10 DECEMBRE 2012 – 10 DECEMBRE 2016 : VOILA EXACTEMENT 04 ANS

Vendredi 09 Décembre 2016. 10H24

10 DECEMBRE 2012 – 10 DECEMBRE 2016 : VOILA EXACTEMENT 04 ANS QUE LA SELEKA A DECLENCHE LA CRISE CENTRAFRICAINE

Il y a exactement quatre (4) ans, jour pour jour, mois pour mois, année pour année, que la nébuleuse coalition Séléka a déclenché la crise centrafricaine dans la ville de Ndélé, située au nord de la RCA. Trois (3) mois après, la nébuleuse coalition de Michel Djotodia Am Non Droko est arrivée à Bangui en conquérant les villes de nos provinces les unes après les autres. Finalement, le 24 mars 2013, la ville de Bangui est tombée. Le régime Bozizé est renversé et Michel Djotodia, chef charismatique de la coalition Séléka, s’est autoproclamé président de la République centrafricaine, mettant définitivement fin aux dix (10) ans de règne sans partage de François Bozizé-Yangouvonda et les siens. Le déchu général président a pris ses jambes au cou dans un hélicoptère qui a atterri dans le pays de Paul Biya. Aussi, la page de François Bozizé est définitivement tournée.

Mais après, que s’est-il passé ? Sans passer par quatre chemins ou chercher de midi à quatorze heures, les Centrafricains ont soufflé le chaud et le froid. Depuis la ville de Ndélé, jusqu’à Bangui et dans d’autres villes de nos provinces, c’était la désolation. Les combattants de la Séléka tuaient, massacraient les populations civiles, incendiaient des maisons et villages entiers, des édifices publics et privés. On assistait à une « politique de terre brûlée », instaurée par ces seigneurs de guerre. Le nouveau locataire du Palais de la Renaissance, Michel Djotodia, n’était pas sur la même longueur d’onde avec ceux qui l’ont hissé au pouvoir. Personne ne l’écoutait. Les généraux Séléka qui se comptaient par millier, agissaient comme bon leur semble. Les décisions venant de la présidence ne les concernaient pas. Des actes barbares, inhumains, bestiaux, indignes, inouïs sont commis chaque jour sur les populations civiles et autres. Les morgues dans les hôpitaux de Bangui étaient débordées. En province, les morts ne se comptaient aussi plus. Débordés par les atrocités de la Séléka sur les innocents centrafricains, les milices Anti-Balaka, en majorité chrétienne, se sont organisées et ont attaqué les positions de la Séléka le 05 décembre 2016 à Bangui. Ce fut un véritable bain de sang tant à Bangui que dans l’arrière-pays. Les cadavres jonchaient les grandes avenues de Bangui. On avait dénombré plus de trois cent mille (300.000) morts. Dès ce 05 décembre 2013, les populations chrétiennes banguissoises avaient pris d’assaut les enceintes des églises catholiques et Protestantes pour se mettre à l’abri de la foudre des combattants Séléka. Les musulmans de leur côté ont pris d’assaut la mosquée centrale pour échapper aussi à la furie des Anti-Balaka. Heureusement, c’était l’opération militaire française, dénommée Sangaris, déployée le même jour à Bangui, qui a permis de calmer la tension et d’éviter un véritable génocide. Mais les exactions commises, et par la Séléka, et par les Anti-Balaka se poursuivaient allègrement.

Dépassés par les évènements, les Chefs d’Etat de la CEEAC, réunis en sommet extraordinaire, consacré exclusivement à la crise centrafricaine, ont poussé Djotodia et le gouvernement de Tiangaye à la démission le 10 janvier 2014. Le 23 du même mois, Catherine Samba Panza fut élue par les Conseillers Nationaux, siégeant au Conseil National de Transition (CNT), présidente de la Transition. Elle succédait ainsi à Djotodia démissionnaire. Entre temps, c’était Alexandre Ferdinand Nguendet, président du CNT qui a assuré l’intérim. Du 23 janvier 2014 au 30 mars 2016, sous le règne de maman Cathy, Séléka comme Anti-Balaka ont semé la désolation sur toute l’étendue du territoire national. Nul n’a besoin de revenir sur ces exactions barbares.

Le 30 mars 2016, le nouveau locataire du Palais de la Renaissance, Faustin-Archange Touadéra, élu démocratiquement par le peuple centrafricain, fut investi. Les Centrafricains ont cru dès cet instant qu’ils vont respirer un nouvel air et que les exactions de tout genre allaient cesser. Mais tel n’est pas le cas. Si les Anti-Balaka ont baissé leurs bras, les combattants Séléka, par contre, persistent et signent dans des actes barbares. Ce ne sont pas les  populations de Bambari, Kouango, Ndomété, Kaga-Bandoro, et récemment Bria, Bakala et Ippy qui nous démentiront. Et jusqu’au moment où nous mettons cet article sous presse, les combattants Séléka continuent de tuer, de braquer, d’incendier des maisons et villages dans certaines régions du pays. Les deux (2) factions rebelles dissidentes de la Séléka à savoir le FPRC de Nourredine Adam et l’UPC d’Ali Daras, s’entretuent à Bakala, Ippy, Ndassima et ailleurs. Que veulent-ils ? Que cherchent-ils ? Difficile de le savoir.

Bien que la RCA soit revenue à l’ordre constitutionnel, les Centrafricains continuent à broyer du noir sous les bottes de ces seigneurs de guerre. C’est vraiment grave. Donc, du 10 décembre 2012 au 10 décembre 2016, la situation sécuritaire du pays reste préoccupante. L’insécurité grandissante gagne encore du terrain depuis le mois de septembre jusqu’à ce jour. Et ce, à cause des combattants des groupes armés, notamment le FPRC, l’UPC, le RPRC, le MPC et les Anti-Balaka version Mokome, encore réfractaires au processus DDRR. La crise centrafricaine qui se poursuit et qui a été déclenchée par la coalition Séléka, est plus dévastatrice, car elle a engendré trop de pertes en vies humaines et trop de destructions après quatre (4) ans. D’où nécessité d’y mettre un terme afin que les Centrafricains vaquent librement à leurs occupations habituelles et que la RCA se développe. Dans le cas contraire, cette crise va creuser la tombe de notre cher et beau pays, la Centrafrique.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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