Tous les Info du Mercredi 28/12/2016

Cm n 2374 du mer 28 decembre 2016

 

ALKHATIM ET SES HOMMES ONT ENCORE PIEGE LE SITE DES DEPLACES DE KAGA-BANDORO :

UN CRIME CONTRE L’HUMANITE STOPPE SEC PAR LES CONTINGENTS BURUNDAIS ET RWANDAIS. BRAVO !

La ville de Kaga-Bandoro qui a été le théâtre d’un carnage planifié et exécuté par les éléments du MPC de Mahamat Alkhatim, aux mois de septembre et octobre, continue de faire couler beaucoup d’encres et de salives. Chaque jour qui passe, apporte son lot de malheur. Même si les armes se sont tues depuis plusieurs jours, les exactions sur les populations civiles, commises par les combattants du MPC se poursuivent allégrement, a travers les braquages, les vols, les viols, les agressions physiques. Ne pouvant tirer des coups de feu, les combattants Séléka  à Kaga-Bandoro se contentent de nos jours de poignarder les pauvres habitants de cette localité.

D’après un habitant de Bandoro, joint au téléphone et qui a requis l’anonymat, « dans la journée du dimanche 25 décembre 2016, jour de la commémoration de la nativité de Jésus-Christ, deux (2) combattants du MPC se sont rendus nuitamment sur le site des déplacés de Kaga-Bandoro. Leur objectif précis était de braquer les déplacés. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas atteint leur but. L’un  des deux (2) a été appréhendé par les déplacés  et rué de coups jusqu’à ce que mort s’en suive. Le fugitif est allé alerter ses compagnons d’arme. Automatiquement, le lendemain matin, ils se sont mis en route pour venir une fois de plus attaquer la base des déplacés. La réaction des Casques Bleus Burundais et Rwandais, ne s’est pas fait attendre. Très tôt dans la matinée du lundi 26 décembre 2016, aux environs de 06 heures, un dispositif militaire, un véritable mur de Berlin, a été érigé par ces soldats onusiens sur le passage de ces criminels, ces malfrats, ces hors-la-loi pour stopper leurs représailles. Arrivés sur ce dispositif militaire, ces combattants du MPC ont rebroussé chemin car ces Casques Bleus étaient sur le pied de guerre. Il n’y a eu aucun échange de tirs entre les Casques Bleus et les combattants de Mahamat Alkhatime.

Craignant pour leur peau, les habitants de Kaga-Bandoro qui avaient déjà regagné leurs demeures non encore  incendiées par ces va-t-en-guerre, ont pris d’assaut le site des déplacés. C’était une scène de panique généralisée qui a eu lieu dans cette ville car le souvenir du carnage au début du mois d’octobre dernier, est encore présent dans leur mémoire ». Selon un autre habitant que nous avons joint ce mardi 27 décembre aux environs de 11 heures, « la ville est pratiquement déserte. Il n’y a que les Casques Bleus qui patrouillent. Pris de peur que de mal, les rescapés du carnage ont préféré se terrer dans le site sous protections des Casques Bleus de la Minusca ».

La rédaction de « Centrafric Matin » salue la volonté et la détermination des Casques Bleus burundais et rwandais qui n’ont hésité un seul instant à étouffer dans l’œil les représailles des combattants du MPC dont les conséquences seraient très dramatiques pour les populations meurtries de Kaga-Bandoro et de ces environs. Il est certes vrai aujourd’hui que la Minusca applique son mandat. Voilà ce que les Centrafricains attendaient depuis longtemps des Casques Bleus de la Minusca. Car leur mission principale est  et demeure la protection des populations civiles sans défense. Et nous espérons pour notre part que les stratégies adoptées par les Casques Bleus burundais et rwandais se perpétueront et serviront d’exemple aux autres. Nous voulons parler de ceux qui sont à Bria, Ippy, Bakala, Alindao où les affrontements intercommunautaires ont opposé les combattants de l’UPC d’Ali Daras à ceux du FPRC de Nourredine Adam.

Nous exhortons tous les Casques Bleus de la Minusca, d’où ils  se trouvent à appliquer à la lettre la dernière résolution 2301 du Conseil de Sécurité des Nations Unies en faveur de la RCA. Le sang a trop coulé sous le pont. Les Centrafricains en ont marre aujourd’hui de continuer à pleurer leurs morts. Leurs larmes doivent sécher pour toujours. Et cela ne peut être traduit dans les faits que si les Casques Bleus se mettent résolument au travail, en empêchant par tous les voies et moyens, les probables attaques des groupes armés contre les populations civiles. L’heure n’est plus aux discours stériles mais à des actions concrètes sur le terrain allant dans le sens de la protection. Nous ne demandons pas aux soldats onusiens de s’en prendre aux groupes armés mais plutôt de protéger efficacement les populations civiles en détresse quand elles sont attaquées par ces hors-la-loi. C’est de cette manière qu’ils réussiront leur mission de maintien de la paix et de protection des civiles.

Bravo aux Casques Bleus rwandais et burundais qui ont stoppé les représailles de la Séléka à Kaga-Bandoro.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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LES KNK, SES INEPTIES, UN SECRETAIRE

GENERAL PAR INTERIM, TALENTUEUX CAMELEON POLITIQUE PAR EXCELLENCE

 

 

Sous la transition de Michel Djotodia et la coalition Séléka, le KNK a fondu comme du beurre au soleil, ni vu, ni entendu. C’est le fameux coup de pied dans la fourmilière le 24 mars 2013. La gouvernance sanguinaire et hautement destructrice a éjecté Djotodia du pouvoir. La CEEAC n’est pas passée par quatre chemins pour mettre Djotodia et les Séléka hors d’état de nuire. Catherine Samba-Panza est élue par les conseillers nationaux en janvier 2014. Djotodia et Bozizé, sur la pointe des pieds, concoctent un Accord taillé à leurs mesures par le couturier Denis Sassou Nguesso, pour l’imposer à Catherine Samba-Panza. C’est un Accord mort-né puisque balayé du revers de la main et de manière très sèche par la présidente de la transition. C’est un coup dur pour ces chefs de guerre et bourreaux du peuple centrafricain. Conséquence logique, le coup d’Etat manqué du 26 septembre 2014, où la société civile a servi de tremplin, pour la conquête du pouvoir par les armes. C’est encore un échec cuisant, malgré un mariage contre-nature entre Djotodia et Bozizé, les pires ennemis jurés d’hier.

En 2003, quand la rébellion sanguinaire de Bozizé a renversé feu président Patassé, les militants du MLPC ont pris acte du fait accompli, sans verser dans la prostitution politique outrancière comme c’est le cas avec le KNK. Un autre militant a pris le relais jusqu’à ce jour. Les échecs en 2005 et le hold-up électoral de 2010 – 2011, n’ont jamais entamé le moral de ce parti, car la lutte politique continue. Le FARE – 2011 a résisté à tout vent, jusqu’à imposer Maître Nicolas Tiangaye comme Premier ministre de la Transition avec les pleins pouvoirs, sous Bozizé et ensuite confirmé à son poste par Djotodia jusqu’à leur radiation de leurs fonctions. Entretemps, l’Autorité Nationale des Elections (ANE), sur initiative du ministre de la Sécurité, Josué Binoua avait été créée. Un exemple de gouverner, c’est prévoir et c’est un ministre qui a de la vision. Les perspectives électorales sont annoncées. Les candidatures se positionnent.

Le culte de personnalité étant un principe cardinal et une vertu sacro-sainte du parti KNK, la candidature unique de Bozizé cristallise le parti. L’annonce de la candidature de Faustin Archange Touadéra jette le pavé dans la mare. Un congrès extraordinaire est convoqué et Touadéra est non seulement persona non grata, mais exclu d’office du bureau politique et du parti où il est l’un des Vice-présidents. Comme dit la Bible, « la pierre de l’angle que les constructeurs ont rejetée est devenue la principale de la fondation… ». Qu’à cela ne tienne, sur instruction de Bozizé, le KNK s’engage avec Dologuélé dans un Accord politique pour la campagne électorale. Le KNK est donc derrière Anicet Georges Dologuélé et son parti, l’URCA et c’est de bonne guerre. Dologuélé et Touadéra franchissent le premier tour. C’est un duel au second tour entre les deux candidats. La victoire choisit le camp Touadéra, élu président de la République, Chef de l’Etat. Le même Secrétaire Général par intérim du KNK, par une acrobatie extraordinaire, change de camp et prétend que Dologuélé n’a jamais signé l’Accord politique de campagne qui le liait au KNK. Acte 2, Bozizé lui aurait demandé de soutenir Touadéra et de l’aider, un vrai caméléon hors pair. La politique est un art et une culture, loin de toute prostitution politique exponentielle. En un temps record, le KNK a viré à gauche, puis à droite, a fait marche arrière, puis a accéléré pour s’adapter à la couleur locale exposant (T).

A l’analyse, Bozizé semble dire une chose et son contraire. Bozizé peut-il instruire son parti pour telle ou telle orientation, sans instruire la branche armée du KNK ? La branche armée ne jure que par Bozizé, et donc, il n’y a que Bozizé pour leur ordonner de déposer les armes. Depuis le retour de Francis Bozizé, il n’y a que de rumeurs de coup d’Etat. Quel est ce parti, mi-figue et mi-raisin ? Bertin BEA reçoit-il réellement les instructions de Bozizé ? Et pourtant, le parti KNK, à l’exemple du MLPC, a encore les ressources humaines pour se préparer et répondre présent au rendez-vous de 2021.

Qu’est-ce qui fait courir le KNK, tant la branche politique que la branche armée ? Le KNK ne croit-il plus en lui-même ? Et pourtant, il y a un groupe parlementaire qui s’exprime à l’Assemblée Nationale.

Peut-on soutenir une politique et en même temps, naviguer à contre-courant ? Bozizé vient de demander un dialogue politique inclusif à Touadéra. Il y a de l’hypocrisie, de la fourberie, le manque de culture politique. Il n’y a pas de honte à demander de l’aide à autrui, mais changer de couleur à tout bout de champ comme le caméléon, afin de se confondre à la couleur locale, ambiante, c’est indigeste pour un homme politique, de surcroît député de la nation. Quelle culture politique léguée à la postérité? La prostitution politique, la fourberie, l’hypocrisie, la clochardisation politique? O temps ! O meurs ! Le MLPC, le RDC et enfin le KNK ont perdu le pouvoir. Mais le MLPC et le RDC ne sont pas tombés aussi bas. Pour paraphraser feu Mamadou Marabéna du MLPC, « les contradictions internes font la force d’un parti… ». Dans le cas d’espèce, il n’y a que le SG par intérim qui laisse libre cours à ses états d’âme. Il y a un silence de mort du côté de la branche armée, et bien d’autres voix discordantes qui ont pris leur distance et volent de leurs propres ailes. Le KNK a mille (1.000) centres d’émetteurs politiques, dont les fanatiques aveugles. C’est dans cette dernière corbeille que les hommes politiques véreux distillent leur venin. L’opération Ville morte du 24 octobre 2016, a mis en exergue bien des visages.

De l’autre, qu’est-ce qui fait courir les avocats de Francis Bozizé ? Est-ce le caractère très juteux de leur client ? Les choses sérieuses n’ont pas encore commencé. Dire que le dossier de Francis Bozizé est vide, malgré un mandat d’arrêt international, c’est se moquer des juges, mais en plus, c’est demander aux victimes d’affûter leurs plaintes. Comme le dossier est vide, les avocats seront en chômage technique. Pour leur talent de grands orateurs, il faut faire le plein des dossiers. Un dossier vide donne le sommeil et la paresse aux avocats. Les avocats adorent transpirer à grosses gouttes pour mériter leurs honoraires. Néanmoins, ils ont le temps de charger leurs batteries avant d’éplucher l’un des dossiers du siècle. Les OPJ doivent faire leur travail en âme et conscience et en toute objectivité pour faire le plein du dossier, afin qu’il y ait matière à plaider avec dextérité et professionnalisme.

Julien BELA

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DE LA RUPTURE PRONEE AUX ACTES CONCRETS : LE GOUVERNEMENT

DE REMERCIEMENT DOIT CEDER LA PLACE A UN GOUVERNEMENT DES HOMMES CAPABLES, COMPETENTS ET VISIONNAIRES

Le chef de l’Etat, le professeur Faustin Archange Touadéra a prôné dès sa prise de fonction, la « rupture ». Ce qui signifie qu’il faut mettre fin aux vieilles habitudes dans la gestion de la chose publique qui ont conduit le pays dans le chaos pendant plusieurs années de crise militaro-politique. Le pays est complètement par terre et nécessite le courage, la volonté et la détermination des hommes et femmes capables, compétents, visionnaires pour relever les défis titanesques et monumentaux. A ce titre, il faut passer véritablement de la rupture prônée par les nouvelles autorités du pays aux actes concrets.

Le gouvernement de remerciement a déjà trop duré et doit désormais céder la place à un gouvernement fondé sur le critère de la compétence, de l’intégrité et du savoir-faire. Plusieurs candidats malheureux au 1er tour de la présidentielle de 2015 ont rejoint le camp Touadéra pour le soutenir au second tour. Ce qui est normal dans la règle des jeux politiques dans tout Etat au monde. Quelques temps après l’élection du professeur Faustin Archange Touadéra à la magistrature suprême de l’Etat et la nomination du Premier ministre Mathieu Simplice Sarandji, tous ceux qui l’ont soutenu pendant le second tour réclamaient des postes au gouvernement. Ce qui a été fait car plusieurs de ces ministres au sein du gouvernement Sarandji étaient des candidats à la présidentielle de 2015 – 2016. Mais depuis que le gouvernement Sarandji a été mis en place, certains ministres n’ont fait signe de vie.

De la Présidence à la Primature, en passant par les départements ministériels, il faut un nettoyage à sec pour sélectionner les bons grains qui puissent contribuer au développement du pays. En matière de politique, il n’y a ni sentiment, ni amitié, ni parent. Touadéra a été élu sur la base de la confiance que le peuple centrafricain lui a accordé. Et les ministres doivent servir d’exemple pour consolider cette confiance du peuple centrafricain. Les attentes de la population sont nombreuses : la sécurité, la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble, la réconciliation nationale, la relance de l’économie nationale, le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire permettant la libre circulation des personnes et des biens, la reconstruction des infrastructures routières, scolaires et sanitaires… De telles attentes ont besoin de la volonté, de la compétence et de la rigueur sans faille pour relever ces défis.

Malheureusement, certains ministres nommés par le chef du gouvernement ne savent ce qu’ils font et voguent au gré du vent. A l’exception de quelques ministres qui font bouger la ligne dans leurs départements, c’est le silence de cimetière du côté des autres. N’ont-ils pas la feuille de route pour diriger leurs départements ? Dans le cas de la RCA où tout est à reconstruire, c’est l’intérêt général de la nation qui doit primer sur toute autre chose. Les intérêts égoïstes et les petits calculs machiavéliques n’ont plus leurs raisons d’être. Ce sont là les principales causes de la crise qui a ravagé tout le pays. Il faut user de la politique de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Nous entendons déjà le centrafricain lambda dire  qu’il ne sait pas ce que le gouvernement fait pour au moins réduire la souffrance au quotidien. Cela témoigne que la population commence à perdre confiance à ces ministres incompétents, morbides qui ne voient que le bout de leur propre nez.

L’après Bruxelles est synonyme d’un combat sans merci pour remettre le pays débout et consolider définitivement la paix. La nouvelle année 2017 doit débuter avec la véritable rupture prônée par Touadéra. Les profito situationnistes, les chasseurs de primes, les anti-développement doivent disparaître dans toutes les gestions de la chose publique. « L’union sacrée », concrétisée depuis la table ronde de Bruxelles, témoigne de la volonté de tout le peuple centrafricain à tourner la page sombre de son histoire et contribuer au développement de son pays. Il faut donner un coup de soutien à la jeunesse et au monde rural de sortir de la souffrance, de la misère et du chômage. Avec une superficie de 623. 000 Km2 où la pluviométrie est abondante, tout est possible pour faire de la RCA un véritable « jardin d’Eden » où les bailleurs peuvent venir investir.

Nouvelle année, nouvelle donnée. C’est ce que nous attendons de voir pour l’année 2017 qui s’annonce afin d’avoir un cœur net. Le peuple centrafricain s’est sacrifié sous les détonations nourries d’armes lourdes et légères pour accoucher cette démocratie véritablement libre, crédible, transparente et démocratique, reconnue par le monde entier, voire la communauté internationale. Ce sacrifice ne doit pas être une peine perdue d’ici 2021.

 

Bénistant MBALLA

 

 

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QUAND CERTAINS ANTI-BALAKA DEGUISES EN ELEMENTS DES FACA FONT LEUR PROPRE LOI A L’ENTREE DE SICA 3 A BANGUI

 

Selon des informations concordantes et dignes de foi, émanant des habitants de Sica 3 dans le 2ème arrondissement de la ville de Bangui, il est fait état de ce que « certains Anti-Balaka civils déguisés en éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA), font leur propre loi à l’entrée du quartier Sica 3 (rue menant au domicile de l’ex-député Théophile Sony Collé). A partir de 18 heures, ces derniers ont l’habitude d’ériger une véritable barrière dont le but unique est de racketter principalement les conducteurs de taxis-motos sans oublier les autres passants qui empruntent cette ruelle.  Et cela même en présence des patrouilles nocturnes des Forces de Défense et de Sécurité intérieures,  ainsi que des Casques Bleus de la Minusca. Est-ce possible dans  un Etat légitime et de droit » ? Se sont-ils interrogés.

Fort de tout ce qui précède, nous nous posons la question suivante : « le ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, n’est-il pas informé de ce fait barbare et anti-social qui se passe à quelques kilomètres seulement de son nez, et à Bangui, la capitale » ? Pourtant, au niveau de ce ministère, il y a la Direction de la Police Administrative (DPA), chargée de renseigner le ministre sur tous les faits susceptibles de porter atteinte à la tranquillité, à la libre circulation des personnes et des biens, et à l’ordre public. Et dans le but, eu égard aux renseignements dont il dispose, de réagir par anticipation et en toute connaissance de cause, pour étouffer dans l’œuf ou empêcher sur le cours,  de tels faits barbares et antisociaux. Généralement et malheureusement en RCA, tel ne semble pas être le cas. D’où les « mêmes faits produisent les mêmes effets ». A qui la faute ? Pourtant, «  gouverner, c’est prévoir », n’est-ce pas ? Mais en RCA, c’est tout à fait l’opposé. C’est bien regrettable dans un Etat dit légitime et de droit.

 

Le Petit YEKOA

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RIEN NE VA PLUS A LA FRONTIERE CENTRAFRICANO-CAMEROUNAISE :

EXACTIONS DES MILITAIRES CAMEROUNAIS, BRAQUAGES, GRIGNOTEMENT DU TERRITOIRE…

 

 

Les pays limitrophes de la RCA ne laissent aucune chance aux Centrafricains. Profitant de la crise militaro-politique enclenchée par l’ex-nébuleuse coalition Séléka et la porosité des frontières, les Camerounais, Congolais de Brazzaville, Tchadiens et Soudanais, règnent en maîtres absolus sur une partie du territoire centrafricain. Les Camerounais à l’Ouest, les Tchadiens au Nord-ouest, les Soudanais au Nord et les Congolais au Sud-ouest, y compris l’Armée de Résistance du seigneur (LRA) de l’ougandais Joseph Kony à l’Est, c’est une véritable course au partage de la Centrafrique.

Avant même l’avènement de la Séléka, les Congolais de Brazzaville avaient pris position dans une partie de la préfecture de la Lobaye. Ils ont hissé leur drapeau et cela demeure encore de nos jours. Ils l’exploitent comme bon leur semble. Les Centrafricains qui s’y sont installés depuis plusieurs années, sont chassés comme des mouches et n’ont aucun mot à dire. Même son de cloche dans la préfecture de la Vakaga. Sur le tronçon Birao-Am Dafock, les Soudanais sèment la terreur et la désolation. Les habitants de Birao qui se rendent à Am Dafock, côté soudanais pour faire leurs achats sont systématiquement dépouillés de leurs biens dès leur retour. Installés tout au long de cette voie, ils n’hésitent un seul instant à faire usage de leurs armes sur les populations civiles. Et cette situation qui a débuté depuis plusieurs années, perdure encore de nos jours.

Quant aux tchadiens, ils ne cessent de faire des incursions en territoire centrafricain. Tuer, incendier des maisons et villages, braquer, violer, sont leur mode opératoire. Confondus avec les rebelles Séléka, ils ont occupé une bonne partie des préfectures de l’Ouham, de l’Ouham-Péndé, de la Bamingui-Bangoran et de la Vakaga. Les populations dans ces régions sont leurs valets. Ils ne sont pas libres de leur mouvement d’aller et venir.

Le cas le plus frappant aujourd’hui, se passe à la frontière centrafricano camerounaise. Il ne se passe pas un jour sans que l’on parle de grignotement ou d’occupation d’une portion du territoire centrafricain par les militaires camerounais. Et c’est la préfecture de la Nana-Mambéré qui est très convoitée par nos frères camerounais, sans oublier la ville de Koui dans la préfecture de l’Ouham-Péndé qui est aujourd’hui sous les bottes du rebelle camerounais Sidiki. Après l’annexion d’une partie du territoire par ces derniers, des maisons sont automatiquement construites. Une façon de dire aux Centrafricains que cette portion de terre leur revient de droit. Les soldats du Cameroun interdisent formellement à nos concitoyens de s’y rendre. Même dire bonjour à quelqu’un n’est pas permis. A la moindre incartade, le ou les Centrafricains sont arrêtés et conduits en prison. Il est difficile à l’heure actuelle de chiffrer le nombre exact de nos compatriotes emprisonnés au Cameroun. A cela, s’ajoutent des braquages qui se développent à un rythme effréné, exponentiel. Presque tous les Centrafricains qui se trouvent à Béloko, Garoua-Boulaï et autres sont considérés comme des Anti-Balaka ou Séléka par les soldats camerounais.

Quand on leur pose la question de savoir pourquoi vous grignotez le territoire centrafricain ? Ils affirment, « c’est pour protéger le territoire camerounais ». Alors, pour protéger son territoire, faut-il se déporter dans un territoire étranger ? La RCA et le Cameroun ont-ils signé un accord dans ce sens ? Qu’on nous le dise. La situation qui prévaut en ce moment à la frontière centrafricano-camerounaise dépasse l’entendement des Centrafricains. Le Cameroun est un Etat souverain, tout comme la RCA. Il est inadmissible que les soldats camerounais profitent de la crise centrafricaine pour annexer une partie du territoire centrafricain. Il n’y a pas que la RCA qui a connu une situation pareille. Elle est arrivée à beaucoup de pays africains. Et le Cameroun ne serait pas épargné tôt ou tard.

Le ministre de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, Jean Serge Bokassa et celui des Affaires Etrangères, Charles-Armel Doubane, doivent agir vite pour décrisper cette situation avant qu’il ne soit trop tard. Si rien n’est fait dans ce sens, alors le Cameroun de Paul Biya finira par  annexer toute la préfecture de la Nana-Mambéré et pourquoi pas la Mambéré-Kadeï et la Sangha-Mbaéré ? A bon entendeur, salut !  

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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QU’EST-CE QUE LA MEDIATION ET QUEL PROFIL DOIT AVOIR LE NOUVEAU

MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE ?

 

La Constitution du 30 mars 2016 a prévu la mise en place de la Médiature de la République. Mais qu’est-ce la médiation et quel profil doit avoir le nouveau médiateur de la République ?

La médiation est l’intervention d’une troisième partie (un intermédiaire) dans le processus de réconciliation des parties en conflit. Le médiateur doit être objectif, honnête et sans intérêt dans le processus de la négociation. Parfois, une personne peut assurer la médiation. Mais selon la gravité d’un conflit, un corps de médiation est créé pour assumer cette responsabilité.

Une séance de médiation se déroule dans un temps bien déterminé. La séance doit se tenir dans un endroit neutre. Le médiateur commence les présentations et explique le déroulement de la séance.

Le temps d’écoute consiste à répondre à la question : « qu’est-ce qui s’est passé » ? Toutes les parties doivent disposer équitablement d’un intervalle de temps pour s’exprimer.

Les échanges doivent permettre à chaque partie de donner des explications lors des discussions, et d’exposer ses demandes. Il faut chercher des solutions en demandant aux parties : « Qu’est-ce qu’on peut faire maintenant pour régler le problème » ? Faire quelques propositions, les discuter et les analyser point par point pour aboutir à une solution convenable et acceptable par les deux (2) parties.

A la clôture, il faut répéter la solution finalement adoptée et féliciter les parties pour une médiation réussie. En absence de solution à l’issue de la première séance, il serait judicieux de programmer d’autres séances. Mais quelles sont les qualités d’un médiateur ?

On peut citer entre autres, l’impartialité (être juste et ne pas favoriser une des parties, être neutre) ; le respect et la confiance des autres (respecter les parties et ne pas se montrer au-dessus d’elles. Aussi le médiateur doit-il inspirer le respect et la confiance aux deux (2) parties) ; la créativité (être intelligent, subtil et envisager rapidement des possibilités de solutions) ; la tolérance (le médiateur doit tolérer les points de vue des autres, leurs croyances et leurs conduites, même s’il ne les approuve pas) ; la patience (avoir un maximum de temps d’écoute et être tenace pour résoudre les conflits) ; la confidentialité (les parties en conflit doivent avoir l’assurance que le caractère confidentiel des informations fournies est sauvegardé. Ainsi, le médiateur doit donner l’assurance d’un haut degré de confidentialité) ; l’attitude à affronter des situations tendues et chargées d’émotion (être calme face aux situations difficiles et faire preuve de stabilité dans la résolution des problèmes).

Car, « il ne faut jamais négocier sous l’emprise de la peur. Mais il ne faut jamais avoir peur de négocier », disait l’ancien président américain, John Franklin Kennedy.

 

Le Petit YEKOA

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LES TROIS (3) GRANDS DEFIS DE L’HEURE A RELEVER POUR L’ANNEE 2017 : LA SECURITE, LA PAIX ET LE RETABLISSEMENT DE L’AUTORITE

DE L’ETAT SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE

 

Avec le retour à l’ordre constitutionnel par la prestation de serment du chef de l’Etat, le professeur Faustin Archange Touadéra le 30 mars 2016, le pays a connu une avancée significative par la mise en place de toutes les institutions Républicaines. Des efforts ont été engagés par les nouvelles autorités du pays dès leur prise de fonction pour tourner définitivement la page sombre de l’histoire du peuple centrafricain.

Premièrement, les autorités du pays ont prôné et continuent de prôner le dialogue comme solution à la résolution de la crise. C’est dans cette optique que le Chef de l’Etat a d’abord rencontré les leaders des groupes armés pour qu’ensemble, ils puissent trouver d’un commun accord un point d’entente, concernant le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), dont les chantiers sont en cours. Ce dialogue entre le gouvernement et les groupes armés a porté du fruit car, parmi les quatorze (14) groupes armés, onze (11) ont décidé de faire la paix en intégrant sans condition les vastes chantiers du pré-DDRR. Qu’a cela ne tienne, les autorités du pays ont aussi multiplié des voyages dans l’arrière-pays, et surtout dans les zones rouges où les groupes armés continuent de commettre les exactions sur la population civile afin qu’ils renoncent aux violences et suivent l’exemple de leurs compagnons d’armes qui ont opté pour la paix. Cela témoigne de la bonne volonté du gouvernement de réunir tout le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest pour la paix.

Deuxièmement, la réussite de la table ronde de Bruxelles est un acte salutaire qui permet à la RCA de reconquérir sa souveraineté sur le plan national et international. Sur le plan national, ces fonds octroyés par les partenaires internationaux, une fois décaissés, vont permettre de relancer l’économie nationale sur plusieurs domaines : le renforcement des activités agropastorales, la reconstruction des routes, le renforcement de la chaîne pénale à l’exemple de la Cour Pénale Spéciale (CPS) qui va enquêter sur les plus graves violations des droits de l’homme commises en RCA…

Sur le plan international, ces fonds permettront également de redynamiser la coopération gagnant-gagnant. La table ronde de Bruxelles est une véritable renaissance de la RCA sur le plan international. Cependant, pour consolider les efforts du gouvernement allant dans le sens de la paix, quelques grands défis restent à relever pour l’année 2017 qui se pointe à l’horizon d’ici quelques jours.

Le premier défi est la sécurité encore très précaire dans l’arrière-pays. C’est le cas des régions de la Nana-Gribizi, de la Ouaka, de la Haute-Kotto, du Mbomou, du Haut-Mbomou et nous en passons où les groupes armés du FPRC, de l’UPC, du RPRC, du MPC, des 3R ainsi que l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony, continuent de tuer, piller, saccager, incendier sans foi, ni loi les biens de l’Etat, des ONG nationales et internationales ainsi que des particuliers. De tels actes perpétrés par ces groupes armés risquent de mettre à rude épreuve tous les efforts de la reconstruction du pays.

Le second défi touche à la paix. Tout le monde sait et reconnaît au moins la valeur de la paix dans un pays. C’est autant dire que tout fondement de développement repose sur la paix. La paix est synonyme de la libre circulation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire. La paix est un facteur incontournable de développement, en ce sens qu’elle permet à chaque citoyen de vaquer librement à ses occupations quotidiennes et en toute quiétude pour apporter sa modeste contribution au développement du pays. C’est pourquoi, un adage très populaire et connu de tous dit, « la paix n’a pas de prix ».

Le dernier défi est le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire pour donner le véritable sens à un Etat démocratique et souverain. Car d’après notre analyse, un Etat souverain est celui dans lequel seules les autorités légitimes du pays ont le pouvoir de prendre les grandes décisions engageant la vie politique de la nation. Mais à l’allure où vont actuellement les choses, le pouvoir est partagé entre l’Etat et les groupes armés non conventionnels qui érigent des barrières de contrôles en percevant les impôts, les taxes et autres droits. Ce qui constitue un manque à gagner pour l’Etat afin de palier à certaines difficultés de l’heure. Bon nombre de fonctionnaires et agents de l’Etat affectés dans l’arrière-pays n’ont pas encore repris service faute de l’autorité de l’Etat.

La nouvelle année 2017 doit commencer avec la sécurité, la paix et le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire pour consolider les efforts déjà entrepris dans le sens du développement. C’est la dernière étape à franchir pour un véritable développement durable. Mais pour en arriver là, c’est tout le peuple centrafricain qui doit s’impliquer dans cette lutte.

 

Bénistant MBALLA

 

 

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DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

CONNAITRE LA CARTOGRAPHIE HUMAINE, UNE SOLUTION EFFICACE A LA CRISE

La plateforme de la Société Civile de la RCA (SCRCA), a regroupé environ 100 leaders communautaires ce lundi 26 décembre à Bangui. Le but de cette rencontre est de présenter aux participants la cartographie de Centrafrique, afin  de mieux connaitre les causes réelles des crises cyclique pour une résolution efficace de celles-ci.

Pour résoudre la crise centrafricaine, de multiples diagnostiques sont faites et des solutions proposées. Ainsi, SCRCA se propose de faire connaitre à la population l’histoire Centrafricaine, la diversité culturelle, et  la cartographie de chaque région.

A travers cette rencontre avec les autorités locales et les jeunes des 8 arrondissements de la ville de Bangui, la coordonnatrice de la SCRCA, Chantale Solange Touabéna, a souligné que « la méconnaissance de l’histoire par la majorité de la population, les comportements vestimentaires, les attitudes de certains habitants des autres régions et le manque de mouvements interrégionaux, seraient à l’origine des plusieurs crises en Centrafrique »,a-t-elle rappelé.

Par ailleurs, la coordonnatrice a estimé que la solution la plus propice pour un retour définitif à une relationnelle intercommunautaire centrafricaine dépend de la connaissance de son prochain. « Nous pouvons écarter ce cycle de violences si les routes du nord au sud, de l’est à l’ouest soient réhabilitées et que le déplacement des centrafricains d’une région vers une autre s’effectue régulièrement. Il est aussi important que nous ayons une connaissance de la cartographie humaine », suggère-t-elle.

Corine Douvo, l’une des participants ignorait avant cette rencontre la cartographie humaine de la RCA. Après la présentation faite par SCRCA, elle s’est dite satisfaite car, « les partages ont permis de comprendre l’histoire de notre pays. Ce pluralisme de groupes et leur mode de vie, leur idéologie vient à point nommé éclaircir ma pensée négative », a-t-elle souligné avant de s’engager à sensibiliser pour la cohésion sociale.

La plateforme de la Société Civile de la RCA (SCRCA) fera cet échange  dans tous les arrondissements de Bangui et les provinces de la RCA. L’objectif est de promouvoir le dialogue sur la cartographie humaine à plusieurs associations et leaders communautaires.

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LA MAISON DE LA PRESSE ET DES JOURNALISTES FERMEE SUR ORDRE DE LA JUSTICE

La Maison de la Presse et des Journalistes (MPJ) est toujours sous scellée, après la décision de justice.

L’épisode Famille Patassé et Journalistes centrafricains continue toujours sur l’affaire de la Maison de la Presse et des Journalistes. La MPJ est en conflit avec la famille Patassé depuis quelques années sur le bâtiment public que l’ancien Président, Ange Félix Patassé avait acheté et qui a été après sa chute du pouvoir affecté aux journalistes suite à la décision de l’ancien président François Bozizé.

Selon nos informations, tôt dans la matinée de vendredi 23 décembre, la porte de la Maison de la Presse et des Journalistes a été scellée par l’huissier la famille Patassé. Arrivés sur le lieu de leur travail, les journalistes n’ont pas eu accès à leurs bureaux. Ils sont restés dehors avec quelques membres de la famille Patassé toute la première journée.

Sur cette démarche, Gossy Pierre Noel, porte-parole de la famille Patassé, a rapporté au RJDH que l’huissier a juste exécuté la  jurisprudence faite par la justice. « La famille sait très bien que la concession lui revient de droit c’est pourquoi, elle s’est déportée pour l’occuper. Ce n’est pas la famille qui a empêché les journalistes, mais la justice », a-t-il précisé.

Il a ajouté que les journalistes sont bien édifiés sur la décision de justice. Il a rappelé qu’en « en septembre passé, Sylvain Patassé avait animé une conférence de presse sur cette affaire, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé satisfaction. Donc, nous sommes obligés d’exécuter la jurisprudence».

L’ancienne famille présidentielle a fermé la Maison de la Presse et des Journalistes après plusieurs mois de tentative de fermeture.

Le directeur de la MPJ n’a pas réagi sur cette affaire jusqu’à ce jour. Aux dernières nouvelles, le président de l’Union des Journalistes Centrafricains, Maka Gbosokoto, a convoqué une assemblée générale sur cette affaire.

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UN CHASSEUR ENLEVE PAR DES HOMMES ARMES A 15 KM DE BABOUA

Un chasseur habitant au village Djiba, localité située à 15 km de la ville de Baboua a été kidnappé par un groupe d’hommes armés. L’enlèvement a eu lieu le 22 Décembre 2016 au moment qu’il chassait.

Un autre chasseur a rapporté au RJDH qu’ils étaient deux à partir à la recherche des gibiers, « une fois dans la forêt, nous avons décidé de nous départager pour mieux chasser. Peu de temps après, j’ai entendu des bruits et me suis caché pour observer, automatiquement j’ai vu mon compagnon de chasse sans son arme de chasse, les mains liées au milieu d’eux et j’ai essayé d’ouvrir le feu sur eux mais ça n’a pas marché », a-t-il expliqué.

A l’annonce de la nouvelle de son enlèvement, les  jeunes du village se sont mobilisés pour rechercher le disparu.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie avec l’appui des autorités locales afin de tirer au clair cet enlèvement. Au moins deux groupes armés opèrent dans la région.

LES CHEFS D’ETATS DE LA CEMAC REJETTENT LA DEVALUATION DU FRANC CFA

Lors du sommet extraordinaire de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) le 23 décembre 2016 à Yaoundé, les Chefs de l’Etat ont relevé que le renforcement de la stabilité macroéconomique, ne nécessite pas un rajustement de la parité monétaire actuelle. Ils ont décidé d’adopter « des mesures pertinentes » destinées à inverser durablement les tendances négatives de l’économie de la sous-région.

Au cours de cette rencontre qui a regroupé les six Chefs d’Etats de la sous-région, notamment du Cameroun, de la RCA, du Tchad, de la Guinée Equatoriale, du Congo Brazzaville et du Gabon, les questions sur la baisse des cours du pétrole sur les économies, la gestion financière et monétaire de la CEMAC ont été au cœur de ce Sommet.

Il était question pour les chefs d’Etats de prendre des mesures afin de sortir la zone de cette conjoncture économique difficile qui planait depuis quelques temps en raison de la mauvaise santé économique de la sous-région où le (taux de croissance est de 1% en 2016). Au finish, les Chefs d’Etat de la CEMAC ont écarté l’idée d’une dévaluation du FCFA.

A cet effet, sur les 21 résolutions prises à l’issue du Sommet de Yaoundé, il a été décidé d’adopter « des mesures pertinentes destinées à inverser durablement les tendances négatives de l’économie de la sous-région » combinant ainsi « une politique budgétaire adéquate, une politique monétaire appropriée et une coopération internationale renforcée », peut-on lire dans le communiqué final de la rencontre des Chefs d’Etat.

Selon le communiqué, ces derniers ont décidé en matière de politique monétaire du gel des plafonds des avances statutaires de la BEAC au niveau fixé sur la base des recettes budgétaires de l’exercice 2014. La Banque centrale (BEAC) a été instruite de ramener le solde budgétaire à moins de 3% sur une période de 5 ans.

Dans ce même document, ces six pays d’Afrique centrale frappés par la chute du cours du pétrole, ont annoncé vendredi dernier à Yaoundé, l’ouverture des négociations avec le FMI pour tenter de relancer leurs économies, tout en prenant soin d’écarter toute dévaluation du franc CFA.

Cette rencontre a vu la participation de la Directrice Générale du Fonds Monétaire International, Christine Lagarde et du Ministre français de l’Economie et des Finances Michel Sapin puis des Ministres des Finances et de l’Economie de la CEMAC.

Le Franc CFA a été  déjà dévalué le 11 janvier 1994.

 

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CEMAC : VERS UN ACCORD DE PARTENARIAT ECONOMIQUE REGIONAL AVEC L’UE APRES LE SOMMET DE YAOUNDE ?

 

 

Le sociopolitiste Mathias Eric Owona Nguini.

Dans l'impasse depuis sept ans, les négociations pour la signature d'un accord de partenariat économique (APE) régional entre la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et l'Union européenne (UE) semblent bénéficier d'un contexte favorable pour aboutir, après le sommet extraordinaire tenu vendredi à Yaoundé, estiment les observateurs.
Réunis en urgence dans la capitale camerounaise pour débattre des solutions à la crise économique que traversent leurs pays suite à l'effondrement des prix du pétrole, les dirigeants de cette organisation régionale ont adopté plus d'une vingtaine de résolutions se résumant par la décision de mettre en place des politiques d'ajustement structurel pour sortir du marasme.
Le sommet a rassemblé autour du président camerounais Paul Biya, tous ses pairs Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale, Faustin Archange Touadéra de la République centrafricaine (RCA) et Idriss Déby Itno du Tchad.

Y prenaient part aussi, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, et le ministre français de l'Economie et des Finances, Michel Sapin, en plus du président de la Commission de la CEMAC, Pierre Moussa, avec les autres dirigeants des institutions communautaires de la région.

Parmi les résolutions adoptées, il y a la décision prise "d'ouvrir et de conclure à brève échéance des négociations bilatérales avec le Fonds monétaire international pour mieux structurer les efforts d'ajustement [des] Etats, les accompagner vers une sortie de crise et les aider à mettre en place les conditions d'une relance vertueuse et durable [des] économies" de la zone.
L'aide de la France a été sollicitée pour la conduite de ce processus, "notre partenaire monétaire", a souligné le président camerounais dans son discours d'ouverture de ce sommet d'un jour tenu à huis clos au Palais de l'Unité, le siège de son pouvoir.


CONTROLE DE LA FRANCE

Sous le contrôle de la France, ex-puissance coloniale sauf pour la Guinée équatoriale (ex-colonie espagnole), les six pays membres de la CEMAC forment une union monétaire caractérisée par l'usage d'une monnaie commune, le franc CFA.
Présentée comme une garantie de stabilité macroéconomique, cette monnaie également utilisée par neuf autres pays francophones d'Afrique est arrimée par une parité fixe à l'euro, plus d'une dizaine d'années après la disparition du franc français à laquelle elle était initialement rattachée.

Sur la base d'une clause de ce partenariat, tous ces pays ont en plus l'obligation de dépôt de la moitié des revenus de leurs exportations dans les comptes du Trésor français.

Cette question fait débat au sein de ces pays, de nombreuses voix se faisant entendre, y compris de la part de chefs d'Etat comme par exemple le Tchadien Idriss Déby Itno il y a quelques mois, pour réclamer une rupture permettant la mise en place d'une nouvelle monnaie leur conférant leur souveraineté monétaire et partant politique recherchée, plus de 50 ans après les indépendances.

La première résolution du sommet s'est contentée d'annoncer que "le renforcement de la stabilité macroéconomique ne nécessite pas un ajustement de la parité monétaire actuelle", question de rassurer l'opinion publique abreuvée auparavant par des rumeurs faisant état de l'éventualité d'une nouvelle dévaluation du franc CFA, après celle de 1994.

La présence significative de la directrice générale du FMI et du ministre français de l'Economie et Finances à ce rendez-vous annoncé à la dernière minute venait d'ailleurs conforter ces rumeurs.

Or, le vrai enjeu des discussions des chefs d'Etat de la CEMAC et de leurs invités spéciaux n'a rien à voir avec les décisions annoncées au terme de leur huis clos et se trouve plutôt dans la signature d'un accord de partenariat économique (APE) régional avec l'Union européenne attendue avec impatience par celle-ci, soutiennent des analystes.

"Tout ce qui a été annoncé a servi à masquer le principal centre d'intérêts. C'est bel et bien les APE qui sont derrière. Le Cameroun avait déjà signé, les autres ont refusé. Mais comme ces derniers sont aujourd'hui fragilisés à cause de leur conjoncture économique difficile, on va les amener à signer à leur tour", a mentionné à Xinhua le sociopolitiste Mathias Eric Owona Nguini.

Depuis les années 1970, l'Union européenne était liée aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) auquel ceux de la CEMAC appartiennent, par des accords diplomatico-politiques dits de Cotonou qui lui conféraient un statut de privilégié auprès de ceux-ci, lesquels bénéficiaient à leur tour d'un accès privilégié pour leurs exportations au marché européen, sans droits de douane, ni quotas.

 

PARTS DE MARCHE EUROPEENNES

En 2000, au motif de mise en conformité avec les règles du commerce mondial, l'UE, secouée en réalité par la concurrence commerciale de la Chine en Afrique, jugée par certains comme une menace pour la sauvegarde des parts de marché européennes sur ce continent, a décidé de réviser lesdits accords pour les ouvrir au libre-échange, sous l'appellation d'accords de partenariat économique (APE).

En échange de leur large accès au marché européen, ces accords préconisent en retour pour les pays signataires des ACP une libéralisation graduelle, par une suppression progressive des droits de douane, à l'entrée de leurs territoires au profit des exportations européennes.

En 2009, le Cameroun a été l'un des premiers pays africains à signer un APE d'étape ou intérimaire, après l'avoir paraphé fin 2007, sous réserve de la signature d'un tel accord à l'échelle régionale de la CEMAC pour lequel des négociations avaient été engagées et élargies par la suite à la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), qui regroupe dix pays.

Cet APE est entré en vigueur début août. Il a pourtant été rejeté par les autres pays de la CEMAC, les jugeant incompatibles avec leurs petites économies incapables de tirer leur épingle du jeu dans la concurrence avec celles de l'UE, connues quant à elles pour être parmi les plus performantes et les plus compétitives du monde.

Ce rejet est partagé par une bonne partie de l'opinion publique des pays surtout africains et avait reçu un soutien important de la part de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, du temps de l'économiste bissau-guinéen Carlos Lopes, fraîchement démissionnaire, qui continue encore à juger lesdits accords contraires aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

En proie à la crise économique, la Guinée équatoriale, le Tchad, le Gabon, le Congo-Brazzaville, y compris la RCA qui s'emploie à sortir de trois ans de conflit civil d'une rare violence, ne sont plus en mesure pour résister aux pressions de l'UE, croient savoir des observateurs.

A ce titre, la perspective de la reprise des pourparlers pour les faire aboutir rapidement est jugée imminente, après le sommet extraordinaire tenu vendredi dans la capitale camerounaise qui, sans que l'on ne le dise ouvertement, en aurait levé les obstacles pour mettre un terme à l'impasse, assurent ces observateurs.

 

Xinhua

 

 

 

 

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