangrènent le pays. Une société civile forte aurait entamé le dialogue avec les belligérants dans le cadre de la cessation des hostilités. Elle pourrait également sensibiliser toutes les communautés à démolir les mûrs de clivage, de la haine, de la vengeance, sources de division et de discrimination. La paix est presqu’au rendez-vous. Les ex-combattants qui sont  des véritables fils du pays, se sont déjà adhérés au processus de DDRR pour faire la paix. Quelques groupes seulement à l’exemple du FPRC, MPC, RPRC et les 3R maintiennent toute une population en otage. Pour quelle raison ? Dieu seul le sait. Unissons-nous et main dans la main pour sortir notre pays du chaos. Car, « l’union fait la force », dit-on. Disons plus jamais de guerre en République Centrafricaine de feu Barthélémy Boganda, jadis « Suisse Africaine » et « havre de paix ».                                Bénistant MBALLA

 

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