05 AOUT 2019 : LA SELEKA N’AVAIT-ELLE PAS ...

Mercredi 07.08.2019 : 09H55

05 AOUT 2019 : LA SELEKA N’AVAIT-ELLE PAS L’INTENTION DE MARCHER SUR LE CENTRE ADMINISTRATIF DE KAGA-BANDORO ?

Rebelle selekaLa mise en œuvre de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR) en RCA, paraphé à Khartoum, au Soudan et signé à Bangui le 06 février dernier par le président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra et les leaders des 14 groupes armés, n’est pas pour demain à Kaga-Bandoro, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi. Tout porte à croire que les combattants Séléka, basés dans cette ville, ne sont pas pour la paix en RCA.

En effet, dans la journée du lundi 05 août 2019, quelque chose devait se produire dans cette localité. D’après les informations qui nous sont parvenues de cette ville, les Séléka projetaient de marcher sur le centre administratif, lorsque le Comité de Paix pour la préfecture de la Nana-Gribizi leur a demandé de lever les barrières. Cette demande n’a pas rencontré l’agrément des Séléka hostiles au démantèlement des barrières qui leur procurent suffisamment de l’argent.

 Ils voulaient protester contre la levée des barrières érigées à l’entrée et à la sortie de la ville. Car, dans l’APPR, il est dit que toutes les barrières doivent être démantelées pour permettre la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. C’est ainsi que les Séléka, mécontents, ont voulu étouffer dans l’œuf cette proposition, pour ne pas dire cette demande. Heureusement qu’ils n’ont pas mis en exécution leur projet macabre, puisque des médiations ont été menées auprès d’eux pour faire baisser la tension. Finalement, la tension a diminué. Des coups de feu n’ont pas été entendus. La journée du lundi a été relativement calme. Les activités commerciales n’ont pas fonctionné. Toutes les boutiques ont baissé leur rideau. La population de Kaga-Bandoro et ses environs est restée terrée chez elle, par peur d’être prise en tenailles par ces malfrats. Les humanitaires, de leur côté, n’ont pas vaqué librement à leurs occupations quotidiennes. Pour tout dire, la ville de Kaga-Bandoro a tourné au ralenti.

Dans ce cas de piètre figure, pensez-vous vraiment que la paix et la sécurité sont pour demain à Kaga-Bandoro en particulier, et dans la Nana-Gribizi en général ? A notre humble connaissance, si certains leaders des groupes armés s’engagent à mettre en application les recommandations de l’APPR, leurs éléments sur le terrain ne l’entendent de leurs oreilles. Ils préfèrent maintenir les barrières pour racketter, rançonner les paisibles citoyens. C’est le cas de Kaga-Bandoro, bien que Mahamat Alkhatim, leader du Mouvement Patriotique Centrafricain (MPC), s’est déplacé dans les zones sous son contrôle pour demander à ses éléments de démanteler toutes les barrières. Qu’est-ce que nous observons aujourd’hui ? Les barrières restent et demeurent intactes à Kaga-Bandoro. Et récemment, le coordonnateur du FPRC et chef de cabinet de Nourredine Adam a annoncé tambour battant que toutes les barrières dans les zones contrôlées par son mouvement politico-militaire sont levées. Cette affirmation a-t-elle été vérifiée ? Qu’on nous le dise pour que nous ayons un cœur net.

Mais, disons-le entre guillemets, il faut que les autorités déconcentrées de l’Etat dans les villes de nos provinces disent au moins la vérité au gouvernement et au peuple centrafricain. Si tout va bien, qu’elles le disent. Lorsque tout va mal, qu’elles n’hésitent pas à le faire savoir à qui de droit. Force est malheureusement de constater que, dans tous les régimes qui se sont succédé à la tête de l’Etat centrafricain, les gens qui sont censés donner des informations fiables au Président de la République, au Premier ministre et à tous les membres de son gouvernement, sont démissionnaires. Est-ce par peur de perdre leurs postes de responsabilités qu’ils agissent de la sorte ? Si nos mentalités ne changent pas, nous allons tourner en rond jusqu’au retour de Jésus-Christ. La situation qui a prévalu à Kaga-Bandoro le lundi dernier nous donne matière à réflexion.

En outre, les combattants Séléka à Kaga-Bandoro ont l’obligation de démanteler toutes les barrières illégales qu’ils ont érigées ça et là. Cette disposition est belle et bien contenue dans l’Accord qu’ils ont signé à Bangui. Pour étayer nos propos, l’article 5 alinéa h, de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation stipule que « les groupes armés, pour leur part, s’engagent à ne pas obstruer la libre circulation des personnes et des biens, et ne pas entraver l’acheminement de l’aide humanitaire par des agences et organisations humanitaires sur toute l’étendue du territoire national ». Est-ce le cas à Kaga-Bandoro ? Ce jour-là, les agences et organisations humanitaires ont-elles acheminé de l’aide aux populations qui en ont besoin ? Pour la levée des barrières, faut-il projeter de marcher sur le centre administratif de Kaga-Bandoro ? Autant de questions qui nous laissent perplexes.

Que les combattants Séléka cessent de nous rouler dans la bourrique. Le gouvernement a fait sa part. Les efforts déployés par l’Exécutif pour la mise en application de l’APPR sont appréciés à sa juste valeur par la Communauté internationale. Où en sommes-nous avec les réalisations des groupes armés ? C’est la question qui se pose avec plus d’acuité aujourd’hui.

Aux dernières nouvelles reçues de Kaga-Bangoro, les Séléka envisagent de mettre en déroute les forces conventionnelles et la population

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire