Tous les Info du Mecredi 16 Novembre 2016

Cmn 2346 du mer 16 nov 2016

« BRUXELLES »

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : L’ESPOIR RENAIT

 

Il y a seulement trois années, la République centrafricaine était au bord du gouffre. Aujourd’hui, le pays a franchi une étape décisive. En organisant des élections libres et démocratiques, les Centrafricains ont tourné une page de leur histoire. La communauté internationale les a accompagnés sans relâche à chaque étape de cette transition. Désormais, alors que le pays s'est engagé sur la voie de la reconstruction, l’espoir renaît.

Dans sa quête de paix et de prospérité, le peuple centrafricain est au cœur de ce processus. Mais la communauté internationale a elle aussi un rôle fondamental à jouer. Les besoins en matière de relèvement économique et de consolidation de la paix sont estimés à 1,5 milliards de dollars au cours des trois prochaines années. Lors de la Conférence de Bruxelles pour la RCA, le 17 novembre prochain, nous nous engagerons ensemble à maintenir la République centrafricaine au centre des préoccupations internationales, à soutenir les efforts déployés pour la paix et la croissance, et à appuyer les réformes clés qui permettront au pays d’envisager l’avenir plus sereinement.

Les défis à relever sont immenses. Les tensions récentes ont montré que le chemin vers la réconciliation nationale et la reconstruction est semé d’embûches. La situation sécuritaire, en dépit de progrès certains, reste fragilisée par les tentatives de ceux qui cherchent à saboter le processus de paix en incitant à la violence. Il est de plus en plus difficile pour les organisations humanitaires d'atteindre les 2,3 millions de personnes encore dans le besoin — ce qui représente la moitié de la population du pays. Plus de 380,000 hommes, femmes et enfants sont déplacées à l’intérieur du pays. Les attaques contre leurs camps et contre les organisations humanitaires contribuent à détériorer une situation déjà préoccupante.

Afin de rompre le cycle de la fragilité, la République centrafricaine a besoin d’investissements à long terme, condition sine qua non à l’instauration d’une paix durable et au rétablissement de la cohésion sociale et l’unité nationale. C’est pourquoi, grâce à un effort collectif sans précédent, la République centrafricaine s’est engagée, aux côtés de ses partenaires internationaux, à propulser le pays sur la voie d’un développement durable.

Un plan national quinquennal sur le relèvement et la consolidation de la paix — élaboré par le gouvernement en consultation avec la population et en collaboration avec la Banque mondiale, les Nations unies et l’Union européenne — sera présenté lors de la Conférence de Bruxelles. Cette feuille de route entend répondre aux attentes du peuple centrafricain en restaurant la paix et la sécurité, en relançant l’économie, en l'améliorant les infrastructures du pays et en fournissant des services essentiels tels que la santé, l’assainissement et l'éducation. Le programme du gouvernement prévoit aussi une stratégie pour le désarmement, la démobilisation, la réintégration et le rapatriement, une indispensable réforme des secteurs de sécurité et justice ainsi qu'une stratégie pour le retour des personnes déplacées.

La communauté internationale peut et doit soutenir le gouvernement dans la mise en œuvre de ce plan. Au cours des trois dernières années, nous avons déjà démontré qu’ensemble, nous sommes plus forts. Une mission de maintien de la paix des Nations unies a pris le relais d'une force régionale conduite par l’Union africaine en 2014. Depuis lors, la mission a œuvré à la protection des civils, à assurer la sécurité et à renforcer les autorités nationales. La Banque mondiale s’est attelée à préserver une bonne gestion des finances publiques, à créer des emplois pour les communautés vulnérables et à maintenir les services de base et les infrastructures. L’Union européenne, plus grand contributeur de l’aide internationale au développement en RCA, a mis en œuvre une approche globale pour le pays, à travers l’ensemble de ses instruments de politique étrangère, y compris trois missions militaires

Ensemble, nous sommes tous déterminés à en faire davantage. À Bruxelles, nous inviterons nos partenaires internationaux à investir eux aussi dans l’avenir de la République centrafricaine. Nous disposons à présent d’un programme vaste et ambitieux façonné par le gouvernement avec l’aval du peuple centrafricain. Le retour sur investissement en vaut la chandelle, non seulement pour le pays, mais aussi pour l’ensemble de la région affectée par l’instabilité et foyer d’accueil de près d’un demi-million de réfugiés.

La République centrafricaine peut être une terre d’opportunités. Ceci n’est pas simplement lié au fait que le pays dispose de ressources naturelles abondantes du pays et d’une position stratégique sur l’échiquier régional. La population centrafricaine souhaite retrouver une vie normale et reconstruire son pays. Les prêtres, les imams et les leaders communautaires jouent un rôle essentiel dans le processus de réconciliation nationale. Soixante pour cent de la population est âgée de moins de 25 ans : il existe une énergie et un désir de renouveau incroyables, mais les jeunes ont besoin d’emplois et de perspectives économiques pour prendre leur avenir en main.

Le 17 novembre, à Bruxelles, ensemble, nous pouvons contribuer à bâtir un avenir meilleur pour les Centrafricains et libérer l’immense potentiel dont recèle le pays.

 Tribune conjointe de M. Faustin-Archange Touadéra (Président de la République centrafricaine), Federica Mogherini (Haute Représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité et Vice-Présidente de la Commission européenne), Jan Eliasson (Vice-Secrétaire Général des Nations Unies), Makhtar Diop (Vice-Président de la Banque mondiale)

 Katy Higginson, Chef de section politique

Délégation de l’Union européenne en République Centrafricaine

 

 

 

BEAUCOUP D’ELEMENTS FACA PROCHES DE BOZIZE NE SONT PLUS DANS LES RANGS, OÙ SONT-ILS ?

 

 

Il y a encore des individus proches de Bozizé qui caressent très sérieusement l’idée d’un coup d’Etat. Ils sont connus et tenus à l’œil. Il n’y a plus de secrets dans le monde d’aujourd’hui. Pour mémoire, il vous souviendra que feu président Patassé avait sorti Bozizé de la poussière « Gbalékouma », axe Bangui – Bossembélé, pour le nommer Chef d’Etat Major Général des armées. Or, entre temps, Bozizé avait déjà tenté de renverser le Général d’Armée André Kolingba. Il a fui en exil au Benin. Général comme lui, Kolingba l’a poursuivi jusque dans son dernier retranchement en exil, pour le ramener à Bangui et le mettre en prison. Il était en prison avec le Général Malendoma grâce à qui, il a pu supporter les affres de la prison. Bozizé n’a jamais reconnu les bienfaits du Général Malendoma. Pire encore, il s’est retourné contre feu président Patassé, à la fois son beau-frère et son bienfaiteur à tous égards. Il a ensuite privé Patassé des soins de santé, jusqu’à la dernière heure critique où il est mort en cours de route, dans un avion à destination de Douala.

Ce n’est pas gratuit si le fils est revenu à Bangui. Bozizé tient absolument revenir au pouvoir par tous les moyens. Les contacts se multiplient à la périphérie de la ville de Bangui. A quoi sert-il de faire un coup d’Etat où vous ne pouvez pas conserver le pouvoir, ne fut-ce que pour 24 heures ? Selon certaines sources, ces FACA proches de Bozizé se regroupent à Bossangoa. Certains officiers en poste se chargeraient de convoyer les armes à destination de Bangui. Et il ne faut guère se faire d’illusion à propos de ce projet des proches de Bozizé. Les informations circulent, et tout est connu dans les minutes qui suivent. Non seulement la Minusca est encore là, mais aussi les vrais tombeurs de Bozizé sont en puissance et observent. Faut-il se hasarder à faire un coup d’Etat dans un tel contexte ?

Les centrafricains se sont donnés des institutions démocratiquement élues: un chef d’Etat, une Assemblée Nationale et un pouvoir judiciaire. Toutes ces institutions fonctionnement. Elles se battent pour redonner aux Centrafricains une assise républicaine et une existence humaine digne de ce nom. Ce n’est pas facile dans un pays en lambeaux, suite au ravage d’un Tsunami politico-militaire. Les esprits commencent peu à peu à se calmer pour un retour définitif de la paix. Les nouvelles autorités sont à Bruxelles pour tenter d’arracher les moyens financiers pour le relèvement du pays. Voilà que certains ne pensent qu’à tirer le pays vers le bas, vers l’apocalypse, vers l’enfer. Nairobi est un marché de dupe. Séléka, en tout état de cause, ne peut accepter un retour de Bozizé au pouvoir. Et réciproquement pour les pro-Bozizé. Il fallait revenir sous Djotodia pour récupérer le pouvoir. Malheureusement, personne n’a osé une telle aventure et c’est avec un gouvernement démocratiquement élu, que des velléités de coup d’Etat se font entendre. Quel résultat Bozizé a obtenu aux élections de 1993 ? Il a fallu un coup d’Etat contre son mentor pour qu’il accède au pouvoir. Il a également été chassé du pouvoir par un coup d’Etat. La dialectique de l’histoire humaine est ainsi faite.

Où étaient les soldats proches de Bozizé quand l’ex-Séléka est arrivée à Bangui ? C’est maintenant qu’ils retrouvent le réflexe de soldat ? A chacun son tour chez le coiffeur. Bozizé est parti, ensuite Djotodia est venu, Catherine Samba-Panza et enfin Touadéra. Les pro-Bozizé le traitent de peureux, de tous les noms d’oiseaux. Pourquoi ont-ils abandonné le pouvoir entre les mains de la Séléka, pour se disperser aux quatre coins du monde ? C’est grâce à un régime républicain reposant sur le droit et rien que le droit, qu’ils sont revenus sur la pointe de pieds dans leur pays. Personne n’a osé revenir sous le régime Djotodia, pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ont eu peur d’être massacrés par les combattants Séléka. Les Centrafricains ont trop souffert et continuent de souffrir comme des animaux dans leur propre pays. Faut-il encore empirer à l’exponentiel leur misère, leur souffrance ? Bozizé et ses proches ont-ils les moyens de financer des élections ? Non ! Les voies sont ouvertes pour 2020 ou 2021. Pour Sylvain Patassé, Jean Serge Bokassa, Désiré Kolingba, peut-être un des enfants Dacko, c’est la voie démocratique, les urnes. Les fils des Chefs d’Etat en Centrafrique sont nombreux à se lancer dans la compétition électorale. Pourquoi Bozizé et ses enfants ne choisiraient-ils exclusivement que la voie du coup d’Etat ?

Patassé l’avait fait à Dacko, paix à leurs âmes, en 1981. Le Général Kolingba a donné le coup de pied qu’il faut dans la fourmilière. Patassé et ses partisans ont été contraints à l’exil. Jean Jacques Rousseau disait que « l’homme naît bon, mais la société le transforme. » Veut-on absolument transformer Touadéra en « chien méchant » ? Bozizé et ses enfants se souviennent-ils du sort qu’ils ont réservé au Colonel Charles Massi ? Le Colonel Charles Massi voulait arracher le pain bien beurré des Bozizé. Où est-il ? Si les Bozizé sont méchants de nature, tous les Centrafricains n’ont pas ce cœur sombre, cruel, inhumain, tortionnaire. Si Touadéra était une industrie de haine, de rancœur, comme Bozizé, Francis Bozizé n’aurait pas osé mettre pied à Bangui. C’est parce qu’ils savent que Touadéra a un cœur généreux, humain, humanitaire, incapable de faire du mal à une mouche que Francis Bozizé est revenu à Bangui. Et pourtant, il est au courant de toutes les réunions du coup d’Etat en préparation, le retrait de certains éléments des FACA à Bossangoa et les tentatives de convaincre les FACA du Km 5 qui, pour certains, refusent cette idée. La RCA n’en a plus besoin. Bozizé ou un de ses fils, peut-il voir Deby, Sassou Nguesso, Obiang-Nguéma, Paul Biya dans les yeux, encore moins se serrer la main ? Bozizé a humilié ses homologues d’Afrique Centrale, lesquels ont transformé la ligne rouge en ligne verte, un boulevard pour l’ex-Séléka à Bangui. Bozizé a-t-il analysé tous ces paramètres pour pouvoir pousser ses enfants et ses proches sur la voie du coup d’Etat ? C’est absurde de faire un coup d’Etat pour un coup d’Etat, sans prendre le pouvoir. « La science, sans conscience, n’est que ruine de l’âme … », a dit un penseur. Un coup d’Etat sans conscience, c’est l’apocalypse. 

 

Julien BELA

 

 

 

LE VILLAGE GOUZI A 20 KM DE PAOUA EN EBULLITION : AFFRONTEMENTS ENTRE           SELEKA, R-J ET AUTO-DEFENSE

 

Le village Gouzi à 20 Kilomètres de Paoua, dans la préfecture de l’Ouham-Péndé se trouve présentement dans la gueule des lions. Ce qui se passe dans  ce village, dépasse l’entendement humain.

En effet, la semaine dernière, un groupe d’hommes armés assimilés aux combattants de l’ex-Séléka ont fait irruption à Gouzi. Ils y ont hissé leur drapeau. Le groupe d’auto-défense du village, probablement les hommes du mouvement Révolution-Justice (R-J), ne pouvant accepter que de pareilles tentatives ne se produisent dans la zone sous leur contrôle, ont décidé de s’en prendre à ces hors-la-loi. Des affrontements ont éclaté entre eux. Les habitants dudit village ont pris la fuite. Les uns se sont terrés dans la brousse. D’autres ont trouvé refuge dans la ville de Paoua. Le bilan de ces affrontements n’est pas encore connu. Il est aussi difficile de savoir réellement ce qui se passe au village Gouzi. Qui des combattants, soit de la Séléka, soit des hommes du mouvement R-J ou d’auto-défense contrôlent cette zone ? Le drapeau hissé par les combattants  de l’ex-Séléka demeure-t-il ? Que font concrètement aujourd’hui les Casques Bleus de la Minusca ? Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes et qui demandent certainement des réponses. Mais nous suivons de près l’évolution de la situation.

Mais une chose est vraie, les combattants de certains groupes dissidents de la Séléka ne veulent pas que la paix revienne en Centrafrique. Leur objectif visé est la partition du pays. Il convient tout de même de leur signifier que la RCA est une et indivisible. Le feu président fondateur Barthelemy Boganda, paix à son âme, s’est battu par la parole et non par les armes pour que la RCA accède à l’indépendance le 13 août 1960, après sa mort tragique dans un accident d’avion le 29 mars 1959. Donc, aucun individu ne peut diviser ce pays au bout des canons, des obus, des lance-roquettes, des Kalachnikovs, et que savons-nous encore ?

Nourredine Adam, le patron du FPRC, dans un passé récent, a tenté d’hisser le fameux drapeau de sa soi-disant République du Dar-El-Kouti, à Ndélé, mais son projet de partition de la RCA s’est heurté au mur de Berlin. Les Casques Bleus de la Minusca, basés dans cette ville, ont dit niet. Nourredine Adam et ses hommes avaient été mis en débandade. Aujourd’hui, ils n’osent se prononcer sur un tel projet machiavélique qui n’aboutit et n’aboutira jamais. En ce moment, Nourredine Adam n’apparaît pas en public. Il se cache toujours dans l’une des grottes à Ndélé. Il est isolé sur le plan national et international. Le seul pays où il se rend, est son pays d’origine le Tchad. Mais lorsque la porte du Tchad lui sera fermée, il ne saura plus à quel saint se vouer. Car un adage dit, « Chaque chose a un début et une fin ». Tout comme la fin de Issa Capi, alias « 50-50 » Abdoul Danda et tant d’autres a sonné, celle de Nourredine Adam, le partisan de la partition du pays, est proche.

Il en sera de même pour les combattants de l’ex-coalition Séléka qui ont élevé leur drapeau au village Gouzi. S’agit-il des combattants du MPC de Mahamat Alkatime ou les hommes du RRR du soi-disant général Sidiki,  ce sanguinaire camerounais ? Et de quelle République se réclament-ils ? Nous la saurons dans les jours à venir, au fur et à mesure que la situation évoluera. Mais d’ores et déjà, nous disons à ces hors-la-loi que c’est une perte de  temps. Car la RCA est un pays souverain et démocratique, avec des autorités issues des élections crédibles, transparentes dont les résultats ont été acceptés par tous. Donc un ver de terre ou un hanneton, ne peut se permettre le luxe pour hisser un  drapeau quelconque sur le territoire national.

La RCA a une superficie de 623.000 Km² et s’étend du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Ses frontières avec les pays limitrophes restent et demeurent, même si le Cameroun et le Congo-Brazza grignotent peu à peu les parties Nord-Ouest et Sud-ouest. Mais elles reviendront un jour aux Centrafricains. Si certains chefs des groupes armés pensent que la RCA est en crise et que l’occasion leur est offerte de se donner à cœur joyeux pour  morceler le pays, nous disons pour notre part qu’ils se trompent largement. La République centrafricaine est certes en crise, mais son territoire national ne doit subir aucune modification. Et ceci doit être compris par tous les groupes rebelles réticents au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR).

Aucune tentative de partition du pays ne sera acceptée, ni par le peuple centrafricain, ni par la Communauté internationale. Mieux vaut renoncer à  ce projet que de vibrer le tympan des Centrafricains à longueur de journée. C’est une voie sans issue, sans lendemain meilleur.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

GERVAIS LAKOSSO ET MARCEL MOKWAPI MIS EN LIBERTE PROVISOIRE                        MAIS SOUS CONTROLE JUDICIAIRE

 

« Après avoir été gardés à vue pendant une (1) semaine dans la geôle du Camp de Roux à Bangui, Gervais Lakosso, Coordonnateur du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC) et Marcel Mokwapi, president de l’Association des Consommateurs de Centrafrique (ACCA), ont été mis en liberté provisoire mais sous contrôle judiciaire, ce lundi 14 novembre 2016.

C’est par une ordonnance (Sommier N° 029/16 R.P), émanant de cabinet d’instruction de base N° 2, que le juge d’instruction, Patience Guéréngbo, a procédé à leur mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire, suite à la demande de leur défense. Mais que signifie le terme « sous contrôle judiciaire » ?

En droit pénal de la RCA, ce terme impose trois (3) restrictions sur la vie, la liberté d’aller et de venir, ainsi que les activités des accusés Lakosso et Mokwapi, qui sont les deux (2) principaux organisateurs de la journée « Ville Morte » à Bangui, le 24 octobre 2016.

Dans un communiqué de presse du Procureur de la République, près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, Ghislain Grésénguet, daté du 14 novembre 2016, il est clairement signifié que la « procédure ouverte a permis au juge d’instruction de décerner des mandats d’arrêt contre certaines personnes impliquées dans l’organisation de cette manifestation illégale non autorisée par le pouvoir public. C’est dans ce contexte, que les nommés Lakosso Gervais et Mokwapi Marcel ont été interpellés et placés à l’annexe de la prison de Ngaragba au Camp de Roux pour répondre des faits qui leur sont reprochés devant la loi [ … ]. Cette mesure n’est nullement synonyme d’un abandon de la procédure, ou d’un classement sans suite. Cette procédure suivra son cours jusqu’à son terme, c’est-à-dire jusqu’au prononcé d’une décision définitive [ … ].

Voici publiée l’ordonnance de mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire. »

 

Le Petit YEKOA

 

Nous, Patience GUERENGBO, Juge d'Instruction de Base chargé du Cabinet n°2 au Tribunal de Grande Instance de Bangui ;

Vu la procédure suivie contre :

1. LAKOSSO KOKPALET Gontran Gervais

2.  MOKWAPI Marcel

Inculpés de : Atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, Incitation à la haine et à la violence, désobéissance aux lois et ordre du Gouvernement, coups mortels et complicité de coups mortels, coups et blessures volontaires et complicité de coups et blessures volontaires, destruction des biens à autrui et complicité de destruction des biens à autrui ;

Crimes et délits prévus et punis par les articles 285, 292, 289,11, 12, 51, 52, 67,68 et 428 du code pénal ;

Placés tous sous mandat de dépôt en date du 10 Novembre 2016 ;

Vu la demande de mise en liberté provisoire formulée par Maîtres Blaise Fleury HOTTO, Crépin MBOLI-GOUMBA, Bruno Hyacinthe GBIEGBA, Bruno MPOKO, Albert PANDA GBANIMBI et Guy DANGAVO tous Avocats au barreau de Centrafrique, Conseils des inculpés LAKOSSO KOKPALET G0ontran Gervais et MOKWAPI Marcel en date du 14 Novembre 2016 ;

Vu notre ordonnance de soit communiqué à Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui en date du 14 Novembre 2016 pour son réquisitoire sur la demande de mise en liberté provisoire formulée par les Conseils des inculpés ;

Vu le réquisitoire de mise en liberté provisoire du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui en date du 14 Novembre 2016 ;

Vu les dispositions de l'article 99 du code de procédure pénale ;

Attendu que le 24 Octobre 2016, suite à un appel à la ville morte et une marche organisée à l'initiative des inculpés LAKOSSO Gervais et MOKWAPI Marcel, les scènes de violence orchestrées lors de la manifestation ont entrainé des dégâts tant matériels qu'humains en l'occurrence, la mort des paisibles citoyens centrafricains, des destructions de biens et édifices publics ;

Attendu que les inculpés LAKOSSO KOKPALET Gontran Gervais et MOKWAPI Marcel par l'entremise de leur Conseils, sollicitent leur mise en liberté provisoire ;

Mais attendu que selon les dispositions de l'article. 98 du code de procédure pénale, en toute matière, la mise en liberté provisoire assortie ou non du contrôle judicaire peut être ordonnée d'office par le Juge d'Instruction après l'avis du Procureur de la République, à charge pour l'inculpé de se présenter à tous les actes de la procédure aussi tôt qu'il en sera requis et de tenir informer le magistrat instructeur de tous ses déplacements ;

Que les inculpés présentent des garanties de représentativité ; Qu'il y a lieu de  faire  droit à leur demande mais  de  la subordonner à l'obligation d'un contrôle judiciaire ;

PAR CES MOTIFS ;

'

· Ordonnons la mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire des inculpés :

 

1. LAKOSSO KOKPALET Gontran Gervais ;

2. MOKWAPI Marcel ;

 

· Disons que les inculpés viendront pointer tous les Jeudis dans un registre tenu au Cabinet à cet effet ;

· Disons que les inculpés ne pourront sortir au-delà d'un périmètre de 10 Km et de voyager sans notre autorisation préalable ;

· Disons aussi que les inculpés doivent s'abstenir de toutes déclarations publiques dans la presse et lors des réunions ;

 

Fait en notre Cabinet, le 14 Novembre 2016

 

Le Juge d’Instruction

Fait en notre Cabinet, le 14 Novembre   2016 Le Juge d'Instruction

 

 

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

 

DES ELEVES DU LYCEE MARIE-JEANNE CARON MANIFESTENT CONTRE LEUR STIGMATISATION

Des élèves du lycée Marie-Jeanne Caron, uniquement des filles ont manifesté ce lundi 14 novembre devant leur établissement pour dénoncer les railleries dont elles font l’objet. L’intervention de la Gendarmerie pour les disperser par des tirs à gaz lacrymogène s‘est soldée par de nombreux cas d’évanouissement.

En République Centrafricaine, surtout dans la capitale, les élèves sont distingués par leur tenue scolaire. Les élèves du Lycée Pie XII portent une jupe bleue et une chemise blanche, ceux du Lycée technique ont une chemise blanche et un pantalon ou jupe kaki. Les élèves du lycée  Marie Jeanne Caron sont visibles par leur jupe noire et chemise rose. Ces dernières sont, ces dernier temps, victimes de moqueries pour une histoire qui se serait déroulée au Cameroun.

Ainsi pour connaître le mobile de leur mécontentement, Judith Sankangi présidente des élèves du lycée Marie-Jeanne Caron a rapporté que « depuis ces derniers temps, certaines personnes mal intentionnées les assimilent à une fille victime d’un viol. La victime est une élève d’un établissement camerounais qui porte une tenue aux mêmes couleurs que celles du lycée Caron. Selon cette histoire, cette lycéenne a été violée par les forces de l’ordre. Elle a été tétée par un chat par la volonté de ses violeurs ».

Elle poursuit pour relever que « depuis la semaine dernière, presque toute la ville de Bangui nous appelle chat et les rivales des mamans. C’est pour cela que nous avons manifesté et la gendarmerie est intervenue et a tiré des gaz lacrymogènes sur nous ».

Quant à Mme Rosalie Komelo, proviseur de cet établissement, elle se dit surprise par la réaction de ses élèves, pourtant elle les avait dissuadées sur ces railleries. « Cette affaire date déjà de la semaine passée. J’ai été informée par deux professeurs. Ce matin, j’ai essayé de les conscientiser. Mais quelques temps après, elles sont toutes sorties sur la grande route », a-t-elle déclaré.

Elle ajoute que « c’est pour éviter tout désagrément que nous avons appelé la gendarmerie afin de pouvoir stopper leur manifestation. C’est à ce moment-là que les filles ont commencé à lapider les passants parce qu’elles étaient vraiment mécontentes de la réaction de la société».

Sur ces railleries, Mme Rosalie Komelo, proviseur du Lycée M.J Caron déplore le comportement des moqueurs qui peut avoir des incidences sur la scolarité de ces filles. « Je suis vraiment mécontente de ces personnes mal intentionnées qui ne cessent jamais de stigmatiser les filles du lycée Caron », a-t-elle déclaré.

Elle souhaite à ce que ces filles soient encouragées, car, « éduquer une fille, c’est éduquer toute la nation, alors il faut qu’ils comprennent que ces filles ont la volonté d’étudier. Elles sont venues chercher leur avenir à travers l’école, mais le fait de les insulter à tout moment, cela peut les décourager ».

Des sources hospitalières ont indiqué qu’une cinquantaine d’élèves ont été évanouies suite à ces tirs.

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LE NOUVEAU PRESIDENT DE LA FEDERATION CENTRAFRICAINE DE VOLLEYBALL PREVOIT LE TOILETTAGE DES TEXTES DE BASE

Elu samedi 12 novembre lors de l’Assemblée Générale Elective, Jean Pierre Bernardin Badékaras veut s’attaquer aux grands chantiers qui attendent la Fédération Centrafricaine de Volleyball. Au premier rang de son projet, on retrouve le toilettage des statuts et du Règlement Intérieur de la fédération.

Sans financement comme les autres fédérations sportives, la Fédération Centrafricaine de Volleyball n’arrive pas à faire face à ses besoins régaliens. Les clubs vivotent, les volleyeurs, et différents acteurs de cette discipline sportive se sacrifient pour donner vie à leur passion. C’est dans cette situation que s’est tenue cette Assemblée Générale qui a mis en place un nouveau bureau samedi 12 novembre.

« Il faudrait, dans un court terme revoir nos textes statutaires » a dit  Jean Pierre Bernardin Badekaras. Selon lui, le Règlement Intérieur et le statut de cette fédération comporte des vides juridiques, avant d’occuper ce poste, il fut Secrétaire Général de cette fédération.

Il entend poursuivre la préparation des présélectionnés de moins de 20 ans qui iront au Cameroun le mois prochain dans le cadre d’un tournoi sous-régional.

Ainsi, le nouveau bureau est composé du président Jean Pierre Bernardin Badekaras élu par 21 voix contre 14 devant le président sortant, Maitre Jérôme Lavou. Le poste du premier vice-président est occupé par le colonel des FACA, Isidore Mathurin Dokodo. Un autre officier des FACA, Thierry Bagbo est élu 2e vice-président, après le retrait de Louis Albert Gobi. Vianney Ngripou Gonesse est élu par acclamation, Secrétaire Général.

Madame Bernadette Yandougou, la seule femme fait partie de ce bureau occupe le poste de Trésorier Général Adjoint. Elle assiste Yannick Bertrand Sambo-Baffatoro, élu acclamation Trésorier Général.

Ce nouveau bureau est dépourvu de Secrétaire Général car, Barthelemy Zango, dans la course a refusé de briguer ce poste. Une situation qui échappe aux textes de base.

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MULTIPLICATION D’ACCIDENTS DE CIRCULATION A BABOUA

Un enfant de 9 ans est décédé dans un accident de circulation samedi 12 Novembre dernier à Baboua. Il a été heurté par un conducteur de moto alors qu’il revenait de l’école.  Le conducteur et la moto sont actuellement à la gendarmerie de Baboua.

Selon une source proche de la gendarmerie, la surcharge et l’excès de vitesse sont la cause de cet accident. « Le conducteur revenait de Garoua-Mboulai bien chargé des marchandises et il roulait à pleine vitesse lorsqu’il a vu l’enfant, c’était difficile pour lui de freiner. C’est là qu’il l’a heurté  et il est décédé sur le champ », a-t-elle expliqué.

Un Officier de Police Judiciaire de la localité a déploré l’excès de vitesse des conducteurs de motos sur cette voie. « Nous les avons toujours interpellés à rouler à une vitesse limitée. En plus, la majorité de ses conducteurs n’ont pas de permis de conduire. Nous sommes en train de mettre des dispositions afin de palier à cette situation », a-t-il promis.

Un notable de la Sous-préfecture déplore la multiplication des accidents qui est «devenue monnaie courante dans la ville de Baboua en raison de trois accidents par mois ».

Le dernier cas remonte à Trois (3) semaines à la sortie de la ville et des pertes en vies humaines ont été enregistrées.

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LE CONSEIL NATIONAL DE LA JEUNESSE REGRETTE SON ABSENCE A LA TABLE RONDE DE BRUXELLES

Le Conseil National de la Jeunesse (CNJ) se dit surpris de son absence à la table ronde de Bruxelles où un plaidoyer devrait être fait pour les causes de la jeunesse centrafricaine. Problème administratif et l’absence de visa seraient la cause de cette non-participation. Position exprimée ce 14 novembre par Huguet Francis Mongombé, président du CNJCA dans une interview accordée au RJDH.

Pour mobiliser les fonds nécessaires à sa relance socioéconomique, le pouvoir centrafricain, la société civile et les partenaires de la RCA sont en Belgique pour négocier des fonds lors de la table ronde de Bruxelles qui se tiendra dans deux jours. Dans le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique  (PRCPCA) qui sera présenté aux bailleurs, les questions relatives à l’amélioration des conditions de vie des jeunes occupent une place prépondérante.

C’est ainsi qu’un jour avant l’ouverture de la rencontre, un plaidoyer en faveur de la jeunesse centrafricaine sera organisé le 16 novembre. Laquelle rencontre ne verra pas la participation du Conseil National de la Jeunesse.

Selon le président du CNJCA, Huguet Francis Mongombé, l’absence de la jeunesse à cette table ronde relève des préjugés. « Au-delà de la confiance, c’est le mépris que je vois. Car aujourd’hui, les lunettes à travers lesquelles on voit les jeunes centrafricains sont celles d’une jeunesse encore combattante, peut être ils ont peur d’envoyer des Séléka et Anti-Balaka à Bruxelles, peur d’envoyer des candidats à l’exil et à l’immigration à Bruxelles. C’est peut être ce qui pousse les gens à un niveau ou à un autre à ne pas respecter la jeunesse », a-t-il déploré.

Le président du CNJ demeure néanmoins optimiste quant à l’issue de cette rencontre avec les bailleurs. Pour lui, « trouver des solutions aux problèmes centrafricains  c’est avant tout trouver la solution aux problèmes de sa jeunesse. Préparer l’avenir, c’est aussi préparer le présent de la jeunesse. C’est pourquoi nous avons préparé un plaidoyer pour qu’une attention spécifique soit portée aux problèmes des jeunes centrafricains », a-t-il ajouté.

Le Conseil National de la Jeunesse est institué en février 2010 et a pour vocation de défendre les intérêts de la jeunesse.

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RETOUR HISTORIQUE SUR LES PLANTES SAUVAGES

 

 Chère lectrice, cher lecteur, 

La cueillette de plantes sauvages pour se nourrir paraît incongrue et dépassée. 

Pourtant, ce n’est qu’à une date toute récente, à l’échelle de l’histoire de l’humanité, que nous avons commencé à manger des légumes cultivés. Il y a 4 000 à 5 000 ans seulement, en Europe occidentale, 10 000 ans dans le Croissant fertile (actuelle Syrie, Irak). 

Nous aurions donc passé 5 000 ans à manger des végétaux domestiqués, contre 5 millions d’années (mille fois plus) des herbes sauvages… 

La cueillette devrait donc faire partie de nos réflexes les plus profonds, ne serait-ce que pour notre survie. Et pourtant, à quelle vitesse avons-nous perdu tout souvenir de ces gestes indispensables ! 

Alors permettez-moi de me glisser aujourd’hui dans la peau d’un professeur ennuyeux pour faire un petit « retour historique » sur les plantes sauvages dans notre alimentation et nos pharmacies. 

Installez-vous confortablement dans un fauteuil si vous le pouvez. Le récit est librement adapté et résumé du livre de Bernard Bertrand, célèbre herboriste et auteur de Cueillettes sauvages, aux éditions Plume de Carotte, que je vous invite à vous procurer si ce n’est pas encore fait. 

Nos instincts originels ne sont pas aussi éloignés que nous le pensons

Nos instincts vitaux originels ne sont pas aussi éloignés que nous le pensons. 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, nous avons continué à pratiquer la cueillette, parallèlement à l’agriculture. 

L’agriculture est restée longtemps archaïque et ses rendements faibles. Ce n’est qu’au XXe siècle qu’elle est parvenue à couvrir tous les besoins de certaines populations (en Occident), se trouvant même localement en surproduction (Europe, Amérique du Nord). 

Autrefois, les accidents de culture étaient fréquents : météo, guerres, maladies. Les récoltes étaient régulièrement détruites ou pillées. 

Au cours des siècles, le même scénario se répète, immuablement : c’est, à chaque fois, grâce aux herbes sauvages que les populations, ou une partie d’entre elles, survivent jusqu’à la récolte suivante. 

Dans ces moments de grande difficulté, l’homme fabriquait de la farine avec diverses écorces. Il concoctait des soupes de lichen, du potage avec de la paille. Dans les cas les plus extrêmes, il tentait de mâcher, comme dans Lucky Luke, le vieux cuir tanné des chaussures pour tromper sa faim. Et ce n’est pas une blague. 

Le célèbre agronome Parmentier rédigea en 1771 une première thèse pour prévenir les crises alimentaires : Recherches sur les végétaux nourrissants qui, dans les temps de disette, peuvent remplacer les végétaux ordinaires. Il y cite les racines d’aristoloche, arum (plusieurs espèces), bardane, fumeterre bulbeuse, bryone, mandragore, pivoine, renouée bistorte, renoncule bulbeuse. 

Sauriez-vous les reconnaître si vous en aviez besoin un jour ? Et transmettre cette connaissance élémentaire à vos enfants et petits-enfants ? 

Assurer la jonction

Mais même en temps de paix, un phénomène de disette se produisait chaque année aux transitions saisonnières, en particulier aux mois de mars et avril. 

Ces mois sont les pires de l’année. Les réserves de l’hiver sont épuisées, mais les premières récoltes (premiers oignons, pois, épinards) ne sont pas encore sorties. Les variétés tardives de fruits qui dépassent Pâques sont rares, elles ne peuvent suffire à alimenter des familles souvent nombreuses, vivant sur de petits lopins de terre. 

Les réserves de céréales sont épuisées, et il faut résister à la tentation de manger la part réservée pour les semences. C’est aussi le cas des légumineuses, comme les haricots. 

C’est alors que les « dons de la nature », les plantes sauvages, gratuites, accessibles à tous quand on sait où les chercher, permettent de traverser ces disettes passagères. 

La mauvaise réputation

Dès le milieu du XIXe siècle cependant, on observe des symptômes d’un rejet de la nature : les nourritures sauvages sont jugées « tout juste bonnes à être données aux poules et aux cochons ». 

À cette époque, en effet, ces animaux de ferme vivaient des productions spontanées, mauvaises herbes, déchets considérés comme immangeables ou médiocres par rapport aux produits issus des cultures, fruits du labeur du paysan et de son savoir-faire, et donc alimentation noble. 

Chicorées sauvages, laiterons, orties, pissenlits furent principalement utilisés pour nourrir les lapins et engraisser les canards, oies et cochons. Rares étaient ceux qui en mangeaient par goût. 

La rupture totale sera consommée après la Seconde Guerre mondiale et l’avènement de l’agriculture scientifique, chimique et mécanisée. C’est le triomphe de l’ingénieur agronome, formé dans les hautes écoles des préfectures et, de préférence, à Paris, puis dépêché par le ministère de l’Agriculture aux quatre coins du pays pour « éduquer » les paysans « ignorants » et les faire entrer dans l’ère moderne et glorieuse de l’agro-industrie. 

Tous ceux qui, par tradition, perpétueront les gestes de cueillette sauvage seront alors montrés du doigt, accusés d’être de piètres cultivateurs

Côté médical, ce fut encore pire, avec l’invention du « délit d’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie ». Tout herboriste, tout guérisseur habitué à utiliser, recommander ou, pire encore, vendre des herbes médicinales se retrouvait dans le collimateur de la justice – qui ne s’est pas privée de « faire le ménage ». 

« S’ils en sont réduits à ça, c’est qu’ils sont incapables de passer leur diplôme de médecin ! » devint le lieu commun. Le sous-entendu était à peine voilé : « Ce sont des bons à rien. » 

Une terre nue est une terre propre

Il n’en fallait pas plus pour que les plantes des périodes difficiles soient considérées comme de mauvaises plantes. Cela justifiera la chasse aux mauvaises herbes qui sera ouverte après guerre, avec son dramatique corollaire : le recours irréfléchi aux herbicides. 

Il faudra des années d’empoisonnement des cours d’eau et des nappes phréatiques, d’érosion des sols, de disparition des espèces indigènes d’abeilles, de coccinelles, d’escargots, pour qu’enfin les populations finissent par se poser des questions et comprendre que, peut-être, une tragédie silencieuse était en train d’avoir lieu. 

À force de consommer des aliments insipides, chargés de poisons et de métaux lourds, de constater des cancers, des maladies auto-immunes et neurodégénératives (Parkinson, sclérose en plaques, Alzheimer), certains citoyens ont fini par ne plus accepter d’être les dindons de la farce. 

Un incontestable engouement pour les savoirs ethnobotaniques et ethnopharmaceutiques a eu lieu. 

Ce sursaut de conscience citoyenne a provoqué un regain d’intérêt inattendu pour les disciplines « douces » qui semblaient, il y a peu, condamnées à disparaître. 

Renouveau inattendu

On voit, par exemple, en Corse le retour de la soupe aux herbes corses, désormais enseignée dans de nombreux stages et qui se généralise dans les festivités locales. Le principe en est simple : aux légumineuses sèches cultivées (fèves, haricots), la cuisinière ajoute une belle variété de plantes sauvages, comme la bourrache, la menthe aquatique, le plantain, le pourpier, le mouron, le chénopode, l’armoise, la blette sauvage, l’oseille et l’ortie blanche. 

Aujourd’hui, les adeptes de la cuisine sauvage sont nombreux, ils se retrouvent lors de stages de plus en plus pointus. Il ne faut jamais oublier non plus que le monde ne se limite pas à l’Europe, et encore moins à la France. 

En Pologne, en Roumanie, en Ukraine, en Russie, la cueillette sauvage continue à faire partie du quotidien de nombreuses populations rurales, et pas seulement pour les myrtilles, les framboises et les champignons. 

En Afrique, ainsi que chez les derniers peuples qui survivent dans les rares jungles préservées d’Amazonie, de Bornéo et d’Océanie, l’exploitation des ressources naturelles, gratuites et renouvelables reste la base du mode de vie. 

Plus près de chez nous, il suffit de fréquenter les marchés locaux des pays méditerranéens, au printemps, pour s’apercevoir que beaucoup sont abondamment et régulièrement approvisionnés en herbes sauvages (herbes à pots et à salades). Le fameux mesclun, ce mélange de salades sauvages et cultivées, les tourtes et les soupes aux herbes, dites paysannes, sont des recettes vivaces. Il n’y a, d’ailleurs, pas une recette de ces salades, soupes ou tourtes aux herbes : on utilise ce qu’on a sous la main, l’opportunisme de situation est ici la règle. 

Néanmoins, ces pratiques traditionnelles régressent évidemment sous le coup des efforts d’uniformisation des comportements et de la réglementation. 

Tout ce qui est gratuit semble condamné à disparaître de notre société. Les pissenlits qui poussent sur la pelouse ne sont soumis ni à une redevance alimentaire ni à la taxe sur la valeur ajoutée (vous savez, la très fameuse TVA). 

Une bulle de liberté

Réaliser une soupe aux orties ou une tourte aux blettes sauvages, croquer des asperges ou des poireaux sauvages, c’est non seulement se faire plaisir, mais c’est aussi revendiquer le droit de s’alimenter comme on l’entend. 

Ce n’est donc pas un geste anodin. C’est une forme de résistance au consumérisme exclusif qui tente de s’imposer comme la seule règle d’échange possible entre membres de nos communautés. 

Les plantes sauvages, pour se soigner comme pour s’alimenter, sont à même de satisfaire ceux qui refusent la généralisation d’habitudes alimentaires standardisées et mondialisées dont le fast-food est la caricature. 

Ainsi, tenter de reconquérir ce qui peut l’être de notre autonomie constitue une bulle de liberté individuelle appréciée par un nombre croissant d’individus. 

Réveiller nos sens endormis

Cueillir des herbes sauvages peut aussi être motivé par une recherche de goûts, odeurs et textures plus riches, variés et intéressants que les produits souvent insipides, trop salés, sucrés ou chimiques de nos supermarchés. Les plantes sauvages offrent des chemins de traverse originaux pour surprendre nos papilles et nos amis. 

 

(Suite au prochain numéro)

A

Votre santé

Jean-Marc DUPUIS

 

 

 

INQUIETUDE DE LA POPULATION DE BOZOUM FACE AU RETRAIT DU CONTINGENT CAMEROUNAIS DE LA MINUSCA

 

Le contingent camerounais de la Minusca se retire de la ville de Bozoum dans la préfecture de l’Ouham-Péndé. Le haut commandement militaire de la Minusca a-t-il exprimé pour sa part que la paix et la sécurité sont  revenues dans cette ville, raison pour laquelle, il a ordonné le retrait des Casques Bleus camerounais ? La Minusca va-t-elle déployer un autre contingent pour sécuriser cette ville et ses habitants ? Aucune information n’est filtrée à ce sujet. Les populations de Bozoum sont-elles abandonnées à leur triste sort ? C’est ce qu’elles pensent.

Car elles s’inquiètent de leur situation sécuritaire. Elles estiment pour leur part qu’elles sont abandonnées dans la gueule du lion. Et les populations de Bozoum et de ses environs ont raison de penser ainsi, du  fait que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ne sont pas encore déployées dans cette ville pour prendre le relais des Casques Bleus. Et le retrait des Casques Bleus camerounais ne peut être considéré par les habitants de ladite ville comme un abandon, un laissé pour compte. Ils pensent que c’est un boulevard grandement ouvert aux va-t-en-guerre pour revenir assiéger la ville et agir comme bon leur semble.

Mais il convient aussi de signaler que ce ne sont pas seulement les habitants de Bozoum qui expriment cette inquiétude face au retrait du contingent camerounais de la localité. Les humanitaires tant nationaux qu’internationaux leur ont emboité le pas. Donc, c’est pour autant dire que ce retrait sonne comme la fin du monde pour tous ceux qui vivent dans la ville de Bozoum. Une solution palliative doit être trouvée dans l’immédiat pour dissiper l’inquiétude des uns et des autres.

Contrairement à certains contingents de la Minusca qui ont failli quelque part à leur mission de protection des populations civiles, les Casques Bleus camerounais ont certainement fait un travail remarquable à Bozoum. Ils ont gagné la confiance de ces dernières, ont  agi conformément au mandat qui leur est confié. Car, s’ils s’étaient contentés seulement d’abus sexuels et de viols sur les femmes et les mineures centrafricaines, alors, les habitants de Bozoum ne pouvaient regretter et s’inquiéter de leur départ.

Un adage dit, « un bien fait n’est jamais oublié ». Cet adage se concrétise aujourd’hui à Bozoum. C’est pour autant dire que les Casques Bleus camerounais ont prouvé leur bravoure, leur détermination à ramener la paix dans ladite ville. Ils la quittent tête haute et non tête basse. Voilà le travail que nous réclamons à cor et à cri à certains contingents de la Minusca. Mais malheureusement, d’aucuns pensent que les journalistes centrafricains sont contre la Minusca. Or en réalité, il n’en est rien. Nous ne faisons que notre travail. Ces critiques vont le plus souvent dans le sens de leur mandat qui n’est pas respecté par les uns. Et elles devaient et doivent pousser les autres à bien faire leur travail tout en mettant en œuvre leur neutralité et impartialité au lieu d’être accusés à tort ou raison de connivence avec les groupes armés.

Nous pensons pour notre part que, tous les autres contingents qui se sont écartés de la voie qui leur est tracée, parce que ce sont des humains, pourront probablement suivre l’exemple du contingent camerounais qui était basé à Bozoum et se retire de cette ville en ce moment. Car la crise centrafricaine a trop duré et les Centrafricains ont trop souffert dans leur peau. Le moment est venu pour que le peuple centrafricain respire un nouvel air. Et ceci doit passer par de bonnes attitudes des Casques Bleus et leur détermination, volonté à ramener la paix en RCA. Si les habitants de Bozoum sont contre le départ du contingent camerounais, cela veut dire qu’ils s’entendaient bien avec celui-ci. Donc, il s’avère indispensable que les Centrafricains collaborent étroitement avec les Casques Bleus de la Minusca pour mettre un terme à cette crise qui déchire la RCA depuis presque quatre (4) ans.

Rien ne sert de s’attaquer à des forces étrangères qui sont venues nous aider à sortir du bourbier. Travaillons désormais main dans la main avec les contingents de la Minusca comme ce fut le cas pour les habitants de Bozoum qui n’ont ménagé aucun effort dans ce sens. Pour que la paix et la sécurité reviennent en RCA, nous avons besoin de l’apport de tous ceux qui œuvrent dans ce domaine. Nous exhortons les responsables de la Minusca à déployer un contingent qui fait bien son travail à Bozoum pour que la confiance qui prévalait et qui prévaut entre la Minusca et les habitants de Bozoum reste et demeure pour toujours.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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