Tous les infos du Mardi 03 Oct 2017

Cmn 2563 du mar 03 oct 2017

EMMANUEL MACRON, « LA FRANCE A BESOIN D’UN ETAT FORT » : LE GOUVERNEMENT SARANDJI EST AVERTI ET DOIT PASSER A LA VITESSE SUPERIEURE, SINON ...

Le président français, Emmanuel Macron s’est entretenu la semaine passée avec son homologue centrafricain, professeur Faustin Archange Touadéra. Il a profité de l’occasion pour lancer un message fort aux autorités centrafricaines. Selon lui, « la France a besoin d’un Etat fort ». Autant dire que la responsabilité première de rétablir la paix, la sécurité, le vivre ensemble et la réconciliation nationale sur l’ensemble du territoire de la République Centrafricaine incombe aux autorités du pays et non à la France ni aux Etats étrangers qui viennent aider les centrafricains à sortir du bourbier.

« La crise est centrafricaine », disent certains acteurs de la vie politique centrafricaine. Faut-il dans ce cas d’espèce aller chercher la solution ailleurs ? Non. L’origine de la pire crise enclenchée en décembre 2012 par l’ex-coalition Séléka et qui continue de faire de nombreuses victimes ne date pas d’aujourd’hui. Cela remonte aux différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête de l’Etat centrafricain avec la gestion scabreuse, scandaleuse, bref, la mauvaise gouvernance.

Il est certes vrai que certains pays étrangers, notamment la France a contribué à la déstabilisation de la République Centrafricaine à travers des mutineries et coups d’Etats dont le dernier est celui de la coalition Séléka de Michel Djotodia. C’est ce que le monde entier reconnaît aujourd’hui. La dernière déclaration fracassante est celle du député français André Chassaigne, mettant formellement en cause la France d’être à l’origine des multiples coups d’Etats et rébellions survenus en RCA. Il ne faut pas perdre de vue que la France n’agit pas souvent seule pour mettre en exécution ses projets de déstabilisation des différents régimes qui se succèdent à la magistrature suprême de l’Etat centrafricain.

Les leaders politiques, les opérateurs économiques et hommes d’affaires centrafricains ont  contribué eux aussi à la déstabilisation de leur propre pays. Pour un rien, il faut toujours faire un recours aux armes, en sollicitant le concours des Etats voisins pour s’accaparer du  pouvoir par la force. Et nos voisins en ont profité pour connaître notre faiblesse et nous imposer leur propre volonté. A titre d’illustration, c’est François Bozizé qui a fait venir pour la première fois les mercenaires Tchadiens et Soudanais en République Centrafricaine pendant sa rébellion qui l’a conduit à la prise du pouvoir par la force le 15 mars 2003. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes mercenaires déportés par Bozizé qui font la pluie et le beau temps en tuant, incendiant, pillant et exploitant frauduleusement les ressources naturelles du pays. Pourquoi accusons-nous la communauté internationale, alors que les pires bourreaux du peuple et ennemis de la République sont encore vivants ?

Le monde entier bouge aujourd’hui aux bruits des mouvements terroristes, des crises militaro politiques, des tremblements de terre. La France a subi à maintes reprises des carnages suite aux actions terroristes. Le Mali, le Burkina-Faso, le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Cameroun, le Sud-Soudan, les deux Congo et la liste est non exhaustive, traversent des crises avec des conséquences extrêmement graves sur la vie des populations. Chaque président européen, américain, asiatique, africain…, se bat pour faire face aux difficultés que traverse son pays. Le président Américain, Donald Trump, s’acharne contre le phénomène de la migration sur son territoire ; en France, Emmanuel Macron lutte contre le phénomène du terrorisme. C’est dans ce sens qu’il a affirmé au chef de l’Etat centrafricain que la France a besoin d’un Etat fort.

La crise centrafricaine perdure et semble être oubliée parce que les autorités du pays dorment les yeux ouverts. Depuis bientôt deux (02) ans, après les brillantes élections de 2015-2016, la RCA ne fait que tourner en rond à cause du manque de volonté politique des hautes autorités de l’Etat. Le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji ne maîtrise rien en matière de politique pour gérer cette profonde crise qui continue d’ébranler de jour en jour les fondements de la République. A peine mis en place, il ya de cela quelques semaines, le gouvernement Sarandji 2 vogue au gré du vent. Un gouvernement moribond et qui n’a ni vision ni esprit d’invention et de créativité, n’en est pas un.

Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RCA, Parfait Onaga-Anyanga a déclaré l’autre jour que l’embargo n’empêche pas la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines. Une manière de dire que la tâche incombe aux autorités centrafricaines de chercher par tous les voies et moyens à réhabiliter l’armée nationale. Qu’a fait concrètement Sarandji en matière de la sécurisation du peuple et de la patrie contre les exactions des groupes armés depuis qu’il est nommé premier ministre ? Pourtant, c’est le premier ministre qui doit mettre en exécution la feuille de route du président de la République.

Touadéra au siège des Nations Unies à New-York a survolé les questions fondamentales, celles du désarmement des groupes armés et de la levée immédiate et sans condition de l’embargo devant permettre la réhabilitation de toutes les forces de défense et de sécurité intérieure.  Pourquoi a-t-il sollicité l’augmentation de l’effectif des casques bleus de la Minusca ? 12.500 casques bleus déployés dans le pays, c’est largement suffisant pour protéger la population et sécuriser l’ensemble du territoire. Mais c’est la volonté politique qui manque. Et nous comprenons pourquoi les groupes armés montent en puissance et continuent de se ravitailler en armes et munitions sous la barbe de la Minusca. De Bangassou à Zemio, en passant par Mobaye, Alindao, Bocaranga, Ngaoundaï et Koui, la population civile en sait quelque chose de la manipulation des casques bleus. Et faut-il dans ce cas de piètre figure continuer de solliciter l’augmentation de l’effectif des forces internationales ?

Heureusement que le président Gabonais, Ali Bongo a tranché net en faveur du peuple centrafricain en demandant la levée immédiate de l’embargo et la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines (FACA), seule condition pour mettre un terme à la souffrance de la population centrafricaine. Les autorités centrafricaines sont suffisamment averties et doivent se réveiller de leur sommeil pour changer de stratégie afin de rétablir la stabilité, la paix et la réconciliation nationale au sein des communautés.

 

Amedé NGUETE

 

 

 

L’Editorial de Julien BELA

DE L’INITIATIVE PRIVEE

A L’ENTREPRENARIAT

 

Le monde est orienté par les entrepreneurs, les opérateurs économiques. Chaque jour qui passe, il faut innover pour s’adapter aux nouvelles technologies de l’heure. Le monde est en perpétuelle mutation. Le gouvernement Sarandji compte en son sein un ministère chargé de l’entreprenariat. Malheureusement, ce département ministériel est un mort-né et n’existe que de nom. Tous les pays d’Afrique rêvent aujourd’hui d’être émergents, sauf la RCA qui baigne dans un immobilisme ahurissant, alors que le continent est à l’ère des initiatives privées des investissements interafricains, de la stimulation des jeunes à l’initiative privée. Un accent particulier est mis sur la jeunesse, architecte du futur. C’est maintenant qu’il faut mobiliser cette jeunesse.

Le ministère des petites entreprises, de l’Artisanat et du Secteur informel a un gros travail à faire auprès de la jeunesse pour stimuler l’esprit d’entreprise, la mutation du secteur informel vers le secteur formel, la création d’entreprise, la recherche des financements. Bientôt deux ans, ce ministère n’est que l’ombre de lui-même. Comment faire pour créer un secteur privé dynamique ? Un portefeuille ministériel n’est pas un garage. Les PME et le secteur informel constituent le moteur de la croissance économique. Il faut réveiller les Centrafricains de leur sommeil. Il faut une forte compagne auprès de la jeunesse, une communication de proximité, afin qu’elle prenne conscience des défis à relever pour le développement de la RCA.

Le ministre peut mettre à contribution le GICA, la chambre de commerce et les rares opérateurs économiques qui existent sur place. Il faut bien commencer quelque part. Le secteur informel brasse des milliards qui échappent au contrôle de l’Etat. Que faire ? L’artisanat centrafricain existe, comment faire pour qu’il sorte la tête de l’eau ? Le CAPMEA tarde à voir le jour, alors qu’il est la plateforme qui formalise les PME et PMI, assure la transition du secteur informel au secteur formel. C’est un outil très important pour donner corps à un secteur privé digne de ce nom. Les Centrafricains  doivent prendre possession de l’économie de leur pays. La RCA est le déversoir des Etats voisins alors que les Centrafricains ont une tête comme tout le monde. La RCA n’a pas de milliardaires en franc CFA. Dans les pays qui nous entourent, les milliardaires veulent passer du franc CFA à l’Euro et ensuite au dollar. La RCA n’est qu’un trou noir quant au secteur privé. Même les chômeurs diplômés continuent de forcer la porte à la fonction publique déjà saturée.

Le secteur privé est difficile certes au départ, mais il faut persévérer. L’échec ne peut être un motif de découragement. Il faut oser, se jeter à l’eau, pour tenter de gagner l’autre rive. Il faut s’armer de courage, de détermination, de persévérance. L’agriculture, l’élevage, les nouvelles technologies et bien d’autres domaines, sont encore vierges en RCA. Les Centrafricains ont tout à gagner et à réussir dans le secteur privé. Les fermes, les coopératives, avec l’appui et l’expertise de la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN), offrent de nombreuses opportunités. Il suffit de se fixer un cap, un objectif et mettre les efforts nécessaires pour y parvenir. Et c’est parti. Il n’y a pas de miracle. Il faut seulement vaincre le signe indien de la paresse, et oser mettre la main à la pâte et les œufs ne viendront plus de l’extérieur.

 

Julien BELA

 

 

LA RCA ABANDONNEE A SON TRISTE SORT PAR LA PUISSANCE COLONISATRICE AU PROFIT DU TCHAD, MAIS PAS DONALD TRUMP

La République centrafricaine fait face depuis plusieurs années aux coups d’Etat, rébellions, mutineries qui se succèdent les uns après les autres. Depuis 1990 à nos jours, le pays de feu président fondateur Barthélemy Boganda est confronté à de nombreuses difficultés. La crise enclenchée par l’ex-coalition Séléka en décembre 2012 dans la ville de Ndélé, au Nord de la RCA a enfoncé le clou. C’est la crise la plus destructive que la Centrafrique n’ait jamais connue depuis son indépendance en 1960. Elle se poursuit allègrement aujourd’hui. Chaque jour qui passe, des maisons sont incendiées, des Centrafricains sont tués, massacrés à longueur de journée dans l’arrière-pays. Le nombre de déplacés internes et de réfugiés s’accroît de jour en jour. Leurs conditions de vie sont déplorables. Les Centrafricains mènent une vie bestiale. Ils ne font que réclamer aux ONG humanitaires de la nourriture, des médicaments, des habits, des lits (nattes) pour se coucher, des fournitures scolaires pour leurs enfants alors qu’ils ne dépendaient pas de toutes ces aides. Les combattants des groupes armés sont et demeurent les maîtres incontestés et incontestables de la RCA. Ils dictent leurs lois à qui veut les entendre. Une bonne partie du territoire national est contrôlée par ces criminels, ces va-t-en-guerre, ces hors-la-loi, ces bandits de grand chemin.

L’Opération militaire française dénommée Sangaris était déployée en décembre 2013 en RCA. Les Centrafricains ont cru que c’est leur Moïse, leur Messie, celle qui est venue les délivrer sous les bottes des groupes armés. Mais en réalité, il n’en était rien. En pleine crise qui continue de secouer le pays, la France de François Hollande à l’époque a décidé de retirer ses troupes de la RCA, ce qui fut fait fin octobre 2016, donc bientôt un an. Malgré l’opposition de l’Exécutif, de l’Assemblée Nationale, la France n’avait pas entendu de ses oreilles. L’Opération Sangaris a plié bagages abandonnant les Centrafricains entre les griffes des mercenaires tchadiens, soudanais, mauritaniens, maliens, nigériens et autres. Les tueries, les incendies de maisons, les destructions massives, les massacres, les tortures, les traitements inhumains et dégradants ont redoublé d’intensité après leur départ. Les Casques Bleus de la Minusca qui ont pris le relais, voguent au gré du vent. Le témoignage d’une vieille maman de Bocaranga sur les ondes de la Radio Centrafrique, le dimanche 1er octobre 2017 était alarmant. Elle a affirmé que les Casques Bleus déployés dans cette ville n’ont rien fait en ce qui concerne leur protection quand les combattants des 3R alliés aux hommes du MPC branche Bahr s’emparaient de la ville. Où est la soi-disant protection des populations civiles ?

Dans ce chaos indescriptible où la Minusca ne parvient pas à protéger les populations civiles, à stabiliser la RCA, le nouveau président de la France, Emmanuel Macron ne daigne jeter un regard sur la RCA qui s’enfonce davantage dans l’abîme. Est-ce parce que les partisans du déchu président François Bozizé Yangouvonda ont brûlé le drapeau français que les nouvelles autorités font fi des malheurs qui s’abattent sur les Centrafricains ? Il ne fait aucun doute. Mais ce qui se passe en RCA est très grave. Aujourd’hui, la RCA est attaquée par des mercenaires étrangers avec l’accord militaire que la RCA a signé avec la France, et en tant que pays colonisateur, elle doit voler militairement au secours de notre pays en chassant ces derniers.

Malheureusement, la France a tourné le dos à la RCA. Le pays qui l’intéresse, qui l’attire de nos jours est le Tchad de Idriss Deby Itno. La coopération militaire entre ces deux (2) pays se renforce davantage. L’Opération Barcane est sur le sol tchadien et a pour mission de lutter contre l’Etat Islamique (EI) au Sahel. Et ceux qui tuent les Centrafricains aujourd’hui ne sont-ils pas les combattants de l’EI ? Comment expliquer ce revirement spectaculaire, inimaginable de la France ? Un régime dictatorial comme celui du Tchad peut-il bénéficier du soutien de la France alors que le régime démocratique en Centrafrique peine à se relever à cause des exactions des mercenaires de tout bord qui pullulent dans ce pays ? Le soutien de la France au Tchad est difficile à expliquer et cette situation dépasse tout entendement humain.

Heureusement que le chef de l’Exécutif américain, Donald Trump, ne s’est pas laissé emporter par les manœuvres du Tchad. Dans un décret migratoire, pris le dimanche 24 septembre, les citoyens tchadiens sont devenus persona non grata aux Etats-Unis. A compter du 08 octobre 2017, étudiants, touristes, hommes politiques et hommes d’affaires tchadiens ne mettront plus pieds aux USA. Pour justifier cette décision, Washington a jugé que Ndjamena ne coopère pas assez dans la lutte contre les terroristes. Cette décision a surpris les autorités tchadiennes. Mais ce n’est pas étonnant. Nous ne savons pas pourquoi Ndjamena s’agite. La décision est claire, précise et nette. Le Tchad de Deby abrite ou aide des terroristes. C’est leur base arrière. C’est depuis le Tchad que la RCA est attaquée par des mercenaires. Ils viennent en Centrafrique et repartent au Tchad comme bon leur semble. Les exactions de tout genre qu’ils commettent sur les populations civiles sont des preuves concrètes. Et en aucun cas, le Tchad n’a arrêté un terroriste sur son sol. Il les soutient. Dans ce cas de piètre figure, comment voulez-vous que les USA ne sanctionnent pas le Tchad ?

De grâce, nous demandons à la France d’emboîter le pas aux Etats-Unis d’Amérique. En outre, la France doit apporter ses soutiens militaires aux autorités centrafricaines pour bouter hors du territoire national les mercenaires tchadiens et autres qui écument à petit feu le peuple centrafricain. La France fait partie des pays amis de la RCA. Et un adage dit, « on reconnaît les vrais amis dans le malheur ».

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

LA GUINEE EQUATORIALE AFFRONTERA LA RCA EN MATCH AMICAL

Le Nzalang Nacional de la Guinée Equatoriale croisera les centrafricains en match amical le 10 octobre à Malabo. Une opportunité pour les deux sélections. Par ce match, la République Centrafricaine en compétition pour la CAN 2019 se mettra en jambe pour tester ses nouvelles recrues.

Profitant de la période FIFA d’octobre, les Fauves de Bas – Oubangui sont convoqués pour une rencontre amicale avec la sélection Equato-guinéenne. Co-leader du groupe H des éliminatoires de la CAN 2019 avec la Guinée Conakry, la République Centrafricaine « va profiter de cette période pour rôder les automatismes de l’équipe avec ses titulaires et tester de nouveaux joueurs », a indiqué centrafriquefootball.cf. « La délégation centrafricaine devrait fouler le sol équato-guinéen à partir du mercredi 5 octobre et devrait donc avoir 5 jours de stages avant de livrer le match amical ».

S’agissant des 22 Fauves qui se mesureront au Nzalang Nacional, leur liste sera publiée ultérieurement et la Fédération a souligné que « 7 joueurs qui n’étaient pas dans la liste qui a affronté le Rwanda seront de la partie».

Même si c’est une rencontre amicale, ce match a un enjeu pour les hommes du sélectionneur Raoul Savoy qui sont à cinq (05) mois de leur duel avec la Guinée Conakry pour la première place du Groupe H. Imbattable dans la tanière de Bangui depuis des années, les centrafricains devront s’imposer à Malabo afin de se donner une confiance et gravir des places dans le classement Fifa du prochain mois.

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LA COUR DES COMPTES EUROPEENNE EPINGLE LE FONDS BEKOU

La cour des comptes européenne dans son rapport d’audit publié la semaine dernière a critiqué les procédures de recrutement des organisations de la mise en œuvre du Fonds Bêkou en Centrafrique ainsi que les résultats de ce fonds, crée pour répondre aux besoins des populations vulnérables de la Centrafrique.

Le rapport de ce audit épingle la préparation « imparfaite » de cette initiative avec une impression « d’à peu près dans la gestion des 146 millions € promis ». Le rapport souligne aussi qu’avant le lancement du Fonds, la Commission Européenne n’a pas suffisamment bien évalué les canaux de financement. Elle n’a pas davantage analysé de manière exhaustive les besoins de Bangui et la procédure de sélection des ONG mettant en œuvre les réalisations de ce fonds ne sont pas claire et ne répondent pas au protocole de la Commission de l’Union-Européenne en la matière. Pire, il y a peu de preuves que ce fonds ait véritablement aidé à consolider les actions de la communauté internationale en Centrafrique.

Poursuivant, la Cour des Comptes déplore que « les procédures appliquées par le fonds fiduciaire Bêkou dans le choix des organisations d’exécution pour les projets n’ont pas été formalisées dans les lignes directrices sur les fonds d’affectation spéciale de l’UE ».

Elle déplore en « outre un nombre limité de contrats de service, le fonds fiduciaire de Bêkou a utilisé trois méthodes différentes pour sélectionner les organisations pour la mise en œuvre des projets: quatre accords de coopération délégués, dix prix directs et douze prix suite à un appel restreint aux manifestations d’intérêt ». Selon le rapport d’audit regrette qu’« il n’était pas totalement transparent de la manière dont les organisations chargées de l’exécution avaient été choisies ».

Le rapport relève aussi que le fonds fiduciaire de Bêkou n’a pas de cadre pour mesurer son rendement « puisqu’il n’a pas établi une chaîne de résultats complète pour son objectif général, en précisant les résultats escomptés (résultats, résultats, impact), avec des indicateurs correspondants ».

En dépit de certaines insuffisances, les auditeurs estiment que le choix de mettre en place le fonds était adapté aux circonstances. « Sa gestion n’est pas encore optimale dans trois domaines: « la coordination entre les parties prenantes; la transparence, la rapidité et le rapport coût-efficacité des procédures; les mécanismes de suivi et d’évaluation ».

Les point positifs du fonds Bêkou sont « les résultats qu’il a permis d’obtenir jusqu’à présent sont cependant globalement positifs. Nos recommandations devraient contribuer à améliorer la conception et la gestion de ce fonds fiduciaire en particulier et des fonds fiduciaires de l’UE en général », ont noté les auditeurs.

Le fonds fiduciaire Bêkou de l’Union-Européenne pour la République Centrafricaine, premier fonds de ce type géré par la Commission européenne, a été créé en 2014. Ce Fonds est alimenté par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, l’Italie et la Suisse, pour accompagner la sortie de crise en Centrafrique.

Le Fonds Bêkou est mis en œuvre en Centrafrique par plusieurs organisations internationales qui ont sous-traité avec certaines ONG nationales et le gouvernement. Ce fonds contribue depuis la transition à la reconstruction du pays, à travers la restauration de l’administration, la relance économique et les services essentiels, notamment l’électricité, les transports, la santé et l’éducation.

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LES ACTIVITES DE LA LIGUE DE BASKETBALL PERTURBEES PAR LES PROGRAMMES DE L’ONASPORT

Le staff managérial du basketball déplore la mauvaise gestion des infrastructures par l’Office National du Sport (ONASPORT). Laquelle gestion impacte négativement sur le championnat en cour. Frustration exprimée au RJDH par les leaders de basketball à Bangui.

L’Onasport organe de gestion des infrastructures est cité dans l’incompatibilité de programme avec celui de la fédération centrafricaine de basketball. Les activités religieuses priorisées en lieu et place du sport constituent le nœud de discorde avec conséquence immédiates le bouleversement dans le programme de l’éliminatoire du premier tour dans le cadre du play-off.

Hervé Kouroussou déplore la gestion irrationnelle de l’infrastructure.  « Quand l’Onasport met le palais de sports en location, c’est nous au niveau de la ligue qui dépensons le peu qu’on a pour entretenir les lieux », a dit Hervé Kouroussou, le premier vice-président de la ligue de Basketball de Bangui avant d’ajouter que « l’Onasport programme ces mises en location sans tenir compte de la programmation des rencontres de la ligue ».

Cette situation perturbe les séances d’entrainement de certains clubs à l’exemple du club BEAC selon Bruno Darlan coach dudit club. « Pour le moment je ne peux pas modifier mon rythme de travail, je ne connais pas la date de la reprise de peur de détruire mon élan de travail », a-t-il dit.

Les responsables de l’Onasport n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations. Cette perturbation intervient dans un contexte de renouvellement de talent des fauves version basketball.

 

*** RJDH ***

 

 

L’INTENDANT DU LYCEE D’ALINDAO NOUS RACONTE « SON CALVAIRE VECU AVEC LES PEULHS DE L’UPC ET LES ANTI-BALAKA, AVANT DE REGAGNER BANGUI »

Intendant du Lycée d’Alindao dans la Basse-Kotto pendant plusieurs années, Isaïe Ndakpanga, nous avait raconté son calvaire vécu avec les peulhs de l’UPC et les Anti-Balaka, avant de regagner Bangui, la capitale. C’était le samedi 30 septembre 2017 aux environs de 15 heures, à l’Ucatex dans le 8ème arrondissement de la ville de Bangui. Voici publié son témoignage émouvant et surtout accablant.

« Etant intendant au Lycée d’Alindao et à la prise de cette ville successivement par les peulhs de l’UPC ainsi que les Anti-Balaka, j’avais été l’objet de menaces et pourchassé par ces deux (02) groupes armés. Et ceci pour question d’argent, car je détiens les finances dudit Lycée, en ma qualité d’intendant.

Pourchassé par les peulhs de l’UPC, j’avais abandonné toute ma famille au site des déplacés internes, pour passer un (01) mois en brousse dans des conditions inhumaines et très pénibles. Et ce sont les Anti-Balaka qui s’étaient lancés à ma recherche pour me ramener au site des déplacés internes. Après avoir passé quelques jours, j’avais reçu une lettre de la part de ces Anti-Balaka, m’invitant à venir à leur base, pour soi-disant des entretiens. Une fois arrivé à leur base, ils m’avaient intimé l’ordre de leur remettre tous les frais d’assurance et des droits d’examen (Brevet de Collège et Baccalauréat), car tous ces frais sont destinés à l’Etat. Mais je leur avais fait savoir qu’il y a plusieurs rubriques parmi tous ces frais (part de la MASCA, impression des bulletins de notes et des cartes d’identité scolaire et autres). Sur ce, ils m’avaient donné un délai de deux (02) jours pour répondre à leurs exigences. Je ne m’étais pas présenté à l’expiration de ce délai, et à mon absence, des Anti-Balaka étaient arrivés à mon domicile et ont pris en otage ma première femme, car je suis polygame, et ma sœur aînée.

En fin de compte, je leur avais remis de l’argent dont je me réserve de vous donner le montant. Et c’est ainsi qu’ils les avaient libérées. Motif pour lequel je suis obligé de fuir la ville d’Alindao pour regagner Bangui, la capitale, le 26 juillet 2017, laissant derrière moi toute ma famille dans la brousse ».

Ce témoignage accablant et émouvant de la part de l’intendant du Lycée d’Alindao nous fait comprendre comment nos compatriotes de l’arrière-pays peinent, souffrent des actes criminels et barbares des groupes armés, qu’ils soient des factions Séléka ou des Anti-Balaka (Autodéfense). C’est pour autant dire qu’un rebelle reste et demeure toujours un rebelle, quelque soit sa  nature ou son appartenance ethnique, communautaire. Donc, il ne faut pas leur faire confiance, car étant des criminels et hors-la loi, sans pitié et ayant la gâchette facile.

 

Le Petit YEKOA

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MARCHE DE PROTESTATION DES HABITANTS DE OBO, DJEMA, MBOKI CONTRE LA NON REACTION DU GOUVERNEMENT ET L’INACTION DE LA MINUSCA FACE AUX MASSACRES ET AUTRES EXACTIONS

Ployés sous le fardeau des massacres et autres exactions des groupes armés (UPC, Auto-défenses, Ndjandjanwides du Darfour et LRA de l’Ouganda) dans le Haut-Mbomou, les habitants de Obo, Djéma et Mboki ne savent plus à quel saint se vouer pour être protégés. Ne pouvant plus supporter de tels actes barbares et ignobles dont sont victimes leurs sœurs et frères, mères et pères, filles et fils… de Zémio, Mboki, Bambouti et Djéma, ils ont organisé à travers la ville de Obo, une marche pacifique de protestation contre la passivité du gouvernement et l’inaction de la Minusca dans le Haut-Mbomou, le lundi 02 octobre 2017.

A la fin de cette marche pacifique de protestation, un mémorandum a été remis par les organisateurs aux autorités locales, avec des points de revendications très précis à l’endroit du gouvernement et de la Minusca. La préfecture du Haut-Mobmou, située à l’extrême Sud-est de la RCA, et faisant frontières communes avec le Soudan du Sud et la RD-Congo, ne fait-elle pas partie intégrante du territoire nationale ? C’est la question qui se pose avec plus d’acuité aujourd’hui.

Même son de cloche du côté des députés de l’Ouham-Péndé et de la Nana-Mambéré, ainsi que de tous leurs ressortissants, qui, au cours de leur Assemblée Générale du samedi 30 septembre 2017 à la FATEB, avaient pris la décision de manifester pacifiquement, le mercredi 04 octobre prochain à Bangui. Ils ont projeté d’amener leurs lits pour faire un sit-in devant le siège de la Minusca, jusqu’à l’obtention de gain de cause, à savoir le retrait pur et simple des éléments des 3R et du MPC de la ville de Bocaranga. Et surtout au cas où ces seigneurs de guerre et mercenaires s’y opposeraient à l’expiration du délai qui leur ait donné de se retirer de ladite ville par la Minusca.

Pour votre gouverne, ce délai qui est de trois (03) jours prend fin ce mercredi 04 octobre 2017 à minuit. Attendons de voir son issue pour avoir le cœur net, car nous sommes en RCA, un pays de tous les paradoxes !

Pour nous, même si l’effectif des Casques Bleus serait passé de 12.500 hommes à 30.000 en RCA, il ne peut y avoir la sécurité et la paix qu’ à la seule condition que la Minusca respecte et applique dans son esprit et dans sa lettre son mandat avec équité et impartialité, envers tous les groupes armés. Sinon…

 

Le Petit YEKOA

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RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu . :

 

 La violence des anti-Balaka dirigEe contre les musulmans et les PeuHls : de la mi-2013 A 2015 (Suite)

 

L’intention de détruire, en tout ou en partie, le groupe protégé

 

Pour prouver le crime de génocide, l’élément le plus complexe et le plus exigeant est l’intention criminelle spécifique aggravée, à savoir l’intention de détruire, en tout ou en partie, le groupe protégé, en tant que tel. Il faut prouver que l’objectif spécifique de l’auteur était la destruction du groupe cible. En l’absence de preuve directe de l’intention de l’auteur, les tribunaux internationaux ont constaté qu’il était nécessaire d’examiner un certain nombre de faits circonstanciels pour déduire l’intention de l’auteur.

Sur la base de la jurisprudence des tribunaux internationaux, les faits et circonstances qui peuvent être utilisés pour déduire l’intention de commettre le génocide comprennent : (i) les actes et les déclarations de l’auteur considérés ensemble, ainsi que le contexte général de la perpétration d’autres actes répréhensibles dirigés systématiquement contre le même  groupe ; (ii) le ciblage physique du groupe ou de ses biens et l’utilisation d’un langage injurieux envers les membres du groupe ciblé ; (iii) la répétition d’actes destructeurs et discriminatoires ; (iv) l’ampleur des atrocités commises, leur caractère général et le fait de cibler délibérément et systématiquement les victimes en raison de leur appartenance à un groupe particulier tout en excluant les membres d’autres groupes ; (v) le fait que les victimes aient été massacrées sans considération pour leur âge ou leur sexe; et (vi) la manière cohérente et méthodique dont les actes étaient commis.

Compte tenu de la gravité du crime de génocide, les cours et les tribunaux n’ont pas tiré de conclusion à la légère concernant une telle intention, sur la base de preuves circonstancielles. Afin de conclure qu’une personne a agi avec une intention génocidaire uniquement sur la base de déductions de circonstances environnantes, cette intention doit être la seule conclusion raisonnable qui puisse être tirée des faits. Les faits et circonstances qui l’entourent peuvent donner lieu à des déductions multiples et divergentes sur l’intention de l’auteur. S’il existe d’autres explications, aussi convaincantes que raisonnables, de l’intention de l’accusé (comme essayer d’expulser le groupe ciblé, mais ne pas chercher à le détruire), elles peuvent amener un organe judiciaire à conclure que l’auteur n’avait pas l’intention spécifique requise.

Incidents choisis en République centrafricaine pour une enquête plus poussée sur le crime de génocide

Cette section présente un aperçu et une évaluation préliminaire de certains incidents documentés, à la lumière des éléments du crime de génocide susvisés. Il est important de préciser tout d’abord que le présent rapport ne fait pas une conclusion définitive sur la question de savoir si des incidents spécifiques constituent ou non des éléments du crime. Elle examine plutôt deux épisodes spécifiques de violence en République centrafricaine  et  identifie – sur la base d’éléments du rapport – certains faits qui peuvent être pertinents pour les éléments de l’infraction. En adoptant cette approche, le Projet Mapping a tenu compte de : la prudence requise pour déduire l’intention génocidaire des faits et circonstances environnants, de la nature limitée et préliminaire des renseignements dont il dispose, du  critère de preuve raisonnable de soupçon utilisé pour signaler les incidents, et la nécessité de mener des enquêtes plus détaillées sur des événements spécifiques. Les questions soulevées  ici sont des questions qui méritent d’être examinées et jugées ultérieurement, si elles sont finalement introduites auprès d’un tribunal.

 

Violence exercée par les Séléka/ex-Séléka contre les Chrétiens et les animistes

 

1. Commission d’actes prohibés

En fin 2012, lorsque la Séléka a commencé sa marche sur Bangui, pendant sa période au pouvoir à partir de mars 2013, et après son retrait du pouvoir en janvier 2014, des éléments de la Séléka/ex-Séléka ont commis des meurtres à grande échelle de chrétiens et d’animistes, dans plusieurs préfectures du pays. Il y eu un grand nombre de victimes abattues par Séléka, certaines autres brûlées à mort lorsque leurs maisons ont été incendiées par des éléments de la Séléka et d’autres ont subi de graves dommages corporels ou mentaux, notamment à cause de la pratique généralisée de la torture, entraînant souvent une invalidité grave et permanente pour les victimes. Les éléments de la Séléka ont commis des viols, des viols collectifs et des viols de jeunes enfants (âgés de moins de 10 ans), ce qui eut comme conséquence que certaines victimes ont été infectées par le VIH. Dans une grande partie du pays, la Séléka a également pillé et détruit un large éventail de services et d’équipements sociaux essentiels, tels que des hôpitaux, des dispensaires, des écoles, des greniers, des stocks alimentaires et des approvisionnements d’organisations humanitaires caritatives, notamment dans les régions pauvres du pays où ce sont les seuls équipements sociaux disponibles pour la population. La Séléka a également commis des incendies vastes et délibérés de maisons, obligeant les victimes à fuir dans des conditions précaires et mettant leur vie en danger. S’ils sont prouvés, les actes susvisés peuvent  équivaloir à  la  soumission  intentionnelle  du groupe à des « conditions d’existence » devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.

 

2. Actes dirigés contre un groupe protégé

 

Les groupes protégés du crime de génocide sont : le groupe national, ethnique, racial, ou religieux. La grande majorité des victimes des meurtres et des violations graves commis par les éléments de la Séléka était la population non-musulmane du pays. La Séléka a généralement épargné la population musulmane de ses attaques et a eu tendance à loger ses bases à l’intérieur ou près des zones où vivait la population musulmane. Dans le contexte de l’Afrique centrale, la population non-musulmane comprend les chrétiens appartenant à plusieurs confessions (catholiques, protestants et chrétiens évangéliques), les animistes et les personnes qui pratiquent une multitude de versions/combinaisons de croyances. La violence exercée par la Séléka était généralement dirigée contre des quartiers non-musulmans des  villes et des villages qu’elle attaquait. Il convient de noter que dans plusieurs parties de la République centrafricaine, les lieux de résidences ont tendance à suivre des lignes religieuses et ethniques, la population musulmane (étant une minorité dans la majeure partie du pays, sauf au Nord-Est) a tendance à résider dans des quartiers distincts de ceux de la population chrétienne et animiste majoritaire.

Il convient également de noter que, dans la jurisprudence de la Cour internationale de Justice et des tribunaux ad hoc, le crime de génocide ne peut être établi sur la base d’une définition négative du groupe cible. En tant que tel, une définition du groupe cible en République centrafricaine comme tout autre groupe autre que les musulmans (qui englobe en fait plusieurs autres groupes religieux), ne serait pas suffisante pour établir le crime de génocide.

Comme jugé par la Cour internationale de Justice : « l’essence de l’intention est de détruire le groupe protégé, en tout ou en partie, en tant que tel. C’est un groupe qui doit avoir des caractéristiques positives particulières – nationale, ethnique, raciale ou religieuse – et non pas l’absence de celles-ci ... Le crime exige une intention de détruire un ensemble de personnes qui ont une identité de groupe particulière. Il s’agit de savoir qui sont ces personnes, et non qui elles ne sont pas ». Si le crime de génocide devait faire l’objet d’un jugement futur, il serait nécessaire que la Cour traite de l’existence des éléments du crime vis-à-vis de chacun des groupes cibles (chrétiens et animistes), notamment en ce qui concerne la question de savoir s’il y avait une intention de détruire chaque groupe spécifique.

Dans un nombre relativement restreint d’incidents documentés, des victimes ont été tuées parce qu’elles appartenaient au même groupe ethnique (les Gbaya) que le Président déchu Bozizé. Le rapport montre un nombre significatif de meurtres et d’autres violations graves des droits de l’homme commis par la Séléka contre des personnes en raison de leur affiliation politique avec le Président déchu Bozizé. Alors que ces violations graves des droits de l’homme – telles que les attaques meurtrières menées par la Séléka dans le quartier Boy-Rabe de Bangui en 2013 – ont souvent entraîné un nombre élevé de victimes qui étaient ciblées en raison de leur appartenance à un groupe politique, et qui ne sont pas une catégorie protégée aux fins du crime de génocide. Le rapport fait également état d’un nombre élevé de meurtres et de violences graves contre des personnes qui ont résisté au pillage et à la prise arbitraire de leurs biens par des éléments de la Séléka. Ces personnes n’ont toutefois pas été ciblées du fait de leur appartenance à un groupe protégé aux fins du crime génocide.

 

3. Faits et circonstances liés à une intention génocidaire

 

Si une juridiction détermine que les attaques de la Séléka visaient au moins un groupe protégé à des fins de crime de génocide, le rapport Mapping inclut d’autres informations pertinentes pour évaluer l’intention spécifique requise. Comme documenté dans le rapport, la Séléka a commis des exécutions et d’autres violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ayant provoqué de graves atteintes à l’intégrité physique et mentale de non- musulmans à une grande échelle, couvrant toutes les préfectures traversées par ses éléments dans sa descente vers Bangui et son retrait vers le nord, après avoir été chassée du pouvoir. Le rapport Mapping indique que, si la Séléka a commis de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire à l’égard de non-musulmans, elle a généralement épargné les musulmans de ces attaques. Ce rapport présente aussi de nombreux cas d’exécution par la Séléka du clergé catholique et de dirigeants religieux et d’attaques au mortier et au canon contre des églises chrétiennes, notamment pendant les heures de culte.  Des éléments de la Séléka ont également désacralisé et profané des lieux de culte chrétiens, comme l’indique le rapport. Dans un grand nombre de ses attaques, la Séléka a tué des victimes sans considération de leur âge ou de leur sexe ; les hommes, les femmes et les enfants non-musulmans sont exécutés ensemble.

En raison de la nature des groupes ciblés par la Séléka (essentiellement des chrétiens et des animistes), la question d’établir l’intention de détruire ce groupe « en totalité ou en partie » pourrait être soulevée.  Il  faudrait  garder à l’esprit que les exécutions et les graves  violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises par la Séléka étaient dirigées contre un segment de la population constituant un groupe majoritaire (et non un groupe minoritaire) dans la démographie du pays. Le dernier recensement de la population en République Centrafricaine, en 2003, a estimé que les musulmans comptaient pour 10 pour cent de toute la population du pays et que 80 pour cent de la population étaient des chrétiens  et les 10 pour cent restants des animistes. L’incapacité de la Séléka de gouverner sans avoir systématiquement recours à une force brutale correspond au scénario dans lequel un groupe armé, composé essentiellement de membres d’un groupe religieux minoritaire, originaire essentiellement d’une seule partie du pays (le Nord-Est) et encadré par des combattants étrangers embauchés contre rémunération, aurait pris le contrôle et tenté de gouverner une population qui lui était largement opposée, en raison de sa brutalité, de ses pillages et d’autres actions arbitraires comme la prise de biens.

En exécutant et en commettant d’autres graves violations des droits de l’homme, la Séléka dirigeait donc ses actions contre la majorité de la population de la République centrafricaine, ce qui pose la question de savoir si elle avait l’intention de détruire une importante partie de  ce groupe. Comme en a conclu la Cour internationale de Justice, « l’intention doit être de détruire au moins une partie importante de ce groupe particulier. Cela est posé par la nature même du crime de génocide : puisque l’objectif et le but de la Convention [sur le génocide] est intégralement de prévenir la destruction intentionnelle de groupes, la partie ciblée doit être suffisamment importante pour avoir un impact sur le groupe dans son intégralité ». Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a également précisé que « la condition de substantialité prend en compte les caractéristiques définissant le génocide comme un crime de proportions massive tout en reflétant la préoccupation de l’impact de la destruction de la  partie ciblée sur la survie globale du groupe ».

S’il était avéré que les attaques de la Séléka étaient dirigées contre au moins un groupe protégé aux fins du crime de génocide, des recherches complémentaires pourraient être nécessaires pour savoir si le nombre de victimes ciblées dans chaque groupe était suffisant pour constituer une partie importante du groupe en question. Considérant l’étendue géographique du pays et la dispersion des chrétiens et des animistes sur son territoire, il incomberait au processus judiciaire de déterminer si la partie ciblée du groupe étaient suffisamment importante. A titre indicatif et en tenant compte de la démographie du pays (90 pour cent de chrétiens et d’animistes et 10 pour cent de musulmans), le nombre de chrétiens et d’animistes exécutés par la Séléka, en tant que proportion de ces groupes, était inférieur au nombre de musulmans exécutés par les anti-Balaka. Comme en a conclu le Tribunal pénal international   pour  l’ex-Yougoslavie,  la  condition  d’intention  de   génocide  est   satisfaite « quand des éléments probants indiquent que l’auteur présumé avait l’intention de détruire au moins une partie importante du groupe protégé. La détermination de savoir quand la partie ciblée est suffisamment importante pour répondre à cette condition requise peut impliquer un certain nombre de considérations. La dimension numérique de la partie ciblée du groupe en est le point de départ nécessaire et important sans être dans tous les cas le point final de cette question. Le  nombre d’individus ciblés devrait être évalué non seulement  en termes  absolus, mais aussi par rapport à la dimension globale de l’intégralité du groupe ».

 

(Suite au prochain numéro)

 

MINUSCA

 

 

CEMAC : COMMENT SORTIR DE LA CRISE ?

L’aide du FMI ne suffira pas à relancer les économies de la zone. Nouvelles sources de financement, recettes fiscales, diversification… Jeune Afrique fait le tour des réformes à engager d’urgence pour renouer avec la croissance.

«Le chemin est encore long, mais les signes d’un regain de croissance sont bien visibles ». Paul Tasong, commissaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) chargé des politiques économique, monétaire et financière, se veut optimiste. D’après cet économiste camerounais, les mesures d’urgence mises en œuvre depuis la réunion de crise de Yaoundé, en décembre 2016, « devront permettre de porter le taux de croissance de la Cemac à 0,5 % en 2017, contre une récession de – 0,4 % enregistrée en 2016 ».

Près de dix mois après que les chefs d’État de la zone se sont engagés à mener des réformes pour redresser leurs comptes publics, quatre pays – le Cameroun, le Gabon, la Centrafrique et le Tchad – sur les six membres de la Communauté ont conclu un programme d’ajustement avec le FMI et bénéficient de son appui budgétaire. Au total, l’institution de Bretton Woods devrait décaisser en leur faveur quelque 1 044 milliards de F CFA (près de 1,6 milliard d’euros) d’ici à 2020.

La première tranche – 383 milliards de F CFA – a été versée cette année et a eu mécaniquement un effet positif sur les réserves de change, éloignant ainsi le spectre de la dévaluation du franc CFA de cette zone. « La mise en œuvre de l’ensemble des mesures d’urgence a permis de diminuer le rythme de déperdition de ces réserves de change, affirme Paul Tasong. Celui-ci est passé de 267 milliards de F CFA en moyenne mensuelle en 2016 à 55,3 milliards au cours des cinq premiers mois de 2017. »

Le chemin du redressement

Le Cameroun, le Gabon, le Tchad ou encore la Centrafrique ont certes retrouvé un peu plus de marge, mais rien n’est encore gagné. Bien au contraire. « D’abord, parce qu’aucune véritable sortie de crise n’est envisageable tant que la Guinée équatoriale et le Congo, des ténors de la zone, n’auront pas retrouvé le chemin du redressement », estime une source institutionnelle.

D’après les prévisions, ces deux économies connaîtront une nouvelle récession en 2017, pour la cinquième année consécutive en Guinée équatoriale et la deuxième au Congo. Dans ce dernier pays, le FMI a estimé début 2017 que le ralentissement de la croissance s’aggravait, malgré l’entrée en production, mi-mars, du nouveau champ pétrolier de Moho Nord. La Banque centrale de la zone (BEAC) soutient cependant que la contraction du PIB sera moins forte cette année (– 1,9 %) qu’en 2016 (– 2,8%).

La Guinée équatoriale est entrée en négociation avec l’institution de Bretton Woods afin de conclure, avant la fin de l’année, un accord pour la mise en place d’un programme d’ajustement structurel et de bénéficier d’un soutien financier. Le Congo devrait lui emboîter le pas prochainement. Cela devient urgent : le retard pris par ces deux pays pour solliciter l’aide du FMI a commencé à agacer certains voisins, faisant craindre l’apparition de tensions politiques entre les États membres. Selon notre source institutionnelle, « le Gabon et le Cameroun estiment qu’il est hors de question que le Congo et la Guinée équatoriale profitent du redressement des réserves de change sans avoir à passer par la case des ajustements structurels du FMI ».

Créer une BRVM d’Afrique centrale

Alors que le Gabon a levé, en août, 200 millions de dollars à travers un eurobond, le Cameroun, qui prépare lui aussi une émission obligataire, mise plutôt sur son marché local. La Société générale du Cameroun, Afriland First Bank et Ecobank Development Corporation (EDC) sont en lice pour arranger l’opération. Celle-ci doit permettre au pays de lever près de 130 milliards de F CFA (près de 200 millions d’euros) pour financer des projets prioritaires, dont la liste est en cours de validation à la présidence. Et de couvrir en partie le déficit budgétaire de 2017, qui devrait s’établir à 617 milliards de F CFA.

Cette démarche visant à lever sa dette en monnaie locale (donc non soumise aux risques de change) vient rappeler aux pays de la Cemac la nécessité de s’entendre pour créer enfin un marché financier régional dynamique, à l’instar de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) – la place commune de l’Uemoa, zone CFA ouest-africaine –, en fusionnant la Bourse de Douala et celle de Libreville.

À court terme

Mais, même lorsque tous les pays auront conclu un programme avec le Fonds, seul le tiers du chemin aura été parcouru. Et encore… Car l’aide de celui-ci n’aura d’effet qu’à court terme et ne couvrira qu’une partie des montants nécessaires pour combler les déficits budgétaires des États de la zone. D’après les chiffres fournis par la commission de la Cemac, les quatre pays qui ont déjà conclu un programme avec l’institution dirigée par la française Christine Lagarde auront encore besoin de plus de 2 600 milliards de F CFA pour rétablir l’équilibre dans leurs finances publiques. Un chiffre qui, pour la Guinée équatoriale et pour le Congo, est estimé à 2 345 milliards de F CFA.

Le recours aux marchés financiers internationaux aura ses limites. La dette augmente trop vite

Pour relancer définit

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