Toutes les infos du Mercredi 17 Octobre 2018

Cm n 2819 du mer 17 oct 2018

LA LEVEE TOTALE DE L’EMBARGO, UN IMPERATIF POUR LE CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU : LES FACA DOIVENT MONTER EN PUISSANCE

L’embargo sur les armes, munitions et autres effets militaires à destination de la République centrafricaine a trop duré. Il a fait trop de mal aux autorités du pays et au peuple centrafricain. Par contre, les groupes armés en tirent profit.

Depuis plus de cinq (5) ans que la coalition Séléka a enclenché la crise en RCA, les Centrafricains meurent comme des mouches, en l’absence des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). L’embargo décrété sur la RCA par le Comité de Sanction du Conseil de Sécurité de l’ONU, depuis 2014, empêche les dirigeants de la RCA de doter les militaires en armes et munitions. C’est un frein, un handicap au redéploiement de nos Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans les villes de l’arrière-pays.

La levée partielle de l’embargo qui a permis à la Fédération de Russie de fournir des armes et munitions à la RCA ne suffit pas. Car cette livraison, si nos mémoires sont bonnes, était destinée à 1.300 éléments des FACA. C’est vraiment insuffisant et insignifiant, vu l’effectif de nos soldats qui avoisinerait sept mille cinq cents  (7.500) hommes. Ceux qui ont été déjà formés par l’EUTM-RCA et entrainés par les instructeurs militaires russes au maniement de leurs armes dépasseraient le nombre d’armes octroyées par la Russie. D’autres sont aujourd’hui en formation. Quand ils seront sortis, avec quelle arme travailleront-ils ? Le maçon a besoin d’une truelle, d’un niveau, d’une règle pour monter le mur d’une maison. Le tailleur doit être équipé d’un ciseau, d’un mètre à ruban, d’une machine à coudre pour confectionner un pantalon, une chemise, une robe, et nous en passons.

En outre, le militaire, le gendarme et le policier doivent être équipés des véhicules, d’une arme, des munitions pour sécuriser, protéger les populations et défendre l’intégrité du territoire nationale. Sans ces équipements, comment peuvent-ils mener la mission qui leur est dévolue ? Le Comité de Sanction du Conseil de Sécurité des Nations Unies veut-il voir le peuple centrafricain être exterminé par les groupes armés qui pullulent en RCA ? C’est vraiment difficile de comprendre l’attitude des personnalités issues de différents pays qui composent ce Comité de Sanction. Les Centrafricains meurent sous les balles de ces rebelles, cette situation n’émeut personne. C’est depuis quatre (4) ans que cet embargo frappe de plein fouet l’armée centrafricaine. A chaque fois, on ne fait que le proroger, proroger, proroger. Où ce Comité veut mener la RCA ? Au bord du génocide comme ce fut le cas en avril 1994 au Rwanda ? C’en est assez.

La cloche de la levée totale de l’embargo sur les armes, munitions et effets de guerre a sonné pour nos FACA. Aujourd’hui, avec les différentes formations reçues, les militaires centrafricains sont hyper disciplinés. A Paoua, Sibut, Dékoa, Bouar, Bangassou et récemment Bambari, nos soldats sont présents dans ces villes. En aucun cas nous n’avons entendu parler de leur bévue. Ils cohabitent avec les deux (2) communautés (musulmane et non musulmane). Ils les protègent. La vie a repris son cours normal dans les localités citées ci-dessus où les FACA sont déployées. Alors, pourquoi maintenir l’embargo sur les armes et munitions qui doivent permettre aux autorités d’équiper ces FDS ?

Le Conseil de Sécurité, à travers son fameux Comité de Sanction, doit lever totalement l’embargo d’ici le mois de février 2019. C’est un impératif. Il ne doit pas tergiverser sur ce point précis. Les Centrafricains sont fatigués de l’immobilisme, de l’attentisme, de la passivité des forces internationales déployées en Centrafrique pour assurer leur protection. Leur vœu est de voir les FACA à l’œuvre sur toute l’étendue du territoire national. D’ailleurs, les FACA qui sont dans certaines villes de la RCA n’ont pas commis des actes barbares, ni sur un sujet musulman ni sur un non musulman. Alors que les Casques bleus de la Minusca n’ont cessé de commettre des viols et abus sexuels sur les mineures et les femmes centrafricaines. D’autres sont de connivence avec les groupes armés. Certains tuent des civils. Aucune sanction n’a été prise à leur encontre.

Pour ces bévues de la Minusca et leur inefficacité face aux groupes armés, nécessité oblige de lever en bloc l’embargo afin que cela puisse permettre au gouvernement d’acquérir les armes et d’en doter les FACA. Cet embargo a fait trop de mal aux Centrafricains et du bien aux groupes armés. Car ces derniers en ont profité pour se réarmer. Le peuple centrafricain doit être unanime, parler le même langage quant à la levée totale de l’embargo. C’est une question de survie face au réarmement des groupes armés qui ne semblent pas être concernés par cet embargo.

Comité de Sanction du Conseil de Sécurité des Nations Unies, levez totalement l’embargo sur les armes et munitions à destination de la RCA pour que la Russie, la Chine, les Etats-Unis et d’autres pays fournissent des effets militaires aux FACA du pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

L’URCA rejette la déclaration d’Antoine Wagandji l’accusant de faire alliance avec des groupes armés

 

Dans un communiqué de presse signé le 09 Octobre 2018, le bureau national de la jeunesse du parti le Renouveau Centrafricain (URCA) rejette en bloc l’accusation de Monsieur Antoine Wagandji, qui a accusé le parti d’être de connivence avec les groupes armés de la coalition Séléka à la suite de sa démission du parti.

Dans sa déclaration, l’auteur affirme que le parti URCA a fait alliance avec des partis politiques qui sont de connivence avec le groupe armé Séléka, sans citer ces partis.  C’est ce qui a poussé le Bureau National de la jeunesse du parti URCA, à dénoncer ce comportement qu’ils qualifient « de rétrograde », après avoir examiné la teneur dudit communiqué du démissionnaire.

Dans ce document, la jeunesse du parti URCA ne reconnait pas le sieur  Antoine Wagandji comme étant l’un des  cadres du parti URCA. « Il n’est ni militant, car il ne détient aucune carte d’adhésion du parti, ni cadre et membre d’aucun des organes de l’URCA », précise le communiqué.

Pour Darlan Ngbolo, président de la jeunesse de l’URCA, ce dernier n’a jamais exercé une activité liée au parti. Il a été juste un membre du comité de soutien à la candidature de Monsieur Anicet Georges Dologuélé lors des élections Présidentielles de 2016. « Profitant de cette position, il avait sollicité et obtenu l’appui financier du parti pour sa campagne législative dans la sous-préfecture de Boganda, dans la Lobaye », relate Darlan Ngbolo.

 

L’OJRCA note que la déclaration de Monsieur Antoine Wagandji, Directeur de la Bibliothèque de l’Université de Bangui, a pour un seul objectif de dénigrer le parti URCA tout en faisant un appel du pied au pouvoir. Ensuite, l’OJRCA précise que cette démarche s’inscrit uniquement dans la vieille logique de la transhumance et de la prostitution politique, qui ont toujours gangrené la pratique de la politique en RCA.

« Le bureau politique de l’URCA, par la voix de l’ORJCA, exige de Monsieur Antoine Wagandji d’apporter les éléments de preuves attestant une alliance entre l’URCA et certains partis politiques qui sont de connivence avec la Séléka, ainsi que tout éventuel lien entre URCA et les groupes armés », peut-on lire dans le communiqué.

Dans ce même communiqué, le parti URCA entend engager des poursuites judiciaires  auprès du Tribunal de Grande Instance de Bangui contre Antoine Wagandji, pour campagne de dénigrement, diffamation et usurpation de titre.

Le RJDH a tenté en vain d’entrer en contact avec le mis en cause pour sa version des faits.

 

RJDH

 

 

Union Europeenne : Conclusions du Conseil sur la REpublique centrafricaine, adoptEes lors de la 3643ème session du Conseil le 15 octobre 2018.

1.  La situation en République centrafricaine (RCA) demeure très fragile et l'UE reste mobilisée aux côtés du pays. Deux ans après la conférence internationale des donateurs de Bruxelles, l'Union Européenne (UE) souligne la nécessité de poursuivre son action, à travers ses différents instruments, pour aider la RCA à retrouver le chemin de la stabilité, de la paix et du développement et à répondre aux aspirations à une paix et une réconciliation durables de la population centrafricaine dans son ensemble.

 

02.  La consolidation des institutions démocratiques et la réforme du secteur de la sécurité, la lutte contre l'impunité et la mise en place d'une justice transitionnelle, la restauration de l'Etat de droit et de la cohésion sociale, la gouvernance, la fourniture de services de base, le redémarrage de l'économie ainsi que l'exploitation légale et durable des ressources naturelles demeurent notre feuille de route. L'UE salue les efforts menés par le Président Touadéra et son gouvernement dans ces domaines et les encouragent à poursuivre avec plus de détermination dans cette direction.

 

03.  L'UE réitère son soutien à l'Initiative africaine pour la paix et la réconciliation placée sous l'égide de l'Union Africaine, de la Communauté des États de l'Afrique centrale, avec la participation de l'Angola, du Cameroun, du Congo, du Gabon, du Soudan et du Tchad, et sous le leadership du Président Touadéra, pour parvenir à un accord de paix et de réconciliation, créer les conditions d'un désarmement complet des groupes armés et renforcer l'autorité de l'Etat, en préservant l'unité et l'intégrité de la RCA. L'UE souligne le besoin de progresser rapidement vers les prochaines étapes de ce processus de paix et réconciliation. Elle rappelle par ailleurs l'importance d'une implication inclusive de toutes les institutions et de tous les acteurs de la société centrafricaine, y compris les femmes, les jeunes et la société civile, de façon à contribuer à une réconciliation durable dans le pays. L'UE appelle l'ensemble des acteurs internationaux, en particulier ceux engagés en RCA, à apporter exclusivement leur soutien à l'action du gouvernement et à l'Initiative africaine, en bonne coordination et en pleine transparence.

 

04.  L’UE salue les procès entamés devant la Cour criminelle de Bangui et l'opérationnalisation progressive de la Cour pénale spéciale et espère que celle-ci engagera très vite ses premières poursuites. Il s'agit d'une étape essentielle dans la lutte contre l'impunité et l'UE continuera à soutenir cette initiative. En parallèle, il est nécessaire d'avancer dans la mise en œuvre de la justice transitionnelle, à travers la création de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation, qui doit être liée au processus de paix pour garantir la réconciliation. L'UE appelle aussi à pleinement associer les populations civiles aux efforts en faveur de la paix et de la réconciliation afin de répondre aux attentes concrètes des Centrafricains.

 

05. L’UE salue l'engagement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), notamment pour soutenir les autorités centrafricaines dans la conduite du processus de réforme du secteur de la sécurité et pour les assister dans la restauration de l'autorité de l'Etat, ainsi que pour soutenir la lutte contre l'impunité y compris à travers l'opérationnalisation de la Cour pénale spéciale. L'UE salue également la volonté du Conseil de sécurité de considérer l'opportunité d'apporter un soutien au redéploiement progressif et maîtrisé des forces de sécurité. L'UE réitère son soutien à la MINUSCA ainsi qu'à son renforcement; elle attend de tous les acteurs œuvrant à la stabilisation de la République centrafricaine une coordination étroite avec ses activités.

 

06.  L'UE continuera à se coordonner avec les Nations unies, l'Union Africaine et d'autres partenaires internationaux. A ce titre, elle est disposée à élaborer avec les Nations Unies et l'Union Africaine un cadre d'engagement conjoint en République centrafricaine.

 

07.  Dans le cadre de l'approche intégrée de l'UE en RCA et afin de contribuer à la réforme des Forces armées centrafricaines (FACA), le Conseil a approuvé en juillet l'extension du mandat d'EUTM RCA, jusqu'en septembre 2020. Le Conseil salue le succès que constitue la formation du troisième bataillon des FACA par EUTM ainsi que l'importance du travail effectué par l'UE en soutien des FACA. Il souligne le rôle de chef de file d'EUTM dans la formation des FACA et la nécessité que cette mission puisse travailler avec les FACA sans entraves afin de mettre en œuvre son mandat. Il rappelle enfin l'importance de l'action d'EUTM pour faciliter le redéploiement des FACA et la mise en œuvre du plan national de la défense à Bouar. Il s'agit d'une priorité qui doit être mise en œuvre au plus vite, tout en tenant compte de la situation sécuritaire au niveau local.

 

08.  Le Conseil souligne que la situation sécuritaire, y compris des menaces hybrides, confirme la nécessité de poursuivre le renforcement des FACA et accueille favorablement la demande des autorités centrafricaines à l'UE d'obtenir de l'assistance supplémentaire en faveur des Forces de Sécurité Intérieure centrafricaines. Il reconnaît la pertinence d'y répondre au moyen d'un engagement civil à la hauteur des enjeux. Il invite le Service européen pour l'action extérieure à poursuivre ses travaux de planification opérationnelle, en vue de permettre la mise en place et le déploiement le plus rapidement possible d'un pilier interopérabilité dédié au sein d'EUTM RCA qui soit chargé de mener des actions de conseil stratégique dans ce domaine. Le Conseil reconnaît par ailleurs l'utilité, également soulignée par la revue stratégique d'EUTM RCA, de poursuivre la réflexion sur l'opportunité de renforcer les actions de l'Union européenne auprès des Forces de Sécurité Intérieures par une action PSDC civile dédiée. Le Conseil reviendra sur ce sujet à l'été 2019, sur la base de propositions du SEAE en prenant en compte les premiers résultats du pilier interopérabilité et dans le cadre de la revue stratégique d'EUTM RCA. Le Conseil salue le lancement de projets de renforcement par l'UE des forces centrafricaines dans le cadre de l'initiative européenne en faveur du renforcement des Capacités en soutien à la Sécurité et au Développement (CBSD); des solutions de financement additionnelles devraient être trouvées, pour combler certains besoins en matière d'équipement et d'infrastructures qui découleront des formations dispensées. Le Conseil réaffirme enfin l'importance de coordonner avec la communauté internationale, notamment la MINUSCA au niveau du processus de réforme du secteur de la sécurité dans un souci de complémentarité, toute action concernant le soutien aux Forces Sécuritaires Centrafricaines.

 

09.  L'UE reste préoccupée par la situation humanitaire en RCA, en particulier pour les populations déplacées ou enclavées, les femmes et les enfants, qui demeurent les premières victimes de la crise et pâtissent de l'insécurité et des violences. L'UE souligne la nécessité pour la communauté internationale de se mobiliser en réponse à l'urgence humanitaire et rappelle son propre engagement continu et son effort humanitaire neutre et impartial. Elle appelle l'ensemble des parties à garantir aux organisations humanitaires et à leur personnel l'accès en toute sécurité, en temps opportun et sans entrave à toutes les zones, dans le plein respect des principes directeurs des Nations unies relatifs à l'aide humanitaire et du droit international humanitaire, et cela afin de leur permettre d'acheminer l'assistance humanitaire aux populations les plus vulnérables. L'UE appelle au plein respect des Droits de l'Homme, et appelle au gouvernement centrafricain à condamner systématiquement les attaques contre les travailleurs humanitaires.

 

L’UE souligne aussi l'importance de fournir aux réfugiés centrafricains dans les pays voisins une aide adéquate adaptée à leur déplacement prolongé, tout comme un soutien aux communautés hôtes qui les accueillent.

 

10.  L'UE rappelle son engagement continu depuis le début de la crise, et via le fonds Bêkou, dans le renforcement de la résilience des populations et de l'État centrafricain, dans la pleine application de l'approche reliant le relèvement et le développement (LRRD) et du nexus humanitaire-développement. Le Conseil se félicite des progrès permis par le fonds Bêkou en faveur de la reconstruction de la RCA et appelle à une réflexion sur son avenir.

 

11.  L’UE appelle à un appui supplémentaire de la communauté internationale, y compris en faveur des populations les plus vulnérables, notamment afin de renforcer leurs capacités de résilience et de relancer au plus vite les projets de développement dont l'avenir du pays dépend, y compris des projets à impact rapide. À cet égard, le soutien à la mobilisation de ressources fiscales propres par la RCA et la poursuite de l'appui budgétaire tant international qu'européen restent indispensables pour le développement du pays. L'UE reste fortement engagée en RCA avec une enveloppe de EUR 487 million prévue pour la période 2017-2020.

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COMMUNIQUE DE PRESSE : LA MINUSCA CONDAMNE LA VIOLENCE CHRONIQUE CONTRE LES CIVILS AU CENTRE DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

La Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) condamne fermement les récentes attaques contre des civils dans la ville de Bria et sur l’axe Bria-Irabanda, dans la préfecture de la Haute-Kotto, au cours desquelles au moins 30 personnes ont été tuées et quatre personnes blessées. Ces attaques inacceptables, dernières d’une série de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, ont été commises dans la Haute-Kotto, au centre de la République centrafricaine (RCA) en août et septembre 2018. 

Selon les enquêtes de la MINUSCA, ces crimes dont beaucoup pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, sont imputables à la coalition ex-Séléka – le Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC), le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et le Rassemblement Patriotique pour le Renouveau de la Centrafrique (RPRC) - et aux Anti-Balaka. 

Les violations commises par ces groupes armés, notamment les meurtres, les atteintes à l’intégrité physique et mentale, les attaques contre les civils et des sites protégés comme les hôpitaux et les écoles ont forcé au moins 32.000 civils à se déplacer dans des familles et sur des sites d’accueil à Bria selon OCHA. 

La MINUSCA tient à rappeler qu’elle ne ménagera aucun effort, en appui aux autorités centrafricaines, afin que les auteurs de ces crimes, leurs commanditaires et leurs complices soient poursuivis et traduits devant la justice car l’impunité est la cause principale de la récurrence des violences commises en RCA. Pour la Mission, la mémoire des nombreuses victimes de ces actes de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire exige une prise de responsabilité de la part de l’ensemble des acteurs de la crise centrafricaine pour qu’il soit mis fin auxdits actes et permettre au pays de s’arrimer à la paix et au développement. 

La MINUSCA appelle donc l’UPC, le FPRC et le RPRC ainsi que les groupes Anti-Balaka opérant dans la région à cesser immédiatement toutes les attaques contre la population civile et à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. 

La MINUSCA continuera à soutenir les efforts des autorités centrafricaines pour rétablir la sécurité dans la préfecture de la Haute Kotto et sur tout le territoire de la RCA et faciliter le retour des personnes déplacées et des réfugiés. 

L’enquête de la MINUSCA a été menée par sa Division des Droits de l’Homme (DDH), conformément à la résolution 2387 du Conseil de Sécurité du 15 novembre 2017 qui donne mandat à la Mission de « Surveiller les violations du droit international humanitaire et les atteintes aux droits de l’homme commises sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, concourir aux enquêtes et faire rapport publiquement au Conseil de sécurité à ce sujet».

 Contacts :Musa Gassama, Directeur de la Division des Droits de l’Homme (DDH) de la MINUSCA et le Représentant du Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

Tél : +236 75980012

 

 

SAID BOUAMAMA : « L’INTERVENTION FRANÇAISE AU SAHEL EST UNE

INGERENCE »

Selon le sociologue et militant associatif Saïd Bouamama, les opérations militaires menées par la France au Sahel seraient une prolongation de sa politique coloniale. Son but véritable: garder la main sur sa zone d’influence et sécuriser l’accès aux ressources stratégiques.

La ministre française des Armées, Florence Parly, est de retour en France après une visite de deux jours au Tchad (8 et 9 octobre). Ce déplacement s'inscrit dans la continuité de sa visite au Mali et au Niger en juillet dernier. La raison de ces déplacements: soutenir les forces militaires françaises sur place, et renforcer la crédibilité du G5 Sahel, à l'heure où se multiplient les attaques terroristes dans la région.

Pour rappel, le G5 Sahel est une coalition formée de cinq pays de la bande sahélo-saharienne: la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. L'objectif de cette alliance est, selon son Secrétaire permanent, Maman S. Sidikou, de «faire face de manière groupée et coordonnée aux problèmes majeurs qui préoccupent plusieurs pays aux réalités proches: la pauvreté et l'insécurité (notamment l'extrémisme violent) et certains défis reliés directement à la survie de notre planète, comme le dérèglement climatique». Dans les faits, il s'agit surtout, selon la diplomatie française, d'enrayer la déstabilisation causée par «la menace terroriste et le crime organisé».

Force G5 Sahel: reprise des opérations antiterroristes en octobre ?

Sur le terrain, la Force conjointe transfrontalière du G5 Sahel cohabite avec les effectifs militaires français de l'opération Barkhane, lancée le 1er août 2014 dans toute la région du Sahel en remplacement des opérations militaires Serval (au Mali) et Épervier (au Tchad).

Or, ces derniers mois ont mis à rude épreuve cette coopération G5+1 (les cinq pays précités, plus la France). En effet, le 29 juin dernier, le quartier général de la force régionale G5 Sahel de Sévaré dans le centre du Mali a été victime d'une attaque qui a fait six morts. Deux jours plus tard, c'est un véhicule blindé de l'opération Barkhane qui a été la cible d'un attentat-suicide à la voiture piégée à Gao, faisant quatre morts et des dizaines de blessés. L'opération Barkhane, qui mobilise près de 4.500 militaires a déjà coûté la vie à 22 soldats français.

 

Mali: la France et le G5-Sahel dans le piège des tensions interethniques

 

En juillet 2016, le Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la sécurité (GRIP) a publié une note d'analyse d'Antonin Tisseron, chercheur associé au GRIP et à l'Institut Thomas More. Elle souligne l'image dégradée de la France aux yeux des Nigériens: «la France défend ses propres intérêts, au détriment de la souveraineté du pays et sans recherche de réciprocité.» Loin d'être un pays allié, elle serait même «un adversaire masquant ses réelles intentions de domination et de contrôle».

Selon ces critiques, «l'intervention militaire de la France ne répond pas aux causes profondes de la violence et contribue même à maintenir le Niger dans le sous-développement. […] Alors que le pays est confronté à des défis essentiels en matière de sécurité alimentaire, de développement, de système de santé ou d'éducation, la lutte contre les groupes terroristes détourne des priorités.»

Antonin Tisseron conclut que «les Occidentaux se trompent de cible [car] les facteurs principaux d'insécurité ne sont pas les groupes jihadistes et leurs actions terroristes, mais la pauvreté, la misère et la précarité.»

Ce point est également souligné par Corinne Dufka, la Directrice adjointe de la division Afrique de l'ONG Human Rights Watch, notamment chargée de superviser les recherches sur l'Afrique de l'Ouest: «Paris comme les puissances régionales prête beaucoup trop d'attention à l'aspect militaire de la lutte contre les djihadistes, pas assez au terreau qui l'alimente.»

Saïd Bouamama, sociologue mais aussi militant associatif et politique engagé dans des mouvements sociaux et la lutte contre le racisme, a publié le Manuel Stratégique de l'Afrique.

Pour lui, cela va beaucoup plus loin. Il accuse la France d'ingérence dans les pays du Sahel.

«La France poursuit une vieille politique, qui consiste à empêcher les États de se prendre en charge et de se défendre eux-mêmes, pour pouvoir justifier d'une intervention et d'une présence militaire. C'est l'un des mécanismes classiques de l'ingérence des grands pays industrialisés pour maintenir leur mainmise sur les richesses du sous-sol africain.»

Manuel Stratégique de l’Afrique

Selon ce chercheur, la France n'est pas le seul pays à tenter de conserver une emprise sur son ancienne zone coloniale, mais c'est celle qui a la plus grande responsabilité devant l'Histoire:

«La France est le pays qui, depuis les indépendances [des pays d'Afrique francophone] dans les années 1960, a maintenu le plus de soldats sur le continent africain. C'est aussi le pays qui a mis en œuvre le plus grand nombre d'opérations militaires pour régler des conflits qui sont en réalité créés par sa politique économique et par sa politique d'ingérence.»

Cette stratégie ne serait donc pas nouvelle. Elle prendrait racine dans le processus de colonisation lui-même, et viserait à contrôler les ressources du continent:

«Cette politique s'est mise en place au moment de la décolonisation, lorsque les pays africains se sont posé sérieusement la question de leur indépendance. Les grandes puissances coloniales ont eu peur que le processus de décolonisation ne donne lieu à des velléités de réelle indépendance touchant la question économique, et pas seulement le souhait d'avoir un drapeau et un siège à l'ONU. Les services secrets français ont préparé les "transitions" en mettant en place un certain nombre de cadres pour empêcher ces pays de se développer réellement: les Accords de Partenariat Économique (APE), les accords de Défense, et des accords affectant les minerais stratégiques.»

Pour Saïd Bouamama, la «seconde et véritable indépendance» passe par trois conditions essentielles: un développement autocentré, la rupture avec l'endettement, et la solidarité panafricaine.

Il y a peu de chance que la ministre française des Armées Florence Parly l'entende de cette oreille

 

Saïd Bouamama,

(Ong lutte contre la déstabilisation de l'Afrique)

 

 

QU’EST CE QUE LE NEXUS HUMANITAIRE-DEVELOPPEMENT-PAIX (NHDP) ?

Du 15 au 16 octobre 2018, cent (100) participantes et participants émanant du Secrétariat Permanent du RCPCA-CEM, des points focaux ministériels du RCPCA-CEM, des représentants des autorités étatiques, des ONG humanitaires et de développement nationales et internationales, des organisations représentatives de la société civile, des associations des femmes, des partenaires techniques et financiers (Banque Mondiale, Banque Africaine pour le Développement, Union Européenne, Echo, Agence Française de Développement…), des organisations du système des Nations Unies, ont pris part à l’atelier national sur l’opérationnalisation du Nexus Humanitaire-Développement-Paix (NHDP) en RCA, à l’hôtel Ledger Plaza à Bangui. Mais qu’est-ce que le NHDP et comment a-t-il vu le jour ? Les réponses à ces questions sont publiées ci-dessous.

Le Petit YEKOA

A. Contexte Global de la Nouvelle Façon de Travailler (NFT) :

1. La « nouvelle façon de travailler » ou le nexus humanitaire-développement-paix

(NHDP) qui transcende les clivages entre l'action humanitaire, les interventions de développement, et les processus de paix, a émergé comme l'un des résultats du Sommet mondial sur l'action humanitaire en mai 2016. L'objectif du NHDP est de répondre aux besoins humanitaires immédiats tout en réduisant les risques et la vulnérabilité, et, ce faisant, de contribuer à réduire ces besoins au fil du temps, d'apporter une contribution à la vision à long terme intégrée aux objectifs de développement durable, et de contribuer à rendre la paix durable. Le NHDP est basé sur trois concepts clés :

(1) travailler à des résultats collectifs,

(2) sur des échéanciers pluriannuels,

(3) sur la base des avantages comparatifs d'un éventail diversifié d'acteurs.

Pour montrer l'importance du NHDP, un Comité Conjoint de Pilotage, présidé par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, a été créé pour favoriser les synergies entre les actions humanitaires, de développement et les processus de paix. Au cours des années 2017-18, dans un certain nombre des contextes, les Coordonnateurs Résident et Coordonnateurs Humanitaires, et des équipes de pays ont entrepris un processus d'articulation

des « résultats collectifs » avec un éventail de partenaires, et ont conçu des stratégies de 3-5 ans pour réduire systématiquement les besoins, les risques et les vulnérabilités. Certains ont élaboré des plans de mise en œuvre décrivant les activités et les financements requis pour réaliser ces résultats, en attribuant une responsabilisation claire aux organisations opérationnelles et aux partenaires techniques et financiers.

B.        Progrès de la Nouvelle Façon de Travailler dans le Contexte Centrafricain :______________

2.. En RCA, après plusieurs années des conflits et des tensions politico-militaires, les autorités de la République centrafricaine ont réussi, avec l'appui de la communauté internationale, à organiser les élections présidentielles et législatives en février 2016. A ce jour malheureusement, la situation sur une partie importante du territoire demeure marquée à la fois par une recrudescence des violences, l'affaiblissement du tissu économique et social, ainsi qu'un déplacement massif de la population tant à l'intérieur des frontières qu'à l'extérieur, et des besoins humanitaires qui touchent presque la moitié de la population.

3. En vue de répondre aux multiples défis de relèvement et de reconstruction du pays,

le Gouvernement centrafricain a reçu l'appui de la Banque mondiale, des Nations Unies et de l'Union européenne pour conduire une Evaluation des besoins pour le relèvement et la consolidation de la paix de mai à octobre 2016 couvrant une période de cinq ans (2017-2021). Cette évaluation des besoins largement consultative, s'est concentrée sur les préoccupations de la RCA à travers le prisme du lien humanitaire-développement-paix depuis le début et a informé le Plan National de Relèvement et de Consolidation de la Paix RCPCA : 2017-2021. Ce Plan qui a été approuvé le 30 octobre 2016 par le Gouvernement est décliné en trois objectifs collectifs : (i) soutenir la paix, la sécurité et la réconciliation ; (ii) renouveler le contrat social entre l'État et la population ; (iii) assurer le relèvement économique et la relance des secteurs productifs. Il a été présenté à la conférence des donateurs et des investisseurs à Bruxelles le 17 Novembre 2016 et a reçu l'adhésion de la communauté internationale et une promesse de financement de 2,3 milliards de dollars sur les 3,4 milliards recherchés. En outre, l'architecture du RCPCA converge avec le NHDP par l'exploitation des avantages comparatifs des partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale, TUE et les Nations Unies dans des domaines de coordination spécifiques où ils possèdent chacun des capacités et des forces établies1.

4. Les autres instruments clés en RCA tels que le Plan de Réponse Humanitaire (PRH),
le UNDAF + et le Cadre Stratégique Intégré ont été rédigés pour se parler et s'harmoniser avec la vision globale du RCPCA. Le nouveau UNDAF+, par exemple, a le potentiel de rallier les principales priorités des Nations Unies liées à la gestion de la vulnérabilité et des risques, servant de lien important entre la stratégie humanitaire et la RCPCA, avec la formulation de résultats collectifs mesurables spécifiques.

5. Par rapport à la manifestation concrète de NHDP en RCA (et malgré la récente
recrudescence de violence à Bambari) le « Plan Opérationnel pour la Stabilisation de Bambari » (POSIB) est un exemple du travail conjoint dans un lieu géographique spécifique (programmation par zone) sur la base d'une évaluation commune des besoins et des réponses nécessaires. Le POSIB a été activé en réponse à une flambée de conflit dans la préfecture de la Ouaka. Les acteurs humanitaires, de développement et de consolidation de la paix ont travaillé ensemble (et en fonction de leurs mandats, rôles, et avantages respectifs) dans un effort concerté

pour : fournir des services sociaux de base ; provisionner des solutions durables pour les personnes déplacées interne (PDI) ; et, appuyer le redéploiement de l'autorité de l'État à Bambari, y compris les services de justice et de sécurité. L'exemple de Bambari montre qu'en travaillant ensemble, et en considérant les avantages comparatifs des acteurs humanitaires, de développement et de consolidation de la paix dans la mise en œuvre de projets concrets, il est possible de rendre le NHDP opérationnel.

6. En termes de leadership et de coordination, le RCPCA est un cadre national multipartite doté d'une architecture inclusive qui devrait être approfondie afin de prendre plus régulièrement en compte les voix des populations affectées. Il existe maintenant une large reconnaissance du fait que la seule façon viable de réduire la vulnérabilité et de renforcer la résilience consiste à travailler avec les populations touchées pour soutenir leurs capacités et s'assurer qu'elles sont au cœur des analyses et de la planification des programmes.

7. Malgré les progrès réalisés dans la mise en œuvre du RCPCA, et des évolutions progressives  vers  la   complémentarité  des  interventions  actuelles  des  partenaires humanitaires, de relèvement, de développement, et de consolidation de la paix, les interventions programmatiques sur le terrain restent généralement, dictées par leurs mandats et procédures respectifs.

8. D'autre part, la présence de multiples acteurs intervenant auprès des mêmes populations, dans les mêmes zones géographiques (et dans les mêmes secteurs) qui agissent dans le domaine humanitaire, de relèvement, de développement ou de consolidation de la paix (certains intervenant dans les 4 domaines en même temps à des degrés divers), ne garantit pas nécessairement l'obtention de résultats collectifs qui impactent de manière significative et durable sur les vulnérabilités des populations ciblées et sur l'amélioration de leurs capacités de résilience à moyen ou long terme.

L'approche « projet ou programme » continue à être privilégiée en raison des
procédures de reddition des comptes propres à chacun des intervenants. Celle-ci en retour, atomise les résultats obtenus par agent d'exécution et partenaire financier, et non de manière consolidée et collective en matière de réduction des vulnérabilités, ou de renforcement des capacités de résilience des communautés et des populations concernées.

 

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A QUAND LE LANCEMENT DU GRAND DDRR DES GROUPES ARMES ET LA

TENUE DU DIALOGUE POUR LA PAIX INITIE PAR L’UNION AFRICAINE ?

Ce sont les deux principales questions d’actualité qui alimentent actuellement les conversations des habitants de Bangui, Bimbo et Bégoua, que nous avons pu recueillir à travers nos promenades.

Ces derniers disent, « qu’ils ne comprennent pas que dix (10) mois se sont écoulés après le bouclage des opérations du projet pilote de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) des groupes armés, alors que le grand DDRR n’est pas encore lancé à ce jour. La non effectivité du grand DDRR offre plus d’opportunités aux groupes armés et autres bandes des malfrats de tout poils de commettre des exactions de tout genre sur les populations civiles et les humanitaires en RCA. Car, sans le DDRR, ces groupes armés et autres bandits de grand chemin détiennent toujours par devers eux des armes. Ce qui constitue un réel danger pour rétablir la sécurité, la paix, et éventuellement  protéger les civils et garantir la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur du pays ».

Quant au dialogue pour la paix en RCA, initié par l’Union Africaine (UA), sur la demande de l’Exécutif centrafricain, nos compatriotes ont fait savoir que « la démarche menée par l’UA est complexe et très lente, pour la tenue effective dudit dialogue dans un délai raisonnable. Imaginez-vous, il y a eu une série de rencontres entre le panel de facilitation de l’UA et les chefs des groupes armés d’un côté, et  les autorités de la RCA de l’autre, sans oublier celles avec les ex-présidents François Bozizé et Michel Djotodia en exil politique à l’étranger.

Aussi, ne perdons pas de vue, les cent quatre (104) revendications fallacieuses émanant des quatorze (14) groupes armés (factions Séléka et Anti-Balaka) qui ne trouvent pas l’agrément du peuple centrafricain. Et pourtant, ces mêmes groupes armés avaient pris part activement aux assises du Forum National de Bangui (FNB) de 2015. A cet effet, tous ont volontairement adhéré à l’accord de principe d’engagement sur le processus DDRR. Mais pourquoi, aujourd’hui, élaborent-ils les cent quatre (104) revendications qui ont été déjà déposées sur la table du gouvernement ? Cela dépasse notre entendement humain et nous sommes sceptiques sur l’issue du dialogue pour la paix en RCA, initié par l’UA, qui est d’ailleurs non inclusif car regroupant uniquement l’Exécutif et les groupes armés ».

Eu égard à tout ce qui précède, il est de la responsabilité des autorités centrafricaines et de ses partenaires au développement, tout comme l’UA, de tout mettre en œuvre pour que le grand DDRR et le dialogue pour la paix prôné par l’UA aient lieu dans un délai raisonnable. Tout cela pour permettre aux Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest de vivre dans la paix, la quiétude et de vaquer librement à leurs diverses occupations quotidiennes. « La paix n’a pas de prix », dit-on.

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

 

Centrafrique : Timide reprise des classes A l’Ecole YakitE

La reprise des classes à l’école Yakité dans le 3e arrondissement reste timide, après un mois de la rentrée officielle des classes. Wilfried-Dominique Lago, Directeur de l’école Yakité garçon regrette cette timidité dans les activités scolaires dans cet établissement.

Suite aux multiples événements dans le 3e arrondissement, les habitants des quartiers Yakité, Castors, Sarah  Blagué, Bangué Dominique avaient fui pour d’autres localités tout en inscrivant leurs enfants dans d’autres écoles de la capitale. C’est dans ce contexte que l’on constate une timide rentrée des classes à l’école Yakité, alors que depuis le 17 septembre, l’année scolaire 2018-2019 a été officiellement lancée en Centrafrique.

Bien que les cours aient repris, la majorité des salles de classe reste fermée. La cour de l’école Yakité est moins ambiante, quelques personnes circulent dans le secteur mais avec un certain traumatisme malgré la présence renforcée des soldats de l’ONU. Cette présence, bien que visible pour la sécurité dans le secteur, laisse apparaitre chez certains passant le sentiment de la peur.

Le directeur de cet établissement confirme cette timidité. « Depuis la reprise des activités scolaires, nous n’avons inscrit que cinq enfants, dont 3 au cours moyen première année (CM1) », a déploré Wilfried-Dominique Lago.

Cependant, Wilfried-Dominique Lago confirme le retour d’une cinquantaine d’anciens élèves. « La crainte anime encore l’esprit des parents, malgré la présence de la Minusca dans la localité. Certains ont jugé mieux inscrire leurs enfants dans d’autres établissements privés. J’interpelle les parents à laisser les enfants reprendre le chemin de l’école », lance-t-il.

Un parent rencontré dans la cour, déclare avoir inscrit son enfant malgré lui. « Je l’ai inscrit malgré moi, nous sommes juste à côté de l’école. S’il arrive quelque chose, c’est facile de récupérer l’enfant. Mais s’il est loin et que nous sommes ici, là, cela va encore être compliqué. Nous ne voulons que la paix dans le secteur », a-t-il confié au RJDH.

Le secteur Yakité-Castors laisse apparaitre encore les stigmates de la crise. L’éducation est un droit pour les enfants, un devoir pour les parents et une obligation pour le gouvernement qui est chargé de créer des conditions propices pour le bon fonctionnement des cours, selon l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

RJDH

 

 

20 DOUANIERS CENTRAFRICAINS A L’ECOLE DE LA VALEUR EN DOUANE DES MARCHANDISES

La série d’ateliers de formation en faveur des cadres et agents des douanes centrafricaines, organisée depuis le 19 février 2018 par le cabinet KOWABIS CONSULTING (KC), sur financement IDA-2017-Banque Mondiale, dans le cadre du Projet de Facilitation des Transports et du Transit (PFTT) en zone CEMAC-Composante centrafricaine, tire à sa fin. La cérémonie d’ouverture du dernier atelier de formation sur la valeur en douane des marchandises s’est tenue dans l’enceinte du Complexe Scolaire International Galaxy, ce lundi 15 octobre 2018 à partir de 14 heures. Elle a été présidée par le Directeur Général Adjoint chargé des Services Extérieurs (DGA/SE) à la direction générale des douanes, l’inspecteur principal des douanes Daniel Nguérémi. A cet effet, il a été entouré du Coordonnateur du PFTT, Noël Gbégba et du Directeur gérant de KC, Homère Kowakoa.

Dans son allocution de circonstance, le DGA/SE a signifié aux participants l’importance de cet atelier de formation sur la valeur en douane des marchandises et leur a rappelé que leur choix n’est pas le fruit du hasard. Il a, par ailleurs, remercié le cabinet KW pour les enseignements qu’il dispensera aux apprenants pendant les 10 jours ouvrables et la Banque Mondiale pour ses soutiens financiers qui ont permis d’organiser ces différents ateliers à l’intention des douaniers centrafricains. Avant de déclarer ouvert cet atelier, il a remercié le gouvernement que dirige Simplice Mathieu Sarandji, sous la très haute impulsion du président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra, ainsi que le ministre des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra qui ne ménagent aucun effort pour la formation des douaniers centrafricains.

Quant au Coordonnateur du PFTT, sieur Noël Gbégba, il est revenu sur les règles d’origine des marchandises tout en demandant aux apprenants de tout mettre en œuvre dans le cas de Traitement Préférentiel et Traitement Non Préférentiel pour faire bénéficier à la RCA les droits des taxes. Il a rappelé aussi aux douaniers centrafricains le vœu de la Banque Mondiale en ces termes : les recettes des douanes doivent croitre pour permettre à l’Etat centrafricain de faire face à ses dépenses régaliennes.

Pour le Directeur gérant de KW, Homère Kowakoa, « La valeur en douane, avec l’origine des marchandises et l’espèce tarifaire, sont des éléments clés, éléments essentiels de la déclaration en détail, indispensables pour la taxation des marchandises importées et exportées.

L’évaluation en douane ayant trouvé sa source internationale, dès les années 47, dans la conférence des Nations Unies sur le commerce et l’emploi, a subi ensuite une réelle évolution au fil des ans et une véritable succession de cadres juridiques, depuis l’accord général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT) pour en arriver à l’Accord de l’Organisation Mondiale du Commerce sur l’évaluation, en 1955, aujourd’hui toujours en vigueur.

L’un des plus grands défis auxquels sont confrontées de nombreuses administrations des douanes aujourd’hui est le contrôle des valeurs en douane déclarées et le traitement des soupçons de sous-évaluation. Etant donné que la majorité des taux de droits dans le monde sont calculés ad valorem (c’est-à-dire sur la base d’un pourcentage de la valeur des marchandises), une détermination exacte de la valeur en douane est capitale pour faire en sorte que les gouvernements perçoivent les recettes auxquelles ils ont légalement droit.

Pour la détermination de la valeur en douane des marchandises, la plupart des pays appliquent les principes de l’Accord sur l’évaluation en douane de l’Organisation Mondiale du Commerce ».

Concernant l’atelier proprement dit, Homère Kowakoa de dire, « Les enseignements qui vont être dispensés portent précisément sur les principes directeurs de cet " Accord sur la mise en œuvre de l’article VII de l’Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce de 1994 ", ses normes et procédures fondamentales et sa méthodologie précise et transparente qui le sous-tendent. Les apprenants ne pourront qu’en acquérir un bon niveau de connaissance et de compréhension des méthodes d’évaluation prescrites, car : comment la douane peut-elle percevoir les droits et taxes sur les importations et exportations des marchandises si elle ne maitrise pas les règles basiques d’évaluation en douane ? Comment la douane peut-elle asseoir une réelle base taxable des marchandises si elle ne maitrise pas les règles fondamentales d’évaluation en douane ?

C’est de ces questions qu’il s’agira de traiter au cours de cette présente formation qui arrive à point nommé, d’autant plus que la pratique sur le terrain montre bien de sérieuses difficultés en matière d’évaluation en douane, auxquels se confrontent les cadres douaniers qui ne possèdent point les connaissances requises.

Je souhaite donc bons travaux aux apprenants de sorte qu’ils puissent tirer le maximum de profit de cet atelier pour qu’ils en sortent frais et moulus, totalement aptes à accomplir avec efficience, la traditionnelle mission fiscale dévolue à leur administration, et à améliorer le recouvrement juste et efficace des recettes ».

Le rideau était définitivement tombé sur cette cérémonie avec la photo de famille. Il est à souligner que 20 douaniers dont certains venus des provinces prennent part à cet atelier qui s’achèvera le 26 octobre prochain.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

HRW dEnonce la tuerie d’au moins 27 civils par des rebelles A Bria

 

Au moins 27 civils sont tués par les rebelles de la Séléka et des Anti-Balaka depuis juin 2018 à Bria. C’est ce qu’a dénoncé dans un communiqué l’organisation de défense des Droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW).

Les violences à Bria ont connu un pic depuis 2017 et ont repris en 2018 malgré plusieurs messages et menaces de la Minusca contre les bandes armées qui écument cette région. Ce rapport est publié quelques jours après une scène de réconciliation entre des factions Anti-Balaka et Séléka dans le contexte où les principaux leaders des groupes armés ont signé le 28 aout dernier à Khartoum une entente pour cesser les violences contre les civils et acteurs humanitaires.

« Le 6 septembre 2018, des rebelles de la Séléka ont capturé et exécuté au moins neuf civils, dont sept femmes », a déclaré Human Rights Watch dans un communiqué.

Ces exécutions ont été perpétrées aux abords de la ville de Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto, près de deux semaines après les meurtres de 11 civils par le même groupe armé à l’issue d’un affrontement avec une milice rivale des Anti-Balaka.

« Ces exécutions et assassinats sont des crimes de guerre flagrants commis par des combattants qui se sentent libres de tuer à volonté, malgré la présence des soldats de la paix de l’ONU », a déclaré Lewis Mudge, chercheur senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch.

Pour Lewis Mudge, « les Casques bleus qui sont autorisés à recourir à la force pour protéger les civils, devraient chercher à anticiper ces attaques et à intervenir rapidement. Les combattants du FPRC ne craignent apparemment pas les soldats de la paix, et des Anti-Balaka se trouvent à l’intérieur du camp», déplore-t-il.

Selon le communiqué, Human Rights Watch a également recueilli des preuves de meurtres d’au moins huit autres civils dans la région depuis juin dernier, tous tués par des groupes Anti-Balaka.

Les tensions entre les deux milices connaissent une escalade depuis 2017 dans cette région riche en minerais, se soldant par des meurtres de part et d’autre. Mais es deux groupes nient avoir attaqués des civils.

 RJDH

 

 

 

 

 

 

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