02 BATAILLONS DES FACA DESORMAIS OPERATIONNELS :

Vendredi 27 Oct. 2017 : 09H53

02 BATAILLONS DES FACA DESORMAIS OPERATIONNELS : L’ESPOIR D’UNE PAIX DURABLE POINTE A L’HORIZON

Faca entrainementUn soldat des FACA vaut cinq cents (500) rebelles. Deux bataillons peuvent faire bouger les lignes. Les Centrafricains ont toujours réclamé leur armée, pour les protéger et les défendre. L’Armée a pour mission principale la protection des personnes et des biens et la défense de l’intégrité du territoire national. Comment Bozizé a fait pour devenir général d’armée, difficile de le dire. Idriss Deby Itno, président du Tchad, n’est qu’un rebelle qui a jailli du néant, à la faveur de la guerre avec Hisseine Habré. Il a bâti une armée qui s’illustre sur le continent. Le président Paul Biya du Cameroun est un civil, mais il a une armée redoutable, avec des forces spéciales extrêmement rigoureuses. Le feu président André Kolingba a donné à l’armée ses lettres de noblesse. Les FACA faisaient la fierté de la nation centrafricaine. Le général Amani Toumani Touré (ATT), médiateur lors des mutineries à répétition sous le régime de feu président Patassé, disait, « Je n’ai jamais vu une armée qui fait chanter les armes… »

Les FACA qui se sont mutinées, ont tenu tête à l’armée française qui a volé au secours de Patassé en perte de vitesse. Malgré l’armada déployée par l’armée française, les mutins ont opposé une farouche résistance. Aux côtés de l’armée française, il y avait l’armée Libyenne, hyper armée toujours contre les mutins. Les mutins FACA n’ont jamais baissé les bras, allant jusqu'à donner un ultimatum de quelques heures à Patassé pour démissionner. Le Sergent Souké qui a lancé l’ultimatum au Président Patassé a frappé du poing sur la table où siégeaient dans la négociation, Patassé et un général de l’armée française. La France était obligée de faire appel aux avions bombardiers pour disperser les mutins au Sud de Bangui et desserrer l’étau autour du président Patassé. La RCA avait donc une armée qui comptait parmi les meilleures au monde. Ses soldats suivaient plusieurs formations à l’étranger, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en France, aux Etats-Unis, au Maroc, en Egypte, en Libye, en Chine et bien d’autres pays. Le centre d’instruction militaire de Bouar était dynamique, avec un rayonnement régional.

Il a fallu qu’un « général sac-au-dos », nommé François Bozizé Yangouvonda, arrive au pouvoir pour que l’armée centrafricaine s’effondre. Incroyable mais pourtant vrai, un général d’Armée au pouvoir et l’armée se disloque, se désagrège, pour enfin fléchir avec son chef suprême, les pieds à genoux devant des malfrats, des tire-ailleurs, des barbares, des sanguinaires, c’est vraiment honteux. Le GENERAL D’ARMEE, François Bozizé Yangouvonda et plus de huit mille (8.000) hommes fuient comme des lapins débusqués par les chiens de sa tanière. Le pays et le peuple centrafricain tout entier, sont abandonnés à leur triste sort, sans institutions, sans chef, sans armée. C’est la jungle et le carnaval des massacres a commencé. Bozizé et les siens ont pris le large, roulant à 5.000 kilomètres à l’heure pour rejoindre la frontière du Congo Brazzaville. Bozizé tétanisé, rejoint son hélicoptère en deux pas seulement, du Palais au Camp de Roux. Triste épisode pour un général en carton qui voyait les Coups d’Etat partout et a vidé l’armée de sa substance, brisant sa colonne vertébrale, en mettant le noyau dur de l’armée en retraite anticipée. Les jeunes de son ethnie, récoltés à tour de bras comme les chenilles de la Lobaye, formés en 45 jours et hyper armés, n’ont pas tenu une heure de combat face à la force de frappe des Séléka. Derrière la ligne rouge devenue verte, il n’y avait que l’armée Sud-africaine et le vide. Les Sud-africains seuls au front ont capitulé et ont plié armes et bagages, laissant derrière eux des cadavres.

Bozizé voulait gouverner son pays en comptant sur des armées étrangères. Les FACA se sont dispersées aux quatre coins du pays pour se mettre à l’abri. Bozizé, tribaliste des cheveux aux orteils, a misé sur la Garde présidentielle, ses parents. Avec tous les équipements militaires du monde, ils ont jeté armes et tenues pour fondre dans la nature. Les FACA, mises en quarantaine au profit de son ethnie avec seulement deux chargeurs au front sans munitions de réserve, ne pouvaient qu’abandonner les combats. Elles ne pouvaient se sacrifier pour un chef tribaliste, ingrat et incompétent, militairement parlant. Le général Galoti, à l’époque Colonel, était l’officier souffre douleur du régime. Sur tous les fronts, il n’y avait que le colonel Galoti. Epuisé, il a jeté l’éponge, démissionnant de l’armée. Les officiers de l’ethnie de Bozizé ne prenaient pas de risque. Dès qu’ils sont programmés pour une mission, ils se font délivrer des certificats médicaux à couper le souffle, juste pour se soustraire, rester à Bangui, boire, danser, distribuer des coups de poing aux civils « Tu me connais ? Je suis libérateur… » et c’était tout.

La coalition Séléka a balayé Bozizé et les libérateurs sans protocole. Les libérateurs en quelques fractions de seconde, ont franchi la frontière camerounaise et celle du Congo Brazzaville. Quand vous avez la mort à vos trousses, cinq mille kilomètres c’est un seul pas. Les véhicules sur terre roulaient plus vite qu’un B 52 américain. C’est le coup de pied des ex-Séléka dans la fourmilière. Père, mère, fils, petits-fils, chacun pour sauver sa vie, Dieu pour tous en exil. C’est tout de même curieux, après une telle débâcle, que Bozizé et son clan puissent nuire à la quiétude des Centrafricains, abandonnés dans les griffes des sanguinaires, sans foi, ni loi, des analphabètes sortis des grottes paléolithiques supérieures. Les ordinateurs sont pris pour des postes téléviseurs. Les télécommandes sont pris pour des téléphones portables afin de transférer des crédits. Bozizé a fui devant les têtes de turques de l’antiquité, c’est-à-dire dix mille ans avant Jésus-Christ. Certains Séléka sont des êtres à ranger dans un musée humain. C’est la première fois qu’ils découvrent la civilisation humaine moderne. Des tirailleurs ont mis en cavale un Général d’Armée et président de la République, un colonel et ministre de la défense, avec huit mille hommes sous leurs ordres, c’est une triste et lugubre épopée que les Centrafricains n’oublieront jamais.

L’Accord de Nairobi met en évidence la reconnaissance par Bozizé de la suprématie des ex-Séléka. C’est encore la courbette d’un généra face aux tirailleurs. Bozizé a caressé la Séléka dans le sens du poil, l’ironie du sort. Un tel officier général, peut-il revenir à la tête du pays ? Il est le symbole de la honte nationale, le déshonneur pour l’armée, un vrai signe indien. L’ethnie de Bozizé peut le vénérer comme leur dieu, et les autres Centrafricains ? La majorité ? Le coup d’Etat dont se gargarisent les hommes de Bozizé, c’est redonner une seconde fois, le pouvoir sur plateau d’or à la Séléka. Faut-il oser une telle aventure dès lors que votre tombeur est là et toujours tout puissant ? La résurrection des FACA après Bozizé est une très bonne nouvelle qui donne du baume au cœur des Centros. Après Touadéra, Ali Bongo Odimba, c’est au tour du Secrétaire Général des Nations Unies, monsieur Antonio Guterres,  de demander au Conseil de Sécurité d’exempter la RCA de l’embargo sur les armes. C’est un point fort, voire très fort, de la visite de Antonio Guterres à Bangui en Centrafrique. Ceux qui ont demandé l’embargo ont davantage enfoncé le pays. Ils ne savaient, ni ne maîtrisaient, ce qu’ils demandaient. Ils sont aujourd’hui impuissants et incapables de lever l’embargo. Les groupes armés ne se sont jamais sentis concernés par l’embargo, et alors ? Pour demander quelque chose, il faut maîtriser les tenants et les aboutissants sinon, on jette son pays dans la gueule du loup.

Julien BELA 

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