Tous les Info du Mardi 10/01/2017

Cm n 2382 du mardi 10 jan 2017

BOZIZE : « JE VAIS MOURIR AU PALAIS » DANS SON MEETING AU POINT ZERO. MAIS HELAS, LA TANGENTE…

 

Bozizé est un officier supérieur, un Général d’Armée, un chef d’Etat et leader d’un parti politique, le KNK. Après le rugissement des Séléka à Bria, il avait tenu un meeting au point zéro pour haranguer ces militants et dans lequel il déclarait haut et fort, « Je vais mourir au Palais ». Bozizé comptait sur des armées étrangères pour le défendre et le protéger : l’armée sud-africaine et celle d’Angola. Il a méprisé son armée et les forces de la CEMAC. Malheureusement, son rêve s’est volatilisé comme la brume qui se dissipe sous l’effet de la chaleur. Se rendant compte que Bozizé les roule dans la farine, les chefs d’Etat de la CEMAC ont aussi changé de fusil d’épaule. La coalition Séléka est bloquée par la ligne rouge à Damara. Subitement, la ligne rouge devient verte, synonyme de « laissez-passer » pour les Séléka. Un autre front Séléka s’ouvre vers Bouca, Bossangoa et Bossembélé. C’est un boulevard pour Bangui, enfin le PK12 est atteint. A l’exception des Sud-africains sur l’axe Damara, aucune résistance sur le tronçon Boali -Bangui.

Les cargaisons d’armes et de munitions tombent entre les mains des Séléka et c’est la kermesse des tueries. Le front Séléka arrive au niveau de la Cathédrale Notre Dame Immaculée de Bangui. Bozizé, ses fils et sa garde présidentielle prennent leurs jambes au cou, abandonnant le pays à son triste sort. Le général, chef d’Etat et chef suprême des armées, choisit de préserver sa vie, au lieu de « mourir au Palais ». C’est une course contre la montre pour sauver sa peau. Djotodia s’autoproclame chef d’Etat de la transition. Durant ses dix (10) mois à la tête du pays, c’est un silence de mort au sein du KNK, et personne n’a osé tousser pour qu’on entende sa voix. La cascade des tueries et des destructions, éjecte Djotodia du pouvoir, car le sang coulait à flot. Catherine Samba-Panza est élue présidente de transition par le Conseil National de Transition (CNT), et c’est durant cette période que Bozizé, Djotodia se retrouvent à Nairobi au Kenya pour un mariage contre-nature qui devait accoucher d’un accord balayé du revers de la main par Bangui.

Bozizé et sa clique peuvent-ils regarder les Centrafricains, l’armée, dans les yeux ? Ils symbolisent la haute trahison nationale, la désertion en temps de guerre, la honte ; ce sont des noms qui sont pénibles à prononcer et à évoquer, des noms cauchemardesques. Seul le KNK peut encore croire à un tel chef et lui rendre un culte. Mais un Centrafricain normal, doué de bon sens et de raison, a tourné la page. Bozizé a nié autant de fois ne pas être le chef de guerre des Anti-Balaka. Or, il ne reste sur le terrain que les Anti-Balaka qui ne jurent que par Bozizé. Le Secrétaire Général par intérim du KNK l’affirme haut et fort et sans ambages que Bozizé est bien le chef des Anti-Balaka. C’est une circonstance aggravante qui corrobore la somalisation du pays par Bozizé. Bozizé a toujours été un prophète de malheur pour le peuple centrafricain. Maintenir une milice en activité pour gagner quoi, pour obtenir quoi ?

Les souffrances du peuple centrafricain durent depuis 1996 à ce jour. Si Bozizé était un patriote, il se serait retiré pour toujours de la scène politique nationale, imposant également un arrêt des hostilités à la milice de son ethnie. Les Séléka sont encore là. Malgré le mariage contre-nature, aucun camp n’accepterait que l’un revienne au pouvoir. les dernières élections du 30 décembre 2015 ont donné l’occasion au peuple centrafricain de choisir sa voie. C’est désormais chose faite. Balaka et Séléka n’ont plus d’autres alternatives que de déposer les armes, car les élections les départagent. Ils doivent se restructurer, se civiliser et repartir comme entités politiques à la conquête du pouvoir par les urnes. Mais hélas, Bozizé tout autant que Djotodia continuent de tirer les ficelles de la crise dans un pays en lambeaux où le peuple tire le diable par la queue. Mais les efforts multiformes déployés par les nouvelles autorités, la communauté internationale, il n’y a que les Anti-Balaka se réclamant de Bozizé et le FPRC de Nourredine Adam du camp Djotodia qui prolongent le calvaire du peuple centrafricain. Les FARC en Colombie, malgré les cinquante (50) ans de guerre aspirent aujourd’hui plus que jamais à la paix, à une vie normale, une vie de famille. Il y a un temps pour le maquis et un temps pour faire la paix et se reconvertir dans d’autres activités pour subvenir à ses besoins. Cette prolongation stérile de la crise nuit aux Centrafricains et non à un régime. Le KM5 aujourd’hui comme le Centre-ville, ce sont les affaires, le business qui priment. Plus personne ne pense aux armes, alors que Bangui reste une poudrière, en témoignent les multiples cas de braquages à Sica 1, 2 et 3.

« Après la pluie, vient le beau temps », dit un adage. Après la guerre, les tueries et les destructions, il est désormais temps de reconstruire, de se nourrir, de se loger, de s’instruire, de se soigner et de se vêtir. La démocratie acquise au prix de lourds sacrifices, sous les détonations d’armes, doit servir à quelque chose, au développement humain durable, à la reconstruction des infrastructures de base. Les Centrafricains ne sont pas maudits. Ils ont élu des dirigeants qui sont à leur écoute pour les aider à sortir du gouffre.

Julien BELA

 

 

 

 

 

LE NOUVEAU SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU, ANTONIO GUTERRES  FACE A LA PROBLEMATIQUE DE L’INSECURITE EN AFRIQUE

L’Afrique en général bouge aux bruits de bottes depuis un certain temps. Du Soudan , à la République Démocratique du Congo , en passant par le Mali , le Burundi ,la République Centrafricaine…l’Afrique fait face aux crises militaro-politiques et post électorales avec des conséquences extrêmement graves. L‘Afrique est entrain de traverser une période sombre de son histoire avec le développement du phénomène des terroristes à l’exemple du groupe islamiste Boko Haram qui sévit au Nigéria ,Cameroun, Tchad, Niger et bien d’autres pays africains. A cela s’ ajoutent les bandes armées qui massacrent, violent, tuent , pillent , incendient les villages et maisons, obligeant la population civile à s’exiler sur d’autres territoires tout en menant une vie ultra précaire.

L’Organisation des Nations-Unies (ONU), a toujours déployé ses troupes en Afrique et notamment dans les pays où les plus graves violations des droits de l’Homme se développent pour lutter contre la grande criminalité. C’est le cas de la Minusma au Mali, de la Monusco au Congo, de la Minusmad au Darfour et de la Minusca en RCA. La principale mission des Casques-bleus de la mission onusienne en Afrique est de protéger la population civile en détresse et ramener la paix .Or, depuis que l’ancien secrétaire général, Ban Ki-Moon était à la tête de l’ONU, les Casques Bleus déployés dans les pays africains en crises n’ont pu arriver à mettre un terme à la souffrance des populations  civiles. Les exactions, les viols, les destructions des édifices publics et privés ainsi que des biens des particuliers continuent de se commettre parfois en présence des Casques Bleus onusiens. La mission principale de l’ONU semble être échouée car les Casques-bleus n’ ont pas su maitriser la situation.

Ban Ki-Moon vient de remettre le relais à Antonio Guterres  nouveau secrétaire de l’ONU, ce mois de Janvier. Et nous osons croire que les données vont également changer pour donner un véritable sens à la mission des Casques bleus en Afrique. Il faut désormais doter les soldats onusiens d’un véritable mandat robuste et reviser certaines dispositions des résolutions du conseil de sécurité des Nations-Unies. Certaines formes de menaces des groupes armés à l’ exemple de Boko Haram , et de la LRA de Joseph Kony qui sévit en RDC et en RCA depuis longtemps, nécessitent des actions rigoureuses pour arrêter les massacres à l’ endroit de la population civile. La nouvelle année 2017 doit annoncer la fin de l’impunité dans les pays africains où les groupes armés sévissent. A cet effet, le nouveau secrétaire de l’ONU doit apporter de nouvelles stratégies dans la mission des Casques Bleus.

La souffrance des Africains a trop duré et perdure. Les Africains sont à la merci des seigneurs de guerre qui ravagent tout sur leur passage. Les pays européens et Américains sont largement en avance en terme de développement. L’Afrique, jadis pays de prospérité, de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble doit  reconquérir sa lettre de noblesse.

Bénistant MBALLA

 

 

 

ARRIVEE MASSIVE A KAGA-BANDORO DES

HOMMES LOURDEMENT ARMES EN PROVENANCE DU TCHAD, KABO, MOYEN-SIDO : DANGER

 

La ville de Kaga-Bandoro est-elle devenue le Quartier Général (QG) des groupes armés ? Il ne se passe pas un jour sans que l’on signale la présence des hommes armés venus, soit du Tchad, soit des villes de Kabo et Moyen-Sido, frontalières avec ce pays voisin. Est-ce la porosité de nos frontières qui est à l’origine de cette incursion massive des combattants des groupes armés qui hantent les populations civiles à longueur de journée ?

Les témoignages des rescapés du carnage de Kaga-Bandoro, planifié et exécuté par Mahamat Alkhatime et ses hommes sont accablants, graves et doivent être pris au sérieux par nos gouvernants et les Casques Bleus de la Minusca déployés dans cette localité. D’après un habitant de cette ville joint par téléphone, « des hommes lourdement armés assimilés aux combattants Séléka et aux rebelles tchadiens sont arrivés massivement à Kaga-Bandoro. Certains étaient dans des véhicules, avec des armes lourdes. D’autres étaient sur des motos. Ils sont très, très nombreux. A les entendre parler, ils disent qu’ils sont venus prêter main-forte aux combattants du FPRC de Nourredine Adam et ceux du MPC de Mahamat Alkhatime qui serait emprisonné au Tchad, afin d’attaquer Ali Daras de l’UPC et ses hommes majoritairement peulhs. Jusqu’à la fin de la semaine passée, ils étaient encore dans la ville. Ils n’ont pas tiré un seul coup de feu. Les habitants de Kaga-Bandoro vivent aujourd’hui avec la peur au ventre car la psychose des tueries en grande échelle aux mois de septembre et octobre derniers est encore présent dans leurs esprits. Nous ne connaissons pas leur prochaine destination. Nous demandons aux autorités centrafricaines et aux Casques Bleus de la Minusca de prendre des mesures qui s’imposent pour ne pas que des tueries ne se répètent à Bandoro et dans les autres villes de la RCA ».

A la lumière de ces témoignages, nous pouvons volontairement affirmer que les affrontements intercommunautaires entre l’ethnie Goula du FPRC et les peulhs de l’UPC sont loin de voir le bout du tunnel. Avec la présence des hommes armés signalés à Kaga-Bandoro, les affrontements entre l’UPC et le FPRC vont bientôt recommencer, ce que nous ne voulons pas. Débutés depuis le mois d’août au village Kolaga, ces affrontements avaient successivement gagné les villes de Bria, Bakala, Ippy, Alindao et le village Ndassima. La ville de Bambari où Ali Daras et ses hommes se sont solidement implantés, avait été épargnée à cause du dispositif militaire pris par les soldats onusiens de la Minusca. Cette fois-ci, cette localité ne serait-elle pas attaquée ? Nous ne le souhaitons pas. Mais à l’allure où vont les choses, le pire est à venir si rien n’est fait par la Minusca pour stopper la progression de ces hors-la-loi, ces va-t-en guerre qui n’ont ni foi, ni conscience.

A quand la fin du calvaire de nos concitoyens dans les villes de l’arrière-pays ? Et pourtant, tous les Centrafricains ont pensé qu’avec cette année 2017, les choses vont aller dans le bon sens. Le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) des ex-combattants Séléka et Anti-Balaka, va se concrétiser effectivement. Mais hélas, tel ne semble pas être le cas. Les criminels du FPRC, du MPC et de l’UPC persistent et signent dans des actes barbares de tout genre. Ils n’ont qu’un seul objectif : la poursuite de la guerre et les exactions sur la population civile. Car, quand deux (2) éléphant se battent, ce sont les lianes et les herbes qui ploient sous leur fardeau. Où allons-nous avec ces affrontements intercommunautaires à répétition ? Si le FPRC de Nourredine Adam, le MPC de Mahamat Alkhatime et l’UPC d’Ali Daras étaient vraiment des Centrafricains de souche, nous osons croire que les combattants de ces branches dissidentes de la Séléka n’allaient pas agir ainsi. Malheureusement, ils ont à leur sein des mercenaires qui ne cherchent qu’à mettre la RCA à feu et à sang.

Il est temps que les Casques Bleus de la Minusca adoptent, appliquent leur mandat robuste face à ces criminels au cas où ils chercheraient à s’affronter pour la énième fois, car trop, c’est trop. Tant que ces rebelles ne seront pas attaqués, ils n’abandonneront pas l’usage de leurs armes. Les caresser toujours dans le sens du poils, ils se croiront tout permis et considèreront  leurs armes comme le bout de leur nombril. Des stratégies militaires très rigoureuses doivent être prises ou mises en marche pour étouffer dans l’œuf le projet machiavélique de ces malfrats. Il est hors de question que Nourredine Adam et Mahamat Alkhatime fassent venir des mercenaires pour attaquer les positions de l’UPC et vice-versa. Tous les différends doivent être résolus par le dialogue et non par l’usage de la force, un point, un trait.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

ACCALMIE PRECAIRE A BOCARANGA APRES DES AFFRONTEMENTS TRES MEURTRIERS ENTRE LES 3 R ET LES AUTODEFENSES

 

La vie reprend timidement son cours à Bocaranga, ville située dans la préfecture de l’Ouham-Péndé au Nord-Ouest de la République Centrafricaine. Au cours de la semaine dernière, des affrontements très meurtriers ont opposé les combattants du RRR (Retour, Réclamation, Réhabilitation) du tristement sanguinaire Sidiki aux autodéfenses de la ville de Bocaranga. Ces affrontements ont eu lieu dans le village Santiwali. Des maisons ont été incendiées par les hommes de Sidiki. On a dénombré vingt (20) morts dans le rang du RRR et un parmi les autodéfenses. Le contingent Bangladeshi de la Minusca, en patrouille, a été pris pour cible par ses assaillants. Un habitant joint au téléphone depuis Bocaranga a affirmé que quatre (4) Casques Bleus bangladeshi ont été désarmés et exécutés par ces hors-la-loi. Mais d’après Radio France Internationale (RFI), il y a eu un mort, côté Bangladeshi après de violents combats. Lequel des deux (2) témoignages est plausible ? Difficile de dire. Ce qui est sûr, les soldats onusiens et les autodéfenses se sont valablement affrontés avec ces va-t-en-guerre. Ils les ont mis en débandade.

Depuis le samedi 07 janvier jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun coup de feu n’a été entendu. Les habitants qui ont trouvé refuge dans la brousse regagnent peu à peu leur domicile. D’autres préfèrent se terrer encore dans la brousse car les hommes de Sidiki, les rescapés, ont promis revenir pour attaquer de nouveau ces villages qui avoisinent la ville de Bocaranga. Il convient tout de même de signaler que des passeports et des cartes d’identité camerounais ont été retrouvés sur les cadavres. Ce qui prouve à suffisance que les combattants des 3R ne sont autres que des Camerounais. Et l’Etat camerounais ne peut nous démentir à ce sujet. Avec la mort des ressortissants camerounais dans ces affrontements, il ne faut aucun doute que l’ombre du Cameroun plane aussi dans la crise centrafricaine. Après le Tchad et le Soudan, le Cameroun est aussi entré dans la danse. Car, n’oublions pas qu’une bonne partie du territoire centrafricain est annexée depuis plusieurs mois par les militaires camerounais. Et les ressortissants de ce pays limitrophe y construisent des immeubles, alors qu’ils savent bien que cette portion de terre occupée appartienne bel et bien à l’Etat centrafricain et non camerounais.

Où allons-nous avec la complicité des pays voisins dans la crise centrafricaine ? Est-ce de cette façon que nos voisins comptent résoudre cette crise centrafricano-centrafricaine ? Qu’ils sachent que la RCA n’est pas le premier pays au monde qui a été secoué par une telle crise. Bien des pays africains ont vécu de pareilles crises. Aujourd’hui, la paix et la sécurité règnent dans leurs pays respectifs. Un adage dit, « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra ». En d’autres termes, quelle que soit la persistance de la crise, les Centrafricains retrouveront la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Même si le Tchad, le Soudan, le Cameroun nient toujours leur implication dans cette crise et prétendent la résoudre, les comportements de leurs administrés prouvent à suffisance que la main invisible de ces pays est bel et bien présente. Et c’est ce que nous observons aujourd’hui aux frontières centrafricano-tchadienne, centrafricano-camerounaise et soudanaise. Mais est-il possible que le Cameroun et le Tchad agissent ainsi à l’égard de la RCA ? Mesurent-ils les conséquences des actes que posent quotidiennement leurs administrés et leurs militaires en Centrafrique ? Ont-ils pensé un jour que la crise qui sévit en Centrafrique peut se retourner un jour contre eux ? D’après des informations qui nous sont parvenues, les effets pervers de notre crise commencent déjà à se faire sentir au Tchad. Il en sera de même pour le Cameroun, le Soudan et d’autres pays limitrophes de la RCA.

Hier, c’étaient les mercenaires tchadiens et soudanais qui ont renversé le régime de François Bozizé Yangovonda, incendié des maisons et villages, pillé des biens d’autrui et de l’Etat, massacré les pauvres citoyens civils. Aujourd’hui, c’est le tour des mercenaires camerounais d’agir comme les autres. A la lumière de la situation sécuritaire qui prévaut en RCA, nous demandons aux Centrafricains qui sont à nos frontières respectives d’être vigilants. Car, il est inadmissible que nos voisins continuent à nous traiter comme des esclaves, à nous tuer comme des bœufs à l’abattoir. Les Centrafricains sont et demeurent hospitaliers. Et il est hors de question que les ressortissants des pays limitrophes de la RCA profitent de cette hospitalité pour nous maltraiter. Trop, c’est trop ! Il faut que ces actes barbares commis par ces mercenaires cessent.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

LA SAISON SECHE ET LA PROLIFERATION DES 

« GENDARMES COUCHES » SUR LES RUES ET RUELLES NON BITUMEES DE BANGUI ET SES ENVIRONS …

 

A chaque saison sèche, on assiste à la prolifération d’un  phénomène à Bangui, Bimbo et Bégoua. Il s’agit des « gendarmes couchés », installés par la population sur les principales rues et ruelles non bitumées de la place. Et cela pour contraindre les conducteurs des véhicules et autres moyens roulants à deux (2), voire trois (3) roues, de rouler doucement pour les franchir. Et surtout, pour éviter de soulever d’épaisses poussières, sources de maladies telles que la conjonctivite, la grippe, la toux, pour ne citer que celles-là.

Or, en réalité, ces « gendarmes couchés », non seulement peuvent éviter, empêcher la poussière de se soulever, mais sont à l’origine de fréquents accidents de circulation routière, pendant la saison sèche, et plus particulièrement des taxis-motos à Bangui. Même les piétons peuvent soulever de la poussière. A plus forte raison, qu’en sera-t-il du passage d’un véhicule ou d’une moto ?

A cet effet, il y a lieu d’envisager d’autres stratégies plus adéquates, plus appropriées, pour réduire au maximum la poussière à Bangui et ses environs. Et cela est possible que par l’arrosage régulier de rues et ruelles non bitumées, par des camions-citernes. Mais qui doit le faire ? La Municipalité de la ville de Bangui ? Ou le ministère des Travaux Publics et de l’Equipement ? Les réponses à ces questions reviennent à qui de droit. Car, ailleurs, le monde a évolué et les mentalités ont changé.

     Le Petit YEKOA

 

 

 

 

« IL EST ESSENTIEL QU’UN RELEVEMENT ECONOMIQUE PRENNE SON ESSOR EN 2017 ET QUE CET ESSOR, CE RENOUVEAU ECONOMIQUE PASSERA PAR LA VALORISATION DES POTENTIELS AGRICOLES CONSIDERABLES DU PAYS »

 

C’est la phrase phare prononcée par le représentant des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) en RCA, Jean-Alexandre Scaglia, lors d’une conférence de presse, qu’il a animée le vendredi  06 janvier 2017. C’était dans la salle de réunion de cette agence onusienne à Bangui. Et ce, en présence de ses plus proches collaborateurs.

Ladite conférence de presse a un triple but, à savoir, présentation des vœux du nouvel an à la presse ; faire le bilan d’activités de la FAO de 2016 ; et projeter les perspectives pour l’année 2017. Les jeux des questions et réponses entre les journalistes et le représentant de la FAO, ont mis un terme à cette conférence de presse.

Voici publié dans son intégralité le propos liminaire du représentant de la Fao en RCA.

 

Le Petit YEKOA

 

 

L’année 2016 a été une année charnière qui est restée marquée par l'action humanitaire, mais qui a vu le redémarrage de certaines initiatives en matière d'élevage, d'agriculture et de foresterie .

L'année 2017 qui vient de commencer devrait voir l'amorce de la relance des secteurs agricoles et des ressources naturelles renouvelables qui constituent des priorités d'action du Chef de l'Etat même si l'action humanitaire devra rester soutenue, notamment pour ce qui concerne la PAO dans le cadre du processus du retour des déplacés internes et des réfugiés mais également dans le cadre du processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR).

Comme je vous l'avais dit lors de mes vœux en l'an 2016, l'appui à la relance économique et particulièrement à la relance de l'agriculture, de l'élevage et des forêts est essentiel pour assurer une stabilisation durable du pays.

Il est également essentiel que la population centrafricaine sente que le vent du développement souffle à nouveau sur le pays afin de retrouver des raisons d'espérer à un avenir meilleur.

Dans cet esprit, la table-ronde de Bruxelles entre les donateurs et les Autorités centrafricaines avec le soutien de la communauté internationale a permis de croire en cette relance grâce à l'accueil très favorable et aux appuis déclarés qu'a reçus le pilier 3 concernant la relance économique.

La PAO qui a été partie prenante dès le départ de cette initiative du Plan national de Relèvement et de Consolidation de la Paix en République centrafricaine (RCPCA) souhaite que les promesses financières importantes faites par différents bailleurs et institutions financières pour une relance massive et à grande échelle des secteurs de l'agriculture, de l'élevage et des forêts se matérialisent rapidement en 2017 et appelle l'ensemble des  partenaires de ces secteurs à rester unis, à continuer de travailler de manière solidaire et efficace, chacun apportant son expertise et ses compétences de manière à transformer les promesses de Bruxelles faites en 2016 en une réalité concrète en 2017.

En 2017, une fois encore, le vœu principal de la PAO est que la communauté nationale et internationale prennent conscience de l'enjeu que représentent les secteurs des ressources naturelles renouvelables en général et l'agriculture en particulier pour le redressement de la RCA,

En effet, ce dont a besoin la RCA c'est de l'emploi pour sa population, et le secteur agricole peut être un grand pourvoyeur d'emploi pour tous et pour la jeunesse centrafricaine en particulier.

Cette jeunesse qui devrait s'intéresser à l'agro-entrepreneuriat comme non seulement une solution au problème de chômage, mais au-delà, à un ensemble d'activités capables de leur fournir un avenir et un bien être.

Dans ses vœux à la Nation et dans ses vœux au corps diplomatique, le Chef de l'Etat a fait une allusion marquée au processus du Désarmement Démobilisation Réinsertion Rapatriement. C'est un processus auquel la PAO contribuera en partenariat avec les autorités nationales et la MIIMUSCA dès le premier semestre de cette année 2017.

Une série d'études de cas a été menée auprès des jeunes dans la ville de Bangui qui ont choisi de gagner leur vie au travers des métiers agro-pastoraux montre que ces jeunes gagnent en moyenne 75 000 francs CFA par mois et que ces revenus peuvent être améliorés avec le temps.

En résumé, en 2016, la PAO a mis en œuvre des distributions de semences, l'extension des réseaux d'Associations Villageoises d'Epargne et de Crédit (AVEC), l'extension des Champs Ecoles Paysans (CEP), la relance des processus FLEGT (certification des exportations de bois), la relance du processus GEF, la relance de la campagne de vaccination du gros et du petit bétail, la relance des appuis aux pêcheurs, la réhabilitation de la pisciculture, la réhabilitation des discussions sur la gouvernance foncière.

Bien que ces actions paraissent multiples et constituent des étapes importantes, je suis conscient qu'elles restent très insuffisantes pour assurer une relance des secteurs agricoles au sens large.

Bien sûr, ces actions devront continuer en 2017 mais devront impérativement couvrir des zones géographiques importantes, devront toucher un nombre d'agriculteurs, d'éleveurs et de forestiers encore plus important.

De plus, d'autres activités importantes devront démarrer très rapidement. Je citerai à titre d'exemple le démarrage des cultures de rente telles que le café, le cacao, le coton, mais également, il est urgent de revoir les codes fonciers et les codes d'investissement en matière de ressources renouvelables, de revoir les chaînes de valeur afin d'inciter à nouveau des investissements étrangers en République centrafricaine.

Il est également essentiel de mettre sur pied les services d'appui étatiques au développement agricole, par exemple l'Institut Centrafricain de Recherche Agricole (ICRA), l'Agence Nationale pour le Développement de l'Elevage (ANDE) et bien d'autres, mais également les Chambres agricoles, tant nationales que régionales. Il faut aussi repenser rapidement aux formations pour les jeunes si on veut que les jeunes se dirigent vers l'agro-entrepreneuriat. L'accès à de nouvelles compétences demeure un élément crucial au relèvement du pays.

Pour cela, les besoins globaux de l'ensemble du secteur demeurent énormes mais une fois encore, il ne s'agit pas de dons mais d'investissements dans l'avenir. Ces besoins ne sont que faiblement couverts, alors que le besoin propre à la PAO est de 80 millions de dollars US, le portefeuille actuel ne s'élève qu'à 25 millions de dollars US, soit un peu plus d'un quart des besoins nécessaires pour la seule PAO qui ne représente qu'une partie des besoins pour le redressement des secteurs agricoles, de l'élevage et des forêts.

 

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