Tous les Info du Mardi 29 Novembre 2016

 

Cmn 2355 du mar 29 nov 2016

ANICET-GEORGES DOLOGUELE EXIGE LA CESSATION DES HOSTILITES POUR LA MISE EN ŒUVRE

DE BRUXELLES : VOILA UN LEADER POLITIQUE

 

 

Depuis la mi-septembre jusqu’à ce jour, les exactions des groupes armés ont débordé le vase. De Kaga-Bandoro à Bambari, en passant par Ndomété, Bria, Kouango, pour ne citer que ces villes, les combattants des factions dissidentes de la Séléka, FPRC, UPC, MPC ont multiplié des actes barbares. Des affrontements intercommunautaires à répétition sont devenus monnaie courante, à telle enseigne que le taux de croissance économique de notre pays est revu à la baisse. Du 17 au 18 novembre dernier, une conférence internationale des bailleurs de fonds s’est tenue à Bruxelles, capitale de la Belgique. A l’issue de cette table ronde de Bruxelles, la RCA a réussi à décrocher une importante somme d’argent, 2.268.000.000 de dollars américains, soit 1.130.000.000 de francs CFA, pour financer les projets qu’elle a présentés et soutenus. Mais pour que cette promesse faite par les bailleurs de fonds se concrétise, il faut la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Car vous êtes sans ignorer que l’argent n’aime pas le bruit des bottes. En plus de cela, les bailleurs de fonds ne peuvent pas investir, tant que les affrontements sont quasi quotidiens et font fuir de nombreux civils qui doivent participer à la reconstruction de notre cher et beau pays, la RCA.

C’est pour cette raison que le président de l’URCA, Anicet-Georges Dologué qui a pris part à la table ronde de Bruxelles, est monté au créneau pour exiger des groupes armés, la cessation des hostilités. Et il a raison car la crise que nous traversons, a trop duré. Le sang a trop coulé sous le pont. Il est temps maintenant de passer de la guerre à la reconstruction des infrastructures sanitaire, éducative, culturelle …, détruites par ce conflit. Pour cela, les détonations des obus, des lance-roquettes, de grenades et les tintamarres des kalachnikovs doivent cesser pour toujours. Car, on ne reconstruit pas un pays comme la RCA, tombé plus bas que terre, au bout des canons. Les partis politiques, la société civile, le gouvernement, la CEEAC, l’Union Européenne, les Etats-Unis, la Banque Mondiale, le FMI, la BAD et tant d’autres pays et organismes, se sont mobilisés au chevet de la RCA et ont déployé des efforts considérables pour que  la RCA arrache cette importante somme d’argent pour financer les projets de relèvement et de consolidation de la paix. Et si nos mémoires sont bonnes, la grosse part de ce fonds ira dans le processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Ce sont ces combattants de l’ex-coalition Séléka qui seront les heureux bénéficiaires. Alors, pourquoi continuer à s’affronter pour rien au monde ? Aujourd’hui, les zones tenues par les Anti-Balaka reviennent à la normale. La population civile vaque à ses occupations habituelles. La liberté d’aller et venir se concrétise doucement mais sûrement, en dépit de quelques violences constatées çà et là sur des populations civiles. La paix et la sécurité sont visibles. Mais pourquoi pas dans les régions sous contrôle du FPRC, de l’UPC et du MPC ? C’est trop, et c’est déjà trop.

Le fruit de la table ronde de Bruxelles doit être vécu par les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Et Dologuélé ne pouvait rester insensé aux actes barbares des groupes armés, aux affrontements très meurtriers qui se poursuivent encore dans son pays, la RCA, après le retour à l’ordre constitutionnel, le 30 mars 2015. Et malgré qu’il a été au second tour de l’élection présidentielle, il n’a pas manqué de dénoncer et de condamner avec la dernière rigueur, les comportements rétrogrades des groupes armés. Voilà un leader politique qui ne voit pas son propre intérêt personnel mais l’intérêt de son pays et de son peuple, contrairement aux autres qui disent que « Toudéra a été élu, il doit se débrouiller tout seul ». Là, ce n’est pas un langage que nous devons tenir aujourd’hui. Ceux qui meurent sous les balles de ces seigneurs, sont nos frères et sœurs. Nous devons tous  nous lever comme un seul homme pour dire, « Plus jamais ça ».

Et nous exhortons le président de l’URCA à continuer dans cette voie. Cette importante promesse de fonds ne doit pas rester lettre morte. Il faut qu’elle se concrétise. Ce n’est pas normal que Nourredine Adam, Mahamat Alkhatim, Ali Daras et tant d’autres persistent et signent dans des exactions de tout genre sur leurs concitoyens  qui aspirent à la paix et veulent reconstruire leur pays à travers ce financement des bailleurs de la RCA. Nous osons espérer que dans les jours à venir, d’autres leaders politiques emboîteront le pas à Dologuélé pour dire non aux belligérants qui nous rendent la vie difficile et empêchent la table ronde de Bruxelles de se mettre sur pied.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

RUPTURE ET DIASPORA DANS LES COULOIRS

DE LA GOUVERNANCE, LA COMPETENCE,

L’INTEGRITE ET LA RIGUEUR EN QUESTION

Les Centrafricains fourmillent en France, mais ils n’ont aucun impact sur la vie nationale. Sous d’autres cieux, Mali, Sénégal, et autres, la diaspora est hyper productive, riche en initiative, en réalisation socioéconomique : forages, construction d’hôtels, de villas, d’hôpitaux ou centres de santé, des écoles, etc. Des milliards de francs CFA sont déversés chaque année dans leurs pays. Lorsqu’ils décident d’y revenir, ils sont très entreprenants, avec des entreprises, des projets, des initiatives louables. Ils sont à chaque instant interpelés par la vie de leurs compatriotes dans les villes et les villages. Ils ont un patriotisme à fleur de peau, visible à l’œil nu. Mais la diaspora centrafricaine, seul le diable le sait, tourne le dos à son pays parce que tout va mal. La diaspora n’est visible que lors des élections. Elle s’accroche à telle ou telle candidature comme des huîtres qui se cramponnent aux rochers sous l’eau.

Quand elle vient à Bangui, c’est juste pour raser les murs, chercher un poste au hasard des chemins. Malgré le séjour en France pour beaucoup, on ne sait pas ce qu’ils font. Certains font la navette entre Bangui et Paris, sans savoir ce qu’ils veulent. Le séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile. « Je suis en France », mais vingt, trente ans, il reste tel qu’il est parti de Bangui. Fort heureusement, la législation sociale française permet à ces vampires de vivoter, de tourner les pouces, d’attendre le passage des hautes autorités du pays à Roissy Charles De Gaule pour tendre le long bras de mendiant, raser les murs de son Hôtel, l’indisposer au pire des cas. Ce sont des listes qu’on adresse à l’autorité où chacun s’attribue un poste à sa convenance. Ils sont exigeants, imposants, mais hélas !

L’ancien premier ministres Anicet Georges Dologuélé, avait, en son temps, mené une campagne de retour au bercail de la diaspora centrafricaine à travers le monde et notamment en France. Initiative louable à l’époque, un certain nombre à joué le jeu et est revenu au pays où ils ont été immédiatement intégrés dans la fonction publique. L’intention somme toute fondamentale de Dologuélé, était que cette fameuse diaspora puisse peser dans la balance, révolutionner les débats politiques, inculquer une nouvelle manière de concevoir le monde, le développement technologique, remodeler l’environnement des affaires, pour ne citer que ces quelques cas. Le parti au pouvoir à l’époque s’y est opposé, le MLPC en l’occurrence, parlant d’importation de matière grise. La question aujourd’hui est de savoir si cette expérience a été une réussite ou un succès ? A notre entendement, c’est un échec cuisant, puisque la diaspora centrafricaine n’a jamais brillé.

Les « J’ai l’honneur … » pleuvent ici à Bangui pour chercher des postes. Que font-ils réellement en France ? Ceux qui ont les reins solides en France, qui ont des références, des qualifications et qui travaillent, oublient leur pays. Ils sont bien casés, le vent peut souffler, la pluie peut tomber, le Tsunami peut ravager le pays, ils ne sentent rien. Il n’y a que les vautours, les profiteurs, les charlatans, les huissiers de l’enfer qui font des pieds et des mains pour être nommés quelque part. Le fait d’être en France leur confère un complexe de supériorité, par rapport à quoi et à qui, on ne le sait. Le concept de « Diaspora » tend à devenir un passeport professionnel en RCA. Dans les Fora, c’est une étiquette qui sème à tout vent. Mais en réalité, nous ne percevons la compétence, le génie de la diaspora, sinon qu’elle est plus médiocre, plus incompétente, plus nulle que les cadres qui sont restés au pays. Quelques uns de la diaspora sont au gouvernement, mais le département qu’il dirige est en chute libre. Ils sont en réseau et dès que l’un atterrit quelque part, il ouvre le van aux autres. Malheureusement, cette diaspora n’a aucune valeur ajoutée pour le pays, mais des bouches grandes ouvertes supplémentaires, un vrai fardeau encombrant et nuisible.

Pendant la campagne électorale, on a vu la diaspora déferler sur Bangui, bardée de ce titre de « chargé de communication » de tel ou tel candidat, une vraie aventure sans tête, ni queue, puisque personne ne maîtrisait la communication politique autour d’une candidature. Pire encore, les échéances électorales étaient si serrées, si proches qu’ils ont perdu leur latin. Les billets d’avion, le séjour et les frais d’entretien ont été des investissements à fonds perdu pour leur locataire. Aucun plan de communication n’a vu le jour, sauf quelque bricolage de circonstance pour parer au ridicule. La diaspora centrafricaine n’a jamais brandi haut, l’Etendard de la patrie.

Le gouvernement Sarandji semble, faire la part belle à la diaspora. Est-ce réellement la rupture prônée par Faustin Archange Touadéra dès son investiture ? Il y a blanc bonnet et bonnet blanc, synonyme d’inquiétude quant à la véritable rupture. On ne gouverne pas un pays avec des circuits, fussent-ils de la diaspora. La RUPTURE implique la compétence avérée, l’intégrité, l’honnêteté et surtout la clairvoyance, la vision, l’esprit d’initiative pour rompre avec les habitudes, obsolètes, caduques, la médiocrité ronflante, l’improductivité, histoire de se caser quelque part. La RCA n’a plus besoin des bras cassés, des lombrics, des compléments d’effectif, des suppléments facultatifs. L’ampleur de la tâche de reconstruction étant monumentale, il est hors de question de jouer au sentiment, à la complaisance. Les Centrafricains ont trop souffert et veulent au plus vite des résultats concrets, visibles depuis la planète Mars.

 

Julien BELA  

 

 

ACCALMIE PRECAIRE A BRIA, TIMIDE REPRISE DES ACTIVITES A BAMBARI : MAIS LES ARMES PEUVENT TONNER A TOUT MOMENT

 

Une accalmie précaire règne en ce moment dans la ville de Bria, théâtre des affrontements intercommunautaires entre les peuhls d’Ali Daras et l’ethnie Goula du FPRC de Nourredine Adam. Mais les deux groupes armés dissidents de la Séléka, nous voulons parler de l’UPC et du FPRC , continuent toujours de se regarder en chien de faïence. La tension n’a pas encore faibli entre ces combattants. Car plus de dix mille (10.000) habitants de cette localité qui ont  trouvé refuge aux abords de la base de la Minusca et sur le tarmac de l’aérodrome de cette ville, n’ont pas encore regagné leur domicile respectif. Les éléments de l’UPC et du FPRC campent toujours sur leur position et contrôlent respectivement les zones qu’ils ont occupées dans la ville. Aucune lueur d’espoir ne se dessine en ce moment pour les habitants de Bria dont leur condition de vie reste précaire. Peut-être dans les jours à venir, vont-ils renoncer à s’affronter pour permettre à leurs compatriotes de regagner leur demeure ? Dieu seul le sait. Mais nous savons que des tentatives de médiation sont menées aujourd’hui pour décrisper la  situation sécuritaire très alarmante qui prévaut à Bria.

Par contre à Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, ville meurtrie par des actes barbares, indignes, bestiaux et inhumains des hommes de l’UPC d’Ali Daras, la vie reprend peu à peu. Le contingent mauritanien de la Minusca patrouille dans les rues de ladite ville pour rassurer la population qui vivait et vit dans la psychose généralisée. Car malgré cette patrouille, les hommes de l’UPC et du FPRC sont visibles dans la ville avec des armes par devers eux. Ils ne sont nullement inquiétés par les  Casques Bleus de la Minusca. Mais les exactions de tout genre sur les civils ont baissé d’intensité. Tout comme les habitants de la ville de Bria, ceux de Bambari qui ont désertés leurs quartiers pour retourner sur le site des déplacés ne les ont pas encore regagnés.

Donc, l’accalmie à Bria et la timide reprise des activités à Bambari, ne doivent pas être considérées comme la fin des affrontements, des tensions encore perceptibles entre ces groupes armés. Car n’oublions pas que des alliances ont été tissées par-ci, par-là. À titre d’exemple, le FPRC de Nourredine Adam a  fait coalition avec les Anti-Balaka de Bambari pour combattre l’UPC d’Ali Daras. Et nous pensons que le RPRC de Joseph Zoundéko qui est composé en grande partie de l’ethnie Goula va certainement se ranger derrière le FPRC. De l’autre, le MPC de Mahamat Alkhatime qui n’a pas participé à l’Assemblée Générale (AG), tenue à Bria dans un passé récent, peut aussi se ranger du côté de l’UPC qui semble isolée aujourd’hui par les autres factions dissidentes de la Séléka. Et un observateur national serait tenté de dire que tout peut péter à tout moment entre ces groupes armés, ce que nous ne souhaitons  pas. Car les rebelles de l’UPC, du FPRC et du MPC n’ont ni foi, ni âme et conscience. Ils sont prêts à tout. L’être humain qui est pourtant sacré, n’est qu’un objet sans valeur devant eux. Car s’ils avaient entendu et entendent les conseils des uns et des autres, nous ne serions pas là. La crise que nous traversons aujourd’hui devrait prendre fin depuis longtemps. Mais quand on leur parle de la paix, ils la balaient du revers de la main. Ils prennent leurs armes pour leur nombril. Sans ces engins militaires, ils ne peuvent vivre. Mais comment vivaient-ils avant le déclenchement de la crise ?

Pour épargner des vies humaines et afin que ces affrontements ne se reproduisent plus, la Minusca doit adopter des stratégies ou des mesures draconiennes à l’égard de ces hors-la-loi, ces va-t-en-guerre pour les pousser à renoncer à l’usage de la force. Mais le fait de les caresser dans le sens du poils et de les dorloter comme un bébé, ils n’abandonneront jamais leurs armes.

Un adage populaire dit, « aux grands maux, des grands remèdes ». Et  c’est ce que les Centrafricains ont attendu depuis la transition de Catherine Samba-Panza, jusqu’à ce jour. Mais tout porte à croire que nos gouvernants préfèrent le dialogue. Ce n’est pas  une mauvaise chose en soi. Faut-il encore que ces damnés de la terre acceptent cette voie. Dans le cas contraire, ne peut-on pas utiliser d’autres voies pour les contraindre à œuvrer pour la paix ? Ainsi s’interrogent les Centrafricains qui meurent comme des mouches ou des bœufs à l’abattoir. Il faut absolument mettre un terme à ce cycle infernal de violence.

Ali Daras, Nourredine Adam, Alkhatime, Zoundéko, ne sont pas des dieux. Ils sont vulnérables et mortels comme leurs victimes. Les habitants de Bria, Bambari, Kaga-Bandoro et autres aspirent à la paix, rien que la paix. Il faut les aider dans ce sens, au lieu de tourner en rond autour du pot.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

ACCALMIE PRECAIRE A BRIA, TIMIDE REPRISE DES ACTIVITES A BAMBARI : MAIS LES ARMES PEUVENT TONNER A TOUT MOMENT

 

 

Une accalmie précaire règne en ce moment dans la ville de Bria, théâtre des affrontements intercommunautaires entre les peuhls d’Ali Daras et l’ethnie Goula du FPRC de Nourredine Adam. Mais les deux groupes armés dissidents de la Séléka, nous voulons parler de l’UPC et du FPRC , continuent toujours de se regarder en chien de faïence. La tension n’a pas encore faibli entre ces combattants. Car plus de dix mille (10.000) habitants de cette localité qui ont  trouvé refuge aux abords de la base de la Minusca et sur le tarmac de l’aérodrome de cette ville, n’ont pas encore regagné leur domicile respectif. Les éléments de l’UPC et du FPRC campent toujours sur leur position et contrôlent respectivement les zones qu’ils ont occupées dans la ville. Aucune lueur d’espoir ne se dessine en ce moment pour les habitants de Bria dont leur condition de vie reste précaire. Peut-être dans les jours à venir, vont-ils renoncer à s’affronter pour permettre à leurs compatriotes de regagner leur demeure ? Dieu seul le sait. Mais nous savons que des tentatives de médiation sont menées aujourd’hui pour décrisper la  situation sécuritaire très alarmante qui prévaut à Bria.

Par contre à Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, ville meurtrie par des actes barbares, indignes, bestiaux et inhumains des hommes de l’UPC d’Ali Daras, la vie reprend peu à peu. Le contingent mauritanien de la Minusca patrouille dans les rues de ladite ville pour rassurer la population qui vivait et vit dans la psychose généralisée. Car malgré cette patrouille, les hommes de l’UPC et du FPRC sont visibles dans la ville avec des armes par devers eux. Ils ne sont nullement inquiétés par les  Casques Bleus de la Minusca. Mais les exactions de tout genre sur les civils ont baissé d’intensité. Tout comme les habitants de la ville de Bria, ceux de Bambari qui ont désertés leurs quartiers pour retourner sur le site des déplacés ne les ont pas encore regagnés.

Donc, l’accalmie à Bria et la timide reprise des activités à Bambari, ne doivent pas être considérées comme la fin des affrontements, des tensions encore perceptibles entre ces groupes armés. Car n’oublions pas que des alliances ont été tissées par-ci, par-là. À titre d’exemple, le FPRC de Nourredine Adam a  fait coalition avec les Anti-Balaka de Bambari pour combattre l’UPC d’Ali Daras. Et nous pensons que le RPRC de Joseph Zoundéko qui est composé en grande partie de l’ethnie Goula va certainement se ranger derrière le FPRC. De l’autre, le MPC de Mahamat Alkhatime qui n’a pas participé à l’Assemblée Générale (AG), tenue à Bria dans un passé récent, peut aussi se ranger du côté de l’UPC qui semble isolée aujourd’hui par les autres factions dissidentes de la Séléka. Et un observateur national serait tenté de dire que tout peut péter à tout moment entre ces groupes armés, ce que nous ne souhaitons  pas. Car les rebelles de l’UPC, du FPRC et du MPC n’ont ni foi, ni âme et conscience. Ils sont prêts à tout. L’être humain qui est pourtant sacré, n’est qu’un objet sans valeur devant eux. Car s’ils avaient entendu et entendent les conseils des uns et des autres, nous ne serions pas là. La crise que nous traversons aujourd’hui devrait prendre fin depuis longtemps. Mais quand on leur parle de la paix, ils la balaient du revers de la main. Ils prennent leurs armes pour leur nombril. Sans ces engins militaires, ils ne peuvent vivre. Mais comment vivaient-ils avant le déclenchement de la crise ?

Pour épargner des vies humaines et afin que ces affrontements ne se reproduisent plus, la Minusca doit adopter des stratégies ou des mesures draconiennes à l’égard de ces hors-la-loi, ces va-t-en-guerre pour les pousser à renoncer à l’usage de la force. Mais le fait de les caresser dans le sens du poils et de les dorloter comme un bébé, ils n’abandonneront jamais leurs armes.

Un adage populaire dit, « aux grands maux, des grands remèdes ». Et  c’est ce que les Centrafricains ont attendu depuis la transition de Catherine Samba-Panza, jusqu’à ce jour. Mais tout porte à croire que nos gouvernants préfèrent le dialogue. Ce n’est pas  une mauvaise chose en soi. Faut-il encore que ces damnés de la terre acceptent cette voie. Dans le cas contraire, ne peut-on pas utiliser d’autres voies pour les contraindre à œuvrer pour la paix ? Ainsi s’interrogent les Centrafricains qui meurent comme des mouches ou des bœufs à l’abattoir. Il faut absolument mettre un terme à ce cycle infernal de violence.

Ali Daras, Nourredine Adam, Alkhatime, Zoundéko, ne sont pas des dieux. Ils sont vulnérables et mortels comme leurs victimes. Les habitants de Bria, Bambari, Kaga-Bandoro et autres aspirent à la paix, rien que la paix. Il faut les aider dans ce sens, au lieu de tourner en rond autour du pot.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

LE DIRECTEUR GENERAL DE COMIGEM POINTE DU DOIGT ACCUSATEUR

PAR LE PERSONNEL D’AVOIR LICENCIE ABUSIVEMENT 19 EMPLOYES TITULAIRES

 

 

Selon des informations émanant du personnel du COMIGEM, toutes catégories confondues, qui nous ont été rapportées le vendredi 25 novembre 2016, à 15 heures 35 minutes, « le DG du COMIGEM vient de licencier de manière abusive dix-neuf (19) employés titulaires, et sans aucun motif valable. Il en a profité pour recruter cinq (5) autres employés, tous ayant des liens familiaux avec lui. Si bien qu’il y a un déficit du nombre de personnel au niveau du COMIGEM. A titre d’exemple, on a demandé au COMIGEM pour le défilé de la fête du 1er décembre de cette année 2016, un effectif de trente (30) personnes. Mais par rapport au déficit du personnel, le DG est obligé de faire recours à des jeunes de certains quartiers, pour prendre part à l’exercice du défilé du vendredi 25 de ce mois. Est-ce possible » ?

Pour le personnel du COMIGEM, « Ce n’est pas un bon DG, car il est entrain de ternir l’image de marque de cette société d’Etat. Pire encore, il ne veut pas que la concession du COMIGEM soit désherbée et nettoyée. Par contre, c’est le DG de l’ORGEM, qui a pris la décision et le soin qu’on puisse nettoyer ladite concession. C’est donc un DG dictateur et non coopératif et nous réclamons son départ à la tête du COMIGEM ». Comme vous le constatez avec nous, la tension électrique entre le DG et son personnel ne date pas d’aujourd’hui. Car étant à maintes reprises, pointé du doigt accusateur par le personnel, d’être à l’origine de son malheur, et de la descente aux enfers de ladite . Face à cette situation tendue qui règne au COMIGEM, qu’attendent les autorités compétentes pour y mettre de l’ordre ? Et ce, pour éviter que le navire COMIGEM chavire ?

Pour plus d’équité, et pour rendre équilibrées les informations reçues, nous nous sommes rendu à la Direction générale du COMIGEM, pour avoir les versions du DG, le lundi 28 novembre 2016, à 14 heures 10 minutes. Mais étant très occupé, sa secrétaire particulière, nous a orienté vers l’un de ses proches collaborateurs, pour répondre à ces préoccupations.

A en croire ce dernier, « ce n’est pas quelque chose de nouveau, car datant d’avril 2015. Le Ministère de tutelle et la Primature étaient bien informés de cette situation. Et une équipe d’enquête avait été dépêchée au niveau du COMIGEM, pour en savoir plus. Donc la page est tournée depuis longtemps. Je ne peux pas entrer en profondeur, puisque je n’ai pas eu l’autorisation préalable de mon DG, pour parler à sa place. Voilà tout ce que j’ai à vous dire ». (Dossier à suivre).

 

Le Petit YEKOA

 

 

 

COUR PENALE SPECIALE (CPS) EN RCA : ROLE ET COMPOSITION

 

D’après la loi de mars 2015, portant création de la Cour Pénale Spéciale (CPS) en RCA, il est écrit clairement que c’est une « juridiction hybride, chargée d’enquêter, d’instruire et de juger les crimes graves, incluant les violations graves des droits humains et les violations du droit international humanitaire. Ayant son siège à Bangui, la CPS dispose également d’un parquet ». Donc elle a une compétence sur tout le territoire de la RCA, pour « enquêter, instruire et juger les crimes graves », incluant entre autres, « les violations graves des droits humains et les violations graves du droit international humanitaire, y compris les violences sexuelles liées aux conflits et les violences graves contre les droits des enfants, tels que leur recrutement et leur utilisation dans les conflits, qui constituent une menace à la paix, à la sécurité ou à la stabilité de la RCA ». Et ce, en appliquant notamment le « droit centrafricain », à savoir le code pénal et le code de procédure pénale centrafricains.

La CPS fait cohabiter les magistrats, et juges nationaux et internationaux. Ainsi, selon cette loi de mars 2015, « la CPS est composée de 27 magistrats et juges repartis en 14 juges nationaux et 13 juges internationaux ». Pour ce faire, « les juges nationaux sont nommés par le président de la République conformément au droit national et les juges internationaux sont proposés par la Minusca selon des modalités à définir entre le gouvernement centrafricain et la Minusca. Son président sera élu parmi les juges nationaux lors de sa session inaugurale ».

Pour plus de précisions, « le parquet de la CPS sera dirigé par un Procureur Spécial, magistrat international et de trois substituts dont deux (2) nationaux et un (1) international ; trois (3) juges d’instruction nationaux et trois (3) juges d’instruction internationaux ; vingt (20) officiers nationaux de police judiciaire dont dix (10) gendarmes et dix (10) policiers ; six (3) juges nationaux et six juges internationaux ; six (6) juges d’appel dont deux (2) nationaux et quatre (4) internationaux ; et un (1) greffier national en chef assisté d’au moins un greffier international et de deux (2) greffiers nationaux ».

La grave crise militaro-politique sans précédent que traverse le pays avec pour conséquences entre autres, la fragilisation de la chaîne pénale, ajoutée aux nombreux cas de violation massive des droits humains, ont fait naître trois (3) juridictions, appelées désormais à juger les auteurs, co-auteurs et complices de tous ces crimes, de 2003 jusqu’au jour d’aujourd’hui. En plus des tribunaux ordinaires de la RCA, il y a la Cour Pénale Internationale (CPI) et la Cour Pénale Spéciale (CPS) dont l’effectivité de son fonctionnement tarde encore à venir.

 

Le Petit YEKOA

 

 

LES MOUVEMENTS GENERAUX COMMENCENT A TOMBER

AU SEIN DES MINISTERES,

MAIS  A QUAND LE REAMENAGEMENT DU GOUVERNEMENT SARANDJI 1 ?

 

Depuis plus d’une semaine, on est entrain d’assister à des mouvements généraux au sein des ministères. Et ce, depuis le retour de la RCA à l’ordre constitutionnel, le 30 mars 2016. c’est le cas des ministères des finances et du budget ; du plan et de la Coopération internationale ; du Commerce, des Petites et Moyennes Entreprises ; de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur ; et de la Communication. C’est un véritable nettoyage à sec dont ont fait l’objet ces ministères précités, lors de ces mouvements généraux. Et ce n’est pas tout, car les autres départements ministériels restant, vont subir le même sort que les précédents. Ce qui cadre parfaitement avec la vision politique du président de la République, Chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra, axée principalement sur la « RUPTURE » avec les vieilles pratiques de la gouvernance du pays. En d’autres termes, il faut privilégier les critères de compétence, d’intégrité, d’amour de la patrie … pour prétendre être nommé à un poste de responsabilité de l’Etat. Somme toute, il faut « l’Homme ou la Femme qu’il faut à la place qu’il faut », comme prônait feu président Barthélemy Boganda, à son époque.

Pour nous, certes, c’est bien de procéder à des mouvements généraux au sein des ministères, mais il serait judicieux et mieux aussi, de faire un réaménagement du gouvernement Sarandji 1. Et ce, dans l’intérêt général de la nation. Car après avoir passé plus de six mois dans le gouvernement actuel, bon nombre de ministres ne sont pas à la hauteur de leurs missions, et n’inspirent pas confiance aux Centrafricains, qui ont élu massivement Touadéra, Président de la République. Donc ce réaménagement technique du gouvernement Sarandji 1, va plus redonner espoir au peuple, et remettre effectivement le pays sur la voie de sécurité, de paix, de cohésion sociale et du vivre ensemble. Ainsi, pour le réel développement socioéconomique, humain, financier … durable.

 

Le Petit YEKOA

 

REsoudre un conflit sans en chercher les causes ?

La RCA entre imposture et amnEsie

 La Centrafrique est un Etat né d’une conquête coloniale militaire par la France, qui a mis fin à la concurrence esclavagiste puis mis le pays en coupe réglée durant un demi-siècle, en utilisant des méthodes d’une barbarie inouïe. La puissance coloniale ne s’est pas retirée à l’indépendance, mais a réussi à continuer de gérer le pays à son profit exclusif jusqu’au désastre actuel. Cette longue histoire de violences et de résistances face aux envahisseurs (chasseurs d’esclaves au nord-est, compagnies concessionnaires au sud-ouest) a laissé dans la population des séquelles de brutalité, de méfiance et de cruauté, mais elle a aussi forgé les éléments fondateurs d’une capacité de coexistence et de citoyenneté. « Zo so ngbo a dé lo, a ba komba a kpé » (L’expérience du passé permet d’éviter les erreurs du présent, dicton centrafricain) Le territoire de la Centrafrique, défini par sa position au cœur du continent africain, est avant tout, pour ses habitants, une interface entre plusieurs mondes : l’appellation coloniale Oubangui-Chari indiquait le passage entre le bassin du Congo, monde de la forêt, à celui du lac Tchad, monde de la steppe puis ouverture au nord vers le désert et au-delà la Méditerranée et le monde arabe. A l’est, la frontière tracée par les colonisateurs avec le Soudan est celle du partage des eaux avec le bassin du Nil et à l’ouest avec le Cameroun et le Moyen-Congo qui bordent le golfe du Bénin. Un pays enclavé donc, mais un pays dont les façades ouvrent sur des horizons ouverts et divers. C’est de ces horizons que va naitre, à la fin du XIXe siècle, la

              (Suite à la page 8)

 

(Suite de la page 5)

 

Centrafrique d’aujourd’hui. Au temps de l’esclavage Au nord-est, la région de la steppe est depuis des siècles un réservoir d’esclaves, le Dar el Kuti, voisin du Dar Fertit centré sur le Bahr el–Ghazal voisin. Ces territoires peuplés d’agropasteurs animistes sont régulièrement dévastés par les razzias organisées par les grands sultanats qui contrôlent les routes caravanières transsahariennes, le Darfour et le Ouaddaï, islamisés depuis le XVIIe siècle. Durant la saison sèche, de véritables armées de cavaliers et de fantassins font irruption dans cette zone, pour alimenter les marchés de Tripoli, de Benghazi ou du Caire en esclaves, mais aussi en or, en plumes d’autruche et en ivoire. On date de cette époque, vers 1830, l’exode des Banda depuis leur territoire au Bahr el Ghazal aujourd’hui sud-soudanais vers le sud et l’ouest, sur une grande moitié de la Centrafrique actuelle. A partir du milieu du XIXè siècle, le trafic s’intensifie alors même que la France et la GrandeBretagne accordent la liberté à leurs propres esclaves et se mettent à pourchasser les convois maritimes de la traite arabe à partir de Zanzibar. Dès les années 1830, un prince islamisé du Baguirmi, Omar (Djoungoultoum), s’installe au Dar el Kuti. Un aventurier d’origine arabe, Zoubeir Rahma, se constitue un vaste domaine négrier au Sud-Soudan voisin et parvient même, avec l’aide de ses alliés zandé, à s’emparer du Darfour en 1874, à la bataille de Menawashei. Cela contrarie l’Égypte, qui s’est emparée du Soudan depuis 1821, dans le but d’y trouver les esclaves-soldats nécessaires à ses volontés expansionnistes. Zoubeir Pacha finira ses jours dans les geôles du Caire, mais son fils Souleiman lui succède. Sa révolte contre l’Egypte, en 1877, échoue, et un autre fondateur d’empire négrier, Rabah, s’installe dans le Dar Fertit, puis à la source du Gribingui en 1882. Les ambitions de Rabah vont cependant être contrecarrées par la résistance de la population locale, puis par l’irruption des colonisateurs européens qui arrivent en remontant le fleuve Congo et 2 ses affluents. Son attaque de 1885 contre les Mandjia, au Kata Kazangba, se solde par une défaite. Il s’installe alors plus au nord, en pays sara, mais à la bataille d’An-Timan en 1887, le sultan du Ouaddai lui barre la route du nord-est. Ne pouvant regagner les rives du Nil, Rabah décide alors de se fixer dans le bassin du Chari, où il poursuit ses activités de razzias d’esclaves. Mais en 1889, les Français fondent le poste de Bangui. Pour desserrer l’étau, Rabah remplace le sultan Kober du Dar el Kouti par le neveu de celui-ci, Mohamed el Sénoussi, puis il s’empare en 1893 du Baguirmi. Il est cependant rattrapé par l’Histoire : à la suite de l’incident de Fachoda en 1898, l’accord francobritannique attribue le Tchad à la France. En 1900, Rabah est défait par trois missions françaises et tué au combat de Kousseri, sur la rive du Chari, face à la future Fort-Lamy. Quant à Mohamed el Sénoussi, fuyant la progression des Français venus du sud-ouest, il s’empare en 1910 de OuandaDjallé, tout au nord de l’actuelle RCA, d’où la population Youlou s’enfuit. Mais il sera tué l’année suivante par un corps expéditionnaire français. Le temps de l’esclavage est révolu, place désormais à l’exploitation coloniale, dont la violence et la barbarie ne le céderont en rien, pendant plus d’un demi-siècle, aux razzias du passé. De la barbarie coloniale aux luttes de résistance, la naissance d’une nation ? La conquête de la Centrafrique par les Français ne se fait en effet pas sans mal : en 1887, remontant l’Oubangui, Dolisie est attaqué par les Bondjo, à la hauteur de Modzaka. Puis après la fondation du poste de Bangui, les Français exercent des représailles contre les Bouzerou et les Sabanga, puis affrontent les Langbassi. Puis à partir de Bangui, les Français qui cherchent à remonter vers le nord ont affaire aux Senoussistes (mort de Crampel en 1891), tandis que les Gbaya font face à la mission Fourneau. L’année suivante, la mission Maistre affronte les Mandjia. La paix signée n’empêchera pas les Mandjia de se soulever à nouveau en 1902-04, de Possel au Tchad en passant par Krébégbé, Dekoua et Bandoro contre l’impôt de capitation, les taxes et le portage. D’autres résistances se manifestent entretemps, comme celle des Ngbougou en 1893. Après la violence de la conquête, la présence française ne sera en effet qu’une longue suite d’atrocités contre la population civile. La mise en coupe réglée du pays par les compagnies concessionnaires s’opère en effet sans aucun frein de la part de l’administration, dont l’inventivité en matière de supplices étonne par son degré de sadisme. Impôt de capitation, taxes de toutes sortes et corvée du portage sont prétexte à exécutions sommaires, amputations, tortures, qui n’épargnent ni les femmes ni les enfants. La population de la Centrafrique sera réduite de moitié au cours des vingt premières années de la colonisation, ce qui explique aujourd’hui encore les faibles densités de population d’un territoire pourtant riche en ressources, et qui avait attiré tant de groupes venus des contrées limitrophes au cours des siècles passés.. Quelques voix vont s’élever en France pour dénoncer massacres et exactions. Ce sera le cas de René Maran, qui recevra le prix Goncourt en 1921 pour son roman Batouala, puis d’André Gide qui dénoncera les scandales de la Haute-Sangha dans son « Voyage au Congo », qui sera accompagné d’un film (Marc Allégret, 1927). En 1929, Albert Londres et Robert Poulaine dénoncent les méthodes employées pour la construction du chemin de fer Congo-Océan, où les travailleurs forcés centrafricains meurent par milliers, d’épuisement, de faim et de maladie. Mais toutes ces protestations n’ont aucun effet, malgré les assurances fallacieuses prodiguées par les responsables politiques à Paris. La question qui se pose à ce stade est de savoir si ces exactions ne sont qu’un aspect extrême et contingent du système colonial, ou participent de son essence même. Pour André Gide et d‘autres témoins tout aussi méritants et bien intentionnés, en effet, il s’agit de simples excès à corriger de la colonisation, celle-ci ayant sinon pour but unique, au moins pour préoccupation l’amélioration du sort de la population visée. Il faut aussi souligner que l’œuvre missionnaire catholique considérable qui a accompagné, voire précédé la colonisation, s’est mise sans états d’âme au service de celle-ci et n’a aucunement condamné le traitement infligé aux habitants de l’Oubangui-Chari, concentrant au contraire ses efforts sur la création d’une « élite » européanisée intermédiaire, apte à faire exécuter la volonté des 3 autorités et des colons. Et noter aussi que la première guerre mondiale, et le recrutement forcé de soldats pour combattre sur le front européen, est vite venu s’ajouter au calvaire de l’Oubangui-Chari comme de toutes les populations africaines soumises au joug de la France. On peut donc se demander en quoi consiste dans le cas de la Centrafrique le « bilan positif de la colonisation », alors que la population à bout de souffrances n’a cessé de se révolter contre le système qui lui avait été imposé par les armes, et qui n’avait amené avec lui ni services, ni infrastructures, ni aucune des prétendues « valeurs de la civilisation».

L’insurrection Mandjia de 1902-1904 est suivie de celle de la Lobaye en 1906 dont le chef Bérandjoko ne sera capturé et assassiné qu’en 1929. Et de 1928 à 1931, c’est tout l’ouest du pays, territoire des Gbaya et d’autres peuples, qui se soulève : la guerre de Kongo-Wara survivra bien après la mort de son chef Karnou en décembre 1928 (Raphaël Nzabakomada-Yakoma, 1986). Comme pour les Britanniques au Sud-Soudan voisin, il aura donc fallu plus de 30 ans aux Français pour imposer leur paix coloniale en Centrafrique, sur fond de ruine et de désolation, pour le seul profit de quelques maisons de commerce et de quelques trafiquants attirés par la fièvre de l’or et du diamant. La mise en place du système néocolonial : l’indépendance bafouée Comme toujours, la dialectique colonisation-rébellion-répression à l’œuvre dans le système colonial aboutit à la prise de conscience par une élite créée par le colonisateur de la nécessité d’une action menée avec les armes et sur le terrain du colonisateur. Cette prise de conscience, accélérée par la seconde guerre mondiale qui aura dévoilé la vacuité de la légitimation de leur présence par les colonisateurs, sera incarnée par Barthélémy Boganda, ordonné premier prêtre catholique de l’Oubangui–Chari en 1938.

 

(Suite au prochain numéro).

 

Par Marc Lavergne, Directeur de recherche au CNRS Président de l’association RH 2 « Recherche et ressources humanitaires »

 

 

 

 

 

Celui-ci, panafricaniste convaincu, est élu député à l’Assemblée nationale française en 1946 ; mais il quitte vite les rangs du MRP, en constatant que les paroles de ces démocrates-chrétiens ne sont pas destinées à être traduites en actes, dans le sens de l’émancipation des peuples colonisés. En 1949 Boganda fonde le MESAN (Mouvement pour l’émancipation sociale en Afrique Noire), qui rafle tous les sièges de l’Assemblée territoriale en 1952. En 1956, réélu député, Boganda, devenu le leader incontesté du peuple centrafricain et audelà, celui qui incarne les espoirs de liberté de l’AEF, devient maire de Bangui puis l’année suivante, Président du Grand Conseil de l’AEF. Bien qu’il se prononce pour le maintien de l’AEF dans le cadre de la Communauté française, sa vision des « Etats-Unis d’Afrique latine » inquiète et pour certains, dans l’entourage du général de Gaulle, pour qui l’indépendance concédée aux Africains ne doit être qu’un tour de passe-passe pour maintenir en place le système colonial, il est sans doute devenu l’homme à abattre. Après l’adoption par l’Assemblée territoriale en février 1959 d’une Constitution démocratique rédigée de sa main, Barthélémy Boganda disparaît le mois suivant dans le crash de son avion. Alors que les hommes de Jacques Foccart étaient à la manœuvre sur tout le continent pour éviter que les idées subversives d’un Sékou Touré, qui avait opté pour l’indépendance de la Guinée l’année précédente, ne fissent école, les causes de l’accident n’ont à ce jour pas été élucidées. Le soupçon d’attentat, corroboré par le fait que le premier président de la nouvelle Centrafrique indépendante sera David Dacko, personnage sans envergure et soumis aux intérêts français, et non le viceprésident Abel Goumba, qui sera arrêté en 1960 lorsque les libertés publiques seront supprimées, exige que le dossier soit rouvert en dépit des décennies écoulées, et que la France fasse le cas échéant amende honorable pour cet assassinat, s’il était avéré. Au-delà de cet épisode, et sans préjuger de ce que Barthélémy Boganda aurait pu accomplir s’il avait vécu, sa disparition a eu un impact incommensurable sur le destin de la Centrafrique. On ne peut la comparer qu’à celle de Patrice Lumumba exécuté par la CIA au Congo belge, et dont ce grand voisin, livré à des soudards au service des intérêts occidentaux, ne s’est jamais remis. La Centrafrique a dès lors été gérée – fort mal – depuis Paris, à travers des fantoches parfois grotesques et même ubuesques, cornaqués par des proconsuls comme le lieutenant-colonel Mantion, dont le seul souci était de maintenir l’ordre existant, en attisant au besoin les rivalités ethniques : le vieux 4 précepte de « diviser pour régner » dont on voit aujourd’hui avec effroi les désastreuses conséquences (ICG, 2007)… Le sort erratique de la Centrafrique depuis l’indépendance est donc la conséquence directe de la politique coloniale française : ici comme dans d’autres pays d’Afrique, le refus de former des cadres nationaux, la destruction des institutions et l’élimination des leaders issus des différentes régions du pays, l’instauration d’une économie de pillage des ressources naturelles, sont à l’origine du désastre actuel. L’effondrement de l’Etat, s’il paraît récent, doit être comparé avec ce qu’était réellement cet Etat ; même si les Centrafricains distinguent des périodes dans leur histoire indépendante, au gré des renversements par l’armée française des dictateurs qu’elle avait mis en place, le véritable tournant a été le basculement du pouvoir d’Etat dans un jeu de domination ethno-religieuse faisant fi de la construction d’une nation unie, à partir semble-t-il de la chute de l’empereur Bokassa (ce qui contredit sans doute l’image caricaturale que celui-ci, lâché par ses parrains, a laissé auprès de l’opinion publique française). D’où viennent la violence et la haine actuelles ? Quel rapport entre la violence du passé et la violence actuelle ? S’il existe un lien entre les pratiques de la colonisation, celle de l’Etat indépendant et le déchaînement de violence actuel, il importe de tenter de l’expliquer. En effet, ici comme ailleurs en Afrique, et en particulier au Rwanda mais aussi au Congo belge lors de son accession à l’indépendance, la question est rapidement évacuée par l’appel à une supposée « barbarie » de luttes intertribales récurrentes et pratiquement consubstantielles, qui n’auraient été interrompues, momentanément, que par les bienfaits de la paix coloniale accompagnée de l’imposition d’une religion de paix importée d’Occident. Il ne s’agit pas en l’occurrence de chercher des responsables, mais d’abord de comprendre au lieu d’évacuer la question par manque d’intérêt, paresse intellectuelle ou a priori méprisants, fussent-ils inconscients, qui sont le lot des observateurs et des acteurs internationaux, mais aussi des responsables politiques locaux installés ou formés à l’école des Blancs. Des pistes intéressantes sont fournies par le romancier VS Naipaul, dans son roman « A la courbe du fleuve » (V.S. Naipaul, 1979). Celui-ci se déroule dans une ville et un milieu qui se trouvent au cœur de l’Afrique forestière, à la jonction des influences « arabe » et « européenne », musulmane et chrétienne, au lendemain des indépendances. L’auteur offre un regard original et privilégié, puisqu’il est lui-même de souche indienne et musulmane, au sein d’une communauté installée depuis des générations sur les rives africaines de l’océan Indien. Une communauté commerçante qui se trouve associée au commerce de traite, où la tradition esclavagiste a sa place, mais qui s’est africanisée par les liens du sang. Il se trouve plongé à l’intérieur du continent, dans une ville de contact entre les influences extérieures, caisse de résonance des affrontements pour le contrôle de l’Etat post-colonial, dont le modèle semble être Kisangani et qui rappelle Bangui. Il y observe le déchainement d’une violence incontrôlée qui évoque les massacres dont la Centrafrique est aujourd’hui, après d’autres, le théâtre. L’interprétation du narrateur privilégie un jeu de revanche alternée entre tribus guerrières et vassales, qui sont l’occasion de tenter de renverser ou de rétablir un ordre ancien, séculaire, de domination. Mais ces déchaînements de violence incontrôlée sont en réalité manipulés par l’ordre nouveau symbolisé par un Président lointain mais tout puissant, car soutenu par des puissances étrangères, et qui cherche à faire naître une Afrique nouvelle sur les ruines de l’ancienne : l’enjeu est désormais la mainmise sur les ressources, qu’elles soient naturelles et locales ou qu’elles soient l’aide étrangère, vouée au développement. Pout en revenir à la Centrafrique, la dimension de revanche est évidente : à une domination coloniale et post-coloniale des peuples du sud-ouest sur ceux du nord-est, qui a marginalisé une région excentrée, pauvre en ressources et considérée comme moins malléable, car conquise à l’islam, a succédé une tentative de revanche des peuples du nord-est. Leur alliance (la « Séléka ») est soutenue par des forces extérieures intéressées par l’anarchie des zones contrôlées, où prospèrent de nouveaux acteurs reprenant des pratiques ancestrales : contrebande, braconnage, attaques de grand chemin… Mais cette tentative de revanche a provoqué par assimilation l’anéantissement des 5 communautés musulmanes dispersées au sud-ouest et dans la capitale. Le prétexte religieux a été saisi pour une autre revanche, celle de la population des villes et des campagnes, estampillée « chrétienne » contre les commerçants islamisés, héritiers du commerce de traite local négligé par le colonisateur et qui constituent le réseau de distribution des grossistes libanais installés à la capitale. Victimes expiatoires sans défense, des rancœurs accumulées par les débiteurs des usuriers mais aussi d’une soif de pillage d’une jeunesse sans formation et sans emploi. Cette jeunesse est désormais au fait de la marche du monde, qui crée un sentiment d’exclusion, voire de honte et un désir d’échapper à sa condition ancestrale. Le recours au coupe-coupe et au gri-gri sont la marque de l’indigence des moyens mis en œuvre, d’une volonté de repli sur un monde ancien qui disparait des écrans du monde, au profit d’une mythique « Afrique qui gagne », celles des businessmen en costume trois-pièces et des investisseurs internationaux engagés dans un nouveau « Scramble for Africa » sous le signe du développement. Faute de compétence, on n’entrera pas plus loin dans l’analyse du modus operandi des massacres : le rôle du coupe-coupe, instrument de travail « à tout faire » des habitants de la forêt, a été déjà été mis en lumière au Rwanda : à la sensibilité particulière des Occidentaux face à l’horreur de ces dépeçages d’êtres humains correspond-il une insensibilité des massacreurs ? La souffrance et la sensibilité sont-elles culturelles, chaque civilisation développant ses propres tabous et ses propres penchants ? ou bien ne s’agit-il, plus simplement, que de l’arme des pauvres, dans des conflits où les bandes armées doivent souvent fabriquer elles-mêmes leurs fusils et leurs munitions, à partir de tubes d’acier et de douilles vides ? Quant aux gri-gri, portés par tous les combattants africains, du Darfour islamisé au Libéria évangélisé, sont-ils le signe d’un retour ou d’une prégnance maintenue dans la croyance aux pouvoirs des divinités, des esprits ou des forces ancestrales ? La force de cette croyance est en tous cas attestée par le nombre de blessés recueillis dans les hôpitaux de RCA après des tests volontaires « en grandeur réelle » pratiqués entre eux par les combattants, pour vérifier les qualités comparées des amulettes… Pourquoi maintenant ? Derrière ce folklore tragique et meurtrier transparaît le désarroi de toute une société, voire de tout un continent, après des siècles de pillage, de dépeçage et d’oppression. Mais pourquoi maintenant ? La Centrafrique a connu des périodes bien plus sombres de son histoire, y compris récente, sans pour autant que ne se déclenche un tel chaos. Il semble que plusieurs facteurs, au-delà de la contingence des événements politiques et militaires, peuvent expliquer le déchaînement actuel : - l’affaiblissement de l’Etat, dépourvu des moyens de son fonctionnement, mais surtout de sa légitimité et tout simplement vidé de son sens par des dirigeants indifférents ; mais cet affaiblissement est un résultat plus qu’une cause ; - l’affaiblissement de la métropole, qui a voulu opérer des choix stratégiques nouveaux, considérant que la rente de l’exploitation post-coloniale était assurée et de toutes façons amoindrie, que la menace libyenne, qui a longtemps justifié le maintien de troupes en RCA, était désormais écartée, et qui n’a plus les moyens politiques d’imposer par la force des dictateurs et des dictatures en lesquels elle ne croit plus ; - la prise de conscience engendrée par la mondialisation, à la fois économique (frustration de la jeunesse, provoquée par la découverte d’autres situations enviables mais hors de portée ; apparition de nouveaux circuits commerciaux, de nouveaux produits souvent illicites, qui requièrent une logistique anti-étatique, irruption d’acteurs nouveaux qui apportent de nouveaux regards, de nouvelles façons de faire et rompent le monopole colonial) et médiatique (l’accès en temps réel aux nouvelles du monde, non pas seulement par des média contrôlés par l’ancienne métropole, mais diffusées par une large panoplie d’acteurs sur la Toile et qui appelle à des comparaisons, donne des idées et des méthodes pour forcer le destin). De ce point de vue cependant, il faut relever la relative étanchéité du drame centrafricain par 6 rapport aux autres crises de la région. C’est d’abord de l’intérieur qu’il faut lire ce conflit, et non pas comme

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