Tous les Info du Vendredi 04 Novembre 2016

Cmn 2338 du ven 04 nov 2016

« IL NE FAUT PAS SE PROMENER. QUELQUE CHOSE DE GRAVE VA SE PASSER. C’EST L’ARMEE … » LES HOMMES DE BOZIZE N’ONT QUE CELA A LA BOUCHE DE JOUR ET DE NUIT.

 

 

Les parents à Bozizé n’ont pas de scrupule. De quelle armée parlent-ils ? Une Armée abandonnée, vidée de sa substance par la retraite anticipée et forcée. Une Armée politisée, tribalisée, indisciplinée à l’extrême, humiliée, pratiquement en lambeaux. Une armée qui ne s’exerce jamais au champ de tirs. Bozizé comptait sur les armées des autres pays pour venir le défendre. Il n’y a aucun véhicule militaire. Qu’en sera-t-il de l’auto-école militaire ? L’Ecole Militaire des Enfants de Troupe (EMET) a été hermétiquement fermée. Or, c’est la pépinière de l’armée nationale. Francis Bozizé était là en sa qualité de ministre de la Défense. Qu’est-ce qu’il avait fait de l’armée ?

Les officiers, sous officiers et hommes de rang, étaient pourchassés dans les quartiers et abattus comme des malfrats parce que Bozizé les a exposés à la vindicte de la rébellion. Des tonnes, des tonnes et des tonnes d’armes et de munitions pour deux (2) siècles, sont offertes en cadeau de Noël à la Séléka pendant la fête des Rameaux. C’est après les élections que les FACA, Gendarmes et policiers sont sortis de leur cachette. Les parents à Bozizé nous fatiguent avec leur industrie de complots, de rumeurs les plus folles, les plus troublantes. Ils n’ont rien d’autre à faire que de traumatiser la population dans le contexte actuel, tantôt ceci, tantôt cela. On ne nourrit pas un peuple avec des rumeurs, des complots, des ragots. Ceux qui sont dans l’armée doivent s’occuper de leur travail pour entretenir leur foyer. Un coup d’Etat n’est pas possible dans l’état actuel des choses. A moins d’une volonté délibérée de nuire à la démocratie retrouvée et à l’ordre constitutionnel dans le pays.

Les bogandistes sont là. Les enfants Bokassa, Dacko, Patassé, Djotodia et Catherine Samba-Panza se battent à la force de leur poignet pour survivre et avec l’espoir un jour de reconquérir le pouvoir par les urnes. Il est permis à tout un chacun de rêver au meilleur des mondes possible. Comme Sylvain Patassé, Jean-Serge Bokassa et peut-être un jour Jonas Dacko, car les élections sont ouvertes. Il suffit de remplir les conditions et de se jeter à l’eau pour compatir. C’est l’unique voie autorisée à tous ceux qui aspirent à assumer un de ces quatre matins, les hautes fonctions de l’Etat. « A chacun son tour chez le coiffeur », dit-on. Le peuple est souverain et son pouvoir s’octroie par les urnes.

Julien BELA

 

 

 

 

10.000 logements sociaux et Economiques

 

La jeunesse centrafricaine veut du travail. Et la construction des 10.000 Logements sociaux constitue un vaste chantier pour résorber une partie du chômage. Les partenaires attendent la garantie bancaire pour être à l’œuvre. De grâce, offrez l’opportunité à cette jeunesse de travailler, que de penser aux armes.

La Rédaction

 

 

 

 

 

SAISIE HUMILIANTE, DESHONORANTE,

DU VEHICULE DE COMMANDEMENT DU DG, SYLVAIN PENDI, DESORMAIS ROULE UNE BROUETTE

 

08 heures 30, devant les guichets automatiques de la direction générale d’Ecobank Centrafrique, au carrefour du Trésor, le véhicule de Commandement du DG, Sylvain Pendi, fait l’objet d’une saisie spectaculaire, un vrai rodéo du film Holly Wood par un bataillon de policiers. Que se passe-t-il réellement ? C’est un commando de la police nationale qui a arraisonné le véhicule. Le véhicule est conduit chez le huissier de justice à l’étude de Maître Brice-Martial Baïdou ; le spectacle se déroule devant un parterre de clients d’Ecobank, aux distributeurs automatiques. Nous avons suivi la voiture pour en savoir un peu plus : il s’agit d’une saisie en exécution d’une décision de justice, que le Directeur général, Sylvain Pendi, n’a pas voulu exécuter, « en vertu du caractère exécutoire de la décision ».

Qui sème le vent récolte la tempête. Du jamais vu dans l’histoire des banques en RCA. Et encore, une banque panafricaine qui est salie par un Directeur général, avec une image ternie, vilipendée. La banque panafricaine ravalée au plus bas de l’échelle, incroyable. Ce DG Sylvain Pendi, se croyait un sultan dans son royaume ? Il veut virer tout le personnel au profit de ses propres compatriotes congolais. Il a eu pour sa gueule, car humilié au plus haut point, c’est un scandale retentissant. Une voiture de commandement Prado, VX bling-bling, en clair d’une valeur de soixante (60) millions de francs CFA en vendue 08 millions de francs CFA. L’acquéreur est monté royalement, gaillardement, honorablement dans le véhicule pour rentrer chez lui. Saisi à 08 heures 30, à 11 heures, les acquéreurs se bousculaient pour l’acheter. Le véhicule a été vendu et ne peut être récupérée.

C’est une cuisante humiliation, une perte totale de personnalité, un discrédit pour le DG devant ses employés. Il vient au travail et rentre chez lui avec une brouette Nissan, dont on entend les grincements des amortisseurs à 2000 kilomètres. C’est un carnaval au sein du staff de la fameuse banque panafricaine Ecobank. Des employés, vu le complexe d’infériorité du DG, Sylvain Pendi, ont préféré s’exprimer sous l’anonymat.

« Il fallait que cela arrive à cause de gestion scabreuse des ressources humaines » ; « c’est bien fait pour sa gueule. Il a cherché et il a trouvé quelqu’un qui  a la peau dure, plus dure que la peau du crocodile. Il va maintenant gérer autrement les ressources humaines ».

Cela n’étonne personne, car nos comptes sont domiciliés aussi à Ecobank. Depuis l’arrivée de ce tonitruant DG, sorti d’où on ne sait, la qualité des services à Ecobank s’est totalement dégradée. On se croirait dans une officine du village et non dans la fameuse banque panafricaine Ecobank. La qualité des prestations de service est exécrable et cela ne fait que s’empirer de jour en jour. Le climat de travail est la morosité. On ne reconnaît plus ce personnel souriant, accueillant, surtout ces jolies demoiselles caissières que nous admirons, elles sont devenues ternes, livides, tristes. Une employée que nous avons rencontrée déclare sous couvert de l’anonymat : « il a tellement poussé tous les cadres centrafricains à la démission, qu’on ne savait quoi faire. Mais il est tombé sur un os très dur qui lui a renvoyé à la figure, ce qu’il (le DG) fait subir aux employés. C’est l’enfer à Ecobank … ».

La justice vient de restaurer l’honneur et la dignité d’un des employés. Une telle saisie, pour une banque panafricaine, est humiliante. Elle discrédite la banque auprès de la clientèle. Quel crédit accordé à une telle banque par rapport aux autres ? Le tristement célèbre Directeur général Sylvain Pendi est un DG hors du commun. Selon nos investigations, plus de 14 cadres de valeur ont été poussés par le DG à la démission afin qu’il récupère les postes pour y nommer ses compatriotes congolais. C’est une petite voiture Nissan de transport de poubelles, tous les amortisseurs sont fatigués, à bout de souffle, qui permet au DG Sylvain Pendi, méconnaissable, abattu, déboussolé, dégonflé, ombre de lui-même, de se mouvoir. Quelle honte ! C’est le plus mauvais manager depuis que Ecobank existe en RCA. Mais qu’est-ce qui s’est réellement passé à Ecobank ? Affaire à suivre.

 

Julien BELA

 

 

 

 

« NOUS SOMMES FATIGUES DE LA CRISE CENTRAFRICAINE.

CE SONT LES CENTRAFRICAINS EUX-MEMES QUI DOIVENT RAMENER LA PAIX DANS LEUR PAYS » : A REFLECHIR

 Tous les pays étrangers qui sont venus nous secourir dans la crise que nous traversons, connaissent la RCA mieux que les Centrafricains. Le témoignage fait par un haut cadre des Nations Unies que la rédaction de « Centrafric Matin » a côtoyé ce mercredi 02 novembre 2016 sur l’attitude des Centrafricains est accablant, voire honteux et mérite qu’on n’y réfléchisse ensemble. Selon ce dernier : « Les Centrafricains ne sont pas solidaires. C’est pour cette raison que la crise continue de perdurer. Nous avons vu comment le peuple centrafricain a démontré sa maturité pendant les élections. Malgré la présence des hommes en armes, les Centrafricains ont bravé la peur pour aller choisir leurs futurs dirigeants. Aujourd’hui, la RCA s’est dotée de nouvelles institutions démocratiquement élues et qui fonctionnent. Nous pensons que la page de la violence est définitivement tournée. Malheureusement, ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui n’aiment plus leur pays. Nous sommes fatigués de la crise centrafricaine. Ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui doivent ramener la paix dans leur pays ».

De Bonganda à Bokassa, la génération des « vrais Centrafricains » s’est éteinte et a laissé aujourd’hui les résidus sur le carreau. L’unité que le président Barthélemy Boganda a prôné ne reste plus d’actualité. La jalousie, la haine, la méchanceté, la mauvaise foi, le tribalisme, le népotisme … c’est le lot au quotidien du peuple centrafricain. A cela viennent s’ajouter la fourberie, l’hypocrisie et la démagogie. Ce sont là les principales leçons que nous pouvons tirer du témoignage fait par ce haut cadre des Nations Unies. Depuis que le professeur Faustin-Archange Touadéra est investi dans ses fonctions, celui-ci ne cesse d’appeler tous ces compatriotes centrafricains pour une « union sacrée ». Personne ne se sent concerner par cet appel du président de la République. Pour les uns, c’est Touadéra qui est élu. Il doit se débrouiller tout seul pour ramener la paix en RCA. D’autres disent que ce sont les Nations Unies et la France qui doivent ramener la paix en RCA. Quand les groupes armés tuent, pillent, violent, massacre et incendient, est-ce seulement à Touadéra qu’ils font le mal ? Quand les Séléka et les Anti-Balaka ont pris les armes pour s’entretuer, où est la part de responsabilité des Nations Unies et de la France dans tout cela ? N’est-ce pas les Centrafricains eux-mêmes qui sont à l’origine de leur propre malheur ?

Nous avons toujours dit qu’il faut nous unir pour  chercher des solutions à mettre fin à cette crise larvée, ce qui ne semble pas être le cas au regard de tout ce que nous continuons de vivre. Les cadres des Nations Unies disent clairement qu’ « il y a des ennemis du peuple qui veulent déstabiliser les nouvelles institutions du pays ». Et quand le mal arrive, ces mêmes personnes qui tirent les ficelles dans l’ombre vont laver la main à la Ponce Pilate pour accuser, soit le gouvernement, soit la Minusca. Comment expliquer une telle attitude ? Nous avons toujours dit que le gouvernement n’a pas encore ses moyens de politique et de souveraineté, notamment ses Forces de Défense et de Sécurité. Dans ce cas de piètre figure, faut-il confondre vitesse et précipitation ? En plus, les Casques Bleus des Nations Unies ne sont pas déployés en RCA pour combattre. C’est une force d’interposition. Comment voulons-nous que les données changent s’il faut aller en force, et avec qui ? Les Nations Unies dans leur rapport publié, ont fait savoir que les auteurs des exactions commises sur les populations civiles dans l’arrière-pays, sont des mercenaires des pays voisins. A cet effet, il faut les sensibiliser, les conscientiser pour les ramener à la raison. Mais un rebelle est un rebelle, il est donc difficile pour lui de comprendre facilement les choses. Il faut du temps pour les éduquer à cesser avec la violence. Et cela doit se passer uniquement par la voie du dialogue .

Les Centrafricains aiment beau parler sans pour autant mener des actions concrètes afin de sauver leur patrie en danger. Certains qui se disent soucieux de leur pays, où étaient-ils lors de la journée « ville morte » ? N’est-ce pas dans les caves entrain de prendre leur bière ? Voilà comment le Centrafricain est hypocrite et fourbe. « L’ennemi de l’Afrique, ce sont les Africains », a dit un auteur. Mais pour une particularité, nous disons aussi que « l’ennemi de la Centrafrique, ce sont les Centrafricains eux-mêmes ». C’est bien dommage pour un pays comme la RCA où les intellectuels ne savent plus distinguer la lumière de l’obscurité ».

 

Bénistant MBALLA

 

 

 

 

 

REUNION AVEC LE FMI : « IL N Y A PAS DE DEVELOPPEMENT SANS

SECURITE », DIXIT LE MINISTRE HENRI-MARIE DONDRA

 

Le recadrage macroéconomique de la République Centrafricaine a fait l’objet d’une réunion, ce matin à l’hôtel Ledger Plazza, entre les partenaires financiers, notamment le FMI et le gouvernement centrafricain représenté par le Ministre des Finances et du Budget Henri-Marie Dondra. Le membre du gouvernement est assisté du ministre conseiller à la présidence en matière de DDR, Jean Willybiro-Sacko et des chargés de missions respectivement de la Défense et de la Sécurité.

En effet, le premier sujet abordé pendant cette réunion a concerné le secteur de la sécurité. Notons que l’environnement sécuritaire d’un pays est un facteur clef du développement. C’est ce qui ressort dans l’interview du ministre Henri-Marie Dondra : « Nous sommes en programme avec le Fonds Monétaire International. Si nous n’arrivons pas justement à boucler l’aspect sécurité, ce programme pourrait être remis en cause. Il n y a pas de développement sans la sécurité ».

Cette rencontre a permis au gouvernement de démontrer aux partenaires au développement ses stratégies et sa pédagogie inscrites dans la vision du chef de l’Etat, le professeur Archange Touadéra en vue de la résolution globale et définitive des problèmes sécuritaires en Centrafrique.

Pour le ministre des finances, le désarmement des cœurs et des esprits est une condition sine qua non pour la restauration de la paix et de la sécurité, socle d’une croissance économique et d’un développement humain durable.

Amedé Nguété

 

AXE GRIMARI – BAMBARI ET VICE-VERSA : « UN VERITABLE COULOIR DE LA MORT »

 

Depuis quelques mois, l’axe Grimari – Bambari et vice-versa, est devenu « un véritable couloir de la mort ». Il ne se passe pas un jour, sans que des convois de véhicules soient attaqués par les combattants de la nébuleuse ex-coalition Séléka et des Anti-Balaka. Ces attaques se sont soldées fréquemment par de nombreuses pertes en vies humaines et de blessés graves. Pourtant, ces véhicules sont convoyés par les soldats onusiens et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) intérieures. Comment comprendre qu’ils ont été le plus souvent attaqués, par les groupes armés précités, sans qu’une stratégie militaire conjointe Minusca-FDS ne soit mise en action le plus vite possible, pour les mettre hors d’état de nuire ? Cela dépasse tout entendement humain.

Pour votre gouverne, en l’espace d’une semaine, il y a déjà eu douze (12) morts dont six (6) gendarmes, et plusieurs blessés sur ce même axe routier. La récente attaque d’un (1) véhicule par les Anti-Balaka, a fait deux (2) morts et des blessés, le mercredi 02 novembre 2016. Incroyable, mais pourtant vrai.

Face à cette piètre figure qui persiste encore sur l’axe Grimari-Bambari et vice-versa, que faut-il faire concrètement pour garantir la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur du pays ? La réponse à cette question revient à qui de droit.

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

 

 LE SITE DES DEPLACES INTERNES DE DON BOSCO DE DAMALA S’EST VIDE DE SES OCCUPANTS

 

Il y a aujourd’hui cinq (5) jours, que le site des déplacés internes de Don Bosco, sis dans la commune de Bégoua (Bimbo 4), s’est vidé de ses occupants temporaires et en situation difficile. Et ce, après y avoir passé plus de deux (2) ans, suite à la grave crise militaro-politique sans précèdent, qu’a connue la RCA.

Les déplacés internes de ce site ont pu regagner leurs quartiers d’origine et leurs domiciles respectifs, grâce aux actions de longue haleine, menées conjointement sur le terrain par le ministère des Affaires Sociales, de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation Nationale, avec les ONG humanitaires et certaines agences du système des Nations Unies, œuvrant dans le pays.

A cet effet, chaque Chef de famille et de ménage a reçu une somme d’argent de quatre-vingt mille francs (80.000F) CFA, plus des vivres fournis par le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) et des kits de ménage. Une manière pour le Gouvernement centrafricain et ses partenaires humanitaires, d’accompagner effectivement ces déplacés internes, dépaysés et dépourvus de tous les moyens de subsistance, de joindre les deux bouts pour un laps de temps, qu’il soit.

Pour la petite histoire, les sites de fortune des déplacés internes, communément appelés « Ledger » avaient vu le jour en RCA, le 05 décembre 2013, suite à l’attaque armée des Anti-Balaka contre les positions de la nébuleuse coalition Séléka de Michel Djotodia, à Bangui, la capitale. Et peu à peu, avec l’intensification et la généralisation des affrontements armés entre ces deux (2) protagonistes de la crise en RCA, les « Ledgers » ont gagné les grandes villes de l’arrière-pays. Mais les déplacés internes, malgré leur situation de vulnérabilité, ont été le plus souvent victimes des actes criminels et barbares, tant de la part de la Séléka que des Anti-Balaka. Et ce, même en présence des Casques Bleus de la Minusca et des troupes françaises de l’opération Sangaris. Cela prouve et démontre, « qu’on est à l’aise et qu’on est bien chez soi qu’ailleurs ».

Ce retour des déplacés internes du site de Don Bosco de Damala, est un bon signe précurseur et une première expérience pour tester le retour de la sécurité et de la paix en RCA. Gageons que dans les prochains jours, les prochaines semaines, les déplacés internes des autres sites du pays, vont emboîter les pas à ceux du Don Bosco.

Le Petit YEKOA

 

 

 

DECLARATION  

DE L’HONORABLE Abdou Karim MECKASSOUA

PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE A L’OCCASION DE LA VISITE DU VICE-SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU  

 

Les élus du peuple et moi-même sommes particulièrement honorés de recevoir Monsieur le Vice-secrétaire Général de l’ONU dans cet hémicycle. Votre présence est bien la preuve que la communauté internationale reste parfaitement mobilisée sur le sort de la République centrafricaine.

À cette occasion, je vous adresse mes chaleureuses salutations et vous souhaite une cordiale bienvenue.

Il y a très exactement trois ans et six jours, le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, Son Excellence Monsieur BAN KI MOON était ici à Bangui, dans ce même hémicycle de l’Assemblée nationale, à cette même tribune.

À cette occasion mémorable, devant le Conseil national de transition faisant office de parlement, il avait tenu à rassurer le peuple centrafricain et à nous assurer que le monde ne nous oublierait pas dans le drame que nous vivions. Il avait alors déclaré en substance, je cite : « La communauté internationale a fait défaut aux Rwandais il y a 20 ans. Et nous risquons de ne pas en faire assez pour les Centrafricains aujourd’hui. Des crimes atroces sont commis ici ».

Cette juste perception étayée par une analyse perspicace du drame centrafricain a sans nul doute conduit l’Organisation des Nations Unies à décider du déploiement rapide de forces en République centrafricaine.

En effet, c’est tout juste cinq jours après cette visite que le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, dans sa résolution 2149 du 10 avril 2014, a créé la Mission Intégrée Multidimensionnelle de Stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Et en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, ce même Conseil de Sécurité a autorisé la MINUSCA à recourir à tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement.

Cette mobilisation particulièrement rapide d’abord de nos frères africains de la CEMAC, de la CEEAC, de l’UA et ensuite de la communauté internationale a permis de stopper net les crimes ethnico-religieux qui auraient pu déboucher sur un génocide.

Lorsque j’écoute les uns et  les autres ; lorsque j’entends les arguments des uns et des autres, lorsque j’évalue les prises de position des uns et des autres, je me pose une seule question, que je vous pose à présent Mesdames et Messieurs : Que serait devenue aujourd’hui la République centrafricaine s’il n’y avait pas la MINUSCA ? Que va devenir la République centrafricaine si la MINUSCA partait aujourd’hui comme d’aucuns le demandent?

Je me souviendrai toujours de ce dimanche 13 décembre 2015 lorsque les ennemis de la paix ont tiré à l’arme lourde et à la grenade sur les éléments de la MINUSCA et sur la population civile, à l’école Gbaya Dombia puis à l’école Koudoukou au PK 5, dans le but de tuer et d’empêcher la tenue du référendum constitutionnel. La riposte vigoureuse de la MINUSCA avait permis de mettre hors d’état de nuire les fauteurs et le vote a pu ainsi se dérouler normalement comme prévu.

Je saisis cette occasion solennelle pour rendre un vibrant hommage, au nom de la Représentation nationale, à la MINUSCA et à tous ces soldats de la paix qui ont quitté leur famille et leur pays pour nous venir en aide.

NOUS NOUS INCLINONS TOUT PARTICULIEREMENT, SUR LA MEMOIRE DE CEUX QUI SONT TOMBES POUR QUE REGNE LA PAIX CIVILE EN CENTRAFRIQUE. JE RAPPELLE QU’ILS ETAIENT 60.

 Nous  exprimons à la MINUSCA notre profonde reconnaissance.

La nation centrafricaine ne vous en remerciera jamais assez.

Monsieur le Vice-Secrétaire général,

Vous êtes ici devant les représentants d’un peuple meurtri et en perpétuel deuil qui, à force de subir des exactions de toutes sortes, à force d’enterrer ses morts jours après jour, ne peut s’empêcher de douter.

Vous êtes devant une Assemblée nationale dont le devoir est de se faire l’écho des préoccupations de nos compatriotes.

J’admets volontiers que l’émotion n’est pas absente de la réaction des Centrafricains par rapport aux actions de la Communauté internationale dans cette crise. Mais comment ne pas le comprendre ? Lorsque, comme récemment dans nos villes de Ndomété, Kaga-Bandoro, Kouango, Koui, Bocaranga, Bangui, Bambari, Grimari, Sibut, et bien d’autres, les populations sont la cible d’attaques répétées que les forces internationales, pourtant présentes à proximité, ne parviennent à enrayer.

 

N’est-il pas de notre devoir d’institutions publiques au service de la population de prendre cela en compte, tout en restant le plus objectif possible?

Rester objectif, c’est, Monsieur le Vice-Secrétaire général, l’exigence que l’Assemblée nationale s’est fixée pour cet échange. Il s’agit pour nous de recueillir des informations, et de permettre de lever les doutes, les équivoques et les incompréhensions, pour créer les conditions d’une coopération efficace entre la MINUSCA et les autorités, dans l’intérêt de la population.

Oui, l’enjeu pour la Représentation nationale est que la mission de la MINUSCA se poursuive en étant efficace et bien comprise.

Pour arriver à cela, permettez, M. le Vice-Secrétaire général, que nous nous fassions l’écho des interrogations de nos concitoyens concernant le mandat de la MINUSCA.

Pour rappel, ce mandat était initialement le suivant, d’après la Résolution 2127(2013) du Conseil de sécurité du 2 décembre 2013 : « Protéger les civils et rétablir la sécurité et l’ordre public, en ayant recours aux mesures appropriées, stabiliser le pays et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ».

Et il est formulé en ces termes par la Résolution 2149 (2014) du Conseil de sécurité, en date du 10 avril 2014 : « Protéger la population civile du risque d’atteinte à l’intégrité physique, notamment grâce à des patrouilles actives ».

Au regard des réalités centrafricaines, les questions que suscite ce mandat sont les suivantes :

Existe-t-il, dans un contexte comme le nôtre, un autre moyen efficace de protéger la population du risque d’atteinte à l’intégrité physique que de neutraliser ceux qui commettent ou planifient de commettre de telles atteintes ?

Peut-on parvenir à cette neutralisation sans désarmer, sans réprimer fermement les agissements criminels, et sans démanteler les filières de commerce illicite d’armes ?

Le fait que les résolutions précitées soient placées sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies n’implique-t-il pas nécessairement le recours à la force contre les éléments en armes qui n’obtempèrent pas, bref le désarmement forcé lorsque cela est nécessaire ?

Et enfin, comment reconstituer notre capacité de défense et de sécurité, seule solution à terme, nous disait le Ministre français de la défense avant hier, pour sécuriser durablement notre territoire et nos populations, si nos forces nationales sont maintenues sous embargo ?

Voilà, M. le Vice- Secrétaire général, les questions que se posent les Centrafricains et que notre Représentation nationale vous pose.

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JEAN-YVES LE DRIAN : « LA MINUSCA A UN MANDAT ROBUSTE »

 

Le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, lors de sa visite à Bangui pour annoncer officiellement le retrait de l’opération Sangaris, a fait clairement savoir que la « Minusca a un mandat robuste ». L’inquiétude qui se lisait sur le visage des uns et des autres après le départ de la Sangaris a-t-elle trouvé une réponse dans cette déclaration ? Attendons de voir un plus clair pour en dire plus.

Mais pour notre part, nous osons espérer que cette fois-ci, la Minusca de Parfait Onanga-Anyanga va désormais mettre en exécution son « mandat robuste », car aujourd’hui, elle est seule sur le théâtre des opérations, en l’absence des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et de l’Opération Sangaris. Elle doit prouver aux yeux du peuple centrafricain et du monde que ses Casques Bleus sont capables d’assurer efficacement la protection des populations civiles qui est et demeure leur principale mission en Centrafrique. C’est ce que les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest attendent impatiemment, car le sang a trop coulé sous le pont et continue de couler à flot.

Ce que nous demandons à la Minusca, c’est de respecter leurs principes : impartialité et neutralité dans la crise centrafricaine. Les Centrafricains ne veulent plus entendre dire que les Casques Bleus de la Minusca ont aidé tel ou tel groupe armé à attaquer un camp ou un autre. Ces soldats onusiens, si nos mémoires sont bonnes, sont des forces de maintien de la paix. Si deux camps s’affrontent, c’est à eux de s’y interposer pour éviter des pertes en vies humaines parmi les populations civiles. Car si deux éléphants se battent, ce sont les lianes et les herbes qui meurent, qui ploient sous leur fardeau. Donc, se mettre au milieu des deux camps évitera un bain de sang.

Les Centrafricains ont, à maintes reprises, affirmé haut et fort que les Casques Bleus sont passifs, attentistes face aux exactions des combattants des groupes armés sur les populations civiles. Cette accusation a été relayée par la presse nationale. Et les responsables de la Minusca ont pensé que les journalistes sont contre eux. Or, en réalité, il n’en est rien. Les journalistes centrafricains n’ont fait que leur travail, celui d’informer le public sur ce qui se passe. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian n’est pas passé par quatre (4) chemins pour dire que la Minusca a maintenant un mandat robuste. Cette déclaration n’est pas tombée dans les oreilles d’un sourd. Tous les Centrafricains savent dès à présent que la Minusca est robuste, gigantesque, costaud comme un baobab. Mais, on reconnaît un bon maçon au pied du mur.

Avant le propos de Jean-Yves Le Drian sur le mandat robuste de la Minusca, c’était Hervé Ladsous, Sous-secrétaire des Nations Unies pour le maintien de la paix qui avait annoncé tambour battant que la Minusca a atteint sa pleine capacité opérationnelle. Mais force est malheureusement de constater que cette « capacité opérationnelle » a fondu comme du beurre au soleil. Mais que sera t-il du « mandat robuste » de Jean-Yves Le Drian ? Seuls les jours à venir nous diront la vérité.

Mais les Centrafricains ne doivent pas penser que le « mandat robuste » de la Minusca doit leur permettre d’attaquer les groupes armés. S’ils pensent comme ça, ils se trompent largement. Nous devons tout simplement leur demander de protéger les civils qui seront attaqués par les va-t-en-guerre. Si possible, faire recours à la force pour les mettre hors d’état de nuire. Mais, dire à la Minusca d’attaquer les hors-la-loi ce serait prêché dans le désert du Sahara ou de San Pédro.

Il convient tout de même de dire aux Casques Bleus que les Centrafricains en ont marre de compter leurs morts et d’errer d’un lieu à un autre à la recherche d’un abris sûr. Tout cela doit impérativement se terminer avec « ce mandat robuste » dont dispose désormais la Minusca. Les groupes armés, de leur côté doivent comprendre aussi que le peuple centrafricain veut vivre en paix sur la terre de ses aïeux. Pour ce faire, ils ont l’obligation de créer des conditions favorables de vie à leurs concitoyens, et de permettre aux humanitaires de circuler librement sur l’ensemble du territoire national et de ne plus s’en prendre aux Casques Bleus de la Minusca.

Sinon, ce « mandat robuste » de la Minusca s’abattra sur eux comme la foudre venant du ciel et les consumera. Les groupes armés n’ont plus droit à l’erreur, nous osons le croire avec ce « mandat robuste ».

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

 

UN CONVOI ATTAQUE ENTRE GRIMARI-BAMBARI

Deux  (2) morts et un blessé grave, c’est le bilan provisoire d’une attaque perpétrée par un groupe armé sur un convoi sur l’axe Grimari-Bambari. Les Anti-Balaka seraient l’auteur de cette agression, selon une source proche de la Minusca de Bambari.

Selon les informations du RJDH, les Anti-Balaka ont attaqué un convoi à 25 kilomètres de Bambari sur l’axe Grimari. Deux civils sont morts dans cette attaque et un casque bleu est gravement blessé.

Une source proche du contingent mauritanien de la Minusca à Bambari, joint par le RJDH a confirmé que des Anti-Balaka sont les auteurs de cette attaque.

L’axe Grimari-Bambari devient de plus en plus dangereux aux usagers et compromet la libre circulation des personnes et des biens. La semaine dernière, six gendarmes ont été tués dans une embuscade sur cette voie. La population des villages périphériques vit dans la psychose de ces événements douloureux.

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LA CARENCE D’ENSEIGNANTS PENALISE DES ETABLISSEMENTS DE LA SANGHA-MBAERE

La rentrée académique 2016-2017 est compromise dans certains établissements publics et privés de la Préfecture de la Sangha-Mbaéré par l’absence d’enseignants.

Le manque d’enseignants constitue un frein pour la bonne marche de la rentrée  académique 2016-2017 dans la Sangha-Mbaéré. Des établissements scolaires demeurent toujours fermés.

C’est le constat fait par l’Inspecteur du Fondamental 1, Simon Mandaba qui a relevé que ce retard est la conséquence  du « manque cruel des enseignants titulaires. Pour toute la circonscription avec quatre secteurs scolaires, nous avons 51 enseignants titulaires. Les activités scolaires sont tenues beaucoup plus par les maîtres-parents qui représentent 70% des enseignants qui interviennent au Fondamental1 ».

Pour lui, ce problème pourrait être résolu s’il disposait de 125 enseignants. « A Nola1, nous avons besoin de 45 enseignants titulaires, 35 à Nola 2, Bayanga 20 et Bambio 22 », a-t-il noté. Ce dernier n’a pas aussi manqué de déplorer le manque des tables-bancs dans certaines écoles car, « certains enfants sont assis à même le sol ».

L’Inspecteur du Fondamental 1, a aussi noté que beaucoup de parents ont inscrit leurs enfants à l’école par rapport aux années antérieures « suite à la campagne de sensibilisation que nous avons organisée ».

Lancée le 19 Septembre 2016, la rentrée scolaire peine à être effective dans l’arrière-pays à cause des exactions perpétrées par des groupes armés.  

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UN DEPLACE TUE PAR BALLE A BAMBARI PAR UN SOLDAT MAURITANIEN

Samedi 29 octobre à midi, un déplacé du site de la Gendarmerie de Bambari a été tué par un soldat mauritanien de la Minusca. Le défunt était à la recherche de melon lorsqu’il a été fauché par balle.

Selon le témoignage de l’oncle paternel du défunt, pasteur Kéttégoy Michel, son neveu a l’habitude de cueillir les feuilles de melon à proximité de la base de la Minusca. « Pour ce samedi, lorsqu’il était parti et peu de temps après, nous avons entendu un coup de feu. C’était fini, car il a reçu la balle à la tête », a-t-il expliqué.

Suite à cet incident malheureux, le Colonel, commandant le contingent mauritanien a  rencontré le Préfet de la Ouaka et les leaders communautaires. Le Colonel mauritanien a relevé qu’il s’agit d’un acte involontaire. « Je sais que c’est un crime commis indépendamment de la bonne volonté de mon élément, car il le (défunt) confondait à un voleur et il a tiré en l’air pour le dissuader, malheureusement que la balle l’a atteint », a-t-il déclaré.

Les déplacés internes de Bambari vivent dans l’insécurité alimentaire, ce qui les poussent à fouiller partout pour avoir une pitance. Chaque famille ne reçoit qu’une demi-ration des produits distribués par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) par mois.

 

*** RJDH ***

 

 

  QUAND LE TEMPS DE PAIX ARRIVE, IL FAUT SAVOIR LE SAISIR, AVANT QU’IL NE VOUS QUITTE : IL Y A UN TEMPS POUR LA GUERRE ET UN TEMPS POUR FAIRE LA PAIX

 

« Jonas Savimbi est victime d’une guerre qu’il aurait dû arrêter depuis longtemps », déclaraient les Etats-Unis après la mort de cette figure emblématique de la rébellion angolaise. Les  Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), une rébellion en somme, ont combattu pendant plus de 53 ans. Aujourd’hui, les FARC aspirent à la paix et veulent sortir du maquis. Jonas Savimbi a combattu plus de vingt (20) ans. Il n’a pas su lire les signes et s’arrêter à temps. Il y a laissé sa vie. Le Tchad a connu autant de rébellions et la guerre a duré plus de 20 ans. Le Tchad a retrouvé son unité et se développe. Il faut donc savoir arrêter une guerre, avant qu’elle ne vous abandonne en cours de route et sans pitié.

Sur 15 groupes armés, 10 ont adhéré au processus DDRR et donc à la paix, à la réconciliation nationale. Cinq (5) dont les Anti-Balaka de Mokom, le FPRC, le RPRC, le MPC et l’UPC jouent les durs. Les seigneurs de guerre ayant droit de vie et de mort sur leurs compatriotes, empêchent les populations déplacées de regagner leurs domiciles. Les populations exilées n’ont que les yeux pour pleurer, loin de leur terre natale, de leurs villages, de leurs maisons. Les ex-Séléka, toutes factions confondues, avaient atteint leur objectif, à savoir, conquérir le pouvoir par la force des armes. La coalition Séléka a réussi à chasser Bozizé du pouvoir. Personne n’a chassé les Séléka du pouvoir, mais hélas, les atrocités ont poussé Djotodia à la porte. Et la CEEAC n’a fait qu’éjecter un régime sanguinaire, dont les échos ont franchi monts et océans. En principe, l’ex-Séléka n’a aucune revendication à formuler. Djotodia n’a pu résoudre les questions d’apprivoiser le pouvoir. Les Séléka ont perdu leur temps à piller, à violer, à tuer, à massacrer, à détruire le pays. Il est temps d’arrêter ce cycle apocalyptique.

A force de tirer sur la ficelle de la guerre, les seigneurs de guerre finissent par devenir victimes de la guerre. C’est le cas de Jonas Savimbi, Issa Capi alias « 50-50 », Abdoul Danda, Bachir et tant d’autres. Ils n’ont jamais eu à l’esprit qu’ils sont aussi mortels comme tout être humain. Personne au monde n’est le plus fort pour demeurer toujours le plus fort. Les Fascistes, les Nazis ont fini par plier l’échine quand le rouleau compresseur de la paix s’est mis en marche pour libérer le monde de la guerre. La rébellion de Hisein Habré a duré aussi longtemps que possible, avec des prises d’otages, puis la prise du pouvoir au Tchad, mais Hissein Habré a fini où il est aujourd’hui. Le monopole de la force l’a abandonné, il est seul devant la justice, hué par ses victimes, accablé de tous les maux. Son silence de marbre n’empêche pas la justice de le juger. Quand le pouvoir des armes vous quitte, il vous est difficile de porter même un slip. A force de tirer sur la ficelle, elle finit par se rompre. Le FPRC, le RPRC, l’UPC, le MPC, Anti-Balaka branche Mokom, doivent comprendre que toutes les rébellions terminent leur course dans le dialogue, boulevard de la paix et de la réconciliation nationale. Il faut savoir saisir la paix avant qu’il ne soit trop tard.

« La paix est un comportement », a dit le président Houphouët Boigny. Un comportement suppose le bon sens et la raison, le sens de la mesure. Mieux encore, la RCA est entrée dans une ère démocratique, reposant sur l’Etat de droit. De ce fait, la voix de la majorité l’emporte sur celle de la minorité et par conséquent, les hostilités perdent totalement leur substance dans la mesure où il n’y a plus d’objectif pour soutenir l’état de  belligérance permanente. Toutes les revendications de départ sont déjà prises en compte dans le plan général de développement du pays. Aucune région ne restera à latrine ou ne sera marginalisée. Des projets d’urgence auraient dû déjà être déployés dans le Nord si les armes s’étaient tues. La RCA est une et indivisible, par conséquent, son développement doit être aussi global. C’est une question de temps. Le ministère des Affaires Sociales est tout indiqué pour s’occuper des victimes handicapées des conflits armés. Le plus important est que le pays retrouve la paix et se mette sur les rails. A l’instar des pays voisins, la RCA doit retrouver ses marques, ses lettres de noblesse, sa réputation de « Suisse africaine », « havre de paix », « oasis ».

Il y a un délicat problème d’éducation de la masse populaire. Bien des pays ont dépassé le stade de voir le crâne des gens, le visage, la communauté religieuse. C’est un tel ou tel. La RCA arrive maintenant à ce stade, pour intérioriser les différentes cultures. C’est une phase transitoire. Certains centrafricains n’ont jamais accepté, qu’il y a des musulmans propres à la RCA. C’est durant cette crise que beaucoup ont compris que les régions du Nord sont à dominance musulmane, ainsi que les noms. Le peuple centrafricain doit être largement éduqué, largement sensibilisé sur cette diversité culturelle. Cette crise a pris de l’ampleur grâce à l’ignorance, à l’analphabétisme, au défit cruel d’éducation du peuple tout entier. La diversité culturelle ne pose aucun problème au niveau de ceux qui sont un peu plus instruits. Avec la paix, il y aura toujours la stigmatisation des uns et des autres, mais le plus important et le plus crucial est d’informer, éduquer et communiquer avec l’ensemble du peuple.                          

 

Julien BELA

 

 

VIOLENCES MEURTRIERES EN RCA :

HRW POINTE L'ACTION TARDIVE DE LA MINUSCA

 

 

Retour sur les violences qui ont embrasé la ville de Kaga-Bandoro dans le nord de la RCA il y a trois semaines, le 12 octobre. La mission de maintien de la paix de l'ONU en Centrafrique (Minusca) et l'ONG Human Rights Watch sortent quasi simultanément leurs rapports respectifs sur ces événements. Elles aboutissent aux mêmes conclusions à un détail près : le rapport onusien ne mentionne pas le rôle controversé des casques bleus.

 

Le 12 octobre au matin, entre 8h et 9h, plusieurs groupes de combattants Seleka, des factions du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), ainsi que des membres de groupes d’auto-défense musulmans, quittent les quartiers commerçants du Nord de la ville pour le Sud, la zone administrative où se trouvent les déplacés et les locaux des ONG.

 

Ils pillent et tuent de manière indiscriminée, en représailles à la mort la veille d’un Seleka tué dans une tentative de braquage. Ils s’en prennent en particulier au site de déplacés de l’évêché : 37 civils sont tués, près de 600 abris ou maisons incendiés et pillés. Des Anti-balaka auraient également profité de la confusion pour piller à leur tour, selon ces enquêtes. L’ONU leur impute d’ailleurs deux meurtres. Les Nations unies exhortent le gouvernement à enquêter pour traduire les responsables en justice.

« Nous demandons au gouvernement de bien mener les enquêtes qui sont déjà ouvertes, parce qu'il faut que le gouvernement mette l'accent sur la lutte contre l'impunité, souligne Musa Gasama, le directeur de la division droits de l'homme de la Minusca et l'un des rédacteurs du rapport onusien. Il faut que ça soit clair et il faut initier des poursuites. » Selon lui, les autorités centrafricaines ont besoin d'un « appui international ».

Pour Human Rights Watch, de telles attaques relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale. Les deux organisations appellent également la communauté internationale à soutenir la mise en place de la Cour pénale spéciale, attendue depuis des mois.

 

Controverse sur le rôle des Casques Bleus

Mais le rapport des Nations unies ne mentionne pas le rôle des Casques bleus dont certains finissent par repousser les assaillants en tuant une dizaine de Seleka. Pour HRW, les Casques bleus de la Minusca sont intervenus trop tard, après que les assaillants ont traversé le pont qui sépare les quartiers musulmans du reste de la ville. L'ONG déplore que ces Casques bleus n’aient pas stoppé le raid des Seleka au moment où ils passaient le pont qui sépare les quartiers musulmans et non musulmans.

« La première vague d’assaillants armés de machettes et de couteaux, ils ont traversé un pont où se trouvaient une dizaine de soldats de la Minusca, raconte Lewis Mudge, chercheur de l’ONG et spécialiste de la RCA. Par la suite, ils ont attaqué les civils et brûlé les maisons. Tout de suite après, il y a eu une deuxième vague [d’assaillants]. C’était les Seleka à motos, armés des kalachnikovs et des lance-roquettes. On parle d’une vingtaine de Seleka au moins qui ont traversé le pont. »

Il précise que Human Rights Watch demande à la Minusca « pourquoi ils n’ont pas fait un effort pour essayer de stopper » les hommes armés, soulignant tout de même que « vers la fin de l’attaque, ils ont commencé à essayer de repousser les Seleka. Mais à ce moment-là, c’était trop tard ».

En réaction à ces accusations, Musa Gasama admet que la Minusca « aurait peut-être pu faire mieux ». Pour lui, la force de l'ONU a tiré des leçons de cet incident et « le dispositif actuel à Kaga-Bandoro va quand même prévenir d’autres incidents de telle nature ».

RFI

 

 

 

 

 

 

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