Tous les infos du Lundi 02 Oct 2017

Cmn 2562 du lu 02 oct 2017

L’INACTION DU GOUVERNEMENT, LA PASSIVITE DE LA MINUSCA, LE SILENCE ABSOLU DE L’ASSEMBLEE NATIONALE NE FAVORISENT GUERE LE RETOUR DE LA PAIX ET DE LA SECURITE

 

La crise centrafricaine enclenchée par l’ex-coalition Séléka dure bientôt cinq (05) ans. Elle ne faiblit pas et a atteint une dimension inquiétante. Les 14 préfectures du pays sont aujourd’hui partagées entre les groupes armés. Le regain de violence dans l’arrière-pays suit son petit bonhomme de chemin et s’éternise dans le temps et la durée.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les affrontements intergroupes armés s’allongent et ne faiblissent pas. Dans le Nord-Ouest du pays, précisément dans la préfecture de l’Ouham-Péndé, les éléments des 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) de Sidiki, prennent contrôle des villes les unes après les autres. Bocaranga vient de tomber la semaine dernière sous leurs bottes. Au Sud-est de la RCA, les combats se poursuivent entre les Anti-Balaka communément appelés autodéfenses et les combattants de l’UPC de Ali Daras, majoritairement peuhls. On nous a signalé le lundi 25 septembre 2017 que les autodéfenses de Bangassou se sont transposés dans la ville de Zémio pour chasser les hommes armés, assimilés aux combattants de l’UPC qui ont pris contrôle de cette localité depuis quelques mois. A Mobaye et dans d’autres villes de la préfecture de la Basse-Kotto, des maisons continuent d’être incendiées par l’UPC. Les tueries à grande échelle, la chasse à l’homme, les destructions sont devenues monnaies courantes. Chaque jour qui passe est un véritable calvaire pour nos compatriotes de l’arrière-pays qui ploient sous le fardeau des groupes armés. Beaucoup ont dû quitter le pays pour se réfugier dans les pays limitrophes de la RCA. Les déplacés affluent sans cesse vers les sites. D’autres errent dans la brousse à la recherche d’un abri sûr. Les conditions de vie des déplacés et des réfugiés deviennent infernales, insoutenables, difficiles et dégradantes.

Et pourtant, un gouvernement légitime, issu des élections couplées de 2015 – 2016 a été mis en place. Il vient à peine d’être réaménagé. Des combattants des groupes armés y ont intégré. Le peuple centrafricain s’attendrait à des actions concrètes, sur le terrain en matière de la sécurité. Hélas, peine pendue. C’est toujours un statu quo. L’inaction du gouvernement n’est plus à démontrer. Tout porte à croire que les tueries, les incendies de maisons, les destructions systématiques, les pillages et exploitations frauduleuses des ressources naturelles du pays vont crescendo. Les groupes armés s’emparent d’une ville, massacrent les populations civiles, bref commettent des exactions de tout genre, ce n’est pas l’affaire du gouvernement. Personne ne tousse. Cette situation n’émeut personne. Tout se passe comme si la population est sacrifiée sur l’autel des groupes armés. A notre humble connaissance, c’est le gouvernement d’un pays qui assure la sécurité et la protection de ses administrés. Il a aussi l’obligation de défendre l’intégrité du territoire national. Mais en Centrafrique, c’est un autre son de cloche. C’est la population qui se débrouille tant bien que mal pour se défendre contre les actes barbares des mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens, mauritaniens, maliens et autres. Où va la RCA de feu président fondateur Barthélemy Boganda ? A l’enfer ou au paradis ? Il est urgent et capital que le gouvernement se réveille de son sommeil profond. Son inaction a débordé le vase et nos compatriotes dans les villes de nos provinces ne se reconnaissent pas dans ce gouvernement de Sarandji. Les membres du gouvernement, pour se rendre à l’évidence, doivent effectuer des visites dans leurs préfectures respectives pour toucher du doigt les réalités sur le terrain. Heureusement que la ministre de la Défense Nationale et son collègue de la Sécurité font des pieds et mains pour régler certains différends.

Profitant de l’inaction du gouvernement, les Casques Bleus de la Minusca déployés en RCA pour protéger les civils en l’absence des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), sont et demeurent passifs. Des villes sont conquises, des individus tués sous leur barbe, des édifices publics et privés détruits, ils croisent les bras. Parfois ils n’interviennent qu’en sapeurs-pompiers après l’incendie qui a déjà tout ravagé sur son passage. Quand on leur signifie ces cas, leur porte-parole clame sur tous les toits que la Minusca est là pour protéger les civils. Où est la protection dès lors que les Centrafricains sont écrasés comme des mouches au vu et au su des Casques Bleus ? La Minusca se moque-t-elle du peuple centrafricain, surtout nos concitoyens dans l’arrière-pays ? Il s’avère indispensable qu’on leur dise clairement qu’ils sont passifs, immobiles, inactifs, non clairvoyants. Ils ne maîtrisent pas le terrain. C’est pourquoi ils voguent au gré du vent. Ou bien, c’est parce que certains contingents sont de connivence avec les groupes armés Séléka qu’ils ne veulent pas être actifs. C’est bien dommage pour cette force onusienne qui prétend protéger les civils sur le papier, mais en réalité sur le terrain, leur passivité est criarde. Les Centrafricains ne cessent de la dénoncer. Pauvre Minusca de Parfait Onanga-Anyanga qui est budgétivore et non réactive.

Le silence absolu de l’Assemblée Nationale face aux exactions des groupes armés n’est pas aussi exclu. Combien de sessions ordinaires ou extraordinaires ont-elles été consacrées à la crise centrafricaine afin que les députés s’expriment réellement et trouvent des voies et moyens pour la résolution pacifique de celle-ci ? Difficile de donner un chiffre exact. Seulement, il y avait une initiative parlementaire pour résoudre la crise. Curieusement, elle a fondu comme du beurre au soleil. Qu’est-ce qui explique cette situation ? Est-ce l’accusation portée par Didacien Kossimatchi contre le Président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Méckassoua dans le prétendu coup d’Etat en préparation qui a mis un terme à cette initiative ?

Est-ce vraiment ça qui justifie aujourd’hui le silence de l’Assemblée Nationale ? Qu’on nous le dise. Car, il est inadmissible que les élus de la nation se taisent, observent un mutisme total alors que ce sont leurs électeurs qui sont abattus comme des bœufs à l’abattoir par les combattants non conventionnels. Pourquoi ce silence de cimetière ? Ceux qui meurent, n’est-ce pas eux qui les ont hissés sur la lune ? Vraiment les Centrafricains ont perdu le bon sens. Chacun cherche son intérêt national. C’est très grave pour l’avenir de la RCA.

Heureusement, certains députés haussent le ton et montent au créneau pour dénoncer les actes barbares de ces criminels, ces hors-la-loi, ces va-t-en-guerre sur les civils sans défense. Nous jetons des fleurs à l’honorable Michel Mandaba et sa suite qui ont mené une médiation entre les groupes armés rivaux à Bria. Ils ont tracé le chemin. Il appartient aux autres de leur emboîter les pas afin que cette crise prenne fin et que les Centrafricains respirent un nouvel air sur la terre de leurs ancêtres.

A vrai dire et sans nous voiler la face, l’inaction du gouvernement Sarandji, la passivité de la Minusca face aux exactions des groupes armés sur les civils, sans oublier le silence absolu de l’Assemblée Nationale sont les facteurs de la persistance de la crise centrafricaine. Si ces institutions nationale et internationale parlaient ou parlent le même langage, nous aurions déjà tourné le dos à cette crise. Force est malheureusement de constater que le gouvernement fait son petit bonhomme de chemin ; la Minusca, de son côté, agit  comme bon lui semble ; de l’autre, l’Assemblée Nationale, se contente de ne rien dire. Avec de telles attitudes, pensez-vous que le peuple centrafricain verra le bout du tunnel ?

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

 

 

 

 

 

HALTE A LA VIOLENCE DANS L’ARRIERE-PAYS, LE SANG A TROP COULE

Depuis mai 2016 jusqu’à la date d’aujourd’hui, le regain de violence dans l’arrière-pays ne faiblit pas. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, des affrontements entre les groupes armés sont quasi quotidiens. Les combattants Séléka s’affrontent entre eux, les Anti-Balaka s’en prennent aux Séléka. De jour en jour, on assiste à des scènes d’horreur : tueries par-ci, incendies des maisons et destructions des édifices publics et privés par-là. Et ceux qui paient le plus lourd tribut de ces affrontements très meurtriers sont les paisibles citoyens civils, des innocents pour tout dire. Ils sont égorgés comme des bœufs à l’abattoir ou écrasés comme des mouches par leurs bourreaux. Dépassés par les exactions de tout genre, certains compatriotes sont obligés de se terrer dans la brousse pour fuir la foudre des Séléka et des Anti-Balaka. D’autres se sont massés sur les sites des déplacés ou réfugiés dans les pays voisins. Leurs conditions de vie se dégradent davantage. Trouver de quoi à mettre sous la dent est un véritable parcours du combattant ou un calvaire. Ils ne savent plus quoi faire. Tous leurs biens sont partis en fumée.

Les enfants ne vont plus à l’école. Leur niveau a baissé sensiblement, ce qui fait que le taux d’échec aux examens a augmenté. Les femmes ne peuvent plus s’occuper de leurs enfants car manquant de tout et nues comme un ver de terre. Beaucoup ont perdu leur vie dans cette crise sans précédent. Les veufs, veuves, orphelins, handicapés ne se comptent plus. Les victimes sont nombreuses comme les sables au bord du fleuve Oubangui pendant la saison sèche. Tous les jours, les groupes armés s’affrontent pour le contrôle des zones minières de la RCA. Le pillage et l’exploitation illicite et frauduleuse de nos ressources naturelles sont devenus monnaie courante et servent à l’achat des armes et munitions pour tuer les Centrafricains. D’autres compatriotes se sont lancés dans la manipulation, surtout les assoiffés de pouvoir. Et ce sont eux qui donnent du fil à retordre aux populations civiles. A cause de leurs manœuvres machiavéliques, la crise centrafricaine est loin de voir le bout du tunnel.

C’est pourquoi, nous exhortons les auteurs, co-auteurs, complices et commanditaires des actes barbares sur la population centrafricaine à renoncer à ces pratiques honteuses qui ne les honorent nullement. Le sang des Centrafricains a trop coulé sous le pont. Ceux qui meurent sont nos compatriotes et non des animaux. Pourquoi s’attaquer à eux en les accusant d’être des Anti-Balaka ou des Séléka ? Tous les non musulmans ne sont pas des Anti-Balaka, et tous les musulmans ne sont pas des Séléka. La confusion totale qui règne aujourd’hui dans la crise est très grave. La RCA est « Une et Indivisible » et s’étend sur 623.000 Km2. Elle est vaste. Ce sont les musulmans et les non musulmans qui ont participé activement à son édifice. Pourquoi nous nous entretuons et nous nous entredéchirons pour rien ? Personne ne détient le titre foncier de ce pays. Il appartient aussi bien aux chrétiens qu’aux musulmans, animistes athées et nous en passons.

Levons-nous tous comme un seul homme pour dire « Halte à la violence dans l’arrière-pays » car le sang a trop coulé. Mobilisons-nous tous derrière notre président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra qui prône le dialogue pour dire, « Non à la manipulation ! », « Non à la violence ! », « Non aux affrontements intergroupes armés ! », Non à la connivence avec les groupes armés ! » mais plutôt, « Oui à la justice, à la réconciliation, au vivre ensemble et à la cohésion sociale ! ». Pardonnons-nous les uns les autres pour tourner cette page sombre de l’histoire centrafricaine. c’est de cette façon que la RCA sortira dans cette crise qui ne dit pas son nom. Mais si nous persistons dans la violence, nous regretterons amèrement un jour. La RCA, c’est moi, c’est toi, c’est nous. Pourquoi tant de violences ? Pourquoi continuerons-nous à nous regarder en chiens de faïence pendant que nos frères camerounais, congolais, gabonais font avancer leur pays ?

L’heure de la non violence a sonné car le sang des innocents a trop coulé. Halte !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

LES DEPLACES INTERNES DE BOCARANGA A BOZOUM DEPOURVUS DE TOUT, LANCENT UN S.O.S A TOUTES LES PERSONNES DE BONNE FOI DE LEUR VENIR EN AIDE

Les déplacés internes de Bocaranga qui fuient les exactions des combattants des 3R et du MPC branche Bahr et qui ont trouvé refuge à Bozoum, se disent être dépourvus de tout. Ils n’ont pas d’abris, de nourriture, d’eau potable et manquent des soins de santé primaire. Pire encore, le cas de leurs enfants scolarisés laisse à désirer. Ils sont privés des Kits scolaires et ne peuvent aller à l’école, par manque de moyens financiers. Pour les femmes enceintes et celles qui allaitent, leur situation humanitaire est encore plus alarmante, car il n’y a aucune assistance de la part des ONG nationales et internationales, ni du côté du gouvernement.

Ne pouvant plus vivre dans cette situation de précarité absolue, ces déplacés internes de Bocaranga à Bozoum, ont lancé un S.O.S à toutes les personnes de bonne foi de leur venir en aide multiforme. Et ce, pour leur permettre de joindre les deux (02) bouts, de vivre décemment.

Un S.O.S qui avait été répercuté par l’ex-curé de la paroisse de Bozoum, demandant à tous les fidèles (chrétiens), de faire preuve de leur amour, leur compassion envers ces déplacés, en hébergeant chez eux, certains membres de  leurs familles.

Fort de tout ce qui précède, nous exhortons ici tous les filles et fils du pays de faire preuve de leur  solidarité nationale à l’égard de nos compatriotes, déplacés internes de Bocaranga à Bozoum. Et ceci par le biais des aides et assistance multiformes. Car, n’oublions  pas que demain, ça pourra être notre tour aussi. « C’est dans le malheur qu’on reconnait les vrais amis », dit-on.

 

Le Petit YEKOA

 

 

Ordures, effondrement de maisons, odeur nausEabonde… la saison pluvieuse

de cette annee a rempli son carquois

La saison pluvieuse tend vers sa fin à Bangui. Les dernières pluies du mois de Septembre ont causé des dégâts matériels dans plusieurs quartiers de la capitale. Dans le 8ème Arrondissement, le constat est alarmant. Dans certains quartiers, les stigmates de ces pluies sont encore visibles : les habitations écroulées, les ordures entassées, les odeurs nauséabondes,…

 Derrière l’ancienne usine de l’Union Centrafricaine de Textile (UCATEX), les ordures sont pêle-mêle jonchant ainsi le sol. Les habitants du secteur viennent chaque jour y déposer des ordures. Les pluies diluviennes qui se sont abondamment abattues ces derniers temps, ont enfoncé le clou. Parmi ce tas d’ordures, différentes légumes sont plantées, feuilles de manioc, épinards…, la propreté n’est pas au rendez-vous. Les propriétaires de ces jardins sont les habitants même du secteur. Lesquels habitants viennent déposer les ordures dans ceux-ci.

Toujours dans le même secteur, Les maisons écroulées, il y en a tant. A Galabadjia 3, certaines d’habitations en terre battue se sont effondrées suite à ces dernières pluies. Dans certaines cours de concessions privées, la boue rend impossible le déplacement des propriétaires, qui restent cloitrés chez eux. On assiste à des glissements de terrains, entrainant ainsi des accidents des motos sur les routes non bitumées. Plusieurs conducteurs des taxis-motos et leurs passagers se sont retrouvés au sol dans la boue. C’est le cas sur la rue qui longe le terrain de l’UCATEX jusqu’à l’église ANEB de Gobongo.

Les habitants de ces secteurs sont à bout de souffle. Ils demandent à la mairie de se pencher sur les ordures qui enchevêtrent leur secteur, surtout celui de l’UCATEX. Le constat est amer et nécessite une attention particulière des autorités de l’Etat. Les tas d’ordures dans la capitale Centrafricaine s’érigent en montagnes un peu partout. La santé des populations est menacée. Le risque du paludisme est grand et inquiétant, le département de la Santé et la mairie de Bangui  doivent relever ce défi en synergie avec la population centrafricaine.

 Félicien NZ. MAMADOU

 

 

 

 

 

ZEMIO : VIOLENTS AFFRONTEMENTS ENTRE LES AUTO-DEFENSES EN PROVENANCE DE BANGASSOU ET LES NJANJAWIDES DU DARFOUR DEPUIS 08 JOURS

Selon des informations de source humanitaire émanant de la ville de Zémio dans le Haut-Mbomou, qui nous sont parvenues le jeudi 28 septembre 2017, il est fait état de ce que, « de violents affrontements opposent les Auto-défenses en provenance de Bangassou et la coalition des Njanjawides du Darfour (Soudan du Nord) et les peulhs de l’UPC, qui avaient pris d’assaut cette ville de l’extrême Sud-est de la RCA, depuis quelques mois. Et c’est depuis huit (08) jours que la ville de Zémio est sous le choc de ces violents affrontements intergroupes armés, qui avaient fait fuir dans la brousse bon nombre de ses habitants dont la minorité avait traversé de l’autre rive en République Démocratique du Congo (RDC) pour trouver refuge. L’attaque des Auto-défenses contre les positions de ces mercenaires étrangers a pour but de les déloger et les chasser de cette ville, où ils règnent en maître absolu, faisant le chaud et le froid, il y a de cela quelques jours.

A présent, la situation sécuritaire et humanitaire demeure toujours très tendue, alarmante et confuse. Etant donné qu’il y a encore des corps qui jonchent le sol. D’où il est difficile de faire le bilan précis de ces violents affrontements ». Allez-y donc imaginer  ce qui pourra advenir dans les jours à venir, si des dispositifs sécuritaires adéquats ne sont pas mis en place, afin de limiter les massacres des civils et autres exactions par ces criminels et hors-la-loi à Zémio.

D’où nous posons la question suivante : Les Casques Bleus de la Minusca ne sont-ils pas présents à Zémio ? Dans la mesure où ce n’est pas la première fois que cette ville a été victime des affrontements très meurtriers entre les groupes armés. Il en est de même pour les villes de Bangassou, Mobaye, Bria et nous en passons. Il n’est donc pas étonnant, surpris de constater malheureusement, qu’avec la Minusca, « les mêmes faits produisent les mêmes effets » dans nos villes de provinces. Dans ces cas de piètre figure, que faire exactement pour y remédier ?

Surtout que nos frontières sont poreuses et très vastes mais sont abandonnées à la Merci des mercenaires et autres assaillants de tous poils. Face à cette urgence sécuritaire et humanitaire dans l’arrière-pays, il faille coûte que coûte réarmer nos Forces Armées Centrafricaines (FACA) et les redéployer de facto dans l’arrière-pays. Car, il n’y a que nos FACA qui maîtrisent mieux le terrain et son environnement. Les Casques Bleus de la Minusca ne font que jouer « au sapeur-pompier après l’incendie » en RCA. Dans le cas contraire, nous pouvons dire que la sécurité et la paix ne sont pas pour demain au pays du regretté président Barthelemy Boganda. C’est bien dommage !

 

Le Petit YEKOA

 

 

ECHOS DES PROVINCES : A BERBERATI,

DES BANDITS ARMES QUI DETROUSSENT DES VOYAGEURS SONT APPREHENDES

Un véhicule de transport en commun qui a quitté la ville de Berberati le mardi 26 septembre dernier, pour se rendre au marché de Kenzo au Cameroun, a été arrêté par des malfrats à 26 kilomètres de Berberati. Ces hommes armés de Ak-45 et machettes ont emporté plus de 1.500.000Fcfa aux voyageurs.

Ce qui a fait que beaucoup de passagers et principalement des commerçants s’étaient vu dans l’obligation de retourner à Berberati, car comment continuer le voyage les poches vides? Quelques heures plus tard, deux de ces bandits de grands chemins ont été aperçus par leurs victimes (physionomistes), à Berberati, en train de prendre un car qui assure la liaison entre Carnot et Berberati. C’est ainsi, qu’ils ont été appréhendés.

Sur ces bandits armés, on a trouvé une mallette contenant 650.000 Fcfa et deux cellulaires Thuraya (téléphones satellitaires) avec lesquels ils communiquent habituellement avec leurs indicateurs. Ceux qui les ont appréhendés ont jugé utile de les questionner pour en  savoir plus sur leurs mouvements.

La présence de ces deux téléphones Thuraya sur ces malfrats atteste que ces bandits de grands chemins n’opèrent pas à l’aveuglette et profitent de la situation du chaos sécuritaire pour terroriser les commerçants sur le territoire centrafricain. C’est une structure bien organisée qui travaille à partir des renseignements que leur donnent leurs indicateurs qui ont des informations sur des véhicules de transport en commun qui se déplacent sur le territoire.

Pour resserrer l’étau sur ces bandes organisées et dotées de moyens de communications sophistiqués, il faut que nos forces de l’ordre chargées de les traquer, aient des armes avant de songer à les attaquer. Car une mission diligentée contre ces bandes armées qui écument nos préfectures abandonnées à elles-mêmes, sans informations au préalable, serait un fiasco car elle risque de tomber dans leur piège.

Les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui ne sont pas encore redéployées sur tout le territoire, sont un véritable danger pour nos préfectures.

En réalité, ce phénomène tend à gagner toutes nos préfectures si nous continuons à dormir.

 

Sinclair Aries

 

 

 

LA RCA A BESOIN D’UNE NOUVELLE POLITIQUE DE LA PART DE SES ELITES

Presque deux ans après l’élection à la magistrature suprême du président Touadéra, l’espace politique est et reste toujours infecté par les ennemis de la nation. Sinon, comment comprendre que, dans la situation post-conflit que vit la République Centrafricaine, la classe politique peine à former l’Union sacrée ? Car il est difficile d’oser affirmer que la RCA a retrouvé son unité et que les Centrafricains de toutes les régions et religions confondues du pays se sont effectivement réconciliés les uns avec les autres au nom de la fraternité, de la convivialité et de la tolérance qui ont toujours animé nos ancêtres et en particulier le président fondateur de la République Centrafricaine, feu Barthélemy Boganda. Toute la classe politique s’en réclame du bout des lèvres, tout en s’éloignant de ses « principes fondateurs » dans la pratique de la politique et du pouvoir. Qu’observons-nous ? C’est que depuis toujours la politique a contribué à diviser les Centrafricains plutôt que de les réunir au nom des intérêts supérieurs de la nation.

Le Centrafrique vient de traverser la pire crise de son histoire, mais continue de s’acheminer inexorablement vers son éclatement ou pire encore vers un génocide tant rêvé par ses fossoyeurs. Certes, l’aveuglement ou la soif de pouvoir de ses politiques les empêchent aujourd’hui, de voir que sans l’unité, la RCA sombrera dans la démence. Il est vrai que les dirigeants politiques de tous bords prétendent disposer  de la « solution miracle », mais en vérité ils ne sont ni Jésus-Christ le «rédempteur », ni Dieu le Père, le miséricordieux qui détiennent effectivement le pouvoir de transformer notre vie, du moins si on croit à leur toute-puissance et à leur capacité de sauver des âmes.

Aujourd’hui plus que jamais, la RCA a besoin des « conducteurs d’âmes et d’hommes » capables de mettre en valeur par leur génie personnel les formidables ressources naturelles dont regorgent la République Centrafricaine et qui sont aujourd’hui pillées par l’Onu et les grandes puissances grâce à la complicité notoire de ses dirigeants politiques d’hier et d’aujourd’hui.

Le pays a besoin du sang neuf susceptible de combattre et de vaincre le « Mal » pour instituer le règne du « Bien », c’est-à-dire de la justice sociale et du bien-être pour chacun et pour tous. C’est justement cette vision des choses et de l’avenir de la République Centrafricaine que souhaite aujourd’hui le plus grand nombre. Hélas ! Tous les élites et dirigeants politiques n’ont que des visions décalées pour la destinée de notre pays. Ils sont comme des vulgaires « marchands d’illusions », de «faiseurs  de miracle» dans un pays où la croissance économique est quasi  nulle et la  pauvreté, plus que jamais dévastatrice avec la pandémie du Sida, le Paludisme et un formidable développement d’un « analphabétisme de retour », doublé d’un illettrisme criant.

Or, ce qu’attend le peuple centrafricain de ses dirigeants, c’est une « génération nouvelle », c’est un avenir radieux véritablement assorti d’un programme de développement socio-économique qui assure la croissance et réduit cette pauvreté qui diminue et qui tue sous toutes ses formes depuis 1979. Car, depuis cette année-là, la République Centrafricaine a amorcé une dangereuse « descente aux enfers » avec des gouvernements incompétents, prédateurs et démesurément boulimiques.

Nous avons compris que le « Messie » attendu, ne viendrait pas demain, mais pourvu qu’une nouvelle génération de gouvernants sorte du marasme politique. La renaissance véritable de ce pays est au prix de ce genre de rêve qui a toujours inspiré les grands hommes d’Etat.

 

Sinclair Aries

 

 

 

FORUM DES INVESTISSEURS PREVU POUR NOVEMBRE PROCHAIN,

ESPOIR D’UN NOUVEAU DEPART POUR L’ECONOMIE CENTRAFRICAINE

 

En prélude au forum des investisseurs prévu du 08 au 09 novembre 2017 à Bangui, le ministre du Commerce et de l’Industrie Come Assane a tenu une conférence de presse dans la salle de conférence dudit ministère. Cette conférence de presse ouvre le bal des préparatifs dudit forum. La rencontre avec les chevaliers de la plume et du micro a pour optique d’éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale sur les enjeux économiques attendus. Tenue le mercredi 27 septembre 2017, cette conférence de presse a réuni autour de la table plusieurs membres du gouvernement.

La tenue de ce forum a été décidée par le président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra, lors de la table ronde de Bruxelles en novembre 2016. Vu le contexte actuel de notre pays, où l’économie est mise en berne, où les recettes fiscalo-douanières ne permettent aucunement de faire face aux nombreux défis qu’entend relever l’Etat centrafricain, un forum des investisseurs s’avère important.

D’après Come Assane, ministre du Commerce et de l’Industrie, une autre raison qui justifie l’importance de ce forum tient au fait que la RCA regorge de plusieurs ressources naturelles sous exploitées freinant ainsi son développement.

Ce forum verra la participation des investisseurs de la CEMAC et du reste du monde. Dans le cadre de ses préparatifs, plusieurs actions ont été menées, parmi lesquelles, la mise en place d’un Comité Préparatoires des parties prenantes, de quatre commissions, à savoir : Technique et Finance, Communication-Logistique, Protocole et restauration, l’Elaboration des termes de références etc.

Comme perceptives, ce forum s’assigne les tâches de poursuivre des pourparlers avec les partenaires sur le processus des préparatifs du forum, l’élaboration et la validation du projet des affiches du forum, le lancement des publicités, pour ne citer que celles-là.

Le futur forum des investisseurs se veut réaliste pour relever l’économie du pays et redorer le blason de l’identité d’un pays comme la RCA longtemps déchiré par les crises.

 

Félicien NZAPAYEKE MAMADOU

 

 

RCA: L’INTERNET HAUT DEBIT ARRIVE EN OCTOBRE A BANGUI

 

C'est une révolution sans armes ni violences qui s'annonce pour une fois en Centrafrique. Dans le domaine de l'Internet, l'opérateur Orange va lancer, d'ici le 1er octobre, une nouvelle connexion haut débit en s'appuyant sur un réseau satellitaire permettant de réduire les temps de chargement.

Quiconque a déjà essayé de se connecter à Internet en RCA sait que cela relève parfois de l'exploit. Connexion qui rament, serveurs qui plantent et météo capricieuse sont autant d'obstacles auxquels se confrontent l'internaute lambda.

Et pour les entreprises, qui se doivent, dans un esprit d'efficacité, de pouvoir être connectées en permanence, le besoin est encore plus criant, comme le souligne Stéphane-Roméo Ombre, informaticien dans une société d'assurance :

« A travers une bonne connexion, nous pouvons offrir des services à distance, permettre à nos partenaires de se connecter directement à notre site pour pouvoir travailler. Nous avons des filiales un peu partout dans d'autres pays d'Afrique, donc ça peut aussi nous permettre de travailler à distance de manière efficace, rapide et sans coupure. »

Alors, pour pallier ces problèmes, Orange a décidé d'investir non dans la fibre, qui demande un minimum de sécurité pour son entretien, mais dans un système satellitaire. Celui-ci beaucoup plus proche de la Terre que les satellites géostationnaires, permettant de multiplier par six la vitesse de connexion.

Pour le moment, ce système ne s'adressera qu'aux entreprises, comme le justifie Corinne Lozé, directrice générale d'Orange RCA : « Nous le mettrons à disposition des particuliers dans un second temps. Nous travaillons sur une offre qui n'est pour le moment pas finalisée parce qu'il faut trouver le bon rapport coût/qualité et évidemment que ce soit accessible par les particuliers. »

Le coût pour les entreprises est pour le moment inconnu. Orange ayant décidé de dévoiler ses tarifs le 1er octobre, jour de la sortie de son offre.

RFI

 

 

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

TCHAD : LES CITOYENS PERSONA NON GRATA AUX ETATS-UNIS D’AMERIQUE

Le président américain Donald Trump a inscrit le 24 septembre le Tchad sur la liste noire des pays don leur ressortissants sont  interdits d’entrée Etats-Unis. Pour le président américain, le Tchad fait preuve de manquements à la sécurité de leurs voyageurs et n’est pas coopératif en matière de partage d’informations sur le terrorisme avec Washington. Une mesure « inacceptable » par les autorités de Ndjamena.

Le décret migratoire américain a été actualisé. Ce sont les ressortissants du Tchad, de la Corée du Nord et du Venezuela dont l’entrée est interdite ou limitée aux USA. Le Soudan a été retiré de la liste.

Cette décision varie d’un pays à un autre. « Tous les citoyens Nord Coréens et tchadiens sont interdits d’accès au territoire américain »,  alors que « l’interdiction se limite aux membres d’une longue liste d’instances gouvernementales vénézuéliennes et à leur famille ».

Commentant son décret migratoire sur Twitter, le président américain Donald Trump a fait cette déclaration : « Rendre l’Amérique sûre est ma priorité numéro un. Nous n’accepterons pas dans notre pays ceux que nous ne pouvons pas bien contrôler ». Il a ajouté que « nous ne pouvons pas nous permettre de continuer des politiques qui ont échoué dans le passé et qui représentent un danger inacceptable pour notre pays ».

Déclaré pourtant « un partenaire important et de valeur pour le contre-terrorisme », le décret déplore « la présence sur le sol tchadien de différents groupes djihadistes comme le groupe Etat islamique, Boko Haram ou Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Et N’Djamena « ne partage pas de manière adéquate les informations concernant la sécurité du public et le terrorisme ».

Réaction du Tchad :

A Ndjamena, cette décision a surpris les autorités qui ont publié hier un communiqué de presse : « Tout en prenant acte de cette décision, le Gouvernement tchadien exprime son incompréhension face aux motifs officiels sous-tendant cette décision ; motifs qui contrastent avec les efforts et les engagements constants du Tchad dans la lutte contre le terrorisme au niveau régional et mondial»,  lit-on dans cette déclaration signée par la Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Mme Madeleine Alingue.

Dans le communiqué, « le Gouvernement tchadien en appelle-t-il à une meilleure appréciation de la situation et invite le Président Donald Trump à reconsidérer cette décision qui porte gravement atteinte à l’image du Tchad ». Pour une meilleure coopération entre les deux pays, « le Gouvernement ne souhaiterait pas être amené à user de principe du réciprocité dont l’application serait préjudiciable aux intérêts des deux pays » a encouragé le Tchad.

Incompréhension:

En Amérique du Nord, c’est la surprise dans le cercle des experts. Ndjamena était apprécié dans le dernier rapport pour ses engagements dans la lutte contre le terrorisme. Le Tchad a cependant bénéficié d’une aide militaire américaine.

Une source qui travaille sur la lutte contre le terrorisme en Afrique a noté que : « C’est le pays qui affiche le plus de volontarisme en matière de lutte contre les jihadistes » avant d’insister que c’est « un acteur de la lutte contre Boko Haram ». Elle a noté « une nette amélioration des échanges d’informations de terrain entre le Tchad, le Cameroun, le Niger et la Nigeria ».

A l’Institut des études de sécurité, on souligne que «quatre attaques de Boko Haram ont été recensées au Tchad l’année dernière contre par exemple 120 au Nigeria, qui lui, ne fait pas partie de la liste des pays visés par le nouveau décret ».

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RUPTURE DES CARTES SEJOURS AU SERVICE DE L’IMMIGRATION A BANGUI

Le service d’Immigration fait face à une carence de carte de séjour. Cette situation facilite, d’après nos informations, la falsification de ces documents.

Cette rupture, selon les informations du RJDH remonte à plusieurs mois. Cette situation est liée, selon le service aux crises que le pays connait depuis 2012, « les multiples crises traversées par la Centrafrique et le mauvais comportement de certains fils du pays qui pendant ces moments de troubles, ont emporté la majeure partie du stock justice cette rupture », explique Patrick Takréndo, cadre au service de l’Immigration.

Les étrangers vivant en Centrafrique, reçoivent que des récépissés, « le peu de cartes que nous avions, est épuisé et présentement nos services compétents ne délivrent que des quittances aux étrangers vivant en Centrafrique en attendant que la situation se régularise. Mais ils ont des récépissés » a indiqué  Patrick Takréndo.

De sources proches du ministère de la sécurité publique, une machine de fabrication de ces cartes a été achetée sauf qu’elle n’est pas encore fonctionnelle, «  l’Etat a passé la commande d’une machine de fabrication des cartes de séjours. Cette machine est disponible depuis un certain temps mais l’opérationnalisation pose encore problème et nous ne savons pas à quel niveau se trouve le problème », confie une source au sein du département.

Cette situation favorise les falsifications des cartes de séjour en République Centrafricaine, selon une enquête du RJDH, « nous avons mis la main sur plusieurs cartes de séjour falsifiées. Pour l’instant, il est difficile de mettre la main sur les auteurs mais la solution d’opérationnaliser la machine achetée », fait savoir une autre source au ministère.

Les cartes d’identité, les permis de conduire ne sont plus délivrés depuis plus de deux ans en Centrafrique. Alors que les cartes de séjour sont liée au manque de machine, la situation des cartes d’identité et de permis, est due au fait que l’Etat n’arrive pas à recruter une société pour assumer cette mission. La société Centrafrique Carte Système (CCS), ayant signé une convention avec le gouvernement a été recalée par le gouvernement qui a relancé depuis deux mois, l’avis d’appel d’offre.

RJDH

 

 

 

LES VICTIMES DE 2015 ET AUTRES A L’ECOLE DES «  DROITS DES

VICTIMES » AU SIEGE DE L’AS-VI A FATIMA

Un atelier de formation sur la cohésion sociale dont le thème est : « Les Droits des victimes » s’est déroulé ce samedi 30 septembre 2017 à 09 heures au siège de l’Association des Victimes (ASVI) de 2015 et autres, sis au quartier Fatima, face au lycée de Fatima dans le 6ème Arrondissement de la ville de Bangui. Cet atelier est organisé en partenariat avec l’ONG internationale Cordaid.

A l’ouverture, c’était le Vice-président de l’ASVI, Pascal Mandjo qui a pris la parole pour son mot de bienvenue. Dans son allocution, il a signifié, « cet atelier s’inscrit dans le cadre des Droits des Victimes. Nombreux ont perdu leurs biens et leurs parents. C’est pourquoi, nous devons comprendre nos droits. Aujourd’hui, nous  avons des avocats, des juristes qui ont des connaissances sur les Droits des Victimes. Soyez attentifs à l’exposé de notre conseiller juridique, maître Célestin Nzala. Profitez de ce moment pour acquérir beaucoup de choses sur ce thème. Au nom de l’équipe, je vous souhaite la bienvenue et la bonne participation à cet atelier ».

Ensuite, place était faite à maître Célestin  Nzala pour son exposé dont le thème est : « Les Droits des Victimes ». Il a tout d’abord fait un aperçu général sur les Droits de l’Homme et les contextes dans lesquels les Nations Unies ont instauré ce concept. Il n’a pas aussi manqué de parler des différentes crises qui ont eu lieu en RCA depuis 1981 à nos jours. Durant toutes ces périodes, des exactions massives, des violations des Droits de l’Homme ont été commises sur les populations et se poursuivent aujourd’hui. Il s’agit notamment des Violences Basées sur le Genre (VBG), des traitements inhumains et dégradants, des tortures, des disparitions forcées, des viols et abus sexuels … Et tous ceux qui ont subi ces exactions de tout genre et qui sont encore en vie, on les appelle des Victimes.

Toujours d’après maître Célestin Nzala, si on réunit toutes ces exactions, on retrouve les crimes contre l’humanité : c’est lorsque les gens viennent en surnombre dans un lieu (quartier, village) en tuant, pillant, violant, incendiant des maisons. Aussi, il y a le génocide : c’est quand un groupe d’individus veut exterminer une ethnie, une communauté religieuse. Enfin, il y a les crimes de guerre. On parle de ces crimes lorsque les belligérants s’en prennent aux civils, aux humanitaires, tuent les prisonniers de guerre. Tous ceux qui agissent ainsi sont poursuivis pour crimes de guerre.

Abordant le thème proprement dit, maître Célestin Nzala a signifié aux participants que les Droits des Victimes se résument de la manière suivante :

- Accès à la justice : il faut dire non à l’impunité. Tous ceux qui ont subi des exactions, ont le droit de saisir la justice en fournissant des preuves et en ayant des témoins. Les personnes peuvent se présenter individuellement ou en association ;

- Réparation : c’est une manière de faire pour que l’individu sorte de son état actuel ;

- L’indemnisation : c’est le dédommagement des préjudices subis ;

- la restitution : exemple, quand la moto de quelqu’un a été volée puis retrouvée, on la lui restitue ;

- la réadaptation, la satisfaction : c’est dans le cas où chacun reconnaît sa faute et demande pardon ;

- la garantie de non exécution: l’Etat doit faire des sensibilisations ;

- les fonds au profit des victimes : c’est celui qui a commis des fautes qui est habilité à réparer les victimes. Les Etats partis, les ONG contribuent aussi à la réparation des victimes. Si le gouvernement qui a le droit de protéger les victimes ne le fait pas, il doit aussi les réparer. Les réparations sont très nécessaires pour les victimes. Sur cette question, les Nations Unies ont demandé au gouvernement de mettre en place des mécanismes de réparation ;

- droit à l’information : les victimes ont droit de s’informer, de savoir ce qui se passe sur les plaintes qu’ils ont déposées, l’évolution des dossiers au niveau du tribunal.

Après ce brillant exposé, certains participantes et participants à cet atelier ont pris tour à tour la parole pour poser des questions au conférencier afin d’être éclaircis sur certains  points qui leur paraissent obscurs. Il s’agit notamment de Doloko Axés, Nzalé Lazare, Kina Jean-Louis, Kette Yvon, Séré Raphaël, Ludovic Niambaye, Logbama Eric et les prénommés Natacha et Daniel. En réponse à toutes leurs préoccupations, maître Célestin Nzala de dire, «  C’est bien d’aller en association pour défendre ses droits que d’aller en ordre dispersé, c'est-à-dire individuellement. Tout ce que font les associations, les ONG, c’est pour accéder à la justice. Les criminels qui fuient dans les pays voisins seront rattrapés si et seulement si le gouvernement lance un mandat d’arrêt international contre eux. La CPS ne jugera pas tous les criminels mais seulement ceux qui donnent des ordres pour tuer, incendier, c'est-à-dire les leaders. Quant aux exécutants, ils seront jugés par d’autres cours telles que la Cour Criminelle, la Cour Correctionnelle.

L’amnistie encourage l’impunité et va à l’encontre de la CPS. Vous avez dit que la justice est lente, c’est vrai. C’est une vertu. Laissons le temps à la justice, et elle fera son travail. Les victimes et les témoins ont droit à la protection. La participation des victimes est cruciale à un procès. La victime peut être aussi témoin. Elle ne doit pas divulguer ses secrets.

Dans un procès, on demande souvent aux victimes d’apporter des preuves. Il y a la preuve matérielle et la preuve par témoignage (cas de la disparition d’un parent). S’agissant des forces internationales, on peut les juger. Tous les pays qui ont des contingents chez nous, ont le privilège de juridiction. C’est leur Etat respectif qui doit juger leurs soldats qui ont commis des viols, des abus sexuels. C’est sur leur territoire national et non en RCA. Nous allons tout faire pour que les victimes participent au procès jusqu’à la fin. La plainte contre l’Etat peut-elle aboutir ? Je vous dis que ce ne sont pas tous les juges qui sont corrompus, qui pratiquent le népotisme. A la fin de la CPS, quand les criminels ne seront pas tous arrêtés et jugés, que se passera-t-il ? La CPS a une durée de cinq (5) ans renouvelable. Sachez que les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide sont imprescriptibles pour la CPS. Dès que la CPS arrivera à son  terme, la Cour Criminelle peut continuer le reste du travail. N’oubliez pas aussi que, si la CPS attrape un criminel et que la CPI le réclame, il le lui cède automatiquement ».

Le représentant de Cordaid, Jean-Paul, dans une brève allocution a indiqué, « J’ai le plaisir de travailler avec des partenaires comme en RCA. Désormais, il faut mettre les victimes au centre du débat comme acteurs du changement. Il faut passer aux actions concrètes. La prochaine thématique de l’ONG Cordaid, c’est l’implication de tous les dynamiques et aussi des plaidoyers des juristes au plus haut niveau. Le plus souvent , des recommandations sont faites mais il n’y a pas de suivi. Vous devez utiliser des ressources internes pour faire des plaidoyers au plan international. Si on n’initie pas des projets, rien ne peut aller ».

La lecture de la note de procédure relative au fonctionnement du panel sur le changement, suivie des débats constructifs pour son adoption a fait aussi partie de cet atelier. A l’issue des débats, le point 3 concernant le fonctionnement a été partiellement modifié. Au lieu de : ses activités sont dirigées par le Conseiller Economique, lire : ses activités sont dirigées par le Conseiller Economique et le Conseiller Juridique de l’ASVI 2015.

Une motion de remerciement lue par un chef de quartier et le mot de remerciement du président de l’ASVI 2015, Apollinaire Mokotémapa ont mis définitivement un terme à cet atelier de formation aux environs de 14 heures.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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