03 ANS DE LA MINUSCA = 03 ANS D’ABUS ...

Jeudi 21.09.2017 : 10H25

03 ANS DE LA MINUSCA = 03 ANS D’ABUS SEXUELS, DE PASSIVITE, D’ATTENTISME, DE CONNIVENCE AVEC LES GROUPES ARMES

Septembre 2014, voilà exactement trois (03) ans que la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine) est déployés en RCA. Notons aussi en passant que d’autres missions onusiennes similaires ont foulé le sol centrafricain. Il s’agit entre autres de la MINURCA et de la MINURCAT. Qu’ont fait concrètement ces différentes forces de l’ONU, dites forces de la paix en Centrafrique ?

Il est difficile de dire avec exactitude ce qu’elles ont réellement fait. Pour l’homme de la rue, toutes ces forces ont échoué lamentablement. Si les deux (2) premières ont réalisé quelques progrès significatifs en matière de sécurité, par contre, celle qui est en cours est spécialisée dans les viols et abus sexuels sur les mineurs et les femmes. La passivité, l’attentisme, la connivence avec les groupes armés, la liste est longue, sont les caractéristiques des Casques Bleus de la Minusca. Il ne se passe pas un jour sans qu’on enregistre des cas d’abus sexuels commis par cette soi-disant force de la paix ou de maintien de paix. Certains contingents de la Minusca sont experts dans cette pratique honteuse qui ne les honore pas. Avaient-ils des femmes dans leur pays respectif avant de mettre pied en RCA ?  Les femmes centrafricaines sont-elles très belles comme les femmes égyptiennes qui étaient convoitées par les anges du ciel ? Cette situation de viols et d’abus sexuels exercés par les Casques Bleus dépasse notre entendement humain. Chaque fois qu’une ONG internationale enquête sur ce cas, leur rapport épingle les Casques Bleus de la Minusca. Et pourtant, le Conseil de Sécurité de l’ONU avait débouté Babacar Gaye, l’ex-patron de la Minusca à cause de cette pratique qui est devenue monnaie courante au sein des Casques Bleus. La démission de Gaye n’a modifié guère les comportements des poulains de Parfait Onanga-Anyanga. Les abus sexuels se poursuivent allègrement et les soldats onusiens impliqués, ne sont nullement inquiétés par la justice de leur pays. Quel paradoxe !

En outre, la mission première des Casques Bleus, pour ne pas dire le mandat de la Minusca est la protection de la population civile centrafricaine sans défense. Mais ce que nous constatons aujourd’hui sur le terrain est tout autre chose. La passivité de la Minusca n’est pas à démontrer. Si dans certaines villes du pays, les Casques Bleus font semblant de monter en puissance, dans d’autres, c’est le calvaire des Centrafricains. Sous leur barbe, des individus sont tués, massacrés, égorgés, torturés. Ils sont et demeurent passifs. Les maisons sont incendiées, les toitures enlevées, ils assistent sans réagir.

Leur immobilisme a débordé le vase. Quand les combattants des groupes armés attaquent un village, une commune, une ville, ils sont cloués dans leur base. Ce n’est après qu’ils interviennent en sapeurs-pompiers. Or, l’incendie, en un mot la foudre des rebelles a tout consumé. Ils affirment souvent que l’état des routes ne leur permet pas d’intervenir le plus rapidement possible. C’est faux. Pourquoi dans les villes où ils sont basés, des affrontements se poursuivent, s’allongent, deviennent diluviens ? C’est ça le nœud du problème. C’est pour autant dire que leurs justifications ne tiennent pas la route. La Minusca doit comprendre aujourd’hui que sa machine de commandement est très lourde et lente et ne permet pas de sauver des vies humaines le plus rapidement possible.

Certains responsables de la Minusca évoquent aussi l’étendue du territoire national qui est très large. Mais avec moins de dix mille (10.000) éléments des FACA et des matériels militaires rudimentaires, l’armée nationale sécurisait le pays et défendait l’intégrité du territoire national. Or la Minusca dispose d’une armada impressionnante de guerre : tanks, véhicules blindés, armes sophistiquées, hélicoptères d’attaque et de combat. Qu’est-ce qui empêche cette mission onusienne de les utiliser au moment opportun ? Nous disons pour notre part que c’est la non clairvoyance de la Minusca qui est à l’origine de la persistance de la crise. Même si les gens disent que la crise est devenue complexe, cela est dû aux attitudes, aux comportements, aux façons de faire et d’agir des Casques Bleus de la Minusca. Ils ne font pas leur travail comme il se doit.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, des voix s’élèvent pour les accuser d’être de connivence avec certains groupes armés de la Séléka. Dans un passé récent, la population de Bouar était montée au créneau en barricadant des routes pour dénoncer les mauvaises pratiques du contingent bangladeshi de la Minusca. A Mobaye, le contingent mauritanien, selon les habitants, est du côté des combattants de l’UPC. C’est la raison pour laquelle certains individus se sont constitués en autodéfense pour se défendre. Et pourtant, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro ne cesse de clamer sur tous les toits que les Casques Bleus sont neutres et impartiaux. Le contingent mauritanien et tant d’autres respectent-ils la neutralité et l’impartialité ? Difficile de le dire. La Minusca a du chemin à parcourir pour stabiliser la RCA.

Pour tout dire, la Minusca vogue au gré du vent ou rame à contre courant en matière de la sécurité et de la protection des civils. C’est dans le domaine du pré-DDRR, de la RSS, et que savons-nous encore, que la Minusca a fait un pas de géant, sans oublier l’humanitaire. Les actions sécuritaires de la Minusca sur le terrain sont un fiasco. Et les Centrafricains n’auront que les yeux pour pleurer à longueur de journée. L’attentisme, la passivité, l’immobilisme, la non clairvoyance, les viols et abus sexuels, la connivence avec certains groupes armés sont des facteurs négatifs qui impactent sur le retour de la paix et de la sécurité en Centrafrique. La Minusca doit changer de fusil d’épaule si elle veut que la crise centrafricaine prenne fin et que les Centrafricains respirent un nouvel air. Dans le cas contraire, ce sera un chaos indescriptible qui surgira au pays de feu Barthelemy Boganda.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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