08 MARS 2018 : BANDEROLES ET MARCHE APPORTENT...

Vendredi 09/03/2018 : 09H59

08 MARS 2018 : BANDEROLES ET MARCHE APPORTENT QUOI DANS LA TETE DES FEMMES ?

Dsc 0000006Les femmes centrafricaines sont passées une fois de plus à côté de la plaque. Une marche avec des banderoles a constitué la toile de fond du 08 mars 2018. Vaut mieux quelque chose que rien, peut-on dire. Pour nous journalistes, l’agenda de la Centrafricaine est plus que chargé. La violence, l’analphabétisme, la sous information, l’obscurantisme auraient dû être les chevaux de bataille de la femme. Que faire pour éclore la femme centrafricaine ? De la femme commerçante en passant par la cultivatrice et la ménagère, comment relever le défi de l’analphabétisme des adultes ? Quel est l’objectif à atteindre d’ici 2030 quant à la scolarisation des filles depuis la maternelle ? Que faire pour la formation professionnelle des femmes ?

La RCA est parmi les premiers pays à appliquer la parité homme-femme. Cela n’est plus l’objet d’une revendication. C’est désormais une question de mérite, une question de têtes bien faites. Catherine Samba-Panza est passée présidente de la transition, parce qu’elle a le profil intellectuel. La femme centrafricaine veut franchir d’un bond le fleuve, sans avoir des ailes. Quand les femmes véritablement instruites atteindront le seuil de 20 à 40 %, elles pourront monter sur les toits pour crier 50-50. En Centrafrique, n’importe qui peut devenir ministre. Nous avons vu des ministres qui ne peuvent pas s’exprimer correctement. Les Centrafricains en ont vu de toutes les couleurs. Tout le monde pense qu’on peut devenir ministre parce que la fonction de ministre, du fait des crises, est tombée plus bas que terre. Tout se résume à signer des papiers à longueur de journée. Or, un ministre est un agent de développement, c’est un émetteur-récepteur, un concepteur.

Nous avons vu Nourredine Adam, bombardé ministre d’Etat à la Sécurité Publique. La suite, il a volontairement démissionné pour céder son poste à quelqu’un d’autre, parce que la tête est vide, il ne comprenait rien de l’administration. Les agents le roulaient dans la farine. Quant aux femmes ministres, ce n’est qu’un décor gouvernemental pour leur beauté physique. Les vraies femmes ministres, à l’exemple de la dame de fer Marie Noëlle Andé Koyara, sont très rares comme la pluie dans le désert du Sahara. Même l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) est opaque, sans boussole, sans vision, sans objectifs définis. Elle ne dispose pas d’un tableau de bord pour les femmes, les filles, encore moins la violence à l’égard des femmes. C’est dans cette organisation qu’on aurait dû noter la véritable éclosion de la femme centrafricaine. Sur quelle base revendique-t-on la parité homme-femme ou planète 50-50 ? Il faut jeter les bases de cette parité, dans le sillage des Objectifs du Développement Durable d’ici 2030. Où en sommes-nous ? La parité homme-femme a existé de fait en RCA depuis la nuit des temps. Madame Domitien Elisabeth a été première ministre sous Bokassa. Tante Ruth Roland, une autre dame de fer, était leader d’opposition sous le régime Kolingba. Elle était dynamique, intraitable, rigide. La RCA a connu des femmes leaders qui, malheureusement, n’ont pas servi d’exemple, d’idoles à la génération suivante. Les femmes que l’on peut qualifier de « Tè Kwè », de « Tè ka mo tè gué », ont pris le relais, des caméléons prompts à prendre la couleur locale. A l’exception toujours de Marie Noëlle Andé Koyara à la FAO, il est difficile que la femme centrafricaine perce à l’international.

Beaucoup d’hommes ont servi dans les missions de maintien de la paix sous d’autres cieux, alors que pour les femmes centrafricaines, c’est le néant. La femme centrafricaine n’est pas ambitieuse, car le complexe d’infériorité la paralyse. Or, la parité est à tous les échelons, international comme national, mais hélas ! L’avocate, madame Edith Douzima, se bat à la Cour Pénale Internationale (CPI) parce qu’elle a le niveau requis. S’il faut être une citerne de bière, la femme centrafricaine est championne du monde de toutes catégories confondues. Elle ne se cultive pas, elle ne lit pas, elle n’évolue pas, mais marche à reculons. Malgré tout, elle réclame la parité homme-femme (50-50). Malheureusement, les marches, les banderoles n’apportent rien à l’intellect, à la matière grise.

 

Julien BELA

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