13 DES 14 GROUPES ARMES INDENTIFIES ADHERENT AU PROGRAMME ...

Vendredi 10/03/2017 : 10H09

13 DES 14 GROUPES ARMES INDENTIFIES ADHERENT AU PROGRAMME DDRR POUR LA PAIX : QU’EN EST-IL DES ANTI-BALAKA, VERSION MOKOM DE BOZIZE ?

Un pas vient une fois de plus d’être franchi par les groupes armés. Dans un communiqué de presse rendu public par la Minusca, le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC), dirigé de main forte par Nourredine Adam, a désigné deux (2) membres de son bureau politique pour siéger au Comité Consultatif et de Suivi (CCS) du Programme National pour le Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (PNDDR). Il nous est difficile aujourd’hui de connaître le mobile de ce retournement de situation. Mais est-il que Nourredine Adam, sachant d’avance qu’il ne peut réaliser ses projets machiavéliques de partition de la RCA, ou de la marche sur Bambari à cause du rouleau compresseur de la Minusca, a décidé d’adhérer au processus DDRR. Ce geste de Nourredine pourrait s’expliquer par le retrait de Ali Daras de la ville de Bambari. Ce dernier constituait une menace permanente pour Nourredine et ses hommes. Car vous êtes sans ignorer que des affrontements intercommunautaires très, très meurtriers ont opposé l’UPC à la coalition FPRC-MPC-RPRC dans les villes de Bria, Bakala, Ippy et au village Ndassima. D’après certaines sources, ces affrontements se poursuivent à la périphérie de Bambari.

Une autre raison qui a poussé Nourredine à s’aligner sur le programme DDRR serait aussi sa propre volonté à œuvrer pour la paix en Centrafrique. Après quatre (4) ans de la crise déclenchée par la coalition Séléka, le sang a trop coulé sous le pont. Des proches de Nourredine auraient perdu leur vie, sans oublier ses hommes de rang sur le terrain. Des biens meubles et immeubles ayant appartenu à ses acolytes sont partis aussi en fumée. Alors, dans ce cas de piètre figure, à quoi sert de poursuivre la guerre ? Mieux vaut s’abstenir et permettre à ses proches collaborateurs, bref ses compatriotes, de respirer un nouvel air sur la terre de leurs aïeux. Etant un humain, doué peut-être de bon sens et de raison, et soucieux de son avenir, et celui de ses concitoyens, y compris le devenir du pays, Nourredine Adam a opté pour la paix et non la guerre. Mais nous suivons de près la concrétisation de cette décision sur le terrain pour avoir un cœur net. Car, ce n’est pas pour la première fois que ces rebelles nous roulent dans la farine et foulent aux pieds les accords qu’ils ont eux-mêmes signés. Nous osons espérer que cette fois-ci Nourredine, le leader du FPRC a bien nourri sa pensée avant de poser cet acte louable, celui d’envoyer ses deux (2) représentants au CCS.

Qu’en est-il des Anti-Balaka, version Mokom, du déchu président François Bozizé-Yangouvonda ? Ils persistent toujours dans la prise de pouvoir par les armes. La souffrance de leurs compatriotes ne les émeut nullement. Et pourtant François Bozizé a dirigé la RCA avec les siens pendant dix (10) ans. Il était arrivé au pouvoir par la force, tout comme l’ex-nébuleuse coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko. Si nos mémoires sont bonnes, presque toutes les branches dissidentes de la Séléka ont déjà adhéré au DDRR. Même si des actes barbares sont encore commis sur les populations civiles par ces combattants Séléka, la volonté d’aller à la paix, au vivre ensemble, à la cohésion sociale est là. Mais du côté des Anti-Balaka de Bozizé, c’est un autre son de cloche. Parler d’adhésion de ces derniers au DDRR, c’est verser de l’huile sur le feu. Que veulent-ils et que cherchent-ils ?

Si Bozizé et les soi-disant libérateurs du 15 mars 2003 ont accédé à la magistrature suprême de l’Etat en renversant le régime démocratiquement élu  de feu Ange Félix Patassé, nous leur disons tout simplement aujourd’hui que les donnes ont changé. Les Centrafricains ne sont plus dupes mais plutôt mûrs. Après la crise qui a ébranlé les fondements de la République et a failli faire disparaître la RCA sur la carte du monde, tout individu qui veut briguer le fauteuil présidentiel doit passer par les urnes, un point, un trait. Désormais, c’est le chemin choisi par le peuple centrafricain.

Depuis Kampala en Ouganda où Bozizé vit en exil, il ce cesse d’attiser la flamme de la haine, de la division en manipulant inlassablement les Anti-Balaka de Mokom. Un jour, ses éléments et lui n’auront que les yeux pour pleurer. Ceux qui sont tombés sous les balles des groupes armés à cause de la gestion familiale, clanique, ethnique, tribale, régionaliste et de la mauvaise gouvernance de Bozizé se dresseront devant eux. C’est ce jour-là qu’ils sauront que la vie sur terre est bien mais peut devenir dramatique d’un moment à l’autre.

13 des 14 groupes armés identifiés se sont déjà adhérés au DDRR. Le dernier en date est le FPRC. Il serait judicieux pour les Anti-Balaka version Mokom d’emboîter le pas à ces groupes armés. Car, il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour la paix. Les Centrafricaines qui sont dans les sites, ceux qui errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr ont désormais les yeux tournés vers eux.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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Date de dernière mise à jour : Ven 10 mars 2017