Tous les Info du Mardi 32/01/2017

Cm n 2397 du mar 31 jan 2017

 

LA MARCHE VERS LA PAIX, DESORMAIS

IRREVERSIBLE : BANGUI A TOURNE LE DOS AUX ARMES ET LES CŒURS, LES ESPRITS, SONT AUX AFFAIRES ET AU DEVELOPPEMENT

 

 

Bangui roule dans la paix, la réconciliation nationale et la cohésion sociale. Et pourtant, le désarmement n’a pas encore eu lieu. Les armes sont restées dans les quartiers. Mais la prise de conscience nationale est plus forte. Chaque Centrafricain a vécu dans son âme et dans sa chair, les affres de la guerre. Personne aujourd’hui ne veut revoir ces scènes d’horreur. Les valeurs morales remontent peu à peu en surface et le Centrafricain se rend à l’évidence qu’il est tombé trop bas, en dessous du seuil minimal. « Plus jamais ça », n’a été qu’un slogan de rencontre à « Brazzaville, alors que les Centrafricains devaient en faire un style de vie de tous les jours. Il faut le chanter en chœur « Plus Jamais ça ». Beau coup de sites de déplacés sont aujourd’hui vides, les gens ont regagné leur maison ou les ruines de leur maison, certains avec la peur au ventre, sentiment somme toute légitime, du fait que le désarmement n’est pas encore à l’ordre du jour.

Cependant, le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) avance quant au chapitre formation des combattants à des métiers divers. Malheureusement, il est à déplorer quelques groupes récalcitrants, les Anti-Balaka pro-Bozizé et le FPRC. Les revendications politiques n’ont plus droit de cité en RCA, dès lors que les élections ont déjà eu lieu et la communauté internationale a validé ces scrutins, les qualifiant des crédibles, démocratiques et transparents. Peut-on encore prendre certains compatriotes en otages, priver le quart du pays de liberté d’aller et venir et de leurs occupations quotidiennes ? Bozizé et Djotodia sont passés à la tête de l’Etat centrafricain. Lorsqu’on perd le pouvoir, on se range dans le camp de l’opposition et en ordre de bataille politique pour reconquérir le pouvoir par les urnes.

Bozizé et Djotodia sont les maux qui minent le pays. Que les Centrafricains souffrent, ce n’est pas leur affaire. Ils sont tous en exil, mais tirent les ficelles de leurs groupes armés respectifs et ils font mal aux Centrafricains et non à un régime, en particulier la population rurale qui mène une vie bestiale, inhumaine, dégradante, horrible.  Bozizé n’a aucun état d’âme pour ses compatriotes centrafricains, ceux-là qu’il a abandonné sous les feux des bombardements pour déguerpir, car débusqué comme un lapin. Bozizé peut-il s’entendre avec Djotodia, et contre qui ? Si Bozizé est capable de conclure un Accord avec les Séléka, il est aussi capable de reconnaître la souffrance du peuple centrafricain. Bozizé et Djotodia réconciliés, trinquant les verres, cela ne peut profiter qu’à la paix, car il n’y a plus de haine, d’ennemis, d’adversité, de rancœur. Nous nous persuadons de plus en plus que les Anti-Balaka pro-Bozizé et le FPRC de Djotodia, tiennent encore les armes contre la communauté internationale qui leur a coupé l’herbe sous les pieds avec les élections du 30 décembre 2015. Il n’y a plus d’objectifs politiques à atteindre, encore moins des revendications politiques qui tiennent la route. C’est désormais la logique de l’absurde, d’où des affrontements inter-Séléka, soit des exactions gratuites sur les populations civiles.

L’entêtement d’un groupuscules ne mènera nulle part bien du contraire, il contribue à exaspérer la communauté internationale qui entend soulager la misère des populations prises en otages dans les préfectures de la Ouaka, de la Haute-Kotto, du Bamingui-Bangoran, de la Vakaga, de la Nana-Gribizi et une bonne partie de l’Ouham-Péndé et la Nana-Mambéré. Les groupes ayant adhéré au programme DDRR, attendent depuis belle lurette dans la Vakaga, à Bangui, dans la Nana-Mambéré et bien d'autres localités. Nourredine Adam, Alkhatim, Abdoulaye Hissène, doivent se résoudre à déposer les armes et à intégrer le DDRR dont la porte reste grandement ouverte. A force de tirer sur la ficelle, bien des leaders  rebelles ont fini par y laisser leur propre peau: Jonas Savimbi en Angola en est une parfaite illustration. Bozizé et Djotodia doivent libérer le peuple centrafricain du joug de leurs groupes armés, car plus rien ne justifie leur posture hostile.

Bozizé a un parti politique, le KNK pour aller à l'assaut du pouvoir en 2021. A l'époque, le FPRC était conçu comme un parti politique né des cendres de l'ex-coalition Séléka, la rébellion la plus cruelle, la plus horrible, la plus sanguinaire de l'histoire de la RCA. Nous avons connu des mutineries avec des affrontements qui n'ont jamais atteint un tel seuil d'horreur. Malgré tout, les Centrafricains sont en pleine mutation morale pour tourner définitivement la page. Les Anti-Balaka n'en sont pas moins encore plus pire. Les Centrafricains sont entrés avec les élections de 2015, dans la sphère de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale.

 

Julien BELA

 

 

VILLAGE SITUE AU PK 55 SUR L’AXE BANGUI – MBAIKI A VIBRE AU RYTHME DE PAIX, DE COHESION SOCIALE ET DU VIVRE ENSEMBLE

 

La « Fédération Isaac Zokoué (FIZ) », continue toujours d’organiser des activités socioculturelles et sportives, depuis deux (2) mois, tant à Bangui que dans l’arrière-pays. C’est ainsi qu’elle avait organisé une série d’activités socioculturelles et sportives, dans le village situé au PK 55 sur l’axe Bangui – Mbaïki, le samedi 28 janvier 2017. Et ce, en présence des autorités polico-administratives de la commune de Pissa, des notables locaux, de la population autochtones, des pygmées « Aka », sans oublier la délégation venue de Bangui.

Les prières d’ouverture élevées à Dieu par le pasteur de l’église CEBI du PK 55 et l’imam de la mosquée Atique du 3ème arrondissement de la ville de Bangui, ont été suivies par les mots de bienvenue du Chef de groupe du village Kpékéto 1 et le discours de la présentation et des objectifs de la « FIZ », par Isayakou Moudi. Place est donc laissée à la première partie de la rencontre de football opposant les filles du village PK 55 à la sélection des filles des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui, sur le terrain de l’école du PK 55. A la pause, il y a eu des jeux-concours sur la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble, et remise des cadeaux aux gagnants, par Abdourahamane, la présentation du sketch « non à la marginalisation » par la jeunesse de la Fondation Islamique pour la Paix et le Développement en Centrafrique (FIPADECA) et la reprise de la seconde partie de la rencontre de football dont le score final est de huit (8) à zéro (0), en faveur des filles venant de Bangui.

Ensuite, le pasteur Samuel Dénamguéré a fait un exposé sur le « quotidien des pygmées (Aka) dans la Lobaye, puis il y a eu des messages de paix « matérialisons la paix pour emboîter le pas du développement », « les principes de laïcité ne mettent aucune communauté, ethnie ou religion au-dessus des autres », par Josué Félix Koléga de la « FIZ » et Abdourahamane Ousmane de la « FIRADECA » et les allocutions de circonstance des autorités politico-administratives, des pygmées du PK 55 et du coordonnateur de la « FIZ », Jonathan Zokoué.

Pour joindre l’utile à l’agréable, les pygmées ont exécuté durant deux (2) heures, leurs pas de danse traditionnelle, qui a plus galvanisé et tenu en haleine tout le grand public.

A cet effet, dans la cour de la chapelle de l’église Catholique du PK 55, il y a eu la sensibilisation de la communauté pygmée sur le VIH/Sida par une femme musulmane du KM 5 dans le 3ème arrondissement de ville de Bangui. La remise des cartons de savon, de café, de biscuit, des sacs de sel et des habits aux pygmées par les responsables de la « FIZ » et la prière finale du pasteur de l’UFEB du PK 55, ont bouclé la boucle dans une liesse populaire, et sans aucun incident. Donc la « paix n’a pas de prix » et elle est très « précieuse » pour chacun de nous.

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

LE PARACHUTAGE AU POSTE DE RESPONSABILITE, LES NOMINATIONS PAR COMPLAISANCE … UN MAL QUI GANGRENE LES ADMINISTRATIONS

 

 

Le fonctionnement de l’administration centrafricaine, tant au niveau du  public que du privé va du mal au pire. La lourdeur dans le traitement des dossiers n’est plus à démontrer. Les dossiers  vitaux qui doivent propulser l’entreprise publique, parapublique ou privée traînent dans les tiroirs. Personne n’y prête attention, alors c’est capital pour la survie des sociétés d’Etat, des administrations publiques, et pourquoi pas du pays et de son peuple. Les gens font toujours à leur tête. Ils ignorent que c’est par le travail, rien que le travail que l’homme peut se libérer, que le pays peut se développer. Le Centrafricain est attiré par l’odeur de l’argent et rien du tout. Le travail est foulé aux pieds.

Tout ceci n’est pas le fruit du hasard. Ces comportements rétrogrades, ces habitudes qui ont collé à la peau des Centrafricains se justifient par le fait que les nominations se font par complaisance, par affinité politique, ethnique, clanique, régionaliste. Certains fonctionnaires, qui ils soient dans l’administration publique ou privée, sont parachutés à des postes, sans qualification requise. Il suffit qu’un parent, une connaissance ou un ami soit directeur de ressources humaines, chef de service dans une entreprise ou dans un département ministériel, on assiste à des recrutements anarchiques. Un individu qui n’a même de diplôme dans tel ou tel domaine est recruté et parachuté à un poste de responsabilité par son protecteur qui se trouve dans l’entreprise. Une fois à ce poste, il ne sait quoi faire avec les diplômes qu’il a bradé avant son embauche. C’est encore qui lui donne des directives, qui lui montre ce qu’il doit faire. Mais où sont passés les diplômes qu’il a accumulés par-ci, par-là lors de ses études au pays et à l’étranger ?

Ceux qui sont compétents, capables, intelligents, qualifiés pour ces postes, sont relégués au second plan. Ou bien, ils sont purement et simplement écartés, leurs dossiers casés dans un tiroir ou un placard. Personne n’y tousse. Que l’entreprise recule jusqu’au stade embryonnaire, cela ne fait ni chaud, ni froid dans le dos des auteurs. Même si les administrations vont à la dérive, amorcent une chute libre, aucun directeur ou chef de service ne cherche à redresser la barre. C’est la catastrophe, totale. Tout le monde assiste sans réagir à la dérive, au naufrage du bateau. La raison est simple : ces directeurs, ces chefs de services savent que, lorsque l’entreprise ou la société tombera en faillite, ils seront recrutés quelque part, parce qu’ils ont beaucoup de connaissance. Et ce sont ceux qui travaillaient dur, qui déployaient des efforts considéraient pour maintenir la société en vie qui se retrouveront au chômage technique ou définitif.

Il est encore temps, si nous voulons sauver les administrations publiques et priver, de changer nos vieilles habitudes. Feu président fondateur Barthélémy Boganda disait à l’époque, « parlons peu et travaillons beaucoup ». Force est malheureusement de constater que le conseil prodigué par cette illustre personnalité de son vivant est passé dans les oreilles des sourds. Les Centrafricains aiment trop parler pour ne rien faire. Ce sont de véritables escrocs, des flatteurs qui vivent aux dépens de celui ou ceux qui les écoutent. Se mettre résolument au travail pour hisser une société, une entreprise, un département ministériel au top niveau, est un véritable cancer qui ronge les Centrafricains. Accéder à un poste de responsabilité, c’est ce que cherchent les fils et filles de ce pays. Une fois nommés à ce poste, ils volent au gré du vent ou rament à contre courant.

Le slogan, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » et la « rupture », prônée par le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra doivent être appliquées à la lettre. Car nous observons depuis un certain temps que rien  ne bouge dans le bon sens. C’est un statuquo dans toutes les administrations centrafricaines, alors que le pays est tombé plus bas que la terre. La RCA a besoin des bras valides pour son relèvement. Mais peu d’efforts sont fourmis à ce jour, du moment où, les jours passent vite. Ce ne sont pas des étrangers qui viendront reconstruire le pays à notre place. Il est de notre devoir de nous mettre résolument au travail, comme nos voisins du Cameroun, du Congo-Brazza, du Soudan du Nord …

Pour ce faire, les nominations par complaisance, par affinité et les parachutages à des postes de responsabilité doivent céder la place aux vraies nominations. Car vous êtes sans ignorer que c’est cette façon de faire qui décourage certains compatriotes à ne plus mettre leur compétence au service du pays. Un ministre arrive aujourd’hui, il change tout le staff. Les anciens sont mis sur ceux-là qui doivent guider les nouveaux. Mais hélas, tel ne semble pas être le cas. Et c’est le mal qui gangrène les administrations centrafricaines. Mais nous disons à ceux-là qu’ « on reconnait un maçon au pied du mur ».

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) Humanitaires Internationales pleuvent en RCA. Qui, dans les secteurs de la santé, de l’agriculture de l’hygiène, de l’eau, de l’éducation, de la formation des jeunes, leur insertion, et bien d’autre domaines. Ces ONGHI arrivent, s’installent et se déploient sur le terrain sans que le gouvernement n’ait un droit de regard. Quel est le montant des fonds alloués ? Quels sont les objectifs à attendre ? Quelle logistique faut-il déployer ? Quels sont ses domaines d’intervention et dans quelle zone géographique? Le gouvernement à la fin de l’année, doit évaluer ces ONGHI pour apprécier leur performance, leur efficacité et leur impact dans leur zone géographique. Quel est le taux des nationaux embauchés au sein de cette ONGHI ?

Mme Lembio, ministre du Plan de l’Economie et de la Coopération, avait déjà entamé ce travail au sein de bon département pour plus de transparence, de lisibilité dans les présentations de ces ONGHI en République Centrafricaine. Depuis son départ du gouvernement, Centrafric Matin n’a plus d’informations sur l’état d’avancement de ce dossier. Les ONGHI sont-elles déjà sous contrôle gouvernemental, ce qui implique une évaluation exhaustive de leur  impact sur le terrain. Les Centrafricains ne sont pas un peuple aveugle ou totalement analphabète. L’argent des ONGHI, plus précisément leur budget, n’est connu de personne. Le budget  arrive et repart aussitôt outre atlantique. Elles achètent les véhicules les plus coûteux, louent de somptueuses villas, un comportement de cochons parmi les nègres. Les vrais responsables ont des salaires insoupçonnés, alors que les nationaux ont des salaires de catéchistes, alors que les risques dus à l’insécurité sont les mêmes pour l’ensemble du personnel de l’ONGHI en question.

Ce sont les chauffeurs qui paient le plus lourd tribut à l’insécurité, en plus du personnel national. L’écart entre les salaires des expatriés et les locaux, est ahurissant, c’est le jour et la nuit. Le ministre du Plan, de l’Economie et de la Coopération doit prendre ses responsabilités. Les ONGHI sont de beaucoup dans la crise centrafricaine, car la fin les mettrait au chômage. Il faut manipuler les groupes armés sur le terrain pour que la crise se prolonge et s’éternise. La crise centrafricaine devient un fonds de commerce excessif rentable pour les ONGHI. Elles font de leurs activités, mais les fonds alloués, dans le budget global, personne ne le sait. Elles ne parlent que des activités, jamais de leur budget. C’est aussi un chapitre très important de la bonne gouvernance, a moins que le ministre du Plan Développe un complexe d’infériorité vis-à-vis de la gestion nébuleuse des UNG Humanitaire Internationales. Leur budget est mis à la disposition de la RCA et des Centrafricains. Si les trois quarts doivent repartir en Europe sur des comptes des particuliers, en quoi la RCA profite de cette pluie d’ONGHI ? Il est obligatoire de connaître leurs objectifs à court, moyen et long terme, ce qui permet de les évaluer et de mesurer la pertinence de leurs actions sur le terrain. Le peuple centrafricain ne peut servir de fonds de commerce, encore moins de Cobaye, pire encore, naïf pour se faire du beurre et l’argent du beurre sur son dos. C’est la traite des êtres humains, l’exploitation de l’homme par l’homme. Ces ONGHI ne peuvent faire ce qu’elles font ailleurs, sous d’autres cieux c’est impossible. Elles abusent de la faiblesse d’un peuple ruiné et mort presque à moitié. C’est inhumain, horrible.                                Julien BELA

 

 

L’EXPERTE INDEPENDANTE DES NATIONS-UNIES POUR LES DROITS DE L’HOMME,

ATTENDUE A BANGUI POUR  EVALUER LA SITUATION ACTUELLE ET FAIRE LA MISE AU POINT DE LA PRECEDENTE VISITE :

LE ROULEAU COMPRESSEUR DE LA JUSTICE SE MET EN MARCHE

 

Au mois de Juin 2016, l’experte indépendante des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, Marie Thérèse Kéita Bocoum a effectué une visite de dix (10) jours à Bangui. Elle s’est documentée sur les plus graves violations des droits de l’Homme commis en République Centrafricaine. De son retour, elle avait soumis son rapport au conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies. Après avoir examiné le rapport, Marie Thérèse Keita Bocoum est attendu ce mercredi 01 février 2017 à Bangui non seulement pour évaluer la situation actuelle des droits de l’Homme, mais aussi pour faire le point sur la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport soumis au conseil des droits de l’homme des Nations-Unies après sa première visite. L’annonce de cette seconde visite a été faite au cours de la conférence de presse hebdomadaire de ce mercredi 25 janvier 2017 par Vladimir Montério, porte parole de la Minusca.C’est pour autant dire que le rouleau compresseur de la justice se met en marche lentement, mais sûrement.

« L’impunité zéro », prônée par les nouvelles autorités du pays, les Nations-Unies, les Etats-Unis, la France voire la communauté Internationale se réalise peu à peu en ce moment. Les victimes de la crise doivent prendre leur mal en patience. La question de la justice nécessite du temps. Il faut commencer dans un premier temps à identifier les auteurs, coauteurs et complices des exactions et crimes commis. Ensuite, connaître la nature des crimes. C’est de là qu’on peut déclencher le véritable procès. Et cela va prendre du temps car il s’agit de suivre tout un processus. Nous osons croire que le conseil des droits de l’homme des Nations-Unies est dans la phase préliminaire d’enquête pour connaître la nature des crimes commis et identifier en même temps les auteurs en attendant la mise sur pied effective de la Cour Pénale Internationale.

La RCA n’est pas le premier pays au monde à connaître une crise. Bien des pays africains à l’exemple du Rwanda a vécu la pire de la crise que la RCA  à  travers le génocide qui a occasionné des milliers de morts. Aujourd’hui, le peuple Rwandais s’est réconcilié parce que la justice a fini par dire le droit à l’endroit de tous les auteurs. Mais pour arriver là les victimes du génocide ont patienté longtemps pour laisser la place à la justice de sarcler fouiller et bêcher les auteurs des crimes. C’est pourquoi, nous demandons aux victimes de la crise centrafricaine de patienter un peu. Les autorités du pays  avec le concours de la communauté Internationale ne cessent de se mobiliser pour aider les victimes de la crise à retrouver leurs droits à travers l’opérationnalisation de la Cour Pénale Internationale.

Depuis 2002 à ce jour, le peuple centrafricain a trop souffert dans sa chair à travers des actes barbares commis par les groupes armés. La rébellion de Bozizé a couté chèrement la vie à la population des régions de l’ouest, du nord et du centre du pays. Les plaies n’ont pas encore été pensées  quand la séléka vient empirer la situation avec des massacres commis sur la population civile sur l’ensemble du territoire. C’est le moment à jamais de mettre définitivement un terme à l’impunité en RCA. L’une des causes de la crise qui a secoué le pays demeure l’impunité. C’est pourquoi, il est essentiel que la justice fasse son travail. Les groupes armés réfractaires au processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement), vont-ils continuer à empirer leur situation ?

Nous leur disons que chaque chose a un début et une fin. Jean Pierre Bemba Gombo et ses complices ont terminé leur course à la Cour Pénale Internationale. Il en est de même d’Hissein Habré. Cela signifie clairement que, « nul n’est au dessous de la loi ».Et que tôt ou tard, la justice finira par triomphée sur les ennemis du peuple centrafricain. Il est encore temps que tous ceux qui détiennent des armes et qui continuent de mettre à rude épreuve les fondements de la République déposent sans condition leurs armes et intègrent les vastes chantiers du pré-DDRR en cours avant qu’il ne soit tard. « Un homme averti en vaut deux ».

Bénistant MBALLA

 

 

LES ENJEUX D’EMBAUCHE PAR VOIE DE TESTS EN RCA :

RECRUTEMENT DES POLICIERS ET GENDARMES PAR L’ETAT

 

 

L’annonce du recrutement de 500 Policiers et Gendarmes par l’Etat centrafricain a engendré le retour en force des fabricants de faux papiers. De faux maires (acte de naissance, légalisation de documents), de nouveaux Officiers de police Judiciaire chargés de délivrer les cartes d’identité nationale, de nouveaux présidents du tribunal (certificat de nationalité, certificat de résidence, casier judiciaire), de nouveaux Proviseurs et Directeurs de collège (carte d’identité scolaire, attestation de dernière année étude), de nouveaux Directeurs des examens et concours (diplômes) et de nouvelles autorités en charge de délivrer le permis de conduire, sont apparus dans la capitale et se sont repartis aussitôt , à travers toute la ville de Bangui. Chaque arrondissement de Bangui en compte au moins un (1) de ces faussaires, sinon plus.

La différence entre la réalité et l’aspect que nous sommes entrain de mettre en veilleuse en ce moment, est qu’il s’agit pour le second cas, d’un seul individu qui est à la fois maire, officier de police judiciaire, président du tribunal, proviseur, Directeur de collège, Directeur des examens et concours et chargé de délivrer le permis de conduire.

Chaque arrondissement de Bangui compte au moins un « as » de cette compétence qui travaille dans la plus grande discrétion. Avant de te dire que c’est lui qui peut aider à obtenir les faux papiers que tu recherches, il prend d’abord du temps pour étudier ta moralité de peur de ne pas tomber dans un piège tendu par les chasseurs de fabricants des faux papiers.

Ce qui est frappant dans l’œuvre de ces  faussaires  est le fait qu’il est difficile de savoir que les documents qui sortent de leur service sont de faux documents. L’habilité mise en place pour la confection des documents est de taille.

Au niveau de ces services illégaux d’établissement de fausses pièces, les frais de la légalisation d’un diplôme qui s’élèvent à 500 FCFA à la mairie de Bangui, 1000 FCFA à la mairie de Bimbo, sont à 250 FCFA. Pour obtenir les pièces suivantes, il faut prévoir : 2500 FCFA pour la carte d’identité nationale, 1000 FCFA la carte d’identité scolaire, 1000 FCFA le Brevet des lycées et collèges, 2000 FCFA l’attestation de succès au Baccalauréat, 2500 FCFA le casier judiciaire 1000 FCFA le certificat médical, 1500 FCFA l’acte de naissance, 1000 FCFA certificat  de nationalité, 1000 FCFA le certificat de résidence, 1000 FCFA l’attestation de scolarité.

Les détenteurs de ces faux papiers sont repartis en deux blocs :

Le premier bloc regroupe les individus qui ont réellement eu leur diplôme, mais compte tenu du fait que l’attestation de succès tarde à sortir et/ou à défaut de moyens financiers disponibles pour le transport, la photocopie, la légalisation de la copie du diplôme, ceux-ci préfèrent prendre le raccourci qui consiste à aller vers ses faussaires.

Le second bloc regroupe les individus qui n’ont pas eu le diplôme dont ils souhaitent s’approprier. Parmi ce monde figure un nombre important de personnes qui n’ont même pas un niveau d’instruction poussé, qui n’ont pas franchi le seuil du fondamental I, mais veulent obtenir un brevet des lycées et collèges pour une circonstance donnée. De la même manière, quelqu’un qui n’a pas le niveau d’un élève de la classe de terminale peut détenir une attestation de succès au Baccalauréat voire une attestation de licence ou de maîtrise dans une filière donnée voulut.

Un médecin délivre un certificat médical après une visite médicale. Difficile de le convaincre de vous déclarer apte alors que vous ne l’êtes pas (tuberculeux, personne vivant avec le VIH, femme enceinte). Cependant chez « nos amis là », il n’y a pas de visite médicale proprement dite, il suffit seulement qu’une fois devant le « Grand chef », dire sans hésitation que je veux un certificat médical et en cinq minutes, l’échange est fait.

Nombreux adeptes de faux et usage de faux, au départ, hésitent question d’habitude mais trouvent le courage peu après en croyant à la philosophie de, « qui ne risque rien n’a rien ».

D’ici quelques jours, le moment « m » du dépôt des dossiers pour le test de recrutement des Policiers et Gendarmes sera aux marques. L’occasion pour ceux qui seront retenus pour l’étude des dossiers de nous donner raison quand ils constateront que sur 10 dossiers, 8 comptent au moins un faux papier.

Rassurons-nous également que plus de la moitié des candidats qui seront retenus pour concourir ont déjà choisi des gens qui composeront à leur place (une personne pour les épreuves écrites et une autre pour les épreuves physiques). Des dispositions sont déjà prises par les candidats qui attendent utiliser cette procédure : confection de pièce d’identité au nom du « vrai candidat », mais la photo du « faux candidat ou de la fausse candidate ». Pas facile de suspecter le jeu. Mais comme c’est vrai qu’ « à malin, malin et demi », la partie ne sera pas aussi facile comme le prétendent ces petits malins.

 

Frumence KAKPEKALA

 

 

 

UNE NATION DESUNIE, FRAGMENTEE, DONC FRAGILISEE NE PEUT GAGNER LA BATAILLE DU DEVELOPPEMENT

 

Il faut s’unir pour être fort. C’est ce que disait feu président fondateur de la RCA, Barthélemy Boganda, à ses contemporains. Car le peuple centrafricain a tout vécu, tout connu et tout subi. Et ce, après plus de cinquante huit (58) ans de la proclamation de la RCA. Il ne nous reste maintenant qu’à vivre une vie meilleure et décente comme nous l’impose la logique naturelle, qu’ « après la misère vient le bonheur ». Et « après la pluie vient le beau temps ». Mais comment s’y prendre et se comporter pour gagner la bataille du développement au sein du concert des nations, à l’ère de la mondialisation ?

Pour nous, nous disons que cette question fondamentale nous interpelle tous, gouvernants et gouvernés. Car il nous faut une prise de conscience collective sur la situation politico-sécuritaire, socioéconomique, humanitaire, financière… de notre cher et beau pays, la RCA. Car il y a de nombreux vices à l’origine des échecs de la politique de nos dirigeants, et surtout la préoccupante et épineuse question de la jeunesse centrafricaine visiblement méprisée et délaissée, sans espoir apparent, qui greffe désormais ses ambitions ailleurs.

Il nous faut donc mettre en relief tous les maux qui gangrènent sérieusement notre pays. Des maux à l’origine des insurrections militaires, des grèves sauvages, de la montée en puissance de violences à main armée, des coups d’Etat et que savons-nous encore ?

Eu égard à ce triste constat, une seule politique nationaliste de rassemblement et de partage équitable des biens, des ressources et des responsabilités républicaines aplanira les divergences et étouffera les tensions sociales. Car le succès d’une politique de développement d’un Etat dépend étroitement de l’adhésion de toutes ses entités des Forces Vives de la Nation. Cependant, l’exclusion en est une pierre d’achoppement, et constitue la cause principale de toutes les bavures et dérives. Pour ce faire, l’esprit du patriotisme doit primer sur toutes les autres considérations partisanes d’ordre politique, régionaliste, clanique, ethnique, religieux… au nom du peuple centrafricain et de l’intérêt supérieur de la nation.

Et c’est ce qui est entrain de faire l’actuel président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, durant son premier quinquennat (2016 – 2021). Donc, il nous faut laisser le temps au temps, et mobilisons-nous tous comme un seul homme derrière le président Touadéra, pour consolider la paix et reconstruire notre pays.

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

 

LE CONSEIL DE SECURITE PROROGE POUR UN AN LES SANCTIONS IMPOSEES A LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, « UN MAL NECESSAIRE ».

Texte du projet de resolution (S/2017/77)

 

Le Conseil de sécurité a prorogé, aujourd’hui, jusqu’au 31 janvier 2018 l’embargo sur les armes imposé à la République centrafricaine ainsi que l’interdiction de voyager et le gel des avoirs infligés aux personnes ou entités désignées par son Comité des sanctions, lequel continuera d’être aidé par le Groupe d’experts* dont le mandat a été prorogé jusqu’au 28 février 2018.  Le représentant de la République centrafricaine a accueilli ces mesures comme « un mal nécessaire », compte tenu de la menace très présente de groupes « bien armés ».

Aux termes de la résolution 2339 (2017), adoptée à l’unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité, tous les États Membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou les transferts directs ou indirects à la République centrafricaine, d’armements et de matériels connexes de tous types, ainsi que toute assistance technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires.

Tous les États devront également continuer de prendre les mesures nécessaires pour interdire l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire des personnes désignées par le Comité des sanctions.  Les fonds et les avoirs financiers de ces personnes et entités continueront d’être gelés.

Il s’agit, précise la résolution, des personnes et entités qui se livrent ou apportent un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité et la sécurité en République centrafricaine, violent l’embargo sur les armes, recrutent des enfants, aident les groupes armés ou les réseaux criminels par l’exploitation ou le trafic illicites des ressources naturelles, font obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire ou attaquent la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), celle de l’Union européenne et les forces françaises qui les soutiennent.

Les représentants de la France et de la République centrafricaine se sont félicités de ce que, pour la première fois, les violences sexuelles sont reconnues comme critère de désignation, « un signal fort », selon le délégué français.  En effet, par la résolution, les dispositions relatives à l’interdiction de voyager et au gel des avoirs s’appliquent désormais aux individus et entités qui préparent, donnent l’ordre de commettre ou commettent des actes de violence sexuelle ou sexiste en République centrafricaine dont le représentant a jugé que le renouvellement des sanctions est « tout à fait justifié » par la menace persistante et très présente de groupes « bien armés » et de ceux qui tentent à tout prix de faire dérailler le processus de stabilisation et de réconciliation.

Évidemment, a poursuivi le représentant, il est difficile de faire comprendre aux gens que les sanctions ne sont pas une punition mais un « mal nécessaire ».  Les réactions réclamant la levée de l’embargo dénotent, selon lui, « de la méconnaissance» de la circulation « anarchique » des armes en République centrafricaine.  Ces « mesures restrictives » sont justifiées, a aussi estimé le représentant de la France, arguant que même si la République centrafricaine se stabilise progressivement, que la capitale Bangui est aujourd’hui largement pacifiée, et qu’un Président élu, appuyé par son gouvernement, est au travail, la situation générale y reste précaire, d’où l’importance d’un soutien réaffirmé et unanime de la communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité, à ce pays et au processus politique en cours. 

Le représentant de la France s’est inquiété de ce que les groupes armés se combattent entre eux et entretiennent un niveau de violence élevé, profitant de la faiblesse de la justice pour poursuivre leurs activités criminelles.  Certains n’ont pas abandonné l’espoir de perturber le processus politique et de réconciliation pour tenter de faire replonger le pays dans la crise, s’est-il alarmé.

Les « mesures restrictives », a-t-il dit, doivent appuyer un processus politique et évoluer avec les progrès de la situation sur le terrain.  « C’est aussi un message adressé aux autorités de la République centrafricaine, que l’embargo sur les armes pourrait évoluer le moment venu, et notamment en fonction des progrès de la réforme des secteurs de sécurité. »  Le représentant a estimé que l’adoption à l’unanimité de la résolution montre l’engagement résolu, unanime du Conseil de sécurité en appui au processus politique et de réconciliation de ce pays, et au soutien aux progrès qui sont réalisés jour après jour grâce aux autorités et à la population de la République centrafricaine.  C’est « un signal très clair à l’égard de tous ceux qui veulent perturber le processus politique en cours qu’ils auront face à eux la communauté internationale unanime ».

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LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Lettre datée du 5 décembre 2016, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Groupe d’experts sur la République centrafricaine reconduit dans son mandat par la résolution 2262 (2016) (S/2016/1032)

 

Texte du projet de résolution (S/2017/77)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses précédentes résolutions et déclarations sur la République centrafricaine, en particulier ses résolutions 2121 (2013), 2127 (2013), 2134 (2014), 2149 (2014), 2181 (2014), 2196 (2015), 2212 (2015), 2217 (2015), 2262 (2016), 2264 (2016), 2281 (2016) et 2301 (2016), ainsi que sa résolution 2272 (2016) et les déclarations de son président en date des 18 décembre 2014 (S/PRST/2014/28), 20 octobre 2015 (S/PRST/2015/17) et 16 novembre 2016 (S/PRST/2016/17),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République centrafricaine, et rappelant l’importance des principes de non-ingérence, de bon voisinage et de coopération régionale,

Rappelant qu’il incombe au premier chef aux autorités de la République centrafricaine de protéger toutes les populations du pays contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité,

Constatant avec préoccupation que, si elle s’améliore, la sécurité en République centrafricaine n’en demeure pas moins précaire, en raison de la présence constante de groupes armés et autres fauteurs de troubles armés, ainsi que de la violence qui perdure, du manque de moyens des forces nationales de sécurité, de l’autorité limitée de l’État sur l’ensemble du territoire de la République centrafricaine, et de la persistance des causes profondes du conflit,

Insistant sur le fait que tout règlement durable de la crise en République centrafricaine, y compris le processus politique, doit être aux mains de la République centrafricaine et accorder la priorité à la réconciliation du peuple centrafricain, dans le cadre d’un processus sans exclusive associant les hommes et les femmes, y compris les personnes qui ont été déplacées du fait de la crise, quelle que soit leur origine sociale, économique, politique, religieuse et ethnique,

Demandant aux autorités de la République centrafricaine de prendre d’urgence des mesures transparentes et sans exclusive en vue de parvenir à la stabilisation et à la réconciliation dans le pays, y compris des initiatives concrètes pour rétablir l’autorité effective de l’État sur l’ensemble du territoire, à lutter contre l’impunité par le rétablissement de l’administration de la justice et du système de justice pénale, notamment le système pénitentiaire, dans tout le pays, à accélérer la réforme des Forces armées centrafricaines (FACA) et des forces de sécurité nationales afin de mettre en place des services de sécurité multiethniques, professionnels et républicains dans le cadre d’une réforme adaptée du secteur de la sécurité, à prendre des mesures effectives de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de rapatriement (DDRR) s’appliquant à l’ensemble des groupes armés, y compris aux enfants qui leur étaient associés et à instaurer une gestion efficace des finances publiques pour faire face aux dépenses de fonctionnement de l’État, mettre en œuvre des plans de relèvement rapide et relancer l’économie,

Encourageant les autorités de la République centrafricaine, en collaboration avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et la Mission militaire de formation PSDC de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA), à assurer l’égalité des chances aux membres des groupes armés, qu’il s’agisse d’éléments « antibalaka » ou d’éléments de l’ex-Séléka, lors de la sélection des membres démobilisés qui remplissent les conditions requises pour intégrer les forces de défense et de sécurité nationales, et à assurer aux soldats des FACA de toutes les préfectures l’égalité d’accès à la procédure d’enregistrement et de vérification simplifiée,

Soulignant qu’il importe de refonder en République centrafricaine une armée nationale qui soit multiethnique, républicaine et professionnelle, reconnaissant à cet égard le travail réalisé par l’EUTM-RCA, et se félicitant que les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) aient l’intention de contribuer à la formation des forces de défense et sécurité nationales à l’appui des autorités nationales et en coordination avec l’EUTM,

Appelant les autorités de la République centrafricaine à veiller à ce que les auteurs de violations du droit international applicable, y compris celles commises contre des enfants et des femmes, soient exclus des services de sécurité et des forces armées nationales,

Accueillant avec satisfaction l’engagement pris par le Secrétaire général d’appliquer rigoureusement sa politique de tolérance zéro à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles, se déclarant gravement préoccupé par les nombreuses allégations d’exploitation et d’atteintes sexuelles imputées à des soldats de la paix en République centrafricaine, soulignant qu’il importe au plus haut point que les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police, ainsi que la MINUSCA, enquêtent rapidement sur ces affaires de façon crédible et transparente et fassent en sorte que les auteurs d’infractions pénales ou d’écarts de conduite répondent de leurs actes, et soulignant également qu’il convient de prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles et d’améliorer les mesures prises pour donner suite aux allégations,

Accueillant également avec satisfaction le rapport du Secrétaire général daté du 29 septembre 2016 (S/2016/824), établi en application de la résolution 2301 (2016),

Saluant le bilan à mi-parcours et le rapport final du Groupe d’experts sur la République centrafricaine (S/2016/1032) créé en application de la résolution 2127 (2013) et reconduit successivement dans son mandat par les résolutions 2134 (2014) et 2262 (2016), et prenant note des recommandations du Groupe d’experts,

Condamnant fermement les actes de violence et l’instabilité en République centrafricaine, les menaces de violence, les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits ainsi que les violations du droit international humanitaire, notamment à l’égard des femmes et des enfants, les attaques contre des soldats de la paix des Nations Unies, les forces internationales et le personnel humanitaire, le cycle continu de provocations et de représailles imputables à des groupes armés, tant à Bangui qu’à l’extérieur de la ville et le refus d’accès humanitaire, par des éléments armés, aggravant encore la situation humanitaire extrêmement difficile dans laquelle se trouve la population civile et entravant l’accès des acteurs humanitaires aux populations vulnérables,

Soulignant qu’il est urgent et impératif de mettre un terme à l’impunité dont jouissent tous les auteurs de ces actes en République centrafricaine – dont certains peuvent constituer des crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, auquel ce pays est partie – et de traduire ces auteurs en justice, notant à cet égard que le Procureur de la Cour a ouvert, le 24 septembre 2014, à la demande des autorités nationales, une enquête sur les crimes qui auraient été commis depuis 2012, et se félicitant de la coopération continue des autorités de la République centrafricaine dans ce domaine,

Soulignant également qu’il est primordial d’instaurer un système judiciaire national efficace, et qu’il faut renforcer à cette fin les mécanismes nationaux d’établissement des responsabilités, notamment en poursuivant la mise en œuvre du Mémorandum d’accord du 7 août 2014 sur les mesures temporaires d’urgence et de la loi promulguée en juin 2015 portant création d’une Cour pénale spéciale nationale chargée d’enquêter sur les crimes graves commis en République centrafricaine et d’en traduire les auteurs en justice et rappelant qu’il importe que la communauté internationale continue d’appuyer le processus engagé par les autorités de la République centrafricaine,

Soulignant en outre que ceux qui se livrent à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine ou les appuient, mettent en péril ou entravent le processus politique de stabilisation et de réconciliation, et dirigent des attaques contre des civils ou des soldats de la paix, pourraient répondre aux critères de désignation aux fins de sanctions énoncés dans la présente résolution,

Se déclarant préoccupé par le fait que le trafic, le commerce et l’exploitation illicites ainsi que la contrebande de ressources naturelles, notamment l’or, les diamants, la faune et la flore sauvages, ont un impact négatif sur l’économie et le développement du pays et continuent de menacer la paix et la stabilité de la République centrafricaine,

Prenant note de la décision administrative du processus de Kimberley relative à la reprise des exportations de diamants bruts de la République centrafricaine, de son cadre opérationnel joint en annexe, et de la mise en place de l’Équipe de suivi du Processus de Kimberley pour la République centrafricaine, et reconnaissant les efforts extraordinaires déployés par les autorités de la République centrafricaine et le Processus de Kimberley pour réintégrer de façon responsable et progressive la République centrafricaine dans le commerce mondial des diamants, l’établissement préalable de « zones conformes »,

Prenant note avec inquiétude des conclusions du rapport final du Groupe d’experts, selon lesquelles l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) reste active en République centrafricaine, a établi des liens avec d’autres groupes armés et tire des revenus de l’exploitation et du commerce des ressources naturelles, telles que l’or, les diamants et les produits du braconnage,

Prenant également note avec inquiétude des activités liées à la criminalité transnationale qui se poursuivent dans la région, soulignant que la situation en République centrafricaine risque de créer un climat propice à une intensification de ces activités, notamment celles liées au trafic d’armes et à l’utilisation de mercenaires, et de constituer un terreau pour les réseaux extrémistes,

Reconnaissant, à cet égard, que l’embargo sur les armes par lui décrété peut jouer un rôle déterminant dans la lutte contre le transfert illicite d’armes et de matériels connexes en République centrafricaine et dans la région et concourir de façon non négligeable à la consolidation de la paix après les conflits, au désarmement, à la démobilisation, au rapatriement et à la réintégration (DDRR) ainsi qu’à la réforme du secteur de la sécurité, rappelant ses résolutions 2117 (2013), 2127 (2013), 2220 (2015) et 2262 (2016) et se déclarant vivement préoccupé par la menace que font peser sur la paix et la sécurité en République centrafricaine le transfert illicite, l’accumulation déstabilisatrice et le détournement d’armes légères et de petit calibre ainsi que l’emploi de ces armes contre les civils touchés par le conflit armé,

Réaffirmant qu’il importe que tous les États Membres appliquent intégralement les mesures énoncées dans ses résolutions 2127 (2013), 2134 (2014), 2196 (2015), 2262 (2016) ainsi que dans la présente résolution, y compris l’obligation de mettre en œuvre des sanctions ciblées contre les personnes et entités désignées par le Comité des sanctions créé en application de la résolution 2127 (2013),

Notant l’importance déterminante d’une bonne application du régime de sanctions, notamment le rôle clef que les États voisins, ainsi que les organisations régionales et sous-régionales, peuvent jouer à cet égard, et encourageant les efforts visant à renforcer encore la coopération et l’application du régime des sanctions sous tous ses aspects,

Prenant note avec inquiétude des informations selon lesquelles des personnes visées par les sanctions voyagent dans la région en violation de l’interdiction de voyager, et soulignant que les individus ou entités qui facilitent délibérément le voyage de personnes inscrites sur la Liste en violation de ladite interdiction, peuvent être considérées par le Comité comme remplissant les critères de désignation pour figurer sur la Liste,

Se félicitant des dispositions prises par son président et par le Président du Comité des sanctions pour appuyer et renforcer l’application des mesures imposées en application de la résolution 2262 (2016), notamment du dialogue établi avec les États Membres, en particulier les États de la région, et se félicitant, à cet égard, du voyage effectué en République centrafricaine par le Président et les membres du Comité en mai 2016,

Accueillant avec satisfaction le document final de la conférence internationale de soutien qui s’est tenue à Bruxelles en novembre 2016 et les contributions qui ont été annoncées durant cette conférence, en engageant les États Membres à les verser rapidement, et encourage une mobilisation encore plus poussée lors de la Conférence de solidarité de l’Union africaine pour la République centrafricaine qui se tiendra à Addis-Abeba en février 2017,

Constatant que la situation en République centrafricaine continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

Embargo sur les armes

1. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République centrafricaine, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires battant leur pavillon ou d’aéronefs immatriculés chez eux, d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistance technique ou formation et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la fourni

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