Toutes les infos du Mercredi 24 octobre 2018

Cm n 2824 du mer 24 oct 2018

MINISTERE DES TRANSPORTS ET DE L’AVIATION CIVILE : SARANDJI MET LE FEU AUX POUDRES ET SE RETRACTE, UNE VRAIE DEMISSION

 

En moins de dix (10) jours, le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji signe cinq (5) arrêtés. Deux arrêtés suspendant les activités de l’AHS-RCA et mettant sur pied une Administration provisoire, commettant en plus un Cabinet d’audit pour scruter la gestion. En quelques jours, d’autres arrêtés suivent et rapportent les deux premiers. Aussi bizarre, aussi paradoxale que cela puisse paraître, c’est un silence de cimetière qui s’abat sur ce dossier lourd. Plus personne n’ose lever le petit doigt. Le ministre Jousso nargue le Premier ministre dans une interview à une presse allemande. Aucune réaction du Premier ministre qui a mis le feu aux poudres. Le réconfort du personnel des Transports et de l’Aviation Civile a été de très courte durée, 72 heures, un pur feu de paille. C’est la consternation, la déception qui enveloppent ce département ministériel. Cette reculade diarrhéique équivaut à un échec cuisant, un désaveu du Premier ministre qui ne pouvait que rendre son tablier.

Une chose est sûre, la brèche est ouverte et le syndicat des transports s’engouffre dans la fente. La presse entre dans la danse et l’affaire est sur la place publique. Entretemps, une commission parlementaire d’enquêtes a fait un travail titanesque et de manière transversale touchant toutes les entités sous tutelle du ministère des Transports et de l’Aviation Civile. Le rapport reflète un travail professionnel des experts en matière de finance. Il y a des cadres compétents au sein de l’Assemblée Nationale. L’Exécutif peut-il fermer les yeux pendant longtemps qu’une abeille ? Les députés, en ce qui concerne cette commission d’enquêtes ayant œuvré au ministère des Transports et de l’Aviation Civile, ont pleinement joué leur rôle constitutionnel de « contrôle de l’Action gouvernementale ».  Bravo à ces honorables députés relevant de la Commission finance de l’Assemblée Nationale ! Doit-on étouffer ce rapport d’enquêtes parlementaires, comme on tente par tous les moyens de museler le syndicat des transports et de l’aviation civile ? La rupture n’est-elle qu’un slogan creux ?

Les institutions financières internationales (FMI et BM), les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance, insistent sur la bonne gouvernance, la transparence, la crédibilité.

De retour de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New-York, s’agissant de la RCA, le représentant du Département d’Etat américain, chargé des médias en Afrique, a mis un accent particulier sur la bonne gouvernance. Il a beaucoup insisté sur la bonne gouvernance, facteur d’un réel développement du pays.

Le Premier ministre centrafricain fait deux pas en avant, cinq pas  en arrière, puis demeure indécis, ne sachant que faire et quoi dire. L’unique porte de sortie pour un tel premier ministre est de rendre son tablier. Est-il encore réellement le chef du gouvernement ? Un chef de gouvernement est le commandant de bord ; il décolle et suit sa trajectoire déjà tracée par le président de la République. Les hôtesses de l’air qui ne se conforment pas aux règlements en vigueur doivent être débarquées. Un chef de gouvernement ne peut reculer et capituler devant un de ses ministres. Il n’a plus d’autorité, ni de considération, tant pour les autres membres du gouvernement que de la population qui s’informe de la situation.

L’usage de la force, pour empêcher les syndicalistes d’organiser une manifestation de désapprobation de leur ministre, est un signe tangible de fuite en avant pour masquer le malaise profond qui couve dans ce département ministériel. La crise de confiance se cristallise et discrédite le gouvernement. C’est une épine qui fait très mal dans les pieds du gouvernement. Qu’on le veuille ou non, la crise va éclater et pourra éclabousser nombre de personnalités.

Les députés détiennent le bouton rouge qui peut déclencher un Tsunami qui emportera le gouvernement, à savoir une motion de censure pour indélicatesse, incapacité et incompétence notoires du gouvernement à s’autoréguler. Et l’on se souviendra encore longtemps de l’Angola-Gate qui a éclaboussé toute la transition, touchant la société civile. Le gouvernement prête ainsi  le flanc au Législatif pour le laminer, le lessiver, et ce sera un coup dur porté à l’Exécutif. Le temps pour l’Assemblée Nationale de laver ses propres linges sales et elle se tournera vers le gouvernement pour un nettoyage à sec et aux rayons X ou infrarouges. Le rapport de la commission d’enquêtes parlementaires circule sous manteau de main en main.

Selon nos investigations, les deux arrêtés du premier ministre comportent des anomalies, au regard du droit OHADA. Il s’agit d’une société privée et de ce fait, le gouvernement ne peut mettre en place une Administration provisoire. Cependant, un audit est possible puisque les intérêts du gouvernement sont en jeu. Pire encore, le ministre Jousso a mis à profit le retour du Chef de l’Etat d’un voyage à l’extérieur pour mettre la pression sur son Premier ministre et l’obliger à rapporter ses deux arrêtés. Malin et malin et demi, le ministre a tiré son épingle du jeu, laissant le Premier ministre dans la confusion totale, dans le brouillard. La Primature ne comporte-t-elle pas en son sein, un Conseiller juridique ? C’est un véritable coup d’épée dans l’eau où le Premier ministre risque de laisser des plumes. Tout porte à croire que les deux arrêtés ont été pris à la va-vite, de manière cavalière. Il ne reste à Sarandji que la démission pure et simple. Le gouvernement pourra-t-il museler pour longtemps le syndicat du ministère des transports et de l’aviation civile ? Du sommet à la base, l’ensemble du personnel est furieux et intransigeant, avec de l’électricité dans l’air au sein du ministère.

 

Julien BELA

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QUELQUES MANIFESTANTS PROTESTENT CONTRE LA ESTITUTION  DE KARIM MECKASSOUA : LA MAJORITE DU KM5 EST RESTEE INDIFFERENTE

 

Dans la journée du lundi 22 octobre 2018, en plein marché du Km 5, des jeunes tenaient des mégaphones entre leurs mains et appelaient tous ceux qui se trouvent dans cette dernière enclave musulmane de la capitale Bangui à marcher pacifiquement, ce mardi 23, pour dire non à la destitution du Président de l’Assemblée Nationale (PAN), l’honorable Abdou Karim Méckassoua. Dans la foulée, les commerçants de ladite enclave se sont opposés à cette marche. Ils ont dit unanimement qu’ils ne participeront pas à une telle manifestation qui n’a ni tête ni queue. Ils préfèrent rester chez eux et ne pas ouvrir leurs boutiques.

« Abdou Karim Méckassoua est le Président de l’Assemblée Nationale. Il habite le Km 5. Pourquoi n’avait-il pas arrêté les désordres au Km 5 ? Qu’est-ce qui l’empêchait ? Rien, absolument rien. Nous avons décidé de ne pas faire cette marche pacifique. Ce n’est pas Méckassoua qui nous nourrit. Depuis qu’il est au perchoir de l’Assemblée Nationale, qu’est-ce qu’il a fait pour nous ?  Ceux qui bouffent avec lui peuvent aller faire leur marche. Nous sommes fatigués de ces pratiques. Nous voulons la paix et la sécurité pour écouler nos articles qui moisissent dans les dépôts, les boutiques et les magasins », ont fait savoir certains commerçants du Km 5.

Et justement, ils ont tenu à leur parole. Ce mardi, aux environs de 08 heures, au moins 400 jeunes, partisans du PAN, sur plusieurs motos et à pieds, ont quitté le Km 5 et se sont dirigés vers le rond-point des Nations Unies communément appelé par les Banguissoises et Banguissois « Croisement tênè ». Ils ont remis un mémorandum à la Minusca. En face, un important dispositif sécuritaire était déployé. Les Forces de Sécurité Intérieure (gendarmes et policiers) veillaient au grain. Arrivés à ce rond-point, ils ont rebroussé chemin tout en criant plus fort, « Non à la destitution de Méckassoua par les autres députés ». Parmi eux, il n’y avait aucun adulte. Ce qui prouve à suffisance que ce sont les jeunes drogués peuhls et tchadiens qui sévissent au Km 5, qui ont décidé de faire cette marche pour soutenir Méckasoua dans la tourmente. N’est-ce pas un fiasco ? Il ne fait aucun doute car cette marche n’a pas reçu l’agrément des compatriotes qui souffrent sous les bottes de ces malfrats au Km 5. Et les jeunes qui ont marché sur les motos et à pieds ne sont autres que ceux qui mettent les bâtons dans les roues des commerçants et qui sont experts en matière de tueries, d’actes barbares sur les paisibles citoyens qui se rendent au Km 5. De telles personnes peuvent-elles se permettre le luxe de soutenir un élu de la nation, de surcroît un PAN qui est accusé par ses pairs de détournements et de malversations financières ?

Ces jeunes doivent comprendre que la procédure de destitution du PAN Méckassoua est enclenchée par ses collègues députés et non par le peuple centrafricain. C’est une cuisine interne. Si plusieurs députés trouvent que Méckassoua n’est impliqué ni de près ni de loin dans ce qui lui est reproché, ils se prononceront contre la destitution du PAN. Nous sommes dans un pays démocratique et non une jungle où chacun doit faire ce qui lui vient à la tête.

Beaucoup de personnalités centrafricaines ont été élues PAN. Aujourd’hui, elles ne sont pas là. Dans d’autres pays au monde, les présidents du parlement ont été destitués par leurs homologues pour manquement à leurs devoirs ou fautes lourdes. Où est le mal si cette situation se produit en RCA ? Si Méckassoua est destitué aujourd’hui, cela ne veut pas dire que tous les musulmans sont rejetés parce qu’il est musulman. C’est faux et archi-faux. Chrétiens et musulmans continueront à vivre en symbiose sur la terre de leurs aïeux.

Rien ne sert de s’agiter ou de faire des marches pacifiques pour dire non à la destitution du PAN Méckassoua.

Ces pro-Méckassoua qui ont battu le pavé doivent savoir que l’ère de la démocratie a sonné en RCA. Tous ceux qui se seront rendus coupables de détournement de deniers publics, de passation de marchés publics de gré à gré, de malversations financières seront virés. Aujourd’hui, c’est le tour de Méckassoua. Demain, ce sera pour un (1), deux (2), trois (3), voire quatre (4) membres du gouvernement. Tenons-nous tranquilles et suivons ce qui se passera à l’Assemblée Nationale à la fin de cette semaine.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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LA COUR PENALE SPECIALE (CPS) N’EST PLUS UN MYTHE, MAIS UNE REALITE : LE ROULEAU COMPRESSEUR EST EN MARCHE

Le peuple centrafricain s’est exprimé lors des consultations populaires à la base, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Le Forum National de Bangui a gravé dans du marbre la Cour Pénale Spéciale (CPS). C’est la volonté du peuple. Un bon Chef d’Etat est à l’écoute de son peuple. Après son investiture, Touadéra a eu sur le bras, les recommandations du Forum National de Bangui qui sont immédiatement exécutoires. Il a fallu du temps. La CPS s’apparentait du coup à un mythe ou allégorie. Brique après brique, la Cour Pénale Spéciale se mettait en place doucement, mais sûrement. Le mythe devient réalité. L’audience inaugurale de la CPS, à eu lieu ce lundi 22 octobre 2018, nous rappelant le procès Bokassa.

Les juges, les OPJ centrafricains doivent se souvenir de ce procès du siècle. Ce sont les magistrats centrafricains qui ont jugé l’ex-empereur Bokassa. Le droit a été dit. Le monde entier a admiré ce procès de l’histoire. A cette époque, la RCA avait de grands magistrats, praticiens du droit. Le procès Bokassa a propulsé des magistrats et des avocats sur la scène internationale. Les magistrats centrafricains qui officient au sein de la CPS doivent s’inspirer de l’exemple de leurs aînés ou pères, dans le procès Bokassa, un procès riche en vocables juridiques, en expressions retentissantes. La RCA et son pouvoir judiciaire doivent sortir grandis de ce feuilleton judiciaire exceptionnel, riche en crimes de tout genre, des plus horribles crimes contre l’humanité, crimes de guerre, viols, incendies de maisons, de cases et de villages entiers, les crimes économiques et financiers, les braquages.

Le peuple centrafricain, derrière son président Faustin Archange Touadéra, a résisté à tout vent, imposant l’impunité zéro en RCA. Il faut admettre que les pressions surgissaient de toutes parts, surtout des groupes armés manipulés par la France et certains hommes politiques véreux. Les groupes armés se sont accrochés désespérément à une hypothétique amnistie. Le président tchadien Idriss Deby Itno en a fait son cheval de bataille et son point d’honneur. La violence s’est enflammée, les massacres, les carnages, les incendies de villages, de manière exponentielle, histoire de mettre la pression et faire reculer le peuple centrafricain. Mais hélas, peine perdue ! Le peuple centrafricain et son président qui militent pour l’impunité zéro tiennent à la justice, seule institution qui peut consoler les milliers de victimes. La CPS est désormais là, opérationnelle, ouvrant ses bras pour réceptionner les plaintes.

Le peuple centrafricain a réclamé son armée, les FACA. Elle est réhabilitée, formée, dynamique et percutante. Les lignes de l’insécurité reculent du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. La gendarmerie et la police ne sont pas du reste. La RCA recouvre ses anticorps qui étaient réduits à néant. La République reprend ses droits et ses institutions sont protégées contre les attaques des virus du mal. La RCA renaît de ses cendres, après avoir frôlé l’apocalypse et l’enfer. La justice, instrument de régulation de la société, est en marche. Les Cours Criminelles ont donné le ton, tant à Bangui qu’à Bouar. Enfin, la CPS est opérationnelle. La justice transitionnelle prendra le relais dans les provinces pour restaurer la cohésion sociale. Les partisans de l’amnistie peuvent se mordre les doigts car la RCA s’inscrit dans le droit, rien que le droit, pour restaurer la dignité humaine bafouée. L’acquittement de Jean-Pierre Bemba Gombo a laissé un goût très amer. Les Centrafricains ne croient plus à la Cour Pénale Internationale (CPI).

La documentation des crimes reste le plus grand défi que les Centrafricains doivent relever. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais il faut apporter les preuves, les pièces à conviction, qui permettent aux juges de reconstituer les évènements et de se faire une idée claire de l’horreur. Les ONG de défense des droits de l’homme doivent prendre leurs responsabilités pour informer, éduquer et communiquer avec le peuple en général et les victimes en particulier. C’est un procès qui sera suivi par le monde entier. Ce n’est pas une petite affaire du quartier. Il faut des preuves et des preuves accablantes qui donnent l’occasion aux bourreaux de répondre de leurs actes. Une chose est de réclamer la justice, une autre est de fournir à cette justice, les éléments qui fondent son jugement afin de réprimer. Les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et les viols sont des crimes imprescriptibles. Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil de la justice apparaîtra. Ce sont des crimes qui échappent à l’espace et au temps. Les Nazis continuent d’être traqués jusqu’à nos jours. La balle est désormais dans le camp des ONG de défense des droits de l’homme pour aider les victimes à mieux utiliser le pouvoir répressif de la justice. L’heure est venue de passer aux choses sérieuses, après le tintamarre revendiquant la justice.

Les éléments de preuves, c’est-à-dire les pièces à conviction, ont été insuffisants selon les juges de la CPI. Cette triste expérience pousse les Centrafricains et surtout les victimes à mettre le paquet quant aux éléments de preuve. Lorsqu’on réclame justice, il faut aussi être en mesure de l’édifier, afin qu’elle dise le droit, rien que le droit, au nom du peuple centrafricain. La justice apporte la paix, la sécurité et la cohésion sociale entre les citoyens. Après la justice vient le beau temps, l’espoir.

La RCA repartira sur de bonnes bases, des bases saines pour assurer son développement et son bien-être dans la perspective des Objectifs du Développement Durable d’ici 2030.

 

Julien BELA

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AFFAIRE DAMS SERVICE, LA MAIRIE DE BANGUI PROPOSE UNE SOLUTION « INTENABLE »

La société Dams Service, en convention avec la mairie de Bangui depuis 2012, avait réclamé, il y a une semaine, le paiement de ces créances par la municipalité de Bangui qui s’élèvent à 12 millions de FCFA. La Mairie vient de  proposer 1 million ce que cette société refuse.

La société Dams Service, spécialisée dans la collecte primaire des ordures a contracté avec la Mairie de Bangui en 2012 pour le ramassage des ordures domestiques. A ce jour, la Mairie de Bangui lui doit 12 millions FCFA.

Le 16 Octobre 2018, en réponse aux diverses sollicitations de la Société Dams Services, la Mairie de Bangui propose le paiement d’une somme de 1.000.000 FCFA. « Ce qui est en totale contradiction avec les attentes et intérêts de la société qui souhaite un paiement d’un montant d’au moins 6.000.000 francs CFA et un moratoire pour le solde conformément à la recommandation de l’Inspection générale d’Etat », relève le communiqué y relatif.

Selon le communiqué déposé  au Conseil Économique et Social, à la Mairie de Bangui et à l’Inspection Générale d’État, Eric Damango, Directeur Gérant de cette société, appelle au sens patriotique du président de la délégation spéciale de la ville de Bangui. « Il doit se montrer solidaire vis-à-vis des salariés et de leurs familles qui attendent, trop longtemps déjà, le paiement des salaires qui constituent leurs seules et unique source de revenu », a-t-il plaidé.

Environ 32 personnes dont  4 sont déjà décédées, tous des habitants du 3ème arrondissement ont travaillé dans cette société pour collecter les ordures dans cet arrondissement et précisément au marché du Km 5.

La mairie de Bangui n’est toujours pas disponible à se prononcer sur cette affaire qui fait monter d’un cran la tension du personnel qui menace de manifester devant la Mairie de Bangui.

 

RJDH

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NGOUTERE DANS LA COMMUNE DE PENDE EN EBULLITION : LES GROUPES REBELLES SIRIRI ET 3R S’AFFRONTENT REGULIEREMENT

 

Depuis la prise de pouvoir de Bangui, le 24 mars 2013 par la Séléka, la préfecture de l’Ouham-Péndé est constamment en ébullition. Sa proximité avec le Tchad vient compliquer les choses. Car vous êtes sans ignorer que les problèmes auxquels font face les habitants de ladite préfecture viennent exclusivement du Tchad et peut-être du Cameroun.

En effet, les habitants du village Ngoutéré, situé dans la commune de Péndé, sont dans la tourmente. Il ne se passe pas une semaine sans que des affrontements entre les combattants des 3R de Sidiki et les rebelles de SIRIRI ne soient signalés. Le dimanche 21 octobre dernier, des affrontements ont encore éclaté entre ces deux (2) groupes rebelles rivaux. Qu’est-ce qui est à l’origine de ces affrontements ?

D’après les habitants dudit village, « Les éleveurs peuhls ont été poursuivis par les combattants de SIRIRI dont le soi-disant général Bahr serait le leader. Dans la poursuite de ces éleveurs pour les prendre en otage afin de demander des rançons avant toute libération, les hommes de Bahr se sont croisé nez à nez avec les combattants des 3R de Sidiki qui protègent ces peuhls. Des échanges de tirs ont éclaté entre ces deux groupes rebelles. De nombreux habitants ont fui le village pour se mettre à l’abri. Certains se sont déplacés dans la ville de Bocaranga. Les écoles ont fermé leurs portes, les activités commerciale, pastorale et agricole tournent au ralenti. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, le bilan de ces affrontements n’est pas connu ».

Vraiment, les attaques ciblées des groupes armés contre les éleveurs, dans le but de s’accaparer de leur cheptel bovin, ont débordé le vase. De la préfecture de la Basse-Kotto à celle de l’Ouham-Péndé en passant par les préfectures de la Ouaka, Haute-Kotto, Nana-Gribizi, Bamingui-Bangoran, Vakaga et une partie de l’Ouham, les éleveurs souffrent atrocement sous les bottes de ces bandits de grand chemin, ces voleurs de bétail. De nombreux compatriotes éleveurs ont vu leurs bétails décimés par ces rebelles et se retrouvent nus à l’heure actuelle comme un ver de terre. Ils n’ont même pas de quoi à mettre sous les dents. C’est le cas des éleveurs peuhls centrafricains, habitant la préfecture de la Kémo, qui ont tout perdu et ne savent plus quoi faire aujourd’hui.

D’où nécessité pour le gouvernement centrafricain de protéger ces éleveurs contre les bourreaux qui sont les combattants des groupes armés sans exception. Car, pour votre gouverne, mêmes ceux qui se disent leurs protecteurs comme les combattants des 3R et ceux de l’UPC d’Ali Daras, sont les principaux auteurs des vols des bovins. Ils ne vivent que du fruit de ce vol qui leur permet d’acheter des armes et munitions. Le jour où tout le cheptel bovin des éleveurs sera décimé par les rebelles, n’assisterons-nous pas à la pénurie des viandes de bœuf en Centrafrique ?

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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LE ROLE DES MEDIAS ET AUTRES ACTEURS DANS LES CONFLITS ET ATROCITES CRIMINELLES : CAS DU RWANDA ET DE LA RCA

 

Les journalistes, à travers leurs plûmes, micros ou cameras, peuvent contribuer positivement ou négativement dans la résolution d’un conflit. L’expérience de la Radio Télévision Libre de Milles Collines (MTLMN) au Rwanda pendant le génocide et des medias centrafricains pendant le conflit opposant l’ex-coalition Séléka aux milices Anti-Balaka, suffit à étayer nos propos.

Le rôle de la RTLMN dans le  génocide au Rwanda

La RTLMN a contribué énormément dans le génocide qui s’est déroulé au Rwanda en 1994, faisant des milliers de victimes. A la veille du génocide, cette radio a diffusé des messages de haine et de discrimination qui ont été lancés par les dirigeants politiques, les autorités locales et administratives, favorisant ainsi le déclenchement des pires atrocités criminelles à l’encontre des populations tutsi.

La RTLMN pendant le génocide

Lorsque la chasse lancée par les hutus contre les tutsi a commencé, la Radio Télévision Libre de Milles Collines n’a cessé d’inciter à la haine. En diffusant toujours les messages de discrimination et de rejet, les régions du Rwanda tombaient les unes après les autres dans les massacres. C’est de cette manière que le génocide a gagné tout le Rwanda.

La RTLMN après le génocide

Même après les massacres, la RTLMN n’a cessé d’inciter à la haine et à la discrimination. L’exemple le plus frappant du message de haine et de discrimination que la RTLMN  a diffusé après le génocide, a été la chanson d’un artiste rwandais qui continuait d’insulter les tutsi en les traitant de «cafards ». Voilà pourquoi le directeur de cette radio a été poursuivi et jugé à vingt cinq (25) ans de prison pour incitation à la haine et à la discrimination.

 Le rôle des media nationaux et internationaux dans la crise centrafricaine.

Tout le monde reconnait aujourd’hui que les medias nationaux et internationaux ont contribué négativement dans la crise que connait la République centrafricaine. Dès le déclenchement des hostilités du 05 décembre 2013, la Radio France Internationale (RFI) a commencé à utiliser les termes chrétien et musulman, faisant de la crise centrafricaine un conflit interreligieux.

Bon nombre de media nationaux  ont repris ces termes chrétien et musulman utilisés par RFI, France 24 et l’Agence France Presse (AFP) pour diviser le peuple centrafricain. Les journalistes qui ont participé à l’atelier sur : « Le journalisme sensible au conflit », ont relevé beaucoup de dérapages dans certains journaux de la place.

Le constat amer est que les media centrafricains diffusent également des messages de haine et de discrimination des leaders politiques et d’opinion, des autorités locales et administratives, voire des artistes. L’analyse de certains journaux a permis de comprendre que les journalistes centrafricains font des campagnes d’incitation à la haine et à la discrimination.

Certaines expressions que les journalistes centrafricains utilisent pour désigner non seulement les groupes armés (Séléka et milices Anti-Balaka), mais également les communautés ne favorisent guère le vivre ensemble et la réconciliation au sein de la population. Ce qui est plus grave est la publication en ligne. Aujourd’hui, beaucoup de personnes, à travers les réseaux sociaux, diffusent des messages ainsi que des images qui incitent à la discrimination et à la haine.

Tout journaliste est appelé à  respecter  le code d’éthique et de déontologie du journalisme. Et ce, pour donner des informations exactes, vérifiées et équilibrées à la population, afin de garantir la paix, la sécurité, le vivre ensemble et la réconciliation au sein des communautés.

Le fait de diffuser des messages de haine et de discrimination peut conduire le journaliste à des poursuites judicaires. Le thème : « Les  journalistes en conflit et consolidation de la paix » sera  développé dans nos prochaines parutions.

 

Bénistant MBALLA

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CAMEROUN : PAUL BIYA OFFICIELLEMENT REELU POUR UN SEPTIEME MANDAT, AVEC 71,28% DES VOIX

 

Sans surprise, le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé le 22 octobre la victoire de Paul Biya à la présidentielle. Avec 71,28% des suffrages, le chef de l’État sortant devance Maurice Kamto, qui conteste les résultats. Du Sud à l’Adamaoua, en passant par les régions anglophones, analyse du scrutin région par région.

Après quatre jours d’examen du contentieux électoral et des recours déposés par l’opposition, du 16 au 19 octobre dernier, le Conseil constitutionnel et son président Clément Atangana ont finalement validé, lundi 22 octobre, la réélection du chef de l’État sortant, Paul Biya, lors de la présidentielle du 7 octobre dernier. Ce dernier totalise, selon le Conseil, 71,28% des suffrages, devant Maurice Kamto (Mouvement pour la renaissance du Cameroun – MRC – , 14,23%), Cabral Libii (Univers, 6,28%) et Joshua Osih (Social Democratic Front – SDF – , 3,35%).

Suivent Adamou Ndam Njoya (Union démocratique du Cameroun – UDC – , 1,73%), Garga Haman Adji (Alliance pour la démocratie et le développement, 1,55%), Franklin Afanwi Ndifor (MCNC, 0,67%), Serge Espoir Matomba (PURS, 0,56%) et Akere Muna, qui avait pourtant retiré sa candidature le 5 octobre dernier (FPD, 0,35%). La participation globale est de 53,85%.

Le Conseil constitutionnel a estimé, lundi, que l’élection s’était tenue « dans la sérénité et le respect de la législation en vigueur », et qu’elle avait été « libre, transparente et paisible, malgré la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest du Sud-Ouest ». Il avait déjà estimé, vendredi 19 octobre, que les recours déposés par l’opposition, et notamment par le MRC et le SDF, n’étaient pas recevables.

Résultats contestés

Rien ne semblait pouvoir contrecarrer la validation de la réélection de Paul Biya, qui accède donc à son septième mandat. Ce lundi, au Palais des congrès de Yaoundé, le gratin politique camerounais était réuni pour assister à la proclamation. En présence du directeur général d’Elecam, Erik Essousse, du gouverneur de la région du Centre, Paul Naseri Bea, de diplomates, de ministres, notamment Samuel Mvondo Ayolo (Cabinet civil), Laurent Esso (Justice) et Paul Atanga Nji (Administration territoriale), du Premier ministre Philémon Yang, et des présidents de l’Assemblée nationale, Cavayé Yeguié Djibril, et du Sénat, Marcel Niat Njifenji, le Conseil constitutionnel a prononcé le verdict attendu, après quatre heures de lecture des résultats, département par département.

Mais ce verdict n’en est pas moins contesté. Maurice Kamto, qui s’était déclaré vainqueur du scrutin le 8 octobre, aura tenté jusqu’au bout de convaincre le Conseil constitutionnel d’annuler l’élection dans sept des régions du Cameroun. Son équipe a en particulier dénoncé des malversations ayant selon elle abouti à attribuer frauduleusement 1 327 000 voix à Paul Biya. Une quinzaine d’avocats, notamment Mes Emmanuel Simb, Akere Muna, Yondo Black, Abdou Bagui ou encore Michèle Ndoki, étaient mobilisés pour défendre la position du MRC et de son patron, qui refuse de reconnaître les résultats et continue de dénoncer « un règne sans fin, aveugle à son propre épuisement ».

« La force de l’expérience »

Paul Biya ne s’est quant à lui pas exprimé, laissant ses collaborateurs en première ligne. Le chef de l’État, au pouvoir depuis 1982, observe attentivement les faits et gestes d’une opposition renouvelée qui espère miser sur un soutien populaire à Maurice Kamto. Il a donné pour mission à son ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, de faire en sorte que les revendications de ses opposants ne gagnent pas la rue.

Biya a pour lui « la force de l’expérience » (par ailleurs son slogan de campagne). En 1992 déjà, son opposant, John Fru Ndi, avait revendiqué la victoire dans les urnes lors de la présidentielle. Le « chairman » du SDF avait ensuite dû se résoudre à rentrer dans le rang, incapable d’ébranler suffisamment la machine du RDPC. Depuis, Biya a conservé son fauteuil présidentiel. Et John Fru Ndi a quitté le devant de la scène politique… Maurice Kamto, de fait nouveau leader de l’opposition, est prévenu : il a face à lui un stratège redoutable.

Les résultats complets, région par région, proclamés par le Conseil constitutionnel :

Dans la région de l’Adamaoua :

Participation : 55,90%

Paul Biya : 79,77%

Cabral Libii : 11, 30%

Maurice Kamto : 2,61%

Garga Haman Adji : 2,6%

Joshua Osih : 1,88%

Serge Espoir Matomba : 0,55%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,56%

Adamou Ndam Njoya : 0,27%

Akere Muna : 0,21%

Dans la région du Centre :

Participation : 58,69%

Paul Biya : 71,1%

Maurice Kamto : 15,25%

Cabral Libii : 9,66%

Joshua Osih : 2,11%

Garga Haman Adji : 0,67%

Serge Espoir Matomba : 0,39%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,38%

Adamou Ndam Njoya : 0,31%

Akere Muna : 0,13%

Dans la région de l’Est :

Participation : 63,24%

Paul Biya : 90,43%

Cabral Libii : 3,77%

Maurice Kamto : 2,63%

Garga Haman Adji : 1,14%

Joshua Osih : 0,91%

Serge Espoir Matomba : 0,41%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,33%

Adamou Ndam Njoya : 0,24%

Akere Muna : 0,14%

Dans la région de l’Extrême-Nord :

Participation : 72,30%

Paul Biya : 89,21%

Maurice Kamto : 3,45%

Cabral Libii : 2,81%

Garga Haman Adji : 1,77%

Joshua Osih : 0,98%

Serge Espoir Matomba : 0,62%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,48%

Adamou Ndam Njoya : 0,35%

Akere Muna : 0,32%

Dans la région du Littoral :

Participation : 54,78%

Maurice Kamto : 38,6%

Paul Biya : 35,75%

Cabral Libii : 12,79%

Joshua Osih : 9,06%

Franklin Ndifor Afanwuei : 1,18%

Garga Haman Adji : 0,85%

Serge Espoir Matomba : 0,67%

Adamou Ndam Njoya : 0,76%

Akere Muna : 0,34%

Dans la région du Nord :

Participation : 54,86%

Paul Biya : 81,62%

Cabral Libii : 5,77%

Maurice Kamto : 4,15%

Garga Haman Adji : 2,92%

Joshua Osih : 2,03%

Serge Espoir Matomba : 1,1%

Franklin Ndifor Afanwuei : 1,06%

Akere Muna : 0,84%

Adamou Ndam Njoya : 0,52%

Dans la région du Nord-Ouest :

Participation : 5,36%

Paul Biya : 81,74%

Joshua Osih :  10,41%

Maurice Kamto : 3,6%

Cabral Libii : 1,18%

Franklin Ndifor Afanwuei : 1,15%

Akere Muna : 0,83%

Garga Haman Adji : 0,41%

Adamou Ndam Njoya : 0,39%

Serge Espoir Matomba : 0,28%

Dans la région de l’Ouest :

Participation : 64,03%

Paul Biya : 48,19%

Maurice Kamto : 30,56%

Adamou Ndam Njoya : 10,4%

Joshua Osih : 5,2%

Garga Haman Adji : 2,5%

Cabral Libii : 1,44%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,76%

Akere Muna : 0,53%

Serge Espoir Matomba : 0,48%

Dans la région du Sud :

Participation : 73,77%

Paul Biya : 92,91%

Cabral Libii : 2,75%

Maurice Kamto : 2,15%

Joshua Osih : 0,99%

Adamou Ndam Njoya : 0,53%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,28%

Garga Haman Adji : 0,21%

Serge Espoir Matomba : 0,13%

Akere Muna : 0,04%

Dans la région du Sud-Ouest :

Participation : 15,94%

Paul Biya : 77,69%

Joshua Osih : 12,72%

Maurice Kamto : 3,54%

Cabral Libii : 1,71%

Franklin Ndifor Afanwuei : 1,65%

Akere Muna : 0,84%

Adamou Ndam Njoya : 0,65%

Garga Haman Adji : 0,63%

Serge Espoir Matomba : 0,57%

Dans la diaspora, zone Afrique :

Participation : 51,27%

Paul Biya : 49,22%

Maurice Kamto : 33,33%

Cabral Libii : 9,51%

Joshua Osih : 3,71%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,87%

Akere Muna : 0,27%

Adamou Ndam Njoya : 1,96%

Garga Haman Adji : 0,56%

Serge Espoir Matomba : 0,57%

Dans la diaspora, zone Europe :

Participation : 38,82%

Paul Biya : 51,97%

Maurice Kamto : 30,96%

Cabral Libii : 14,41%

Joshua Osih : 1,87%

Garga Haman : 0,19%

Serge Espoir Matomba : 0,19%

Adamou Ndam Njoya : 0,19%

Akere Muna : 0,13%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,06%

Dans la diaspora, zone Amérique :

Participation : 75,28%

Paul Biya : 83,85%

Maurice Kamto : 8,46%

Cabral Libii : 4,62%

Joshua Osih : 1,54%

Serge Espoir Matomba : 0,77%

Franklin Ndifor Afanwuei : 0,77%

Akere Muna : 0,00%

Adamou Ndam Njoya : 0,00%

Garga Haman : 0,00%

Dans la diaspora, zone Asie :

Participation : 33,93%

Paul Biya : 71,91%

Cabral Libii : 10,03%

Maurice Kamto : 8,03%

Garga Haman : 3,78%

Serge Espoir Matomba : 1,67%

Adamou Ndam Njoya : 1,34%

Franklin Ndifor Afanwuei : 1,34%

Akere Muna : 1,00%

Joshua Osih : 1,00%

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MACHINE A VOTER EN RDC : L’UDPS DE FELIX TSHISEKEDI FAIT-ELLE DESORMAIS BANDE A PART ?

 

Les récents propos de responsables de l'UDPS laissent entendre que le principal parti de l'opposition serait désormais prêt à prendre part aux élections du 23 décembre, malgré le maintien de la controversée machine à voter. Qu'en est-il vraiment ?

Pour l’instant, Félix Tshisekedi ne pipe mot. La polémique ne cesse pourtant d’enfler à Kinshasa depuis la récente sortie médiatique de certains de ses lieutenants sur le recours à la machine à voter pour les élections à venir en RDC, le 23 décembre. Jusqu’ici, l’opposition a toujours appelé à l’abandon de cet engin. Mais il n’est plus certain que cette position soit entièrement partagée au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

« Nous nous devons de dire la vérité au peuple : en réalité, la machine à voter ne constitue qu’un prétexte pour ne pas aller aux élections », affirme à Jeune Afrique Peter Kazadi, le directeur de cabinet adjoint du leader de l’UDPS, en charge des questions politiques, juridiques et administratives. C’est lui qui a lancé le débat sur les réseaux sociaux, en laissant entendre, sur son compte Twitter, que l’UDPS pourrait finalement aller aux élections « avec ou sans la machine à voter ».

 

Dire que nous irons aux élections avec ou sans MAV n'annule pas les critiques formulées contre cette dernière. C'est mettre la CENI devant un fait accompli et le Peuple devant ses responsabilités. Seule la surveillance des élections peut sauver nos votes.

 

Peter Kazadi s’en explique : « Selon nos renseignements, Corneille Nangaa [le président de la Commission électorale nationale indépendante – Ceni, ndlr] ne sera pas en mesure de déployer les 100.000 machines à voter nécessaires pour le scrutin du 23 décembre, pourtant il continue à utiliser le maintien de ces engins comme un prétexte pour pousser l’opposition au boycott, et ainsi maintenir au pouvoir Joseph Kabila à l’issue d’autres conciliabules. »

Les candidats invalidés cherchent à hypothéquer l’avenir démocratique du pays », selon Peter Kazadi

Ce proche de Félix Tshisekedi n’épargne pas non plus « certains amis de l’opposition », écartés « légalement ou illégalement » de la course. « Ils cherchent à hypothéquer l’avenir démocratique du pays jusqu’à ce qu’ils soient de nouveau en mesure de participer à la présidentielle », dénonce-t-il. Trois leaders exclus du scrutin – l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, l’ex-vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba, et l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito – forment pourtant, depuis quelques semaines, une coalition avec quatre autres candidats encore en lice (Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Freddy Matungulu et Martin Fayulu).

 

La (nouvelle) position de l’UDPS

« Pour nous, à l’UDPS, quel que soit le mode de vote qui sera utilisé, nous estimons que nous devons aller aux élections. Appeler au boycott, c’est faire le jeu de Kabila, tranche Peter Kazadi. Ce qui importe aujourd’hui, c’est notre capacité à surveiller ce processus électoral. Lors des deux derniers cycles électoraux, en 2006 et 2011, l’opposition n’avait pas suffisamment déployé de témoins et le régime en avait profité pour tricher. Nous devons en tirer les leçons. »

Autrement dit, l’UDPS ne rejette plus de manière systématique la machine à voter. « Mais notre position n’a pas évolué », tente de nuancer Abraham Luakabuanga, l’un des secrétaires nationaux du parti, en charge de la communication. « Notre parti ira aux élections avec la machine à voter si la Ceni répond à toutes les recommandations émises tant par les experts britanniques que par l’Organisation internationale de la Francophonie », poursuit cet ancien porte-parole de Félix Tshisekedi.

Mi-septembre, la Westminster foundation For Democracy (WFD) avait, entre autres, demandé, à l’issue de son examen des machines à voter, que les communications externes, la carte SIM et le réseau wifi incorporés à ces engins soient déconnectés et que 660 bulletins de vote au maximum soient imprimés par chaque machine pour « éviter un excès de votes ».

« Félix Tshisekedi bashing »

Sur les réseaux sociaux, le réajustement de la position de l’UDPS intrigue. Certains soupçonnent un arrangement que son chef, Félix Tshisekedi, aurait passé avec le régime de Joseph Kabila ; d’autres parlent d’une « trahison ». Mais la rupture n’est pas encore consommée. Olivier Kamitatu, le porte-parole de Moïse Katumbi, l’a rappelé le lundi 22 octobre sur Twitter, appelant les uns et les autres à mettre fin au « Félix Tshisekedi bashing ».

 

Il faut arrêter ce @fatshi13 bashing ! Notre principal adversaire est & demeure #Kabila ! Il y a péril à ne pas le reconnaître ! Cette semaine, l’Opposition va maximiser ses chances de gagner en choisissant son candidat & en intensifiant la mobilisation contre la machine à voler. pic.twitter.com/MYAobJUx8q

 

« Pourquoi beaucoup s’agitent-ils ? Jusque-là, Félix Tshisekedi, président de l’UDPS, ne s’est pas encore ouvertement exprimé sur le sujet et appelle toujours à l’unité de l’opposition », complète un autre proche de Katumbi. Visiblement, les alliés veulent jouer l’apaisement. Mais pour combien de temps ?

Une réunion devrait rassembler les sept leaders de l’opposition à partir du 23 octobre à Johannesburg. D’après nos informations, Moïse Katumbi, qui a prévu d’aller rendre un dernier hommage à son prédécesseur au poste de gouverneur du Katanga, décédé en Afrique du Sud, fera le déplacement. Mais la présence de Félix Tshisekedi n’est pas garantie. D’autant que ses lieutenants dénoncent déjà une rencontre « manipulée » autour du choix du candidat commun de l’opposition.

Jeune Afrique

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