Toutes les infos du Vendredi 09 Novembre 2018

Cm n 2834 du je 08 nov 2019

LE SENTIMENT ANTI-FRANÇAIS PREND DE L’AMPLEUR : LA FRANCE DOIT RECTIFIER SES TIRS EN RCA, SINON ...

Les déclarations fracassantes et incessantes de certaines personnalités françaises, en l’occurrence Jean Yves Le Drian, Laurent Fabius et Florence Parly, commencent déjà à agacer le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Aux champs, à la pêche, à la chasse, dans les marchés, dans les quartiers et villages, les Centrafricains ne font que parler de l’ingérence française dans la crise qui frappe de plein fouet le pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda.

Ce qui irrite plus le peuple centrafricain, c’est la position française vis-à-vis de la présence russe en Centrafrique. Pour eux, c’est la France qui soutient les groupes armés de l’ex-coalition Séléka à persévérer dans la violence contre les populations civiles dans les villes de l’arrière-pays et au Km 5. Chaque fois qu’il y a des affrontements entre les branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka et les Forces internationale et nationale, les drapeaux français sont hissés sur les toits, les lieux publics, les bâtiments administratifs sous contrôle de ces va-t-en-guerre. Ce ne sont pas les populations du Km 5, de Bambari, pour ne citer que celles-ci, qui nous démentiront.

Au mois d’avril 2018, après l’Opération Soukoula lancée conjointement par la Minusca et les Forces de Défense et de Sécurité pour démanteler les bases des Autodéfenses qui sévissent au Km 5, et si possible arrêter les leaders, ces derniers ont fait flotter les drapeaux de l’ancienne puissance colonisatrice de la RCA dans cette dernière enclave musulmane de la capitale Bangui.

Récemment à Bambari, les combattants de l’UPC du tristement célèbre nigérien Ali Daras ont agi de la même manière. Les affrontements du 31 octobre et du 02 novembre 2018 qui les ont opposés à la force portugaise et les FACA ont poussé ces cache-sexes de la France à mettre en exergue leur appartenance à cette puissance. Au quartier Hadji où sont retranchés ces peuhls nigériens, des drapeaux français étaient visibles. Point n’est besoin d’une loupe ultramoderne pour scruter les soutiens de la France aux Séléka.

Pire encore, la 2ème vague de la livraison d’armes russes à la RCA pour équiper les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) est empêchée par la France de Macron. Or, grâce à la 1ère livraison de ces armes russes qui a reçu l’aval du Conseil de Sécurité, nos vaillants soldats sont déployés à Paoua, Sibut, Bangassou, Dékoa, Bouar et récemment Bambari. Là où leur présence est signalée, il y a une accalmie, les populations vaquent librement à leurs occupations quotidiennes. Comme ils sont toujours accompagnés des instructeurs militaires russes dans leur déploiement, les autorités françaises voient la présence russe aux côtés de nos soldats d’un mauvais œil.

En outre, la rencontre de Khartoum initiée par la Russie avec les groupes armés pour chercher des voies et moyens à sortir le Centrafrique dans cette crise, est mal perçue par les autorités françaises, particulièrement Jean Yves Le Drian, Laurent Fabius et Florence Parly qui s’agitent comme des diables. Et pourtant, c’est cette présence russe en Centrafrique qui a permis le retour progressif de la paix et de la sécurité dans certaines villes de nos provinces. Pourquoi Jean Yves Le Drian, Florence Parly et Laurent Fabius s’en prennent vertement aux autorités russes dans toutes les rencontres internationales ? Quand la France de Macron et la Russie de Poutine se croisent, la question de la présence russe en RCA refait surface et devient un problème d’Etat. Même un enfant centrafricain de moins de trois ans sait aujourd’hui que le torchon brûle entre la France et la Russie à propos de notre pays. Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra n’a-t-il pas dit qu’« il y a de la place pour tout le monde en RCA » ? Pourquoi la France s’agite ? La RCA est-elle une préfecture de la France ? N’est-elle pas souveraine et indépendante pour prendre sa destinée en main ? Quand les Centrafricains sont massacrés par les mercenaires étrangers à la solde de la France, les autorités centrafricaines doivent-elles croiser les bras ?

C’est l’ingérence de la France dans les affaires intérieures de la RCA, notamment les déclarations fracassantes de certaines personnalités de ce pays au sujet de la présence russe, le blocus de la 2ème vague de livraison d’armes et munitions par la Russie aux FACA et le soutien français aux combattants Séléka, qui irrite le peuple centrafricain.

La France doit savoir aujourd’hui que le peuple centrafricain, dans son ensemble, n’aspire qu’à la paix et à la sécurité pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. Nos compatriotes qui meurent comme des mouches à l’intérieur du pays n’ont rien à voir avec la politique. Ce ne sont pas les politiques qui les nourrissent. C’est grâce aux produits agricoles, de la chasse, de la pêche, de la cueillette qu’ils vivent. Pourquoi la France arme les groupes rebelles contre eux ? Pour trouver quoi par la suite ?

C’est pourquoi nous demandons à la France de rectifier ses tirs, de changer de fusil d’épaule pour ne pas être rejetée totalement par le peuple centrafricain. Pour sa gouverne, un sentiment anti-français grouille dans le cœur des Centrafricains. C’est comme un volcan en éruption qui peut déverser ses larves d’un moment à l’autre. Donc, il est urgent et capital pour la France de demander à ses poulains (combattants Séléka) de déposer les armes et de faire la paix. Les jeunes sont prêts à mourir en martyrs pour les institutions démocratiques de leur pays qu’ils ont accouchées lors des élections de 2015-2016. Les Centrafricains d’aujourd’hui ne sont pas comme ceux d’hier qui sont manipulables à souhait par la France. Ils ont déjà pris conscience du danger de leur patrie et guettent tout autour d’eux pour débusquer les manipulateurs, les valets de la France.

« Nous ne sommes pas contre la France mais contre les agissements de certaines personnalités françaises qui veulent déstabiliser la RCA ou la plonger dans une autre crise. Si la France veut être en bon terme avec les Centrafricains, qu’elle se jette à l’eau pour ramener la paix et la sécurité en RCA. Car, c’est elle qui a monté de toutes pièces cette crise. Aussi, qu’elle laisse les instructeurs militaires russes former nos FACA et la Russie leur fournir des armes.  Sinon… », ont confié certains jeunes qui souffrent de cette crise depuis plus de cinq (5) ans.

La balle est désormais dans le camp de la France pour atténuer ce sentiment anti-français qui prend de l’ampleur en Centrafrique. A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

ONG INTERNATIONALE ANA : « QUAND LA FRANCE NE VEUT PAS D’UN PRESIDENT, CELA VEUT DIRE QUE CE DERNIER EST BON POUR SON PAYS ET SON PEUPLE »

Le président de l’ONG Internationale ANA, Harouna Douamba au peuple centrafricain : « Quand la France ne veut pas d’un président, cela veut dire que ce dernier est bon pour son pays et son peuple. L’intérêt général avant tout, soyez tous unis derrière le président Touadéra et son gouvernement ».

 

La France a toujours traité les présidents Africains qui pensent au bien-être de leurs populations comme des dictateurs. Elle est contre le Président Obiang Nguéma de la Guinée-Equatoriale qui refuse de vendre son pays. Obiang Nguéma à 0% de dette extérieure, la France est très endettée mais elle trouve qu'il existe la corruption et la dictature en Guinée-Equatoriale.

La même France a trouvé que Kadhafi était un dictateur pour son peuple, juste pour le pétrole de la Libye. Kadhafi à été tué, aujourd'hui le peuple Libyen qui avait cru en la France pleure son Guide et se retrouve dans une misère totale. La France a démontré que Gbagbo Laurent était un dictateur et un criminel, sept ans après, la même France ne trouve pas des raisons de maintenir Gbagbo en prison et elle utilise la libération de Gbagbo pour faire du chantage au Président Alassane Ouattara. Cette France a voulu mettre Kagamé en prison en l'accusant de génocidaire. Paul Kagamé a quitté la Francophonie et aujourd'hui il fait non seulement la fierté de son peuple mais la France lui fait la cour.

La France a fait mettre Jean Pierre Bemba à la CPI, pour des raisons de crimes contre l'humanité. Aujourd'hui elle libère Bemba parce-que, Idriss Deby et Sassou-Nguesso ne peuvent plus protéger leurs intérêts. Tenu en échec par le régime de Kinshasa, Bemba risque bientôt de reprendre les hostilités, si jamais le poulain de Kabila remporte l'élection présidentielle de décembre.

Peuple Centrafricain, le Président Touadéra est un Kagamé Bis, c'est parce qu'il est bon pour son pays et son peuple qu'il est détesté par la France. Le Président Touadéra refuse de céder aux chantages et aux intimidations de la France. Votre Président a été démocratiquement élu pour être votre garant, pour mettre définitivement fin à la crise, aux pillages et à la misère. L'heure de l'unité nationale a sonné, la solidarité doit être de mise derrière le Président Touadéra et son Premier ministre qui sont sur la liste noire des personnes à abattre par la France. S'ils sont aujourd'hui des ennemis de la France, cela doit être considéré comme un acte patriotique. Chers frères et sœurs Centrafricains, je vous invite à ne plus écouter la manipulation, à dénoncer tous ceux qui sont contre la liberté du peuple Centrafricain et contre votre bien être. N'hésitez pas à crier haut et fort le nom de votre frère, sœur, cousin, cousine, papa, maman etc... qui est contre la démarche du Président Touadéra, car ce dernier est considéré comme un traître de la République. Les Français trouvent que vous êtes manipulables et qu'on vous achète avec des miettes. Mettez fin à ce système car vous méritez mieux que ça.

Centrafricains, Centrafricaines, votre pays fait partie des pays les plus riches au monde. Vous avez plus de 428 minerais jamais exploités sans compter le diamant, le Pétrole et autres qui ont un semblant d’exploitation. Vous êtes moins de cinq millions d’habitants. Vos intellectuels sont comptés parmi les plus doués du Continent. Mais pourquoi cette misère ? Pourquoi cette torture ? Pourquoi cette crise de pillage ? Pourquoi il n'y a pas d’électricité pour tous en RCA ? Pourquoi, pourquoi et pourquoi ? Les Français vous ont fait comprendre que, pour atteindre le paradis, vous devez vivre la misère et la torture ? Que votre destin chez Dieu est lié à eux ? Chers frères et sœurs binationaux Centrafricains, donc juste pour la nationalité française et les aides sociales, vous remettez en cause toutes les bonnes actions de votre pays d'origine ? Votre dignité d’homme vous amène à attendre qu’on tue vos frères pour vous permettre d’avoir une vie meilleure ? Est-ce juste pour vous retrouver à Bangui avec vos compatriotes français ? Non, cela ne se passera plus en RCA ! L’heure de la facilité est passée. Vous avez tous intérêt à soutenir les actions de la liberté du peuple centrafricain et à revenir apporter un plus au développement de votre bien commun, le Centrafrique.

Quant à moi Harouna Douamba, je m'engage avec les 247 panafricanistes qui ont signé la charte de défense de la RCA, à vous dénoncer, à vous poursuivre et à prendre pour ennemi de la RCA, tout individu qui cherchera à mettre les bâtons dans la marche vers le progrès du Président Touadéra et du Premier ministre Sarandji. Nous utiliserons tous les moyens, y compris notre réseau, pour déstabiliser l'individu en question et jusqu'à sa famille car, pour nous, il est considéré comme un traître de la République Centrafricaine.

Centrafricains, Centrafricaines, l'heure est à la mobilisation et à la solidarité. L'avenir de vos enfants, petits et arrières petits enfants est dans vos mains. Le changement de vos conditions de vie est entre vos mains. N'ayez pas peur du risque, n'ayez pas peur d'avoir de nouveaux partenaires, n'ayez pas peur de la France, n'ayez pas peur de vous dénoncer officiellement car cela contribue à la consolidation de la solidarité. Soyez tous derrière le Président Touadéra qui fera de la RCA , le Rwanda actuel et la Guinée-Equatoriale. Ces deux pays ont dit non à la France et aujourd'hui ils sont des pays modernes et développés, avec un peuple épanoui et fier.

Je vous remercie.

 

Harouna DOUAMBA

 

 

 

ECHOS D’AILLEURS : FLORA A PERDU SON FOYER A CAUSE DE SON PASSE DE PROSTITUEE

Jeune mariée de nationalité centrafricaine, Flora est une de ces filles qui ont appartenu au réseau du plus vieux métier au monde, c’est-à-dire la « Prostitution ». Ces filles sont endurcies par un célibat le plus souvent volontaire, juste pour savourer les délices de la vie libre, sans la contrainte d’un mari jaloux qui restreindrait à outrance leur champ d’action.

Pour Flora, son passage dans le milieu de la prostitution a été motivé plutôt par une situation des plus délicates liée à la pauvreté de son environnement social. Réfugiée de la première heure, pour avoir quitté la RCA avec ses parents au plus fort de la crise en 2013,  son pauvre père n’avait pas un métier stable et sa mère n’était qu’une ménagère sans aucune possibilité lucrative. A l’âge de dix-sept (17) ans, Flora ne savait à quel saint se vouer. Elle avait tenu jusqu’en classe de 5ème dans un environnement d’émulation sans commune mesure. Ses camarades d’école la narguaient sans cesse à cause de la modicité de son habillement.

Tout a commencé au mois de janvier 2018, alors qu’elle revenait de l’école, une femme d’un âge avancé à bord d’un véhicule gros cylindré, lui fait la proposition de la déposer chez elle. Fatiguée et voyant que c’est une femme, Flora accepta l’offre. Elle s’engouffra dans la voiture luxueuse et climatisée qui prit une direction autre que celle de chez elle. La bonne dame ne stoppa la voiture que dans une villa très luxueuse. Elle fait descendre Flora qui commençait à s’inquiéter. La dame la rassura qu’elle n’en avait que pour un laps de temps, le temps de prendre un verre d’eau et qu’elle la ramènerait chez elle.

Elle installa la jeune fille dans un canapé et s’engouffra dans un couloir sombre. Un instant après, elle ressortit avec un verre de jus qu’elle tendit à Flora. Cette dernière l’avala d’un trait. La dame disparut au moment où tout commençait à se brouiller autour de la jeune fille. Sa vue, son esprit et sa lucidité la quittèrent subitement. Elle sombra dans un profond sommeil. Au dire de Flora, elle avait été droguée, à travers le jus de fruit que son hôte lui avait servi. S’étant réveillée après une demi-heure de manque de lucidité, cette dernière s’est étonnée de se retrouver dans un environnement pas du tout habituel. Elle était dans un lit. A côté d’elle, une liasse de billets. Un coup d’œil hors du lit et elle découvrit un carton qui débordait d’habits. On sonna à la porte.

La bonne dame apparut, un sourire débonnaire au visage. Elle s’assit aux côtés de Flora et entreprit de lui caresser le front. La jeune femme se laissa faire. La dame compta les billets ; il y en avait 150 mille ! Elle ouvrit le carton et présenta dix robes neuves à la taille de la jeune fille. Flora prit peur en même temps qu’elle était aux anges. Elle n’était pas revenue de sa surprise qu’un homme d’un certain âge les rejoignit. En deux mots, elle comprit la situation. La dame la rassura quant à l’issue de l’opération.

Elle laissa Flora seule avec l’homme. Après avoir consommé l’acte avec le client, Flora s’empressa pour récupérer les 150.000 FCFA. Avare et naïve, comme la plupart des filles centrafricaines vivant au Congo Brazzaville, la jeune femme continua à vendre son corps accompagné de la proxénète, « Mama  Yvonne ». Flora ne rentra chez elle qu’au bout d’une semaine.

Dans son foyer, ses parents ont très vite remarqué que leur fille était toujours fatiguée, et elle se plaignait des douleurs partout. A l’inquiétude de ses parents, elle répondit avoir effectué un voyage à Pointe-Noire, où cette dernière avait une tante. N’ayant aucun moyen de le vérifier, les parents acceptèrent son explication.

Mais voilà, la vie a pris un autre tournant pour Flora à partir de ce jour. Elle se rendait régulièrement à la villa et rencontrait la dame qui lui proposait d’autres clients.

Flora quitta l’école et s’adonna à cœur joie à son nouveau métier. Pendant dix (10) mois, elle se consacra à cette activité qui lui procurait un gain facile avec lequel elle assurait les charges de ses parents. C’est ainsi que Flora a pu dénicher au courant du mois de septembre dernier, un client pas du tout ordinaire. L’homme ne coucha pas avec elle. Il lui annonça l’avoir observée pendant longtemps dans le quartier et qu’il était décidé à la prendre en mariage. Elle accepta cette proposition. Finalement, les deux tourtereaux se sont dit « oui » le 27 octobre dernier à Pointe-Noire où le mariage fut célébré en grande pompe.

La veille du mariage, un ami à son mari s’inquiéta. Il proposa à son ami de faire faire un test de VIH/ Sida à sa mariée. Il s’énerva au début, mais finit par céder aux conseils de son ami. On ne comprenait absolument rien de ce qui se passait à ce fameux mariage de Flora.

La cérémonie a bel et bien eu lieu, une des plus fastes dans le quartier « le Fond Tié-Tié ». Cependant, le jour des noces, le mari recommanda que Flora reste chez elle. Au fait, elle ne quitta plus chez elle pour son nouveau foyer qu’elle n’aura jamais ; en tout cas pas avec ce mari qui vient de découvrir que sa femme est séropositive. Et ce dernier, pour se venger de cette fille naïve qui l'a fait dépenser pour un mariage inutile, s'est mis à ventiler dans tout Pointe-Noire que les filles centrafricaines sont de véritables dévergondées.

Une fois de plus, certaines Centrafricaines vivant à l’étranger ne font rien pour honorer et sauvegarder l’identité centrafricaine.

 

Sinclair ARIES

 

 

LA RCA A PLUS BESOIN DES ONG DE DEVELOPPEMENT QUE DES ONG HUMANITAIRES

La grave crise militaro-politique sans précèdent dont est victime la RCA,  de la part de la nébuleuse coalition Séléka, de Michel Djotodia, depuis 2012, a drainé bon nombre d’ONG internationales humanitaires (d’urgence) sur le sol centrafricain. Ces ONG volent au secours des personnes vulnérables et surtout les plus affectées par les effets collatéraux de la crise : fourniture des vivres, d’eau potable ; prise en charge sanitaire gratuite ; réhabilitation des maisons détruites ou incendiées ; campagnes de sensibilisation sur la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble, l’hygiène et l’environnement, et nous en passons. Ce qui est tout à fait normal, car « c’est dans le malheur qu’on connait les vrais amis », dit-on, mais pas suffisant pour nous.

Plus de deux (02) ans après le retour du pays à l’ordre constitutionnel, la sécurité et la paix semblent revenir peu à peu sur l’ensemble du territoire national, avec le redéploiement progressif des Forces Armées Centrafricaines (FACA) formées par l’EUTM-RCA et surtout par les instructeurs militaires de la Russie. A ce niveau, la RCA a plus besoin des ONG de développement que des ONG humanitaires, pour aider les Centrafricains à se prendre en charge dans les secteurs productifs nationaux : agriculture, élevage, pêche, chasse, mines, arts et culture, sports, etc. Ce qui motivera et poussera le peuple centrafricain vers sa véritable émancipation et autonomisation sur tous les plans. C’est pourquoi un adage chinois dit : « Vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner du poisson ». Et c’est bien vrai !

N’oublions pas que les ONG humanitaires sont plus visibles et à pied d’œuvre dans un pays quelconque que durant les crises et conflits armés. Allez-y donc comprendre le reste. C’est pour maintenir tout un peuple sous leur Assistance éternelle. Or, les ONG de développement préfèrent  plus la stabilité, la sécurité et la paix dans un pays, pour investir dans tous les domaines de la vie active nationale. C’est pour aider tout un peuple à s’émanciper et à se prendre en charge lui-même. Et c’est exactement le cas actuel de RCA  et de son peuple.

Le Petit YEKOA

 

 

MONSIEUR LE DRIAN, LA JEUNESSE CENTRAFRICAINE A COMPRIS

VOTRE PLAN MACHIAVELIQUE

La jeunesse centrafricaine a compris pas mal de leçon depuis le début de la crise : « On apprend de ses erreurs ». Les erreurs du passé sont entrain d’être corrigées par la jeunesse. La France a cherché et a trouvé. Certaines ONG africaines montent au créneau contre la France qui n’a aucun ami mais plutôt des intérêts.

Si l’ancien président Gabonais Omar Bongo Odimba disait, « l’Afrique sans la France, c’est comme un véhicule sans carburant », il faut se figurer qu’il s’agissait d’une hérésie. C’est plutôt la France qui ne peut rien sans l’Afrique. En RCA, il suffit qu’un président se prononce sur l’exploitation d’une ressource minière pour voir la France devenir folle de rage.

La coopération russe fâche et Paris veut reprendre du poil de la bête. Quand Jean Yves Le Drian est venu à Bangui, dans un langage diplomatique, il a dit : « J’ai toujours été là dans les bons et les mauvais moments, tout le monde ne peut en dire autant… ». Ce dernier, de par ces propos, fait indirectement allusion à la présence russe sur le sol centrafricain.

Etre là en RCA, certes, personne ne peut dire le contraire. Mais il faut savoir que cette présence a beaucoup plus été nocive. Cette présence française en RCA a juste permis les pillages des ressources centrafricaines et la protection de leurs intérêts. C’est dans cette même optique que François Hollande avait dit en mars 2013 (lorsque Bozizé demandait l’aide de France), « Si la France est présente en RCA, c’est pour protéger ses intérêts et non protéger un régime, ce temps-là est révolu ». Que cela soit clair dans la tête des Centrafricains. La France, c’est un couteau à double tranchant. Elle avait attendu 10 mois plus tard après les carnages de la Séléka pour agir. Or, on reconnaît les vrais amis dans les temps difficiles. Aujourd’hui, étant contrite du départ de la Sangaris, la France, un véritable caméléon, veut encore changer de couleur. La France veut-elle exhumer la Sangaris qui a abandonné la RCA en plein gouffre ? Le peuple a déchiré la page de la l’Opération Sangaris. La Russie présente en RCA fait du sérieux. Cette dernière se met au service de la restructuration de l’armée nationale longtemps passée aux oubliettes.

N’eut été la décision du ministre de l’intérieur, la jeunesse centrafricaine allait marcher ce jeudi 8 novembre 2018 pour dire non aux traîtres de la RCA qui sont désormais connus de tous. Leur réseau, longtemps resté obscur, est aujourd’hui démasqué par le peuple centrafricain. A coup sûr, ces traîtres essuieront l’affront.

Le président Touadéra a le soutien total de la jeunesse centrafricaine. La France veut se rattraper, mais il faut savoir qu’on ne reconnaît la valeur d’un ami que lorsqu’on l’a déjà perdu, et le regret vient après. Il faut rappeler que la France a défalqué 10 millions d’Euros pour payer deux mois de salaires aux fonctionnaires. Cela ne peut guère acheter la conscience du gouvernement, encore moins du peuple centrafricain.

La jeunesse centrafricaine est vent débout contre les manipulations, les coups bas, la fourberie de tout genre que la France et ses valets préparent pour déstabiliser la RCA et la précipiter dans l’abîme. Cette jeunesse, s’il le faudra, reviendra à la charge pour organiser une marche de protestation sans précédent afin d’interpeller l’attention de la communauté internationale sur le diktat français en Centrafrique. Rien n’arrêtera les Centrafricains dans leur quête de paix, de liberté, d’indépendance totale, de coopération gagnant-gagnant avec toutes les nations du monde imbues de la notion cardinale de souveraineté.

Le Centrafrique appartient aux Centrafricains. Ce n’est donc pas aux étrangers, d’où qu’ils soient, de décider quoi que ce soit en leur lieu et place. La République centrafricaine, à l’instar des autres Etats du continent africain, aspire aux changements dans toutes les acceptions du terme. Le néo-colonialisme n’a plus sa place en Centrafrique.

 

Jean Max DELOUGA

 

 

 

 

Le dEputE JErEmie Gokiri Ndoro 2 du RDC se rallie aux «Cœurs-Unis»

C’est dans une lettre  adressée au Président du Bureau politique national du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) que le Député de la circonscription de Zangba, Jérémie Gokiri Ndoro 2 a annoncé sa démission du groupe parlementaire RDC pour se rallier au groupe parlementaire «Cœurs-Unis».

Cette nouvelle est tombée alors que l’association politique « Cœurs Unis » du président Faustin Archange Touadéra organise du 8 au 10 novembre 2018 un congrès pour officialiser ce mouvement politique.

 Pour le député Jérémie Gokiri Ndoro 2, c’est la prise de position de son parti contre la destitution de Méckassoua qui a justifié, d’abord, son départ du RDC. A cela s’ajoute d’autres raisons qui l’ont aussi poussé  à couper le cordon ombilical avec le RDC. «Le vendredi, 26 octobre 2018, les Députés de la nation étaient réunis pour examiner la destitution ou pas de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Méckassoua. Les députés du RDC officiellement reconnu parti de la majorité présidentielle, devraient recevoir du Bureau politique des orientations claires sur leur participation au vote. C’est ce qui n’a pas été fait avant », a déploré le Député de Zangba.

C’est pour des raisons de bonne gouvernance et de la gestion de la chose publique qui ont motivé la destitution du PAN. Pour lui, cette mauvaise gestion à l’Assemblée Nationale ne doit pas se reproduire dans les autres institutions de la République. Il a toutefois déploré l’éviction du bureau de l’Assemblée Nationale de l’Honorable Augustin Tossah Benza, du 1er Vice-président du Bureau politique et membre du comité Directeur du RDC, acte qu’il « condamne fermement ».

L’honorable Gokiri a précisé que lorsqu’un parti politique entre dans la majorité présidentielle, il forme avec les autres partis de la majorité une certaine homogénéité parlementaire «cette homogénéité politique est gouvernée par le principe de solidarité politique ». Et c’est cette raison qui les a toujours permis de soutenir le programme politique du gouvernement à l’Assemblée Nationale.

Ce dernier a fait savoir que tous les partis de la majorité présidentielle et certains députés du parti RDC ont décidé de voter pour la destitution et que son parti qui fait partie de la majorité présidentielle s’oppose à cette destitution prouve à suffisance que « le parti RDC veut les amener dans des manœuvres dilatoires et de les conduire à observer des positions obscures et ambiguës au sein de la majorité à l’Assemblée Nationale ».

Le député de Zangba a révélé que depuis leur élection à l’Assemblée Nationale, le bureau politique du RDC ne s’est jamais réuni avec ses députés pour rédiger ensemble une déclaration du groupe parlementaire à l’Assemblée. «Les déclarations du groupe parlementaire RDC ont été  toujours rédigées par le Président du groupe et son vice-président en l’absence de nous les autres députés du parti », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, le député prévenant toute conséquence dommageable qui pourrait résulter de cette conduite, et démissionne comme militant du RDC pour soutenir le programme politique commun à l’Assemblée Nationale via le groupe parlementaire «Cœurs-Unis» pour sa mise en œuvre.

Le départ du député Jérémie Gokiri de Zangba pour le mouvement «Cœurs-Unis» est un autre cas qui vient s’ajouter à d’autres déjà enregistrés.

 

RJDH

 

 

LES NATIONS UNIES ALERTENT SUR LE DRAME HUMANITAIRE A BATANGAFO SUITE AUX AFFRONTEMENTS ENTRE GROUPES ARMES

La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire, Najat Rochdi, a dénoncé mercredi le drame humanitaire « inacceptable » qui sévit actuellement à Batangafo, préfecture de l’Ouham (nord-ouest de la République centrafricaine), où les 30.000 déplacés ont tout perdu suite aux violences et pillages. Des affrontements ont éclaté le 31 octobre 2018 à Batangafo entre des anti-Balakas et des ex-Séléka du FPRC/MPC suite à des incidents isolés opposant des éléments des deux camps.

 « Le niveau de désolation est inacceptable. Pourquoi faire ça ? », s’est interrogée Najat Rochdi, qui s’était rendue dans cette localité le 4 novembre, en compagnie du PAM, de l’OMS, du HCR, de l’UNICEF et d’OCHA. « J’ai été témoin de la situation d'urgence créée par ces attaques. L'incendie a détruit plus de 5.100 abris ainsi que le marché et a causé un déplacement d’approximativement 30.000 personnes vers l'hôpital, l'orphelinat de Bercail, les zones périphériques et dans la brousse », a-t-elle ajouté, lors de la conférence hebdomadaire de la MINUSCA. 

La Représentante spéciale adjointe, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire a indiqué que malgré les besoins énormes et multisectoriels, la distribution de l’aide a commencé notamment des médicaments et des aliments, tout en rendant hommage aux acteurs humanitaires qui sont restés à Batangafo « malgré les pressions ». « On ne va pas abandonner », a-t-elle renchéri. 

Concernant les violences, la Représentante spéciale adjointe a indiqué que la MINUSCA a envoyé des renforts à Batangafo, qui sont « indispensables pour la protection des populations civiles ». Dans le même temps, elle s’est interrogée sur l’accord local de paix signé entre ex-Séléka et Anti-Balaka mais qui sont impliqués dans ces violences. « Il est devenu quoi cet accord entre les groupes armés, ces mêmes groupes armés qui ont attaqué. Il faut leur demander des comptes. On ne peut pas dire, d’un côté, qu’on s’engage dans le processus de dialogue et de paix et, de l’autre côté, attaquer la population », a martelé la Représentante spéciale adjointe.

 Pour sa part, le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, a indiqué qu’en plus de Batangafo, où des soldats de la paix ont été envoyés, la MINUSCA poursuit les patrouilles à Bambari, malgré les tirs par les ex-Séléka de l’UPC. Il a rappelé que les casques bleus ne visent aucun civil ni aucune communauté en particulier contrairement aux manipulations des ex-Séléka. Le porte-parole a également fait une mise au point, soulignant qu’aucun Etat membre n’a fait pression pour le retrait de la MINUSCA, qui bénéficie du plein soutien du Conseil de sécurité.

 

Minusca

 

 

LES AFFRONTEMENTS DE BATANGAFO ET LES RETOMBEES HUMANITAIRES : OXFAM EXHORTE LES PARTIES EN CONFLIT A EVITER DE CIBLER LES CIVILS ET A FACILITER LES INTERVENTIONS HUMANITAIRES

De violents affrontements entre groupes armés ont lieu depuis le mercredi 31 octobre 2018 dans la localité de Batangafo au Nord de la République Centrafricaine suite à une agression d´un jeune homme qui faisait de la distribution de médicaments sur l’axe Kabo et dans ville. Il a été poignardé par un groupe de jeunes présumés Anti-Balaka (AB) alors qu´il se rendait dans le site des déplacés. Suite à cet incident, les Ex-Séléka (ES) se sont mobilisés pour attaquer le site des déplacés et les quartiers environnants.

A ce jour, encore plus de 10,000 personnes sont réfugiées dans les enceintes de l’hôpital soutenu par MSF, et plusieurs milliers d’autres ont pris la fuite vers la brousse pour éviter le pire. Le site de déplacés internes ainsi que de nombreuses maisons et autres infrastructures ont été incendiés. Pour le moment, on estime à au moins 28 000 le nombre total de personnes affectées par cette crise soudaine.

A l’hôpital de la ville ont été pris en charge une vingtaine de blessés, dont dix étaient dans un état grave nécessitant des interventions chirurgicales d'urgence. Parmi ces victimes, on déplore deux décès des suites de complications.

« La protection des civils doit être une priorité absolue pour l’ensemble des parties. Depuis plus de quatre ans, ils subissent les conséquences des conflits ; Ils ont besoin de l´assistance humanitaire. Je lance un appel à tous ceux qui sont impliqués dans le conflit de permettre aux acteurs humanitaires d´apporter l´assistance qu´il faut aux populations en besoin », a dit Monsieur Ferran, Directeur Pays de l´Oxfam.

La situation humanitaire en Centrafrique est déjà préoccupante, et cette nouvelle flambée de violence risque d'avoir des conséquences néfastes sur les populations affectées qui étaient déjà dans une situation d´extrême précarité.

La réponse humanitaire d’Oxfam

Comme noté ci-dessus, près de 28.000 personnes sont affectées par la crise actuelle à Batangafo, dont près de 10 000 dans l´enceinte de l’Hôpital. Dès l´annonce de la nouvelle de cette crise, Oxfam est en train de préparer la réponse en eau, assainissement et hygiène (WASH,) en sécurité alimentaire et la protection. En attendant que la situation se stabilise, des activités sont déjà en cours :

- Une évaluation rapide des besoins est en cours. Les résultats permettront d’identifier les besoins les plus saillants pour une réponse humanitaire plus ciblée

- Oxfam a pris des mesures pour acheminer près de 3000 kits d´hygiène et un nombre similaire de kits de cuisine comme mesure d´urgence pour assister les personnes affectées qui ont perdu tous leurs biens.

- Aussi une réponse est déjà en cours pour l’approvisionnement en eau potable aux déplacés internes sur le site de l´hôpital en collaboration avec DRC et des Bacs à ordures seront distribués pour la gestion des déchets.

- Oxfam salue les efforts de la Coordonnatrice Humanitaire pour les actions en cours, et rappelle le mandat de la MINUSCA sur la protection des civils dans les conflits armés et aussi leurs droits à une assistance humanitaire de qualité. De ce faire,

- Oxfam se joint aux autres acteurs pour demander à la MINUSCA de mettre en place de façon immédiate les mesures nécessaires pour un prompt retour à la normalité dans la zone permettant l’assistance aux victimes de cette crise.

- Oxfam remercie les bailleurs pour leur soutien continu en vue d´alléger les souffrances des populations victimes des crises cycliques, et aussi pour la flexibilité dont ils font preuve au niveau des projets quand de telles situations se produisent.

 

RJDH

 

 

RELATIONS UNION AFRICAINE - UNION EUROPEENNE : REUNION CONSULTATIVE CONJOINTE SUR LA PAIX ET LA SECURITE

ONZIEME REUNION CONSULTATIVE CONJOINTE ANNUELLE DU COMITE POLITIQUE ET DE SECURITE DE L’UNION EUROPEENNE ET DU CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE DE L’UNION AFRICAINE

BRUXELLES, BELGIQUE

Le 23 octobre 2018, le Comité politique et de sécurité de l'Union européenne (COPS de l'UE) et le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (CPS de l'UA) ont tenu leur onzième réunion consultative conjointe annuelle à Bruxelles, en Belgique, au titre du dialogue régulier qu'ils mènent dans le cadre du partenariat UA-UE. La réunion était coprésidée par Mme l'ambassadrice Sofie From-Emmesberger, présidente permanente du COPS de l'UE et par M. l'ambassadeur Lazare Makayat Safouesse (République du Congo), président du CPS de l'UA pour le mois d'octobre 2018. Elle a réuni les ambassadeurs des États membres de l'UE et du CPS de l'UA, ainsi que des hauts fonctionnaires du Service européen pour l'action extérieure, de la Commission et de la Commission de l'UA.

La réunion consultative conjointe a été précédée de la quatrième séance de réflexion conjointe du COPS de l'UE et du CPS de l'UA, qui s'est tenue le 22 octobre 2018 et qui a donné l'occasion de procéder à un échange de vues informel au sujet de la coopération renforcée sur des aspects examinés au sein des instances multilatérales et le financement durable des opérations de paix conduites par l'UA avec l'autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), sur la coopération en matière de prévention des conflits et de médiation, ainsi que sur le suivi du cinquième sommet UA-UE tenu à Abidjan en novembre 2017 et sur la mise en œuvre du protocole d'accord sur la paix, la sécurité et la gouvernance entre l'UA et l'UE, signé en mai 2018.

Le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont souligné l'importance d'un multilatéralisme efficace et d'un ordre international fondé sur un ensemble de règles, au centre duquel se trouvent les Nations unies. Ils ont reconnu l'importance que revêt une coopération renforcée entre l'UA, l'UE et l'ONU et ont invité à poursuivre la réflexion sur la manière d'assurer le suivi de la réunion à haut niveau tenue entre les chefs de files de l'UA, de l'UE et de l'ONU en septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Le COPS de l'UE et le CPS de l'UA sont convenus qu'il importait de traduire leur coopération politique dans le domaine de la prévention des conflits en initiatives concrètes, comme des visites conjointes sur le terrain, des sessions conjointes ou le développement d'une compréhension et d'une analyse communes des situations de crise, ainsi que d'explorer les possibilités de mener des actions conjointes à bref délai. Ils ont souligné le rôle important des femmes et de la jeunesse en tant qu'acteurs de la prévention des conflits et de la médiation.

Durant la réunion consultative conjointe, la discussion a mis l'accent sur les progrès réalisés dans le règlement des conflits/situations de crise et dans la lutte contre les menaces pour la paix et la stabilité au Mali/au Sahel, en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud, en Somalie et au Burundi.

En ce qui concerne la situation au Mali et au Sahel, le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont salué la tenue pacifique, les 29 juillet et 12 août 2018, de l'élection présidentielle au Mali et ont appelé toutes les parties prenantes maliennes à coopérer en vue de promouvoir une paix et un développement durables et inclusifs dans leur pays. Le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont pris du note de l'engagement renouvelé des parties signataires maliennes, illustré par la signature le 15 octobre 2018 d'un pacte pour la paix entre le Mali et les Nations unies, à accélérer la mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé en 2015.

Ils se sont toutefois déclarés préoccupés par la lenteur de la mise en œuvre de l'accord, en particulier pour ce qui est des dispositions relatives aux mesures institutionnelles, aux arrangements relatifs à la sécurité et au développement de la partie nord du pays. Ils ont rappelé l'importance que revêt l'accord en vue d'aboutir à une paix et à une réconciliation durables au Mali. Ils ont, en particulier, insisté sur la nécessité de réaliser d'urgence des progrès tangibles dans les domaines du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration (DDR) des anciens combattants afin de rétablir la sécurité dans la région nord, de faciliter le travail des autorités intérimaires et de favoriser le développement local et le retour des réfugiés et des personnes déplacées. Ils ont salué le rôle clé joué par l'Algérie, qui a pris la tête des efforts de médiation et assure la présidence du Comité de suivi (CSA), en soutien au processus de paix au Mali et ont demandé que les femmes et les organisations de la société civile soient plus étroitement associées à sa mise en œuvre. Ils ont engagé les autorités maliennes à œuvrer à l'établissement d'un large consensus politique et social en vue de mettre en place les réformes nécessaires pour s'attaquer aux principales difficultés institutionnelles, de sécurité et de développement que rencontre le Mali afin d'améliorer les conditions de vie de tous les Maliens, et ont réaffirmé leur volonté de soutenir le gouvernement malien dans ces démarches.

Le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont exprimé leur profonde préoccupation face à la recrudescence dans la région du Sahel de la vague d'attentats terroristes qui se répand du nord du Mali jusqu'à la partie centrale du pays et aux pays voisins, et se sont déclarés particulièrement inquiets quant à la dégradation de la situation en matière de sécurité au Burkina Faso. Ils ont fermement condamné les attaques terroristes contre les populations civiles, les forces armées et les forces de sécurité maliennes, les pays de la région ainsi que les forces internationales de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de l'opération Barkhane. Ils ont réaffirmé leur soutien à la MINUSMA et ont réclamé davantage de moyens et de capacités pour permettre à la Mission de remplir son mandat de façon sûre. Ils ont également salué le rôle joué par les pays fournisseurs de troupes et ils ont rendu hommage aux soldats ayant fait le sacrifice ultime ou subi des blessures pour la promotion de la paix, de la sécurité, de la stabilité et de la réconciliation au Mali. Ils ont en outre rappelé le cadre permettant à la MINUSMA de fournir un soutien logistique à la force conjointe du G5 et ont appelé au versement rapide des fonds qui y sont consacrés dans le cadre de la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique. Ils ont également pris note de l'appel que le Secrétaire général des Nations unies a lancé en avril 2018 au sujet de l'utilisation des contributions obligatoires à l'ONU, et ils ont salué les progrès réalisés ainsi que la détermination à faire en sorte que la mise en œuvre d'un cadre de conformité aux droits de l'homme et au droit international humanitaire pour les opérations de soutien de la paix en Afrique progresse rapidement. Ils ont en outre salué les efforts que l'UA déploie actuellement pour redynamiser le processus de Nouakchott dans le contexte du processus d'examen de la stratégie de l'UA pour la région du Sahel.

Le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont réaffirmé leur partenariat à l'appui de la sécurité régionale et du développement au Sahel, ainsi que de la coopération sur le terrain entre le représentant spécial de l'UE pour le Sahel et le haut représentant de l'UA pour le Mali et le Sahel. Ils ont salué la contribution apportée à la stabilité de la région du Sahel par la mission de formation de l'UE (EUTM) au Mali et les missions de l'UE visant au renforcement des capacités EUCAP Sahel Mali et EUCAP Sahel Niger.

Ils se sont félicités des efforts du G5 Sahel et de la CEDEAO pour renforcer la coopération régionale et lutter contre les menaces que représentent le terrorisme et la criminalité organisée. Ils ont accueilli avec satisfaction les progrès accomplis par les pays du G5 Sahel en vue de doter d'une pleine capacité opérationnelle une force conjointe chargée de lutter contre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et toute forme de trafic dans la région, sous le mandat du CPS de l'UA, avec un important soutien de l'UE. Ils ont réaffirmé leur volonté d'appuyer les priorités du G5 Sahel, notamment en vue de réussir la mise en œuvre de la résolution 2391 du Conseil de sécurité des Nations unies qui se doit également d'être pérenne. À cet égard, ils ont insisté sur la nécessité de continuer de solliciter l'appui politique d'acteurs régionaux et internationaux pour veiller au suivi des engagements pris lors de la conférence à haut niveau sur le Sahel qui s'est tenue à Bruxelles le 23 février 2018. Ils ont en outre souligné l'importance de recueillir un soutien international pour que réussisse la conférence du Programme d'investissements prioritaires du G5 qui se tiendra à Nouakchott le 6 décembre 2018. À cet égard, ils ont insisté sur la nécessité de faire en sorte que cette conférence contribue à une plus grande appropriation par les pays de la région. Ils ont mis en exergue l'importance que le fonds fiduciaire mis en place par le G5 Sahel soit rendu pleinement opérationnel.

Le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont pris note des progrès réalisés en République centrafricaine (RCA) dans la recherche de solutions durables à la crise qui frappe le pays. Ils ont salué et appuyé une nouvelle fois les efforts soutenus déployés dans le cadre de l'initiative africaine pour la paix et la réconciliation en RCA placée sous l'égide de l'UA avec le soutien des pays de la région par l'intermédiaire de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), du Cameroun, du Gabon, de la République du Congo, de la RDC, du Soudan et du Tchad. Ils ont engagé toutes les parties prenantes à l'initiative à participer activement à la mise en œuvre de la feuille de route adoptée à Libreville le 17 juillet 2017. Dans ce contexte, ils ont pris note avec satisfaction du travail effectué par le panel de facilitation qui, le 31 août 2018, a remis à M. Faustin-Archange Touadéra, président de la RCA, le cahier de doléances et de revendications établi par les quatorze groupes armés de la RCA à la suite de consultations approfondies menées avec ces groupes au cours des derniers mois. Ils ont salué l'initiative africaine comme étant le seul cadre viable pour la promotion d'une paix, d'une sécurité et d'une stabilité durables en RCA. Ils ont appelé l'ensemble des acteurs concernés en RCA, ainsi que les Nations unies, notamment par l'intermédiaire de la configuration spécifique à la RCA de la Commission de la consolidation de la paix, présidée par le Royaume du Maroc, l'UE et les autres partenaires à se coordonner étroitement pour aider le pays. Ils ont rappelé l'importance d'un dialogue inclusif entre l'ensemble des institutions de la RCA et des acteurs de la société civile, notamment les groupes de femmes, pour permettre au pays de panser ses plaies et de se réconcilier de manière durable. Ils ont salué l'inauguration de la Cour pénale spéciale (CPS), qui constitue une avancée importante dans la lutte contre l'impunité et la promotion de la paix, de la justice et de la réconciliation en RCA.

Ils ont réitéré leur soutien aux efforts déployés par le président Touadéra et son gouvernement en vue d'aboutir à une solution politique globale incluant la justice et la réconciliation, qui sont autant de facteurs essentiels pour favoriser la stabilité, la paix et le développement dans le pays. Ils ont appelé les dirigeants de la RCA à ériger en priorité les travaux conjoints sur le renforcement des institutions démocratiques de l'État et de l'état de droit, la réforme du secteur de la sécurité et la justice transitionnelle, la bonne gouvernance, ainsi que la fourniture de services sociaux à la population, notamment la sécurité. Ils ont condamné la violence structurelle que les groupes armés imposent à toutes les couches de la société, y compris les femmes et les enfants, les acteurs humanitaires et les forces de sécurité. Dans ce contexte, ils ont engagé le gouvernement de la RCA à continuer d'assurer la protection, en particulier des groupes vulnérables, et à faciliter le travail des agences d'aide humanitaire.

Ils ont fermement condamné les activités déstabilisatrices des groupes armés, ainsi que les attaques ciblant les civils et les troupes de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), et ont réitéré leur soutien à cette dernière et à son renforcement. Ils ont appelé l'ensemble des groupes armés de RCA à mettre fin aux hostilités et à s'engager résolument en faveur des programmes de DDR et du processus de pacification du pays. Ils ont félicité l'UE et l'UA pour le soutien apporté aux efforts déployés par les autorités de la RCA pour rétablir la paix et reconstruire leur pays, notamment par l'intermédiaire de la mission militaire de formation de l'UE (EUTM-RCA), et ont souligné que tous les acteurs engagés dans ce contexte devaient coordonner étroitement et en toute transparence leurs activités respectives.

Ils ont salué le soutien apporté par l'UE au gouvernement de la RCA dans le cadre des réformes du secteur de la sécurité, notamment en fournissant des conseils stratégiques aux Forces de sécurité intérieure par l'entremise de l'EUTM-RCA en réponse à la demande de la RCA visant à obtenir une assistance supplémentaire en faveur de ces dernières.

Ils ont exprimé leurs vives préoccupations face aux problèmes de sécurité et à la situation humanitaire qui règnent en RCA et ont appelé la communauté internationale à renforcer son assistance financière et les autres formes d'aide nécessaires pour améliorer la situation humanitaire, ainsi qu'à honorer les engagements pris lors de la conférence des donateurs qui s'est tenue en mai 2016 à Bruxelles. Ils ont souligné la nécessité de coordonner étroitement les efforts que déploient les membres de la communauté internationale.

En ce qui concerne le Soudan du Sud, le COPS de l'UE et le CPS de l'UA ont salué les progrès accomplis dans la recherche d'une solution durable au conflit qui sévit en République du Soudan du Sud et se sont félicités de la signature, le 12 septembre 2018 à Addis-Abeba, de l'accord revitalisé pour résoudre le conflit au Soudan du Sud, qui constitue une avancée sur la voie d'un véritable processus de paix.

(Suite au prochain numéro)

 

U.E.

 

Press office - General Secretariat of the Council

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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