L’Editorial de Julien BELA : LA RCA REVIENT DE TRES LOIN

Lundi 03.2017 : 10H22

L’Editorial de Julien BELA : LA RCA REVIENT DE TRES LOIN

Cmn 2436 du lun 27 mars 2017La RCA est tombée plus bas que terre, dans les profondeurs de l’abîme. C’est un pays qui renait peu à peu de ses cendres. Après des élections transparentes, crédibles et justes, approuvées par la Communauté internationale, est-il possible de voir se développer une agressivité, une violence verbale, de l’animosité, au sein des acteurs politiques les plus en vue ? Les négociations avec les groupes armés pour restaurer la paix, se corsent encore. Le pays n’est pas encore totalement sorti de l’auberge. Comment concevoir que des personnalités se livrent en spectacle à certains journaux qui y trouvent un terrain de prédilection, s’adonnant à cœur joie à pimenter les insanités.

Le gouvernement, l’Assemblée Nationale, sont au service de la RCA. Les élections passées, le quotidien Centrafric Matin s’attendait à une mobilisation générale au chevet de la RCA, la grande malade que tout le monde veut qu’elle soit guérie. Mais hélas, c’est des querelles intestines, stériles et tout porte à croire que personne ne veut la paix en RCA. Avec de telles bassesses, de tels enfantillages, comment la Communauté internationale qui nous observe, peut-elle accorder une crédibilité à nos acteurs politiques ? C’est une honte nationale, qu’à ce stade, personne ne prend de la hauteur, mais verse dans des querelles de bas étage.

Faut-il créer une autre crise, de la diversion, alors que celle plus sanguinaire, plus destructrice, n’est pas encore résolue ? C’est triste, désolant, ridicule, ce que nous observons et entendons. Le déficit de culture politique est un véritable cancer en Centrafrique. Les gens s’engagent dans la politique à l’état brut, sans vision, sans objectif, sans clairvoyance et en cas de secousse, c’est la fin du monde, il faut s’entretuer, s’entredéchirer, pour rien au monde. Quel héritage politique laissé à la jeunesse au regard de tant d’animosités. Selon Jean-Paul Sartre, «  l’intellectuel est un homme qui, par ses études, sa profession et son savoir, a acquis une notoriété qu’il met au service d’une cause ». Et la cause qui préoccupe tous les Centrafricains, c’est la paix et le développement. Pour le penseur Alain, « le travail utile est par lui-même un plaisir; par lui-même, et non par les avantages qu’on en tirera ». Un travail utile plaît à celui qui l’accomplit, comme un travail de l’œuvre plaît à l’artiste. Les considérations financières, la reconnaissance sociale sont alors secondaires. Compte d’abord la satisfaction intime que procure le « bel ouvrage ». Les querelles, les animosités, sont-elles un bel ouvrage ?

« Pour être heureux, il faut penser au bonheur d’un autre », affirme Gaston Bachelard. En Centrafrique, c’est « moi » ou rien. Le bonheur des autres blesse, devient source de haine, de jalousie, de rancœur, il faut tout détruire à cause de ses intérêts personnels, égoïstes. La RCA tourne en rond à cause de ce « moi » que doit supplanter, voire anéantir tout le reste. Personne ne cultive l’humilité, le savoir-vivre, le savoir-être, mais la sauvagerie absolue, la violence, l’agressivité. Et pourtant, les Centrafricains n’ont pas du tout tourné la page de la violence. Et les 04 millions de Centrafricains qui croupissent dans la misère ordurière, cela n’émeut personne, notamment les déplacés et les exilés qui broient du noir. Le « moi » est haïssable, disent les penseurs. Arrachons la paix d’abord, avant nos querelles. Les Centrafricains d’abord et Centrafrique avant tout.                

Julien BELA

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