Toutes les infos du jeudi 11 octobre 2018

Cm n 2815 du je 11 oct 2018

L’INGERENCE DE LA FRANCE ET DU TCHAD DANS LA CRISE EN RCA EST CLAIRE, NETTE ET PRECISE

L’ingérence de la France et du Tchad dans la crise qui persiste en République centrafricaine n’est plus à démontrer. Elle est claire, nette et précise. Ces deux pays, l’un, ancienne puissance colonisatrice de la RCA, l’autre, pays frère et limitrophe, ne veulent pas que la crise s’estompe. Et pourtant, des Centrafricains continuent à mourir comme des mouches sous les balles de ces criminels dont la France et le Tchad les soutiennent mordicus. Des maisons d’habitation, des édifices publics et privés, des locaux des ONGs nationales et internationales sont incendiés à longueur de journée. Les serviteurs de Dieu, les humanitaires sont abattus sans aucune forme de procès. Cette situation n’émeut ni la France ni le Tchad. La présence des instructeurs militaires russes et l’initiative de la paix entreprise par la Russie sont devenues un venin mortel pour ces deux pays cités ci-haut. Tout se passe comme si la Russie de Vladimir Poutine est devenue l’épine dans les pieds de la France de Macron et du Tchad d’Idriss Deby Itno.

En effet, en visite de travail de deux (2) jours au Tchad dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel, Florence Parly, la ministre française des Armées et Idriss Deby Itno, président tchadien ont encore évoqué l’initiative russe dans la recherche de la paix en RCA, ce mardi 09 octobre 2018. Pour eux, cette initiative est nulle et non avenue. Seule celle entreprise par le panel de facilitation de l’Union Africaine (UA) est la meilleure ou tient la route. Face à cette déclaration qui vient s’ajouter à celle de Le Drian, les Centrafricains s’interrogent en ces termes : que veulent et que cherchent la France et le Tchad en Centrafrique ? La RCA est-elle un pays sous la coupe de la France ? N’a-t-elle pas acquis son indépendance dans les années 60 ? N’est-elle pas souveraine ? Où est passé le respect de la souveraineté d’un pays prôné par Emmanuel Macron, président de la République française  quand ses ministres s’immiscent dans les affaires intérieures de la RCA ? Le pays du regretté président fondateur Barthelemy Boganda est-il devenu une partie du territoire tchadien ?

L’immixtion de la France et du Tchad dans les affaires intérieures de la RCA a débordé le vase. Ce que nous ne comprenons pas, au tout début de la crise, l’ancien président centrafricain déchu par la Séléka, François Bozizé Yangouvonda avait fait appel aux troupes tchadiennes pour sauver son fauteuil président, menacé par les rebelles de Michel Djotodia. Au lieu de secourir Bozizé, les militaires tchadiens ont porté secours à la Séléka. Et ce qui devrait arriver, est arrivé, le 24 mars 2013. Ce même Tchad a retiré son contingent de la MISCA et fermé ses frontières avec la RCA en 2014. Une manière de dire aux Centrafricains que le Tchad tourne son dos à la crise centrafricaine. Mais quelle mouche a piqué le Tchad pour refaire surface dans la crise centrafricaine et proposer son accord pour sa résolution ? Peut-on soutenir les rebelles et en même temps résoudre la crise ? Il y a deux poids, deux mesures.

Au plus fort de la crise, la France a déployé ses militaires en RCA sous l’appellation « Opération Sangaris » dans le but de pacifier le pays et protéger son peuple qui était au bord du génocide. Du 05 décembre 2013 au 30 octobre 2016, l’Opération Sangaris n’a pu faire mieux. François Hollande, alors président français et son ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, actuel chef de la diplomatie française, ont décidé de mettre fin à la mission des militaires français déployés en RCA malgré la réticence de nouvelles autorités issues des urnes. Sept (7) mois après l’investiture de Touadéra, la Sangaris a plié bagages, laissant les Centrafricains sous les griffes des groupes armés (Séléka et Anti-Balaka).

Comme les violences ne faiblissaient pas, Touadéra a sollicité l’aide de la France en vain. Macron lui a demandé d’aller voir Poutine. Après sa rencontre avec le dirigeant russe, la Russie a demandé et obtenu la levée partielle de l’embargo sur les armes à destination de la RCA. Elle a été finalement autorisée par le Conseil de Sécurité à fournir des armes aux Forces Armées Centrafricaines (FACA). Où est le mal ? Ensuite, la Russie s’est engagée à chercher des voies et moyens pour résoudre pacifiquement la crise centrafricaine. C’est ainsi qu’elle a organisé une rencontre en partenariat avec le gouvernement soudanais, avec les groupes armés à Khartoum. C’est là où le bat blesse. Aujourd’hui, la France et le Tchad voient d’un très mauvais œil l’initiative russe dans la résolution de la crise centrafricaine. Quel péché mortel la Russie a-t-elle commis ? Que Deby, Parly, Le Drian nous le disent !

Nous pensons que là où la France et le Tchad ont échoué, la Russie est entrain progressivement de réussir. Pourquoi ces deux pays s’acharnent sur elle ? Qu’apportera le dialogue initié par l’UA dans le vécu quotidien des Centrafricains ? Combien de fora, de dialogues se sont tenus sur le sol centrafricain et à l’étranger ? Quels sont les résultats concrets attendus par le peuple centrafricain ? Même le Tchad qui prétend donner de leçon aux Russes, combien de fora se sont déroulés sur son sol à propos de la RCA ? Où en sommes-nous avec les résultats ? Quand on a échoué, il faut le reconnaître. La République Centrafricaine n’est pas une vache à lait à traire par la France et le Tchad. Les Centrafricains ne sont pas des sous-hommes pour que la France et le Tchad les traitent de la sorte. Ils ont besoin de vivre dignement sur la terre de leurs aïeux. Si la Russie veut aider la RCA à sortir du bourbier, que la France et le Tchad la laissent tranquille.

C’est pourquoi nous profitons de cette occasion pour dire aux Centrafricains qui sont aux frontières tchado-centrafricaines d’être très vigilants. Car le pire peut encore venir du Tchad. L’arrivée massive des autorités françaises (Le Drian et Parly) dans la capitale tchadienne est un mauvais signe. Pire encore, c’est depuis le Tchad qu’elles font des déclarations fracassantes. Donc, ce pays, à y voir de plus près, est le valet de la France. La France l’utilise pour déstabiliser la RCA. Que la France et le Tchad qui soutiennent les rebelles de la Séléka en RCA sachent que les Centrafricains sont prêts à dire non aux résultats du dialogue initié par l’UA, si et seulement si ils ne sont pas conformes aux recommandations du Forum National de Bangui.

Les Russes doivent de leur côté déployer des radars ou des drones aux frontières de la RCA avec le Tchad pour surveiller les mouvements des soldats et rebelles tchadiens. C’est dans ce sens que la paix et la sécurité reviendront en RCA. L’ingérence de la France et du Tchad dans les affaires intérieures de la RCA doit cesser pour toujours. Si ces pays veulent revenir en RCA, « il y a de la place pour tout le monde », pour reprendre les propos du président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra. Il ne sert à rien de se cacher derrière les doigts de la main pour narguer la Russie qui, d’ailleurs, fait un travail remarquable. Les chiens aboient, la caravane passe, dit un sage adage populaire.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

UN AN AVEC LA RUSSIE ET LA RCA FAIT UN PAS DE GEANT AU PLAN MILITAIRE AVEC DES SOLDATS DE QUALITE, DISCIPLINES, EFFICACES ET TEMERAIRES

A peine les experts militaires russes mettaient pied en RCA que les Forces Armées Centrafricaines (FACA) se relèvent de leurs cendres. Les FACA sont formées techniquement, militairement et au maniement des armes de fabrication russe. En moins d’une année, plus de trois (3) bataillons sont opérationnels, déployés sur le terrain : Paoua, Sibut, Dékoa, Bangassou et bientôt Kaga-Bandoro. Les FACA font bouger les lignes partout où ils passent et repassent. Le front de l’insécurité recule significativement dans nos provinces. La violence a baissé d’intensité, d’un cran. Pour la première fois, le Chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra a passé plus d’une dizaine de jours à New York, à l’Assemblée Générale des Nations Unies, sans qu’il y ait des coups de feu. La paix semble avoir droit de cité en RCA.

Les FACA font régner la sécurité, la paix dans les régions où elles sont présentes. Il reste la levée totale de l’embargo pour que les FACA soient au top niveau, reflet d’une puissance militaire sous régionale et capable de voler au secours d’autres pays comme les soldats rwandais et burundais, voire marocains hyper disciplinés et efficaces. Il faut que les FACA atteignent le niveau des forces spéciales portugaises, à l’image des Russes. Le président Poutine est dans le cœur de tout Centrafricain patriote et nationaliste. Toute la population centrafricaine est derrière son armée. Les FACA que les Français ont noircies, humiliées, jetées en pâture aux groupes armés, reprennent du poil de la bête. La France a amplifié l’incident qui s’est produit à l’ENAM et en a profité pour noyer les FACA qu’elle accuse de rage. Au plan militaire, la coopération avec la Russie roule à la vitesse d’un spoutnik.

Il reste le chapitre énergie pour faire de la RCA, un pays-lumière. En dehors de Boali, la RCA regorge de plusieurs sites susceptibles d’accueillir de grands barrages hydroélectriques made in Russie. Malgré les turpitudes des Centrafricains brillant dans l’incivisme et le vandalisme, la République Populaire de Chine a accepté de reprendre en main Boali III et notamment le champ solaire de Danzi. Il n’y a pas de développement sans énergie et ce n’est pas la Russie qui nous démentira. De la performance militaire, la Russie doit passer à la performance énergétique. Le potentiel énergétique de la RCA est énorme, tant en barrages qu’en soleil, pour épouser la logique des énergies renouvelables respectueuses des mutations climatiques. Les Etats-Unis sont aussi avancés dans le secteur de la formation des jeunes, mais et surtout, très sensibles à la protection de la diversité faunique et de la flore, notamment les espèces protégées. La faune a également subi les affres de la rébellion. N’eut été le courage des partenaires du secteur, la faune serait décimée.

En un an, la Russie a fait plus que la France en deux siècles de présence en Oubangui-Chari devenue la RCA aujourd’hui. La Russie a mis en compétition une coupe de l’espoir opposant les arrondissements de Bangui. Le sport, à n’en point douter, est un facteur très important de cohésion sociale. Un concours de poème pour les enfants des écoles de Bangui, une initiative destinée à développer la pensée, la pensée créatrice, la réflexion. La Russie n’a pas croisé les bras, car son Ambassadeur et le conseil militaire russe en matière de sécurité, ont mené des médiations avec les groupes armés, des concertations avec la plateforme religieuse, la société civile, sur la sécurité et la paix. La Russie est sur tous les fronts pour aider la RCA et les Centrafricains à retrouver la paix, la quiétude, la stabilité, facteurs d’un véritable élan de développement. La RCA a tous les atouts pour un développement exponentiel en trombe.

Malgré la main tendue de Touadéra à la France, « il y a de la place pour tout le monde », ce n’est pas du goût du négrier, de l’esclavagiste Jean Yves Le Drian. Pour lui, les Centrafricains n’ont aucune valeur humaine, « seul l’intérêt de la France compte ». C’est une logique des compagnies concessionnaires, ces entreprises françaises criminelles, horribles qui ont désarticulé la RCA depuis la colonisation à ce jour. Laurent Fabius et Jean Yves Le Drian, ces figures du réseau FOCAR, de la France-Afrique, prennent encore leur nombril pour le bout du monde. Ce sont des terroristes spécialistes de crimes politiques qui paralysent les dirigeants d’Afrique francophone et leurs pays : Boganda, Sankara, Lumumba et bien d’autres ont été les premières victimes, notamment le colonel Kadhafi, le panafricain de tous les temps. Jean Yves Le Drian confond les périodes et les époques, mais les Centrafricains ne lui laisseront aucune chance d’aller au bout de son crime.

Les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Union Européenne doivent recycler la diplomatie française afin qu’elle se modernise et s’humanise, en cette ère de la civilisation numérique. L’Afrique et notamment la RCA se globalisent. Le rôle de mère-poule que joue la France en Afrique francophone, est devenu caduque, obsolète. Les Centrafricains rejettent catégoriquement la France esclavagiste, impérialiste. La France est au Sahel, aux côtés du G5-Sahel, mais les cadres civils et militaires ne se comptent plus au Mali et au Burkina Faso. La France n’a pas les capacités de la Russie sur tous les plans ; elle peut se contenter de ses petites entreprises qui existent en RCA, rester dans sa petite botte. La Chine débloque 60 milliards de dollars pour l’Afrique, alors que la France un milliard d’Euro, n’est-ce pas ridicule ? La France est un pays pauvre qui pille les pauvres pour s’enrichir, tout en marchant sur les crânes, les ossements et le sang des Centrafricains. Manipulant à gauche et à droit, ses valets sont désormais bien identifiés et bien connus en RCA.

 

Julien BELA

 

 

 

CRISE EN RCA ET IMPORTANCE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE POUR REDUIRE LE CHOMAGE DES JEUNES (SUITE ET FIN)

L’occupation par le travail est une source de revenus et de bien-être (quelqu’un qui ne travaille pas ne peut pas avoir des ressources pour assurer son bien-être). Donc le travail est le facteur de valorisation de soi (il donne à l’individu une dignité et un statut social). A cet effet, la qualification professionnelle est la condition sine qua non pour trouver un travail décent. Mais il nous faut quels types de formation professionnelle ?

La formation pratique qualifiante de courte durée avec accès sur des métiers porteurs et selon la complexité des métiers, leur durée peut varier de trois (3), six (6), neuf (9) à douze (12) mois. D’où la méthodologie doit être essentiellement basée sur l’apprentissage par compétence et l’alternance, avec le ratio du temps de formation qui pourra se situer entre 75 % de pratique et 25 % de théorie. Mais il peut y avoir d’autres variations selon les métiers.

Le processus de mise en œuvre doit répondre aux exigences suivantes : identifier les métiers porteurs ; élaborer les référentiels pour chaque métier (référentiels activités, compétences, formations et certifications) ; sélectionner les opérateurs de formation (maîtres artisans) ; créer le vivrier de maîtres d’apprentissage issus des différents milieux professionnels devant jouer un rôle pédagogique dans les ateliers accueillant les apprenants ; créer les ateliers mobiles de formation pour faire face au manque d’équipements généralement constaté dans la plupart des centres de formation, et aussi pour assurer une formation de proximité ; et mettre en place le dispositif d’accompagnement à l’insertion socioprofessionnelle. Et les problèmes à résoudre ?

Il faut créer dans les grandes villes du pays des centres de formation pour accueillir des milliers de jeunes ex-combattants et autres sans qualifications requises, en les dotant avec des équipements de formation pour divers métiers porteurs d’avenir et de bien-être social. A cet effet, il faut prendre des  mesures d’accompagnement des ex-combattants et autres jeunes désœuvrés formés pour leur réinsertion durable.

Nous précisons que la formation professionnelle est un levier très important dans le processus de réinsertion des ex-combattants. Elle permet non seulement de transmettre un savoir-faire aux jeunes mais aussi d’offrir à ceux-ci un métier afin qu’ils trouvent un travail décent pour leur permettre de gagner honnêtement leur vie.

Le Petit YEKOA

 

 

 

QUARTIER COMBATTANT : UN QUADRAGENAIRE VIOLE UNE FILLETTE DE 7 ANS

La Société centrafricaine continue de vivre des actes inhumains quoique cette dernière tente de se rationnaliser. Dans les provinces y compris même à Bangui la capitale, la loi continue d’être transgressée. Alors que le quartier Combattant situé dans le 8ème arrondissement de la ville de Bangui reprenait sa tranquillité et que les femmes, les hommes, les enfants vaquaient tranquillement à leur activité, un quadragénaire, poussé par des pulsions sexuelles, viole une petite fille âgée de 7 ans.

Il était 14 heures le lundi 08 octobre dernier lorsque la petite fille, revenue de l’école, se trouvait seule à la maison. Ses parents étant absents de la maison, l’homme en a alors profité de cette absence pour commettre son forfait. L’homme aurait tout planifié d’après le déroulement des faits. En effet, sous la chaleur ardente des rayons solaires de ce lundi qui écrasaient le crâne, la petit fille a préféré se mettre du côté de la cour commune qui réunit deux ménages. L’homme en question appelle la fille qui répond avec un profond respect. Ce dernier lui remet une pièce de 100 F et lui demande d’aller lui procurer de la cigarette pour 50 F et de garder le reste. La petite fille n’a pas tardé à honorer la commission de l’homme en question. Or l’homme, vit en solitude et partage la même cour avec les parents de la fillette.

De retour de la commission, la fillette constate que la cour commune était déserte. De l’intérieur de la maison, retentit la voix de l’homme qui lui demande de passer lui remettre les bâtons de cigarette dans la chambre. Naïve, la petite fille se précipite vers la chambre pour subir l’une des plus dures atrocités au monde : le viol. Une fois à l’intérieur, l’homme se précipite pour fermer les portes et viole la fille. Cette dernière n’a pu crier au départ du fait que le quadragénaire exerçait sur elle un trafic d’influence. Mais la petite, vue les douleurs, hurlait d’une voix faible. Après avoir commis son viol, le quadragénaire sort et disparait comme de la fumée. C’est alors que la petite fille a commencé à  gémir. Une voisine du quartier essaie de reconnaître la voix et rentre aussitôt dans cette chambre sombre. Les rayons solaires qu’elle venait de quitter l’empêchaient de bien regarder à l’intérieur de la chambre. Ouvrant la pièce, la femme découvre le drap blanc sur lequel s’était allongée la petite fille, jambes écartés, les crampes étaient au rendez-vous. Le drap était maculé de sang qui ne cesse de couler abondamment du sexe de la fillette.

Alertés, les jeunes du quartier se sont mis aux trousses du bourreau. Puis vers 18 heures, après 4 heures de recherches acharnées, les jeunes parviennent à le retrouver : c’est le FBI en Centrafrique. Ces jeunes l’ont trimbalé jusqu’au lieu du crime, plus précisément à Sa-wena, un petit secteur au quartier. Puis la police est venue et a mis la main sur ce bourreau.

Le quartier combattant est tristement célèbre à cause de l’incivisme qui y bat record. Ce crime témoigne à quel point ce quartier mérite une attention particulière des autorités en charge de la sécurité. Les raisons de cet acte barbare et ignoble comme le dénoncent certains habitants du quartier sont encore inconnues. S’agit-il d’une pratique occulte ou bien d’une pulsion sexuelle déréglée ? En tout cas, c’est à la police d’éclairer notre lanterne sur cette affaire

Jean-Max-Delouga.

 

 

COMMUNE DE BEGOUA : UN HOMME TENTE DE BRULER VIVE SA MERE

Une mère est unique, inamovible, irremplaçable. Nombreux sont ceux qui pleurent et regrettent la disparition de leur mère. D’autres encore n’ont pas eu le luxe suprême de voir leur mère de son vivant. Mais certains ne reconnaissent pas la valeur d’une mère.

Un homme, reconnu pour son irascibilité par son entourage, décide de mettre un terme à la vie de sa mère. L’acte s’est produit la semaine dernière dans la commune de Bégoua. L’homme, d’après son entourage, a une mentalité douteuse. En effet, celui-ci prend régulièrement de la drogue. Ce dernier, de part son portrait que nous a dressé son entourage, a constamment les yeux rougeâtres, une voix enrouée et une corpulence très musclée.

La scène s’est produite en pleine journée. L’homme en question est sorti très tôt le matin pour aller chercher de l’eau. Une fois fait, ce dernier met le sceau au soleil pour rendre l’eau un peu tiède. Quelque temps après, il s’en va vaquer à ses occupations. A 10 heures, l’homme rentre pour se doucher afin de repartir à son boulot. A sa grande surprise, il se rend compte que le sceau contenant de l’eau est vide. Aussitôt, ce dernier commence  à lever le ton sur sa mère : une triste réalité. Or, sa mère a commencé à l’élever  toute seule depuis l’âge de 7 ans. Sa maman le prie de la laisser aller lui chercher de l’eau pour se doucher. Ce dernier s’entête et réclame de l’eau chaude à l’instant. La maman ne sachant quoi faire, tente vainement de calmer son fils qui a commencé à la tabasser. Les pleurs de sa mère n’ont pas fondu son cœur. Pendant que ce dernier tente d’asperger le corps de sa mère de l’essence, le voisinage apparaît : des véritables envoyés du ciel, un secours divin pour échapper au démon.

Le voisinage, une fois en place, sauve de justesse cette femme de la cruauté de son fils. L’on raconte que les relations de cette femme avec son fils ont toujours été belliqueuses. De tels fils ne méritent-ils pas des châtiments de la justice des hommes et de Dieu ?

 

Jean-Max DELOUGA

 

 

 

CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU : A QUAND LA LEVEE TOTALE DE L’EMBARGO SUR LES ARMES ET MINUTIONS A DESTINATION DE LA RCA ?

Imposé par le Comité de Sanction du Conseil de Sécurité (CS) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), en 2014, l’embargo sur les armes et minutions de guerre ainsi que d’autres effets militaires à destination de la RCA, n’est pas encore totalement levé. Et ceci malgré le retour du pays à l’ordre Constitutionnel depuis le 30 mars 2016. Et pourtant, le peuple centrafricain et ses dirigeants dont le président de la République Touadéra en tête, n’ont cessé de faire des plaidoyers auprès du CS de l’ONU, pour obtenir la levée de cet embargo. Un vœu pieux des Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, exprimé clairement par le président Touadéra, à la tribune de l’ONU, lors de sa 73ème Assemblée Générale (AG) à New York aux Etats-Unis. Pour nous, nous disons que le maintien de l’Embargo est un grave handicap pour la restauration de l’autorité de l’Etat et la protection des civils en RCA. D’ailleurs, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont en pleine phase de leur refondation (formations théoriques et pratiques) par l’EUTM-RCA et les instructeurs militaires russes. Car il nous faut une armée nationale véritablement républicaine, pour protéger tout le peuple et les institutions de la République, et défendre l’intégrité du territoire national. Il est à remarquer que les éléments des FACA formés et déployés dans sept (07) villes du pays, font un travail remarquable sur le terrain, apprécié par le peuple centrafricain, la Minusca et l’ensemble de la Communauté internationale. C’est pourquoi nous disons qu’il n’y a aucune raison justifiée, fondée et valable aujourd’hui, pour le CS de l’ONU de maintenir l’embargo sur les armes, minutions et autres effets militaires à destination de la RCA. Dans le cas contraire, ne nous voilons pas la face, le CS de l’ONU ne veut pas que la RCA dispose de sa propre armée nationale, car il la prive de facto de l’un et pas des moindres, de ses attributs de souveraineté.

Le Petit YEKOA

 

 

 

Le Japon et le PNUD soutiennent la résilience et la stabilisation

socio-économique des personnes vulnérables de Batangafo

 

Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) et le gouvernement du Japon ont signé ce 7 octobre à Yaoundé une convention pour le projet « Soutien aux activités génératrices de revenus durables des personnes vulnérables de la ville de Batangafo ». Ce projet sera financé à hauteur de plus d’1 milliards de FCA. C’est ce qui ressort d’un communiqué  de presse y relatif.

La signature de cette convention s’est déroulée au siège du PNUD au Cameroun, à Yaoundé, en présence de l’Ambassadeur du Japon, S.E.M. Kunio Okamura, du Conseilleur Culturel de l’Ambassade de la République Centrafricaine au Cameroun,  Jean Baptiste Zinai et du Directeur-Pays du PNUD en RCA, Mathieu Ciowela.

Selon le communiqué de presse, le projet vise à créer la résilience et la stabilisation socio-économique pour les centrafricaines vulnérables de la ville Batangafo, située dans le nord-ouest du pays, en fournissant un environnement favorable qui permet en particulier aux jeunes à risque (y compris les personnes déplacées et ex-combattants) de se relever et développer leurs activités génératrices de revenu. Le projet cherche à éviter que la situation sociale se détériore.

« Par cette signature, le Gouvernement du Japon mobilise 2,2 millions de dollars américains soit environ 1,23 milliard de FCFA pour ledit projet. Cette contribution est entre autres un témoin de la solidarité du peuple japonais auprès du peuple centrafricain. Cela permettra d’apporter des réponses concrètes à la réinsertion socio-économique des populations de Batangafo telles que, la création d’activités génératrices de revenus, la vulgarisation de l’alphabétisation et la réhabilitation des infrastructures publiques », précisé le communiqué.

Le projet va également introduire la méthode des « 5S-Kaizen », technique de gestion japonaise visant à « l’amélioration continue » (Kaizen en japonais) des tâches effectuées dans les entreprises. Il est élaboré dans le cadre du système de production de Toyota.

C’est depuis 2014 que le Gouvernement du Japon et le PNUD RCA renforcent leur collaboration.  Environ 72000 personnes ont indirectement bénéficié de cette collaboration qui a déjà mobilisé presque 6 millions USD dans des projets qui touchent plusieurs domaines tels que la justice, les élections, la réintégration socio-économique, la cohésion sociale, le développement local et la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

RJDH

 

 

LA CHRONIQUE DE PIERRE GANZ : SUR LES CONSEILS DE PRESSE

Il existe une centaine de conseils de presse dans le monde. Tous ont vocation à traiter de déontologie et à arbitrer les débats d’éthique professionnelle. Leur nécessité est de plus en plus grande alors que le public proclame se méfier des médias. Cette crise de confiance dans l’information a des répercussions sur le fonctionnement de la démocratie et contribue à la montée des populismes. Un conseil de presse indépendant peut être un des outils d’un retour de la confiance dans les médias.

Un conseil de presse efficace est un conseil de presse crédible. C’est à dire indépendant. Des instances créées de toute pièce par les pouvoirs publics et rattachées au gouvernement font souvent passer l’adéquation des contenus aux vœux du pouvoir avant le respect des bonnes pratiques. D’autres, autonomes, qui accueillent professionnels, public et représentants du gouvernement - par exemple du ministre de la communication - peuvent faire du bon travail ponctuellement. Mais il est à craindre que la voix des ministères, donc des considérations partisanes, pèsent lourd dans les délibérations. L’indépendance de ces instances doit être réelle, dans le choix de ses membres, dans son organisation, dans son financement. Sur ce dernier point, les professionnels, éditeurs et journalistes, et les citoyens, doivent cotiser, même si sous certaines conditions un financement public peut venir compléter le budget.

Un conseil de presse doit réunir toutes les parties intéressées à une information honnête du public : les éditeurs, quelque soit le choix de leurs actionnaires, les journalistes, qui ne changent pas de déontologie en passant d’un média à un autre, et le public, qui est le premier concerné et pour lequel travaillent les professionnels. Il n’est plus possible en effet, pour une profession qui exige des corps constitués une transparence quasi totale et un dialogue réel avec le public, de plaider pour la seule “juridiction des pairs”.

La présence de membres extérieurs à la profession contribue à accréditer l’indépendance du conseil de presse et à crédibiliser ses décisions. Ils sont perçus comme l’antidote aux tentations corporatistes dans la réponse aux plaintes du public. Une enquête menée il y a quelques années auprès de conseils de presse par l’Association pour la préfiguration d’un conseil de presse en France (APCP) soulignait que ces représentants « apportent d’autres perspectives dans les discussions, différentes de celles des professionnels et des experts » et « qu’ils enrichissent les débats ».

S’il est assez facile d’organiser la représentation des éditeurs et des journalistes, il est plus délicat de désigner les représentants du public. Certains conseils de presse cooptent des personnalités, par exemple des juristes, des sociologues, des enseignants, des politistes, qui ont une compétence sur la question des médias. D’autres sélectionnent ces représentants du public parmi les candidatures proposées par des institutions ou des associations. D’autres procèdent par appel public à candidature. Certains enfin posent des interdits pour représenter le public : pas d’officiels gouvernementaux, ni de militants politiques, pas de personnes impliquées dans les médias.

Il importe, pour éviter les craintes infondées et les faux procès, de réaffirmer qu’un conseil presse ne s’intéresse qu’au processus de fabrication d’une information. Tout professionnel fait la différence entre déontologie et ligne éditoriale. Celle-ci est définie par l’équipe rédactionnelle sous l’autorité du directeur de la publication et de la rédaction en chef. Elle appartient en propre à chaque média. Elle est déterminée en fonction de valeurs ou de choix philosophiques, religieux, ou politiques, ou encore selon le public que l’on veut atteindre.
Un conseil de presse n’a rien à en dire. Il ne rentre pas dans les débats internes aux médias sur le choix des sujets, des angles, des invités reçus, des publics visés. Il ne dit pas ce qui est politiquement ou moralement correct. Il ne considère que le respect des règles de l’art : informer dans l’intérêt du public, croiser les sources pour établir les faits, donner la parole aux mis en cause, respecter la vie privée et de la dignité des personnes, éviter tout conflit d’intérêt. Cette déontologie est la même qu’on travaille pour la télévision de service public ou pour une feuille d’opposition. Elle est commune à tous les professionnels, comme le savoir faire et les outils de l’artisan sont les mêmes, qu’il œuvre à une « Pietà » ou à « L’origine du Monde ».

Le conseil de presse peut être le lieu où réfléchir « à froid » aux questions éthiques posées par les évolutions technologiques ou certains événements. Plusieurs ont pris l’habitude de publier des recommandations, par exemple sur l’usage des réseaux sociaux, l’information relative aux personnes étrangères ou d’origine étrangère, la couverture de campagnes électorales, de situations extrêmes comme une catastrophe ou un attentat, ou plus fréquentes comme des obsèques.

Les plaintes adressées au conseil de presse ne peuvent porter que sur le viol des règles de l’art : déformation volontaire des faits, non vérification d’une source, trucage d’une image, traduction qui trahit un propos, identification d’une personne privée sans intérêt pour l’information du public, incitation à la haine ou à la violence etc. Dans cet esprit, toutes les plaintes ne deviennent pas des saisines. Beaucoup sont écartées car ne concernant pas la déontologie, mais la ligne éditoriale du média visé.

L’instruction des plaintes retenues doit être rigoureuse et contradictoire ; les délibérations ne doivent porter que sur les pratiques professionnelles. La plupart des conseils de presse ne prononcent que des sanctions morales. Et il est inquiétant de noter que ceux qui prononcent des amendes voire des interdictions temporaires de parution - souvent synonymes de mort du média - sont les conseils de presse rattachées plus ou moins directement à un gouvernement.

On dira qu’une sanction morale est peu efficace. Mais la fonction de blâme public est d’abord pédagogique. C’est au fil du temps tout une jurisprudence qui s’établit. A partir de cas analysés, sanctionnés ou non, et des recommandations générales, toute une profession est invitée à réfléchir sur certaines pratiques et à ne pas les reproduire.

Pierre Ganz, Presse Francophone

 

 

 

 

 

 

RENOUVELLEMENT DU BUREAU INTERNATIONAL DE L’UPF

 

Les 47ème assises seront l’occasion de la tenue de l’assemblée générale annuelle qui cette année, conformément aux statuts de l’Union Internationale, donneront lieu à une élection visant à renouveler les membres du bureau, dont le mandat de deux ans vient à expiration.

Les candidatures étaient reçues jusqu’au 1er octobre.

En voici la liste :

Président : (un poste à pourvoir) .Madiambal Diagne

Vice Présidents : (quatre postes à pourvoir). Aimé Robert Bihina , Jean Kouchner, Cyr Marc Koutekissa, Meriem Oudghiri, Jean Claude Rodes, Jean-Pierre Molliet

Secrétaire général(e) : (Un poste à pourvoir). Zara Nazarian, Cécile Vrain

Trésorier (ière) : (un poste à pourvoir). Margareta Stroot

 

*********Presse Francophone ************

 

 

LA COUR PENALE SPECIALE ET LA QUESTION DE LA POURSUITE DES ENFANTS-SOLDATS

Dans un contexte où la Cour Pénale Spéciale se met en place progressivement pour juger et condamner les auteurs, co-auteurs et complices des plus graves crimes commis sur le territoire centrafricain depuis le 1er janvier 2003 à ce jour, beaucoup de gens s’interrogent sur la situation des enfants mineurs qui sont enrôlés dans ces mouvements rebelles.

«Les enfants associés aux  forces ou groupes armés ne seront pas poursuivis devant la Cour Pénale Spéciale. Ces enfants sont d’abord des victimes, parce qu’ils sont enrôlés contre leur volonté dans les groupes armés », a annoncé le procureur spécial adjoint de la CPS, Alain Ouaby  Bekaï.

Dans un document rendu public en 2017, l’UNICEF a mentionné que la crise qu’a connue la RCA, a fait plus de 13.000 enfants associés aux groupes armés dont 30% de filles qui ont été libérées de ces groupes rebelles. 70% de ces enfants ont bénéficié des activités  économiques, agricoles et scolaires, dans le cadre de leur réintégration dans la société.

En vertu des principes de Paris, adoptés en 2007 sous l’égide  de la France et de l’UNICEF, les enfants accusés d’avoir commis des crimes de droit international, alors qu’ils sont associés à des forces ou groupes armés, doivent être considérés comme les victimes du droit international et non pas seulement comme des présumés auteurs des infractions. Les enfants associés aux groupes armés sont davantage considérés comme des victimes utilisées par des adultes. Par conséquent, ils seront traités dans un cadre de justice réparatrice et de réinsertion.

Le magistrat Jocelyn Ngoumbango a expliqué que la CPS ne va pas poursuivre les enfants associés aux groupes armés, en ce sens que tout ce qui est enfant est considéré comme des êtres un peu spéciaux. «La RCA a signé la convention de Paris qui considère les enfants associés aux groupes armés comme des victimes et non des bourreaux. En ce sens, ils ne disposent pas de toutes les facultés pour discerner le bien du mal. D’ailleurs, non seulement ces enfants sont enrôlés dans les groupes armés contre leur volonté, mais parfois ils sont drogués. Par conséquent, tous les actes qu’ils posent ne peuvent leur être imputés », a-t-il martelé

Il est clair que « la CPS ne va pas poursuivre les enfants associés aux groupes armés pour la simple raison qu’ils  font partie prenante de cette convention de Paris. En outre, la convention internationale  a une valeur supranationale.  Alors que la CPS fonctionne sur la base de la loi nationale », a conclu le magistrat Jocelyn Ngoumbango.

L’UNICEF avec des partenaires prend en charge provisoirement  ces enfants dans les centres de réinsertion scolaire ou dans le monde du travail, voire dans les familles d’accueil. Les leaders des groupes armés doivent cesser d’enrôler et d’utiliser les enfants comme des domestiques ou des esclaves sexuels. De tels actes constituent des violations graves des Droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

Bénistant MBALLA

 

BERNARD BAJOLET : EN ALGERIE, « LA CORRUPTION TOUCHE JUSQU’AU SOMMET DE L’ETAT »

L'ex-patron de la DGSE, Bernard Bajolet, a fait scandale en Algérie en parlant de « momification du pouvoir ». Celui qui fut aussi l'ambassadeur de France à Alger revient pour jeune Afrique sur sa vision des relations franco-algériennes.

Dans une brasserie du 8e arrondissement parisien, Bernard Bajolet, ex-ambassadeur de France et ancien patron de la DGSE, enchaîne les interviews pour la promotion de ses mémoires Le soleil ne se lève plus à l’Est (Plon). Ce livre, ainsi que les déclarations de Bajolet sur la santé défaillante du président algérien Abdelaziz Bouteflika, ont suscité émoi et polémiques en Algérie où ce chef espion français a servi entre 2006 et 2008.

Prudent dans ses propos – il ne « veut pas en rajouter », précise-t-il -, Bajolet revient ici ses déclarations sur l’état de santé de Bouteflika, aborde la question de la mémoire commune et livre ses impressions sur ce pays qui le passionne encore.

Jeune Afrique : Vous avez récemment déclaré que le président Bouteflika est « maintenu en vie artificiellement ». Est-ce une une simple figure de style ou le propos d’un diplomate bien renseigné ?

Bernard Bajolet : Ce que j’écris sur l’Algérie dans mon livre ne relève pas de la diplomatie : j’y appelle un chat un chat. Je ne représente pas le gouvernement français, ni ne parle en son nom. D’ailleurs, l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, a tout à fait raison de dire que je ne m’exprime pas au nom du gouvernement.

Je ne suis mandaté par personne, il s’agit d’appréciations personnelles. Désormais libéré de mes obligations au service de l’État, j’use de ma liberté de parole, sauf quand il s’agit de questions relatives au secret-défense.

Diplomate, homme du renseignement, vous vous attendiez tout de même à ce que vos propos sur la santé du chef de l’État algérien fassent polémique…

Cela ne m’a pas surpris, mais je pensais que les réactions seraient d’un meilleur niveau. Cela ne me touche pas qu’on me traite de « petite barbouze » ou de « mercenaire déguisé en diplomate ». Je préfère ne pas commenter…

Il existe un décalage entre cette Algérie jeune et cette technostructure qui n’a pas changé depuis plusieurs décennies

Vous avez évoqué la « momification » du pouvoir en Algérie. Que vouliez-vous dire ?

J’évoquais le contraste, saisissant, entre un pays jeune, dont la jeunesse dispose globalement d’un très bon niveau d’éducation et des dirigeants politiques en profond décalage par rapport au pays réel. Je suis frappé par ce système de représentation, qui semble en panne.

Il existe un décalage entre cette Algérie jeune, éduquée, dynamique, qui a beaucoup de mal à trouver du travail et doit souvent s’expatrier, et cette technostructure qui n’a pas changé depuis plusieurs décennies.

En quittant l’Algérie en 2008, vous écriviez que le pays était frappé d’une sorte de malédiction : riche de ses sous-sols mais rendue malade par cette nomenklatura indéboulonnable. Diriez-vous la même chose aujourd’hui ?

Je fais toujours mienne cette analyse formulée lorsque j’étais encore ambassadeur. J’ai repris ces notes en 2012 pour alimenter les réflexions et analyses de François Hollande, quand il a été élu président.

Mon sentiment profond est que la situation n’a pas changé. Le constat sur la corruption qui touche jusqu’au sommet de l’État – que j’évoquais dans un télégramme qui a été divulgué par WikiLeaks – n’a pas fondamentalement changé.

Diriez-vous qu’elle a empiré ?

Les richesses enfouies dans le sous-sol, qui ne sont pas éternelles, diminuent. J’ai même entendu des hauts responsables algériens affirmer que les exportations pétrolières pourraient cesser à partir de 2030. Cela voudrait dire que les recettes d’exportation vont baisser, tandis que les besoins de la population augmentent.

Pour l’instant, les efforts destinés à diversifier l’économie n’ont pas abouti. Les infrastructures, essentiellement réalisées par des entreprises étrangères à des coûts supérieurs à ce qui serait justifié, n’ont pas eu un effet d’entraînement sur l’économie. Le secteur privé, susceptible d’apporter une diversité économique, ne s’est pas développé.

© Sophie Garcia/hanslucas.com pour JA

À aucun moment la France n’a offert aux Algériens un statut équivalent à celui des Français

Que manque-t-il à l’Algérie pour devenir un pays émergent ?

Lors du premier séjour que j’y ai effectué, dans les années 1970, j’étais irrité qu’on mette tous les malheurs de ce pays sur le compte de la France. À mon retour, en 2006, j’étais un peu plus nuancé. La France n’a rien fait pour aider l’Algérie à décoller. À aucun moment elle n’a offert aux Algériens un statut équivalent à celui des Français.

L’administration coloniale s’est imposée sans intégrer les Algériens et sans les préparer à gérer un État par la suite. Quand la France est partie, en 1962, il n’y avait plus d’État. Ceci est un énorme handicap qui continue, même cinquante ans plus tard, à produire des effets.

Sur ce point, les Algériens n’ont pas tout à fait tort, même si la mise en cause de la France dissimule une volonté de jouer sur l’hostilité à l’ancienne puissance coloniale pour légitimer le pouvoir en place.

Certains Algériens reprochent aux officiels français une certaine complaisance à l’égard d’Alger. Ils citent, par exemple, François Hollande, qui utilisait le mot « alacrité » pour parler du président Bouteflika, alors que celui-ci est gravement handicapé. Comprenez-vous ces reproches ?

Les Français ont du mal à s’exprimer sur ces sujets sensibles, compte tenu du passé. Sur le plan diplomatique, ils restent extrêmement prudents.

On a pu constater la très grande sensibilité des Algériens, notamment en 2008, quand un diplomate a été arrêté et poursuivi par la justice française avant qu’on se rende compte que c’était une erreur. Les relations ont été gelées pendant deux  ans. Complaisance, je ne sais pas. Mais sur le plan diplomatique, on reste très très prudent.

L’ex-président Jacques Chirac disait que les relations entre Paris et Alger sont « foiroteuses ». Comment les qualifieriez-vous ?

Elles sont toujours extrêmement sensibles, sujettes à des fluctuations de grande ampleur. Depuis toujours elles sont sinusoïdales. Pour ma part, j’ai recommandé à François Hollande une politique des petits pas : ne pas chercher à faire de grandes choses, comme ce « traité d’amitié » proposé par Jacques Chirac en 2003. À l’époque, nous n’étions pas mûrs, ni d’un ni de l’autre. J’ai l’espoir que les nouvelles générations seront capables d’accomplir ce dont nous et nos prédécesseurs n’ont pas été capables.

Vous dites que le travail de mémoire doit être bilatéral, ajoutant que pour le moment, la France aurait fait l’essentiel du chemin. Qu’est-ce que les Algériens devraient faire de leur côté ?

 

(Suite au prochain N°) Jeune Afrique

 

 

 

La France en a fait davantage en tant qu’ancienne puissance coloniale. Mais je signale aussi que les pieds-noirs ont toujours été bien reçus en Algérie, où certains sont d’ailleurs restés. Même les appelés français qui ont fait la guerre d’Algérie y sont bien accueillis quand ils reviennent – parfois avec leurs enfants.

Quand je leur ai transmis des demandes particulières sur des sujets sensibles, les Algériens ne m’ont jamais dit non. Cela étant, il serait souhaitable que les archives du Front de libération nationale (FLN) soient ouvertes, dans la mesure où nous avons ouvert les nôtres.

Les autorités algériennes souhaitaient devenir dépositaires des archives françaises de l’époque coloniale. Nous avions refusé car celles-ci sont des archives de souveraineté. En revanche, nous étions prêts à fournir à Alger les fac-similés ou copies de ces documents. Après un long débat, un accord a fini par être trouvé. Tout finit par trouver une solution mais cela prend parfois du temps.

La France devrait-elle présenter des excuses officielles sur les crimes coloniaux pour clore ce chapitre ?

Je ne pense pas que ce genre de situations serait résolu par l’humiliation de l’une ou l’autre partie.

J’ai toujours été franc avec le président Bouteflika… et réciproquement

Durant vos échanges avec le président algérien, l’avez-vous jamais entendu formuler cette revendication ?

Cette demande ne m’a jamais été présentée par les autorités algériennes. Quand le président Sarkozy s’est rendu en Algérie en juillet 2007, il a déclaré qu’il n’était pas venu y présenter des excuses. Mais personne ne le lui avait demandé, ni avant ni sur place.

J’estime qu’il faut assumer l’Histoire : savoir reconnaître ce que l’on a fait sans arrogance ni condescendance, en évitant une approche comme : « Vous restez traumatisés, nous allons vous dire des choses gentilles pour apaiser vos maux. » Le respect, c’est aussi la franchise. J’ai toujours été franc avec le président Bouteflika… et réciproquement.

En 2006, le président Chirac vous aurait confié qu’on était à deux doigts d’aboutir à un accord entre le Maroc et l’Algérie sur la question du Sahara occidental mais que les Marocains l’auraient fait capoter. Que s’est-il passé au juste ?

(Suite au prochain numéro)

Jeune Afrique

Je ne l’ai jamais su. Tout ce que je sais, c’est que Jacques Chirac était plutôt remonté contre le ministre marocain des Affaires étrangères de l’époque.

Alger reproche pourtant à Paris de s’aligner sur la position marocaine concernant ce dossier…

Bien sûr, et ce n’est pas faux. Les Algériens nous reprochent de toujours défendre la position marocaine, que m’a d’ailleurs dit dès le départ le président Bouteflika, sans animosité aucune. Je ne pouvais pas lui donner totalement tort. Je lui ai répondu qu’il ne s’agissait pas d’un parti pris mais de la conviction, en France, que l’affaire du Sahara était plus vitale pour le Maroc, plus importante pour sa stabilité, que ce n’était le cas pour l’Algérie.

Il ne l’a pas démenti, tout en m’indiquant qu’il n’y aurait pas de lune de miel avec le Maroc ni de Maghreb arabe si cette question ne trouvait pas une solution équitable.

Jeune Afrique

 

 

 

 

10 octobre, JournEe mondiale contre la peine de mort. Pour une JournEe nationale A vocation pEdagogique.

Opinion internationale rappelle que la proposition de loi d’une Journée nationale pour l’abolition universelle de la peine de mort navigue toujours entre le Sénat et l’Assemblée nationale. Et si le Parlement l’adoptait enfin ?

Le 10 octobre, c’est la Journée mondiale contre la peine de mort, que nous avons initiée en 2003.

La France vient de commémorer les soixante ans de la Constitution de la Vème République. Parmi les nombreuses révisions qui ont certainement contribué à sa stabilité, rappelons que le Président Chirac – qui avait voté l’abolition en 1981 – ajoutait un double verrou à l’édifice abolitionniste, attendu de longue date, à la toute fin de son second mandat présidentiel : en février 2007, il convoquait le Congrès de la République qui modifia, à une très large majorité, la Constitution et inscrivit dans son article 66-1 titre VIII consacré à l’autorité judiciaire, en France, « nul ne peut être condamné à la peine de mort ».

Pour la petite histoire, c’est Pascal Clément, celui-là même qui, jeune député en 1981, avait répondu à Robert Badinter en défendant le maintien de la peine de mort, qui officia à cette réforme constitutionnelle en 2007 comme Garde des Sceaux. Pascal Clément expliqua son changement de point de vue, comme beaucoup de Français, quelques semaines plus tard, lors du 3ème Congrès mondial contre la peine de mort à Paris. Discours utile et courageux pour convaincre les pro-peine de mort, encore nombreux voire majoritaires dans le monde.

Face à la montée des populismes dans le monde, il est bon de rappeler que la France et l’Union Européenne sont des pays abolitionnistes sur un total de plus d’une centaine dans le monde. Le consensus politique est très large de la gauche à la droite de la vie politique française et européenne.

Si quelques dizaines d’élus de droite se disent toujours favorables à son rétablissement en cas de meurtre d’enfants ou de policiers, seul le Rassemblement national est, en tant que parti, favorable à un référend

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