Tous les Info du Mercredi 30 Novembre 2016

LA VILLE DE KABO PRISE EN  ETAU PAR DES HOMMES NON IDENTIFIES : DES EGLISES, ECOLES ET HOPITAL VANDALISES

Cmn 2356 du mer 30 nov 2016

La ville de Kabo, située dans la préfecture de l’Ouham, au Nord-ouest de la RCA , non loin de la frontière centrafricano-tchadienne, vient à son tour d’être attaquée par des hommes armés non identifiés. L’acte s’est produit le samedi 26 novembre 2016.

Selon des sources concordantes, ces malfrats ont attaqué l’église catholique  et les deux (2) églises baptistes de la localité. Des écoles ont été vandalisées et pillées. Ils s’en sont  pris aussi à l’hôpital. Les malades, leurs parents et certainement le personnel soignant ont pris la fuite. Les habitants de cette localité se sont réfugiés dans la brousse pour échapper au foudre de ces criminels. Aux dernières nouvelles, une réunion a été organisée par le soi-disant général Alkhatim du MPC, avec les autochtones pour tenter de décrisper la situation, mais aucune information n’est filtrée de celle-ci. La peur a gagné la population. Aucun bilan de cette attaque n’est encore connu à ce jour. Mais, il y aurait probablement des morts et des blessés car dans ce genre d’attaque, il y a toujours des victimes.

Et la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge en ces termes : « Pourquoi ces criminels ont-ils attaqué des églises, des écoles et l’hôpital de la ville ? Sont-ils vraiment des hommes armés non identifiés ou les combattants du MPC de Mahamat Alkhatim ? Autant d’interrogations qui dépassent l’entendement humain. S’attaquer à une église ou des églises qui sont des lieux saints est un acte abominable, impardonnable  par Dieu. Et  ces malfrats le savent bien, mais osent le faire. Qu’est qu’ils cherchaient dans ces églises ? Car si nos mémoires sont bonnes, il n’y a même pas un trésor caché dans une église. Même un rat qui se permet le luxe de s’y cacher, n’y trouve rien à manger. C’est la raison pour laquelle les gens disent habituellement qu’ils sont fauchés comme le rat d’église, c’est-à-dire qu’ils n’ont rien à mettre sous les dents. Tout porte à croire qu’il y a anguille sous roche. Est-ce peut-être le début de l’islamisation de la ville ? Difficile de le savoir. Attendons de voir la suite des évènements pour en savoir plus sur  les agissements de ces malfrats et le pourquoi de ces attaques ciblées.

De plus, quel groupe armé, autre que le MPC de Mahamat Alkhatime peut-il s’attaquer à la ville de Kabo, du moment où on sait que c’est le MPC qui règne en maître absolu dans cette localité ? La réunion tenue par Alhkatime à Kabo n’a pas sa raison d’être, car ce sont ses hommes qui ont vandalisés ces lieux sacrés, les écoles et l’hôpital. S’il pense qu’il se croit plus malin que tout le monde, il se trompe largement. C’est de la pure farce de mauvais goût, une véritable singerie que de tenir une réunion avec les habitants de Kabo. Alkhatime et ses hommes veulent mettre en application leur plan, de destruction des édifices publics et privés ou tout simplement la politique de la terre brûlée. On les connaît. C’est leur mode opératoire de tous les jours.

Souvenez-vous, aux mois de septembre et octobre, les éléments du MPC ont incendié des maisons, des sites des déplacés, saccagé  et vandalisé des locaux des ONG à Kaga-Bandoro et Ndomété. Les morts et les blessés ne se comptaient plus. C’était au vu et au su de la Minusca, des autorités locales et de la population. Mais, quand Alkhatime et ses hommes ont été accusés d’avoir commis ces actes barbares, indignes, inhumains et bestiaux, ils ont rejeté en bloc l’accusation, affirmant que ce sont des hommes armés non identifiés qui ont commis le carnage, une véritable boucherie humaine à Kaga-Bandoro. Une affirmation dénuée de tout fondement puisque, c’est le MPC qui est le maître incontesté et incontestable de la ville de Bandoro. De ce fait, l’UPC d’Ali Daras qui s’est implantée solidement dans la ville de Bambari peut-elle opérer à Kaga-Bandoro ? Nous ne le pensons pas, à moins que ce soient les rebelles de la LRA, car ils mènent habituellement une opération éclaire.

À vrai dire, Alkhatime et ses hommes ne peuvent nous rouler dans la farine ou dans la boue. Ce sont eux qui tiennent la ville de Kabo et ces attaques ciblées leur reviennent de droit. Ils doivent endosser la responsabilité de ces crimes odieux qui n’honorent personne et qui ne les honoreront jamais. Ils creusent aujourd’hui leur propre tombe en vandalisant l’église catholique et les deux églises protestantes. Les conséquences de leurs actes barbares ne tarderont pas  à s’abattre sur eux car le rouleau compresseur de Dieu Tout-Puissant est déjà en marche. La population de Kabo doit prendre leur mal en patience en attendant que la colère de Dieu se déferle sur Alkhatime et les siens.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

SUR 15 GROUPES ARMES, 11 ONT REJOINT LE PROCESSUS DDRR : AU NOM DE QUOI LES 4 AUTRES JOUENT AUX RETARDATAIRES RECALCITRANTS ?

 

Le FPRC, le RPRC, le MPC et la branche Mokom des Anti-Balaka font la sourde oreille aux gémissements de la population centrafricaine. Les onze (11) groupes armés qui ont adhéré au processus DDRR, ont mesuré le degré des souffrances de leurs compatriotes. La population rurale plus touchée, les populations déplacées vivant sur des sites  de fortunes, les populations exilées qui n’en peuvent plus, de mener une vie bestiale. Le pays est par terre. L’économie nationale est en déliquescence. Les écoles, les hôpitaux, les conditions de vie sont extrêmement difficiles, à tous les niveaux. Les autorités font des pieds et des mains pour essayer de relever le pays. C’est ce qui explique la forte mobilisation nationale à Bruxelles, l’« Union sacrée ». Tous ces efforts se heurtent à un groupuscule de récalcitrants qui prennent leur nombril pour le bout du monde. Onze (11) groupes armés sur quinze (15), la balance est claire pour que les autres s’alignent.

Un Centrafricain mort aujourd’hui, c’est un mort de trop. L’Archevêque de             Bangui, le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, a lancé un appel vibrant au reliquat de groupes armés qui continue de prendre les populations en otage. Aucune raison ne justifie leur posture dans la mesure où la majorité a franchi le cap. Le Comité Consultatif et de Suivi est à pied d’œuvre. Malheureusement, les récalcitrants font traîner les travaux, alors que les autres attendent depuis longtemps. Bruxelles a favorablement répondu au chapitre du processus DDRR. Il faut quitter la guerre avant qu’elle ne vous quitte, car il y a un temps pour toute chose, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. L’ex-coalition Séléka n’a pas su gérer le pouvoir, ce n’est pas la faute des Centrafricains, encore moins de la classe politique actuelle, ni de Touadéra. La Séléka doit s’en prendre à elle-même et accepter les solutions de sortie de crise proposées par un gouvernement démocratiquement élu qui n’a de compte à rendre qu’au peuple centrafricain, au bout de cinq (5) ans de mandat. Le pouvoir actuel n’est pas la cause des malheurs des Séléka, ni des Anti-Balaka.

Le Km5 s’est autorégulé et a pu amoindrir tous les risques dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui, parce que nous aspirons tous à la paix et rien que la paix. Touadéra vient d’affirmer dans une interview que nous ne voulons pas de désarmement forcé. Qui dit désarmement forcé, dit affrontements, alors que le sang ne doit plus couler sur le sol centrafricain. C’est un clin d’œil fraternel que Touadéra adresse à ce résidu de groupes armés. C’est une main tendue à des frères qui doivent entendre raison. Jonas Savimbi en Angola, a tellement tiré sur la ficelle qu’elle s’est rompue et l’a emporté, dans le royaume des ombres. Le M23 a brillé dans la barbarie en RDC, mais a fini par y laisser sa peau. Les exemples foisonnent. Il est question de bon sens, de sagesse et d’intelligence. Les quatre millions de Centrafricains ne peuvent pas demeurer éternellement les otages d’une horde de bandits sans foi, ni loi, accrochés à de petits intérêts personnels et égoïstes. La guerre a un début et une fin. Les FARC en Colombie ont combattu plus de cinquante (50) ans, aujourd’hui ils aspirent à la paix. La vie au maquis n’est pas gaie. Il faut une vie de famille normale, humaine et civilisée.

La CEEAC tient à partir de ce jour mardi 29 novembre un sommet extraordinaire sur la RCA. Il est encore très tôt pour savoir ce que pourra accoucher ce sommet, pour mettre un terme définitif au règne des armes. Les défis sont monumentaux, le chantier est vaste et multiforme et la tâche très ardue. Il n’est plus question de tergiverser autour des brebis galeuses, incapables de faire la différence entre le jour et la nuit. La page est tournée définitivement pour les charlatans politiques, les pistoleros, les justiciers de la jungle. La RCA est aujourd’hui un Etat de droit qui doit se consolider, s’affermir et se hisser au diapason des nations modernes. Des abrutis qui ne savent même pas écrire leurs propres noms, et ce sont les quatre (4) groupes armés récalcitrants qui veulent imposer leur volonté aux onze (11) autres groupes et à tous les Centrafricains, c’est ridicule de leur accorder un (1) centime.

 

Julien BELA

 

 

 

1er DECEMBRE 1958 - 1er DECEMBRE 2016 : LE TEMPS DE LA VERITABLE

RUPTURE EST ENFIN ANNONCE

 

 

L’Oubangui Chari était devenu la République Centrafricaine (RCA) le 1er décembre 1958. C’est dans cette optique que la date du 1er décembre de chaque année est retenue par les autorités centrafricaines, pour commémorer l’anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine. Pour ce Jeudi  1er décembre 2016, le peuple centrafricain du nord au sud, de l’est à l’ouest va célébrer le 58e anniversaire de la proclamation de la RCA et ce, après plus de trois (3) de crises militaro-politiques qui ont totalement ravagé et ruiné le pays.

Cinquante-huit (58) ans d’anniversaire, quelle lecture peut-on faire de la situation socio-économique, éducative et culturelle de la RCA en termes de développement ?  C’est  la seule problématique qui se pose avec tant d’acuité. Mais à notre humble connaissance, ce sont les mêmes personnages avec leurs vielles habitudes qui ont ruiné et continuent de ruiner notre cher et beau pays, la RCA. D’où l’obligation pour les nouvelles autorités du pays de traduire leur parole en acte, en appliquant la véritable rupture prônée. Certains ministres  que nous connaissons dans le gouvernement de Sarandji ont presque servi tous les régimes précédents. Quel souvenir ont-ils laissé derrière eux ? N’est-ce pas la pauvreté, la misère, bref la souffrance la plus ordurière ? Certains ministres ont commencé à servir le pays au temps de Patassé, Bozizé voire Catherine Samba-Panza. Ils étaient tous les temps à l’étranger pour des missions qui malheureusement, n’ont aucun impact sur les départements qu’ils géraient, encore moins sur la population centrafricaine.

Tous les bâtiments administratifs créés  dans les années 60, sont aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, alors que les ministres qui les gèrent, achètent des voitures de luxe qui coûtent extrêmement chères et dorment dans des villas. C’est le cas de la seule Université de Bangui créée dans les années 1970 pour accueillir quelque cinq cents (500) à six cents (600) étudiants à l’époque du feu Empereur Bokassa 1er, paix à son âme. Aujourd’hui, les étudiants sont confrontés à d’énormes difficultés entre autres, nous pouvons citer, le problème de salles de classe, d’une bibliothèque digne de ce nom pouvant  leur permettre de faire des recherches et d’étudier dans des conditions normales. Quelles sont les réalisations concrètes de tous les ministres qui se sont succédés à la tête du ministère de l’éducation nationale ? Les ministres centrafricains voltigent d’un régime à un autre pour chercher leurs propres intérêts égoïstes et personnels. Après le régime de Bozizé, les voilà encore plein au sein du gouvernement Sarandji. À l’exception de quelques uns qui font  des efforts pour bouger la ligne dans leurs départements, la majorité ne  fait absolument rien. Certains ministres n’ont pas toussé un seul mot depuis qu’ils ont été nommés, alors que la situation du pays a besoin des hommes et femmes courageux, visionnaires et capables pour relever les défis et remettre le pays sur le rail du développement. C’est le même son de cloche du côté des directeurs généraux. Il y a des éternels DG en RCA. Malgré tout, les sociétés d’Etat qu’ils dirigent restent dans leur état gréco-latin. La SODECA, la SEGA, l’ENERCA, la SOCATEL, la Centrapalme, l’ORGEM, le COMIGEM… tournent en rond après 56 ans d’indépendance, à cause de la mauvaise gestion des directeurs généraux  qui se sont succédé à la tête de ces Sociétés. La mauvaise foi, la haine, la jalousie, sont le lot au quotidien des Centrafricains dans les administrations ainsi que les sociétés d’Etat et Offices publics. Nous sommes presque à la fin d’année. Le temps est au bilan pour faire un nettoyage à sec dans les départements ministériels et les sociétés d’Etat, afin de rompre définitivement avec ces vielles pratiques qui continuent de ruiner le pays.

Quand on parle de la rupture, tout le monde ne voit que les gouvernants, alors que les gouvernés sont aussi visés. C’est le cas notamment de la Jeunesse centrafricaine, paresseuse, mendiante qui aime la facilité comme solution pour lutter contre la pauvreté et le chômage. L’escroquerie, le vol, le braquage à main armée, le pillage, pour ne citer que ces quelques exemples, sont les actes posés par les jeunes et enregistrés tous les jours dans les quartiers de Bangui. Aucune action concrète de la Jeunesse allant dans le sens de la maçonnerie, la menuiserie, le petit commerce, l’agriculture, l’élevage, et que savons-nous encore ? L’une des conséquences de la crise que nous avons traversée est le chômage des jeunes. C’est pourquoi, la jeunesse doit se réveiller pour prendre son destin en main et sauver sa patrie en danger. Changeons nos mentalités pour bâtir un Centrafrique nouveau. Bonne fête du 1er décembre à tout le peuple centrafricain !

 

Bénistant MBALLA

 

 

ANECA : UNE ASSOCIATION ESTUDIANTINE DEPOURVUE DE LEADERS VISIONNAIRES

 

L’Université de Bangui, à l’instar d’autres Universités du monde regorge de plusieurs associations parmi lesquelles l’Association Nationale des Elèves et Etudiants Centrafricains (ANECA). Selon certaines dispositions réglementaires, l’ANECA est apolitique et a pour mission principale la défense des intérêts moraux et matériels des étudiants. Malheureusement, les réalités sur le terrain démontrent autre chose car les étudiants sont confrontés tous les jours à d’énormes difficultés. C’est pourquoi, nous nous interrogeons de la manière suivante : quel rôle joue effectivement l’ANECA pour défendre les intérêts moraux et matériels des étudiants ? Les leaders qui se sont succédés à la tête de l’ANECA ont-il des visions pour pérenniser les idéologies de cette association ?

« Une ambition sans compétence est un crime contre l’humanité », disait Château Briant. C’est le cas de figure actuelle des dirigeants de l’ANECA. C’est le néant, s’il faut dresser un bilan à l’approche de la fin de mandat du bureau actuel. On a l’impression qu’en RCA, ce sont les têtes qui changent, mais le système de la gouvernance demeure le même. Depuis l’élection des leaders actuels de l’ANECA à ce jour, rien n’a bougé d’un iota. Les mêmes maux qui minaient et gangrènaient l’Université de Bangui, demeurent toujours aujourd’hui, pendant que le bureau de l’ANECA se préoccupe des choses mesquines et anodines, qui ne profitent qu’à une minorité d’étudiants. Les étudiants eux-mêmes n’ont aucune vision pour leur propre avenir . Quand ils manifestent à l’Université, c’est pour, soit revendiquer le bon fonctionnement du restaurant, soit pour des bourses qui d’ailleurs ne profitent pas à tous les étudiants. Ils n’osent jamais revendiquer les bonnes conditions d’études à l’exemple de la construction des salles de classe, des amphithéâtres, des bibliothèques avec l’accès à l’internet.

Tous les étudiants doivent prendre leurs responsabilités pour permettre à l’ANECA de retrouver sa lettre de noblesse, en faisant un choix responsable et Judicieux pour les années à venir. C’est souvent absurde que les leaders de l’ANECA, pourtant des étudiants, méconnaissent les sujets qui devraient alimenter les débats à l’Université. Comme les nouvelles autorités du pays ont prôné la rupture au lendemain de leur prise de fonction, cela doit être traduit dans les faits pour redorer le blason à cette noble association des étudiants, afin de garantir un enseignement de qualité aux futurs cadres du pays. Nous demandons au bureau actuel de l’ANECA de démissionner car il a assez démontré ses limites. C’est écœurant, voire aberrant de cautionner cette incompétence notoire du bureau actuel de l’ANECA qui continue de parler au nom des étudiants Centrafricains.

 

Amedé NGUETE

 

 

interview exclusive accordEe par Sa MajestE MOHAmMED vi,

Roi DU MAROC, A la presse malgache

 

 

Q : Majesté, Merci de nous recevoir. Vous êtes à Madagascar dans le cadre d'une tournée en Afrique, que Vous inspirent ces visites dans les pays africains ? ,

R : Tout d'abord, Je voudrais rendre hommage à Mes frères africains et à notre continent. Chaque visite en Afrique est pour Moi l'occasion de renouer avec les populations africaines que J'admire et respecte, elles M'enseignent la vraie richesse, celle du cœur.

Le Maroc et l'Afrique ne font qu'un. Les séparer serait un déracinement, une erreur.

Au cours de mes visites en Afrique ou à travers les projets que j'y initie, II ne s'agit nullement de donner des leçons ; je propose plutôt que nous partagions nos expériences.

Certes, les enjeux que nous devons relever en Afrique sont grands. Mais les femmes, les hommes et les enfants que Je rencontre lors de Mes visites Me donnent la force de continuer. Tous, ils Me rendent fier d'être Africain, d'être, comme M'a qualifié S.E le Président de la République, « un fils du pays ».

Q : Vous revenez tout juste d'Antsirabe où vous avez notamment assisté à un certain nombre de cérémonies et Vous vous êtes rendu auprès des lieux où a vécu la Famille Royale. Comment la visite s'est-elle passée ?

R : Ma visite, ce mercredi, a été très émouvante. Mon Grand-père et la Famille Royale ont vécu deux ans à Antsirabe. Contrairement à ce qu'il advient généralement en exil, les Miens ont gardé un bon souvenir de ce séjour contraint et ils ont conservé un lien fort avec Madagascar, particulièrement avec Antsirabe.

C'est la raison pour laquelle J'ai tenu à visiter la ville et que j'ai décidé de lancer des projets en faveur de sa population : je souhaite mettre en place un Centre de formation professionnelle dans le domaine du tourisme et du BTP et construire un Hôpital mère-enfant, dans lequel sera aussi assurée la formation du personnel médical.

A ce propos, Je tiens à lever toute ambiguïté : les rumeurs prétendant que ces projets ne bénéficieraient qu'à la communauté musulmane sont totalement fausses. Ces projets sont, bien évidemment, destinés à toute la population.

Le Roi du Maroc est Amir Al Mouminine, Commandeur des Croyants, des croyants de toutes religions.

Le peuple Malgache est un peuple ouvert, un peuple au cœur pur. Mon pays, le Maroc ne fait aucun prosélytisme, ne cherche nullement à imposer l'Islam. Dans l'Etat marocain, l'Islam est modéré, tolérant.

J'ai rencontré l'Imam de la mosquée Mohammed V à Antsirabe, il a déjà visité le Maroc et bénéficié d'une formation à « L'Institut Mohammed VI de Formation des Imams Morchidine et Morchidate »; c'est un centre dans lequel un nombre sans cesse croissant de participants, issus de pays différents, aspirent à être accueillis.

Q : Comment Votre Majesté entend-Elle promouvoir le partenariat entre le Maroc et Madagascar ?

R : Avant ce déplacement particulièrement symbolique à Antsirabe, J'ai présidé, à Antananarivo, avec S.E le Président, la Cérémonie de Signature, au cours de laquelle de nombreux accords de coopération ont été établis : ils concrétisent la volonté de l'Etat marocain de prêter main-forte au gouvernement malgache et d'améliorer les conditions de vie de sa population ; tel est le sens des projets de construction d'infrastructures sociales et de développement économique.

Madagascar dispose d'atouts indéniables pour réussir. Le Maroc est disposé à l'accompagner auprès de ses départements ministériels, de ses entreprises publiques et de son secteur privé.

J'encouragerai particulièrement le secteur privé marocain à engager des projets à Madagascar, dans le cadre d'une coopération d'égal à égal avec son homologue malgache.

Au moment de la Conférence de Paris, J'effectuerai une Visite à Abuja. Je veillerai néanmoins à ce que le Maroc soit présent à Paris : une importante délégation soutiendra les projets prioritaires d'infrastructure à Madagascar et des représentants du gouvernement ainsi que du secteur privé participeront activement aux travaux.

Comme Je le fais partout, au Maroc et ailleurs, Je suivrai personnellement la réalisation de l'ensemble de ces actions.

Je reviendrai donc à Madagascar.

Q : Et pour ce qui est du continent africain, Votre Majesté ?

R : Le modèle de coopération que Nous souhaitons mettre en œuvre ici est similaire à ceux que Nous avons développés dans de nombreux autres pays africains.

En effet, Je souhaite instaurer une coopération Sud-Sud forte et solidaire, entre de nombreux pays du continent africain.

Comme je l'ai dit dans Mon Discours à Abidjan, en février 2014, « l'Afrique doit faire confiance à l'Afrique ». Dans le cadre d'une coopération décomplexée, nous pourrons, tous ensemble, construire le futur.

Le Maroc a des projets en divers pays d'Afrique. Nous donnons et partageons, sans arrogance, ni sentiment de colonisation. J'exhorte les entreprises marocaines à recourir aux bureaux d'études et à la main d'œuvre qui sont sur place.

C'est pour concrétiser ce modèle de coopération interafricaine que je Me déplace fréquemment dans le Continent, ce Continent où Je Me sens bien. J'apprécie particulièrement les marques de gentillesse et d'affection que Me manifestent les populations.

Je porte au cœur une fierté toujours plus forte d'être Africain. Je Me sens aussi fortement attaché à ce continent.

Q : Tout cela s'inscrit dans le cadre du retour du Maroc à l'Union Africaine ?

R : Je sais que la présence marocaine en Afrique et, particulièrement, la tournée que J'effectue en ce moment déplaisent à certains.

Néanmoins, chacun reconnaît que Nous n'avons pas attendu l'annonce du retour du Maroc à l'UA pour œuvrer et investir en Afrique.

Tous les pays, amis de longue date ou amis nouveaux, notamment en Afrique de l'Est, sont unanimes à soutenir la réintégration du Maroc à l'UA.

J'ai pris l'initiative de ces visites, sans conditions préalables. Je Me réjouis des réactions favorables, positives qu'ont exprimées mes hôtes. Je leur adresse Mes remerciements et Ma reconnaissance ».

 

 

 

 

« L’AFRIQUE DOIT FAIRE CONFIANCE A L’AFRIQUE », TEL EST LE SOUBASSEMENT DU PERIPLE DE SM MOHAMMED VI, ROI DU MAROC, EN AFRIQUE DE L’EST,

DE L’OUEST ET A MADAGASCAR

 

Initiative des projets, partage d’expériences, formation et promotion du secteur privé, sont les supports de la vision de SM Mohammed VI, Roi du Maroc. Le Souverain marocain est artisan d’une coopération Sud-Sud forte et solidaire, avec tous les pays africains. De la Tanzanie à l’Ethiopie, en passant par le Sénégal et Madagascar, le Roi du Maroc prêche une coopération décomplexée afin de construire ensemble un avenir radieux pour le continent. Le Royaume du Maroc, en plus des pays amis traditionnels, se fait de nouveaux amis. Selon le Roi du Maroc « une importante délégation soutiendra les projets prioritaires d’infrastructures à Madagascar et des représentants du gouvernement ainsi que du secteur privé participeront activement aux travaux ».

« Le Maroc et l’Afrique ne font qu’un », a tenu à préciser SM dans une interview accordée à la presse malgache. La RCA, pays encore en crise, dévasté, ruiné, en déconfiture avancée, amie traditionnelle du Royaume du Maroc, a plus que besoin d’un fort concours de SM Mohammed VI, Roi du Maroc, pour sortir du gouffre où elle est

 

 

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

 

Le MLCJ de Birao appelle les groupes armEs A s’adhErer au processus DDRR

Gilbert Toumoudeya, chef du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ),  l’une des factions de l’ex-Séléka a invité les groupes armés encore actifs à intégrer le processus DDRR. Appel lancé à Birao au cours d’une interview qu’il a accordée au RJDH et dans laquelle il présente les motivations de son groupe à aller vers la paix.

 

RJDH : Votre mouvement le MLCJ s’est engagé dans le processus du pré-DDRR, alors à ce titre, dites-nous quel est votre apport dans la consolidation de la paix en République Centrafricaine et particulièrement à Birao ?

Gilbert Toumoudeya : Le MLCJ est signataire de plusieurs accords de paix, et récemment signataire des accords de paix de Bangui. Ce qui nous anime, c’est que nous voulons la paix. Vous savez que notre pays a connu beaucoup de violences, c’est pour cela que le MLCJ a pris position pour entrer dans le processus du pré-DDRR en attendant que celui-ci n’arrive.

RJDH : Quelles sont les actions que vous menez concrètement pour garantir la paix et la sécurité dans les zones sous votre contrôle ?

GT : Nous travaillons avec les autorités administratives du pays, nous travaillons avec les autorités locales et aussi avec la Minusca. Nous sommes entrain de construire un bâtiment scolaire, baptisé  école, Djourkitia, un cycle complet, ce sont nous les ex-combattants qui faisons la maçonnerie. Nous avons un chantier de briqueterie. Nous avons un champ de 4 hectares. Nous faisons aussi l’assainissement des bâtiments administratifs de Birao.

RJDH : Le MLCJ s’est pleinement engagé dans le processus de paix, en le faisant, est-ce que vous avez un message à lancer aux autres groupes armés qui n’ont pas encore suivi votre exemple ?

GT : Je demande à tous les autres groupes armés de déposer les armes que ce soit de l’Est, Ouest, du Nord ou du sud de laisser la violence, que ce soit les Anti-balaka ou les ex Séléka. Nous sommes à l’origine des troubles dans notre pays, l’heure est venue pour nous de laisser nos armes. Nous avons choisi un président à la tête du pays, c’est le moment pour nous de le laisser travailler en paix. Nous demandons à nos frères des groupes armés de suivre le chemin que nous sommes entrain de prendre.

RJDH : Monsieur Gilbert Toumoudeya, merci !

GT : c’est moi qui vous remercie !

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Le maire de Bria s’inquiEte de la condition de vie des dEplacEs

Le maire de la ville de Bria Maurice Balekouzou s’est inquiété de la situation que vivent les déplacés des derniers évènements de la ville de Bria. Selon lui, leurs conditions de vie sont déplorables et il interpelle le gouvernement et les humanitaires de voler à leur secours.

Les combats entre l’Union pour la Paix en Centrafrique de Ali Darass et ceux du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) à Bria ont contraint les gens de cette localité à trouver refuge à la base de la Minusca à 3 km de Bria sur l’axe Bangui.

Le cri du premier citoyen de la ville de Bria fait suite aux combats entre les factions rebelles de la Séléka à savoir : l’UPC et le FPRC. Ce regain de violence a fait plus de 85 morts et plusieurs milliers de déplacés au centre-est de la République Centrafricaine. Appelle lancé quelque jour après la visite de parfait Onanga de la Minusca, Mohamed Hacen Lebatt de l’Union Africaine et Adolph Nahayo de la CEEAC à Bria.

Le maire de la ville de Bria Balakouzou contacté sur la question parle d’une condition très déplorable des déplacés, « les gens ont fui les mains vides, j’ai vu des femmes enceintes accouchées dans le site, sans abris, ni couverture. Actuellement, il y’a la fraicheur c’est vraiment déplorable », a-t-il noté.

Il a souligné le recensement des déplacés par certaines ONG et a appelé le gouvernement de trouver une solution, « il y’a certaines ONG qui ont déjà commencé seulement le recensement mais rien n’est encore fait en leur faveur. Si le gouvernement peut entreprendre quelque chose en attendant cela pourrait les aider », a-t-il plaidé.

Plus de 10.000 personnes déplacées de Bria vivent actuellement sur le site de la Minusca à 3km de la ville fuyant les exactions des groupes armés.

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Touadera annonce un dispositif d’absorption des fonds promIs A Bruxelles

Le président Faustin Archange Touadera a annoncé dans une interview ce dimanche sur RFI la mise en place d’un dispositif de renforcement de capacité d’absorption de fonds promu par les partenaires, 10 jours après la table ronde de Bruxelles.

Selon Faustin Archange Touadera, il y a plusieurs partenaires et que la clé de succès passe par la mise en confiance de ces partenaires, une des exigences de l’accord-cadre signé entre la République Centrafricaine et l’Union Européenne à Bruxelles. Cette initiative a été annoncée alors que la CEEAC projette organiser à Libreville au Gabon une rencontre sur la République Centrafricaine ce 30 novembre 2016. Rencontre où Bangui s’attend aux annonces de fonds de la sous-région d’Afrique Centrale.

En mettant en place ce dispositif d’absorption de fonds qui n’a pas encore pris sa forme, Faustin Archange Touadera coupe court à l’idée d’un large consensus demandé par les leaders politiques et entend rester dans la dynamique consensuelle qui a guidé l’élaboration du plan de relèvement présenté à Bruxelles.

Cette volonté politique de constituer un dispositif d’absorption de fonds n’est pas aussi loin de l’appel de Touadera à Bruxelles qui consiste à impliquer la société civile dans la gestion des fonds. Gage de transparence que celui-ci s’engage à faire dans le cadre de ces 2,2 milliards mobilisés à Bruxelles et que le gouvernement attend le décaissement pour financer les trois piliers que sont la paix, la sécurité et la réconciliation nationale. Pour ce faire, il faut que les promesses se transforment en recettes, mais aussi en dépense pour que le centrafricain puisse commencer à voir un début de Bruxelles dans son quotidien.

A la question de savoir comment va se concrétiser les promesses faites à Bruxelles, Faustin Archange Touadera ne varie pas et reste optimiste sur la volonté et capacité des bailleurs « Nous venons de quitter Bruxelles, il y a peu de temps, et nous sommes déjà en train de travailler sur un dispositif pour renforcer notre capacité d’absorption de ces fonds-là. Nos partenaires sont nombreux puisqu’il y a l’Union Européenne, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, la France et les Etats-Unis… Nous allons donc travailler sur un dispositif qui intègre cet aspect de mobilisation concrète des ressources qui sont promises » a-t-il indiqué.

La République Centrafricaine a obtenu de ces partenaires 2,2 milliards de dollar soit 1.130 milliards de FCFA lors de la table ronde de Bruxelles le 17 novembre, pour financer ces besoins prioritaires sur trois ans.

 

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A QUAND LE BADIGEONNEMENT DES BATIMENTS COMMERCIAUX ET AUTRES ?

 

La préparation de la fête du 1er décembre 2016, en ce qui concerne l’entraînement au  défilé, va bon train. On constate qu’il y a un engouement de la population centrafricaine du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest pour cette fête nationale. Chaque mercredi et vendredi, l’avenue des Martyrs où se déroule le ,grand défilé  à Bangui, grouille de monde. On y retrouve des Associations, des ONG, des écoles, des entreprises, des départements ministériels et autres qui s’entraînent pour le jour « J », à savoir le jeudi 1er décembre 2016.

Mais chose curieuse et bizarre, les bâtiments commerciaux, administratifs et autres qui longent les grandes artères de la ville de Bangui, ne sont pas encore badigeonnés. La décision prise par le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui (PDSVB) est foulée au pied par les uns et les autres. Même au Centre-ville, les bâtiments qui ont été repeints, se comptent au bout des doigts. Tout se passe comme si les lois, les règlements, les décisions, les arrêtés, les notes de service, n’ont aucun sens en RCA. Les gens font à leur tête. Et pourtant à Bangui, l’autorité de l’Etat existe bel et bien. Mais que se passe-t-il ? N’y a-t-il pas un suivi des décisions prises ? Cela ne fait aucun doute. Car les Centrafricains sont des champions, toutes catégories confondues, dans de bonnes décisions et initiatives, mais leur application est un véritable serpent de mer, difficile à avaler.

Alors, faut-il ressusciter certains anciens PDSVB qui ne sont pas de ce monde pour venir suivre cette décision, afin qu’elle soit appliquée ? C’est vraiment regrettable. Et nous osons croire que ces chefs d’entreprise et consorts, quand on leur posera la question de savoir, « pourquoi n’avez-vous pas badigeonné votre bâtiment » ? Ils répondront, « c’est la crise ». Et pourtant, malgré la crise que nous traversons, ces entreprises et autres fonctionnent et se font des sous. Comment expliquer une telle situation ? Nous disons tout simplement que c’est la faiblesse, le non suivi des décisions par nos gouvernants, qui sont à l’origine de ce que nous vivons aujourd’hui à l’approche  de cette fête nationale qui n’a pas été célébrée depuis trois (3) ans. Or, en principe, la ville de Bangui devrait être un modèle pour les autres villes de provinces. Mais si le constat est amer à Bangui, est-ce qu’un bâtiment dans l’arrière-pays a été repeint ? Difficile  de le dire.

Pire encore, la ville de Bangui, capitale de la République Centrafricaine, est plongée dans une insalubrité totale. Des tas d’immondices, sont observés dans toute la ville et jonchent les grandes avenues. Et si des invités de marque prennent part à ce grand défilé et décident de visiter la ville, quelle serait leur réaction, s’ils constatent que rien n’a été fait en amont ? ça sera vraiment une honte nationale. Vraiment, nous demandons aux Centrafricains d’aimer leur pays. Comme ça, les étrangers nous respecteront et mettront en pratique toutes les décisions qui seront prises par nos autorités. Mais si nous méprisons nos propres lois, les étrangers en feront autant.

Alors, est-il en quelques heures, du grand défilé de ce jeudi 1er décembre 2016 que tous les murs des bâtiments seront revêtus de peinture ? Y aura-t-il une surprise ? Attendons de voir  ce qui arrivera dans les heures à venir.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

A 24 HEURES DE LA CELEBRATION DE LA FETE DU 1ER DECEMBRE 2016, BANGUI BAIGNE DANS UNE INSALUBRITE INDESCRIPTIBLE

 

Bangui, capitale de la RCA n’est pas prête en matière de salubrité et d’embellissement, pour la commémoration du 58ème anniversaire de la proclamation de ce pays. Pour preuve, la capitale centrafricaine baigne dans une insalubrité indescriptible qui ne dit pas son nom. Et ce, du centre ville jusque dans les huit (8) arrondissements de Bangui. Partout, lorsqu’on passe, c’est désagréable et dégoutant de voir, soit des tas d’ordures de toute nature, entassés çà et là, soit des herbes qui poussent à la taille d’un homme. Incroyable, mais pourtant vrai.

En plus de cela, bon nombre d’édifices publics et privés, n’ont reçu aucun coup de peinture, pour les rendre plus beaux à la vue. C’est vraiment dégueulasse, le paysage qu’offre actuellement Bangui aux Centrafricains et aux étrangers qui y ont élu domicile. Surtout, dans ce troisième millénaire où nous vivons.

Pourtant, après trois (3) ans de non célébration et de rupture, dues à la prise par coup de force du pouvoir par la  nébuleuse coalition Séléka, le 24 mars 2013, c’est jamais l’occasion en or pour Bangui, de retrouver son appellation d’antan perdue, à savoir « Bangui la coquette », ce 1er décembre 2016. Malheureusement, tel ne semble pas être le cas. Malgré l’engouement et la forte mobilisation des Banguissois en particulier, et des Centrafricains en général, de renouer avec fierté et dignité, à la célébration de la fête de la proclamation de leur pays. Et ceci, à travers diverses manifestations publiques dont le traditionnel grand défilé, dans tout le pays.

Finalement, à quoi sert l’existence de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui en matière de salubrité et d’assainissement de Bangui, la capitale ? Et où en sommes-nous avec l’opération « Toumba Zéndé », du dernier samedi de chaque mois, initiée par le gouvernement ?

 

Le Petit YEKOA

 

 

Cardinal Nzapalainga : «Je ne suis pas devenu cardinal

pour chercher A Etre pape»

 

 

Dix-sept cardinaux ont été créés le 19 novembre par le pape François. Parmi eux, l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, qui devient ainsi le premier cardinal de l'histoire de la Centrafrique. A 49 ans, il est aussi le plus jeune des cardinaux. Mais les armes parlent à nouveau dans son pays, où la paix reste bien fragile. De passage à Paris, le cardinal Nzapalainga appelle à un sursaut national. Jean-Jacques Louarn l'a rencontré.

RFI : Un pape, Noir, Africain, est-ce pour bientôt ?

Mgr Dieudonné Nzapalainga : L’Eglise catholique est une Eglise universelle. Jusqu’à présent, la question ne se pose pas, la question de Noir, et de Blanc ou autres, on accueille seulement celui que les cardinaux pourront élire comme pape. Ça pourrait être un Blanc, comme ça pourrait être un Noir.

Vous avez compris le sens de ma question. Vous n’avez que 49 ans, vous êtes le benjamin des cardinaux. Ce prochain pape noir sera peut-être Centrafricain ?

Je ne suis pas devenu cardinal pour chercher à être pape. On n’est pas seulement cardinal pour son pays. On sert l’Eglise universelle en étant collaborateur du Saint-Père. Et c’est cela le plus important, quitte à ce que, en plus, plus tard faire des choix, ça c’est les cardinaux dans leur discrétion qui feront le choix.

Comment avez-vous appris et pris cette nomination comme cardinal par le pape François ?

J’ai appris cette nomination, j’étais en déplacement dans une ville qui s’appelle Bossembélé, à 160 kilomètres sur la route de Bouar. Je finissais une messe. J’étais en train de m’entretenir avec les chrétiens en les invitant à s’occuper de leurs prêtres. C’est là où le chancelier est venu, me tendant le téléphone en disant « Urgence. Il y a un appel pour vous ». A deux reprises, j’ai refusé. La troisième fois, j’ai pris le téléphone. C’était la nonciature qui m’annonçait que le pape vient de me créer cardinal. Donc je suis surpris.

Il y a un an, le pape François était à Bangui. Vous-même, vous avez multiplié depuis les gestes de réconciliation. Diriez-vous que cette réconciliation entre Centrafricains musulmans et catholiques est enfin en marche ?

On peut dire que c’est en marche. Musulmans, chrétiens, nous avons un seul destin. Avant d’être musulmans ou d’être chrétiens, nous sommes d’abord Centrafricains.

Le président Faustin-Archange Touadéra n’a toujours pas les moyens de rétablir la sécurité dans l’intérieur du pays, de rétablir l’autorité de l’Etat. On pourrait presque dire que Faustin-Archange Touadéra est pour l’instant le président de Bangui en quelque sorte ?

Je l’ai dit à beaucoup de gens. Je suis allé à Bandoro. Le préfet ou le sous-préfet, ils sont sous-préfets de nom, mais dans la réalité, ils n’ont pas de militaires pour les protéger. Ils ne peuvent pas intervenir. Quand vous allez à Bambari, ce n’est pas le préfet qui dirige. Quand vous allez à Bangassou… Je peux multiplier le nom des villes. Donc ça veut dire que ce pays, il y a des seigneurs de guerre qui occupent des pans entiers du territoire et qui ont le droit de vie et de mort, et qui décident. Il est temps que le redéploiement de l’Etat puisse être accompagné d’une force pour dire que, force reste à la loi, et non au désordre ni aux hommes informels qui s’improvisent préfet, qui s’improvisent généraux et qui prennent en otage des populations centrafricaines.

Vous avez évoqué les seigneurs de guerre. De récents affrontements entre ex-Seleka, entre deux mouvements le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC de Nourredine Adam) et l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC d'Ali Darass) à Bria (400 km au nord-est de Bangui) ont fait plusieurs dizaines de morts, peut-être 85 au moins. Des affrontements en fait sur fond de gestion de mainmise sur des trafics lucratifs ?

Cette guerre ne cesse de profiter à certaines personnes. Nous savons aussi que le diamant de Centrafrique sort, passe par d’autres pays. On ne peut pas continuer à regarder ces groupes-là s’entretuer et tuer les civils. Nous avons les forces de la Minusca [Mission des Nations unies en RCA] qui ne sont pas loin, parfois à côté, et qui voient ces forces passer avec leurs armes et bagages. Les gens se posent des questions : à quoi sert la Minusca ? Si la Minusca ne peut pas intervenir, laisse l’UPC traverser, laisse le FPRC traverser, pour aller tuer les autres, pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ce sont là les questions interminables que se posent les Centrafricains. Il y a aussi un message fort à envoyer : si on fait l’interposition et que les gens de l’UPC qui veulent traverser pour aller attaquer les autres, on peut les arrêter. Là, on aura économisé des vies. Mais si on les laisse aller s’entretuer ou intervenir plus tard, on a déjà eu des morts sur les bras, et on amplifie la guerre, on amplifie aussi le conflit. Nous pensons qu’il est temps d’envoyer un message, un signal fort.

L’opération française Sangaris a plié bagage. Vous avez peur de cette étape. Le président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua, a déclaré que ce départ était, selon lui, « prématuré » ?

Le gouvernement français est souverain. Si les Centrafricains continuent à attendre toujours de l’extérieur, notre guerre sera pour 100 ans. Si nous avons nos intérêts particuliers, intérêts partisans, et que nous voulons prêcher pour notre région, pour notre ethnie, pour notre tribu, notre problème demeurera entier. Il est temps de voir plus grand, plus large, plus national, pour ne pas dire être un patriote.

La Centrafrique est bien partie ou est mal partie ?

La Centrafrique est en voie de sortir de cette crise. Il ne faudrait sombrer dans le pessimisme. La Centrafrique a un avenir et cet avenir commence d’abord dans la tête, dans le cœur des Centrafricains avant que la communauté internationale intervienne.

La Centrafrique aux Centrafricains ?

La Centrafrique aux Centrafricains et maintenant, les autres peuvent aussi venir aider. Mais je suis en train de provoquer un sursaut dans le cœur des Centrafricains pour qu’ils se disent : il est temps de bâtir ce pays, il est temps, il est temps… il est temps de voir ce pays et de travailler pour l’intérêt de ce pays.

 

******RFI******

 

 

 

 

 

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