L’Editorial de Julien BELA : LA VRAIE RUPTURE

Mardi 13/12/2016 .12H22

 LA VRAIE RUPTURE

Cm n 2363 du mardi 13 decembre 2016

 

En politique, il n’y a pas d’amis, pas de sentiment, pas de cœur. Touadéra a hérité de la braise de la transition, dans un contexte politique extrêmement délicat et sensible. Il n’a pas droit à l’erreur. Les vieilles pratiques rétrogrades comme les nominations de complaisance, le tribalisme, le népotisme, n’ont plus droit de cité en RCA. Ce sont les maux qui ont plongé le pays dans le gouffre. Que l’on soit partisan ou non, ce qui compte aujourd’hui, c’est le destin de plus de cinq (5) millions de Centrafricains. Malheureusement, bien des gens profitent de la confiance de Touadéra pour injecter le venin du tribalisme, du népotisme et des nominations de complaisance, une logique somme toute contraire à l’esprit et à la lettre de la  rupture.

Chaque jour qui passe, un ministre doit être acteur d’un scénario. Beaucoup de ministres ont été candidats à l’élection présidentielle de 2015. Touadéra a commis la grave maladresse de les nommer à tous les postes, même les postes de souveraineté. C’est un suicide politique qui ne dit pas son nom. Ils passent le clair de leur temps à faire leur propre campagne que de travailler pour le pays. La rivalité avec Touadéra revient en surface et personne ne voit le pays et l’intérêt national. Ils profitent du régime pour le noyer. Ils se comportent en égal de Touadéra et non en ministres. Le gouvernement est un sac à crabes où la solidarité n’est que de façade. Il faut recomposer, recadrer un vrai gouvernement de technocrates, des compétences, pour arracher les retombées de Bruxelles. Il faut redresser la barque avant qu’il ne soit trop tard.

Touadéra sera seul devant la barre du peuple centrafricain pour lui rendre compte de son mandat de cinq (5) ans à la tête du pays. L’hypocrisie n’a que trop duré. Un candidat au présidentiel doit rester chez lui pour se préparer et vanter ses mérites. Quand il accepte de rentrer dans un gouvernement, il est ministre, un point, un trait. Une telle anarchie est préjudiciable au locataire du Palais de la Renaissance. L’heure est donc venue de remettre la pendule à l’heure.

Les mentalités sont ordurières et tournées vers le mal, la négation du pays. Faut-il voir Touadéra ou le pays et ses habitants ? Beaucoup d’orgueils sans fondement, alors qu’il faut retrousser les manches. Les mauvaises pratiques, les mauvaises manières de servir sont si  ancrées que l’intérêt national passe au second plan. Est-il aux investisseurs de courir après les autorités centrafricaines ou le contraire ? Qui est dans le besoin ? Touadéra doit sévir. Beaucoup d’organes restent à mettre en place. Au gouvernement, il faut des gens engagés et déterminés qui ont la ferveur patriotique à fleur de peau. Un homme averti en vaut deux …

Julien BELA

 

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