Tous les Info du Jeudi 09/02/2017

Cm n 2405 du jeu 09fev 2017

L’INTERPELLATION DE YOUSSOUF, ALIAS

« BIG MAN » A TOURNE EN BAIN DE SANG AU KM5 : DES MORTS, DES BLESSES,

DES EGLISES INCENDIEES

 

Le mardi 07 février 2017, aux environs de 16 heures, le Km5, dernière enclave musulmane de la capitale Bangui, était en ébullition. Des tirs ont été entendus. Le marché du Km5 s’est vidé en un laps de temps de ses commerçants qui écoulaient leurs produits. Une scène de panique généralisée s’est emparée  des habitants . Des gens ont pris leurs jambes au cou.

D’après certains habitants du Km5 joints au téléphone, c’est l’interpellation de Youssouf, alias « Big man », successeur du défunt Capi, alias « 50 – 50 », tué par les éléments d’auto-défense du Km 5 au début du mois d’octobre 2016, qui est à l’origine de cette tension. En effet, « Big man » a succédé à « 50 – 50 » au mois de novembre dernier. Des exactions de tout genre qui sont perpétrées au Km5 après la mort de Capi, sont l’œuvre de ce drogué. C’est ainsi que les forces de sécurité intérieures, appuyées par les éléments de la Minusca sont allées l’interpeller. Malheureusement, son interpellation à tourné en bain de sang. Voulant tirer sur un élément des forces de sécurité intérieures, celui-ci l’a abattu sur le champ.

Ayant été informés de la mort de leur leader, les hommes de « Big man », pris de colère et de vengeance, ont incendié l’église catholique Saint Mathias qui se trouve non loin du Quartier général (QG) de « Big man ». L’église apostolique était aussi partie en fumée. Malheureusement son pasteur, l’ancien Haut Conseiller à la communication (HCC), Jean Paul Sakanga a été froidement abattu par ces malfrats. Les déplacés de l’aéroport Bangui-M’Poko qui ont regagné le quartier Gbaya-Dombia, ont du retourner sur leur site d’origine. Les bâches qu’ils ont installées et qui étaient temporairement leurs demeures ont été aussi brûlées. Ils se retrouvent aujourd’hui sans abri. Les quelques matériels distribués à ces retournés par certaines ONG humanitaires n’ont pas été épargnés. Ils sont nus comme un ver de terre à l’heure où nous mettons cet article sous presse. Que vont-ils faire pour subsister ?

Jusqu’au matin du mercredi 08 février 2017, le bilan exact de l’interpellation de « Big man » qui a mal tourné, n’est pas encore fourni par les autorités compétentes ou Médecins sans Frontières (MSF), qui d’après les habitants du Km5, avait participé au transfert de ces blessés et morts à l’hôpital. Le mystère demeure encore sur cette interpellation et ses conséquences. Et la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge en ces termes : le Km5 reste et demeure-t-il le « couloir de la mort » ? Il ne fait aucun doute. Malgré les efforts déployés par les éléments d’auto-défense et les FACA basées dans le secteur, les actes barbares sur les populations civiles se perpétuent et sont loin de voir le bout du tunnel. Si certaines zones du Km5 sont sécurisées, d’autres ne le sont pas. C’est le cas du quartier Gbaya-Dombia tenu par le défunt Youssouf, alias « Big man » et ses hommes qui règnent en maître absolu des lieux depuis plusieurs mois.

Nous condamnons avec la dernière rigueur les actes barbares, indignes, inhumains, bestiaux, perpétrés par les hommes de « Big man » sur leurs compatriotes et les incendies des églises et des maisons après la mort de ce dernier. Mais nous nous interrogeons de la manière suivante : le gouvernement et la Minusca, avant d’interpeller « Big man », ont-ils pris des mesures nécessaires pour protéger les populations au cas où cette interpellation allait prendre une tournure comme nous venons d’y assister ? Nous ne le pensons pas. Il y aurait certainement une faille dans cette opération. Et le gouvernement, et la Minusca ont intérêt à prendre préalablement des dispositions nécessaires pour ce genre d’opération au Km5. Car, ce n’est pas pour la première fois que les interpellations des criminels dans ce bastion musulman tournent au vinaigre. Les forces de sécurité intérieures et celles de la Minusca doivent redoubler de vigilance dans une telle opération.

Pacifier le Km5, c’est ce que la population banguissoise en général, et les commerçants du secteur en particulier, réclament à cor et à cri depuis plusieurs années. Si la pacification a déjà commencé, nous jetons des fleurs aux soldats onusiens et à nos forces de sécurité intérieures. Mais celle-ci doit se faire sans bain de sang, sans incident majeur. Ces forces devraient en principe quadriller ces malfrats, ces drogués et les neutraliser sans effusion de sang, ou quoi que ce soit.

Aujourd’hui, les détonations d’armes de tout calibre ont presque cessé dans les six (6) arrondissements de Bangui, sauf les 3ème et 5ème. Mais pourquoi ? D’où nécessité de trouver des voies et moyens pour mettre définitivement fin à ces tintamarres d’armes dont les conséquences sont toujours dramatiques pour les centrafricains. Pour ce faire, les habitants des 3ème et 5ème arrondissements ont intérêt à redoubler de vigilance, à informer à temps la Minusca,  la gendarmerie et  la police sur des personnes qui seraient suspectées de commettre des violences.

Aux dernières nouvelles, il y a eu 4 morts dont « Big man » et ses deux (2) aides de camp, y compris le pasteur Jean Paul Sakanga, et trois policiers ont été  blessés. Mais le bilan pourrait s’alourdir. Malgré la tension d’hier, le marché du Km5 a repris ses activités commerciales.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

FERMETURE DU SITE DE M’POKO : LES RETOURNES DU QUARTIER FONDO A LA RECONQUETE D'UNE VIE NORMALE

 

Plus d’un mois après le lancement de l’opération «Noël à la maison », les anciens déplacés du site de M’Poko situé sur l’emprise de l’aéroport international de Bangui, regagnent par petits groupes leur quartier d’origine de Fondo dans le 5ème arrondissement pour réhabiliter leurs maisons détruites. Lancée le 15 décembre 2016 par le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, l’opération représente un nouvel espoir pour des milliers de Centrafricains qui avaient quitté leurs foyers sous le coup d’une violence aveugle trois ans auparavant et s’étaient réfugiés sur le site de M’Poko.

Le site de M’Poko était le plus grand de la capitale avec une population de plus de 28 000 déplacés. Aujourd’hui, il est presque vide. Certains déplacés ont regagné leurs anciens quartiers dans les 3e et 5e arrondissements. C’est le cas du quartier Fondo (3e arrondissement) où l’optimisme et la bonne humeur que les retournés affichent ne cachent pas pour autant les difficultés auxquelles ils devront faire face. Tout est à refaire pour les 3 922 ménages qui, au 15 janvier 2017, avaient choisi de revenir dans ce qui fut leur quartier, il y a plus de trois ans. On estime que Fondo comptait 12 000 habitants avant la crise.

Sourire aux lèvres, du matériel de construction jonchant le sol, certains sont occupés au déblaiement des concessions envahies par de hautes herbes. D’autres en sont déjà à la fabrication de briques de terre pour reconstruire des maisons en ruines. En attendant que leurs maisons soient habitables à nouveau, les habitants de Fondo ont démantelé les tentes qu’elles occupaient sur le site de M’Poko pour construire des abris de fortune dans des concessions nues. Annette, veuve et mère de quatre enfants est une pionnière. En effet, elle a été la première à s’être réinstallée à Fondo. Fière de son courage et heureuse d’être enfin de retour à la maison, elle explique son périple. «Juste après le lancement de l’opération Noël à la maison, j’ai décidé de quitter le site de M’Poko et de venir installer ma tente sur ma concession en attendant la construction d’une maison. Je vis avec ma mère qui est souffrante et mes enfants. Ce n’est pas simple mais je préfère être chez moi», explique-t-elle.

La décision hardie d’Annette a incité beaucoup d’autres déplacés à regagner leur quartier. Sous un soleil de plomb, truelle en main et le corps couvert de boue, Moussa, un jeune homme d’une vingtaine d’années, fabrique des briques pour reconstruire sa maison. Comme beaucoup d’autres jeunes du quartier, malgré un environnement peu amer, il a décidé de réinstaller sa famille à Fondo.

Derrière le sourire et la volonté se cachent des difficultés

Après plus de trois années passées sur le site de M’Poko, les habitants du quartier de Fondo mettent fin à leur «vie de déplacés » et retrouvent le plaisir de rentrer chez eux, mais non pas sans embûches. L’absence d’un vrai toit est la première difficulté à laquelle ils font face. Les trois quart des habitants continuent de vivre sous des tentes comme sur le site de déplacés. En attendant que les maisons soient complètement réhabilitées, les bâches permettent d’abriter la famille même si cette solution est précaire.

Le manque d’eau courante et potable est un autre problème que beaucoup d’habitants ont relevé. Un seul point d’eau de la Société centrafricaine de distribution d’eau en Centrafrique (SODECA) dessert tous les habitants du quartier. Les puits sont hors d’usage par manque d’entretien ou contaminés par la présence de cadavres. De l’avis de certains habitants, les puits auraient servi de lieux de sépulture pendant la crise.

En plus des besoins en eau, hygiène et assainissement, les retournés sont confrontés à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour la survie de leur famille et en attendant des jours meilleurs, certaines femmes ont planté des cultures maraichères dans leur concession. D’autres femmes ont choisi de faire fructifier une partie de l’enveloppe offerte par le Gouvernement pour accompagner le retour en lançant de petites activités génératrices de revenus. Il s’agit essentiellement de vente au détail de denrées alimentaires, de tabac et d’articles divers.

Dans le même temps, beaucoup d’enfants n’ont plus accès à l’éducation. Sur le site de M’Poko, ils bénéficiaient des activités des Espaces temporaires d'apprentissage et protection d'enfants (ETAPE). Cette rupture scolaire est malvenue au moment où les familles aspirent à un retour à la normalité. Les structures de santé sont aussi complètement absentes du quartier. Ce manque affecte en particulier les femmes, les enfants et les personnes du troisième âge.

En sus de l’absence des services sociaux de base, les séances de dialogue communautaire facilitées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), ont mis en évidence des besoins en abris. Dans la grande majorité des cas, les familles continuent à habiter sous des bâches en attendant la fin de la réhabilitation de leur maison. La protection est un autre point important sorti des débats. En effet, des individus appartenant à des milices d’auto-défense circulent librement dans le quartier et parfois dépouillent les retournés de leurs maigres biens.

Tirant les leçons du passé, la réconciliation et la cohésion sociale sont devenus des mantras pour les retournés. Les parcelles appartenant à des musulmans ont été nettoyées sur instruction du chef de quartier. «Ils peuvent revenir quand ils veulent. Nous n’avons pas de problèmes avec eux», a indiqué un habitant.

Certes, la vie reprend ses droits au quartier Fondo mais beaucoup reste encore à faire. Interpellé par la grande vulnérabilité qui affecte encore l’ensemble de retournés dans les quartiers, la communauté humanitaire est déjà à pied d’œuvre pour effectuer une évaluation multisectorielle afin d’apporter une assistance adaptée aux besoins.

OCHA

 

 

 

 

NOURREDINE ADAM ET LE FPRC ACCROCHES

MORDICUS A LA PARTITION DU PAYS ET L’UPC, FAROUCHEMENT OPPOSEE, ESSUIE LA FOUDRE

 

Comme un Cow-boy sur un cheval volant, l’ombre de Nourredine Adam et la partition du pays sèment la mort dans le Centre du pays, précisément dans la préfecture de la Ouaka. Après avoir perdu le pouvoir, Nourredine Adam voltige d’extrême en extrême, depuis l’effondrement de l’ex-coalition Séléka. Nourredine Adam est un semi lettré, incompétent et incapable de diriger le ministère de la Sécurité Publique. Il a démissionné de lui-même pour céder son département en charge de la sécurité publique à Josué Binoua. Il n’a plus d’arguments. Pour se donner une contenance, il s’accroche mordicus à la partition du pays. Il a voulu implanter son drapeau à Ndélé. Malheureusement,  il a essuyé un déluge de feu d’un contingent de la Minusca, mais n’a pas retenu la leçon. Il s’est réfugié au Tchad, sa base arrière et pays parrain de ses agissements. Il est revenu sur la pointe des pieds et fait la navette entre Kaga-Bandoro et Ndélé, avec des incursions à Tiringoulou. Il lui est formellement interdit de mener des activités subversives à Birao et dans la Vakaga en général. Le MLCJ veille au grain sur son secteur d’influence. Nourredine Adam est seul contre la République et le peuple centrafricain. Il prend son rêve pour la réalité.

Nourredine Adam et le FPRC se heurtent à un noyau dur, l’UPC qui massacre tous les combattants envoyés à l’abattoir. Les tués ne se comptent pas puisque Nourredine Adam cache par tous les moyens le nombre de victimes pour ne pas Traumatiser les combattants et les refroidir. Il est seul à s’opposer à tout processus de paix en RCA. Il ne se rend pas compte qu’il est de plus en plus isolé. Nourredine Adam joue son va-tout et sa dernière carte. Le MPC n’est qu’un groupuscule. Abdoulaye Hissein ne pèse pas lourd dans la balance. Ali Daras et ses hommes les massacrent sur tous les fronts, à Bakala, à Ndassima et à Ippy, c’est un mur de feu infranchissable. Ce qu’il faut déplorer, ce sont les populations civiles qui sont prises en étau dans les affrontements. Nourredine Adam, Alkhatim et Abdoulaye Hissein envoient les combattants à l’abattoir, pendant qu’ils se camouflent quelque part.

Les affrontements sont véritablement meurtriers. Les combats commencent dès l’aube et se terminent à la tombée de la nuit et reprennent le lendemain, ainsi de suite. C’est le commencement de la fin des seigneurs de guerre. C’est le crépuscule des récalcitrants qui se dessine à l’horizon et ils se feront cueillir les uns après les autres, pour répondre de leurs actes devant la loi. Les Centrafricains attendent de voir le vainqueur s’imposer un de ces quatre matins. L’UPC a quant à elle, adhéré au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), ce qui choque davantage le FPRC et ses alliés.

Ali Daras est plus conséquent avec lui-même que Nourredine Adam dont les jours sont comptés. Tous les groupes armés patriotes ont adhéré au DDRR. Après les séries de dialogue avec le Chef de l’Etat, l’Angola a pris le relais, ensuite Vatican dans Rome en Italie, tout cela pour ramener des bandits de grand chemin à la raison, afin de soulager leurs compatriotes qui souffrent atrocement depuis plusieurs années. Le Pape François est très impliqué dans la crise centrafricaine, depuis la croisade de la plateforme religieuse, son passage à Bangui, la nomination à la dignité du cardinal  Nzapalaïnga, son intronisation et enfin, l’appel aux leaders des groupes armés qui viennent de revenir d’une rencontre à Rome. Malgré tous ces efforts tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, il y a encore des récalcitrants qui jouent les justiciers à Bangui et dans les provinces. Les disciples de « 50 – 50 » ont refait surface dans le cinquième arrondissement. Youssouf, alias Big-Man, a été abattu ce mardi 07 février 2017 à son quartier général (QG) de Saint Mathias. Certains éléments ont pris leurs jambes au cou et ont fondu dans la nature. Ils sont activement recherchés par les FACA du Km5, la Police (OCRB) et la gendarmerie. Les commerçants du Km5 n’en reviennent pas, car les affaires ont repris leur vitesse de croisière et tournent à merveille. Voilà que les démons de l’enfer refont surface et paralysent le secteur. Des crépitements d’armes ont été entendus dans la nuit de mardi 07 au mercredi 08 février 2017 aux environs de 23 heures, heure locale. Saint Mathias étant incendiée, Saint Michel est devenue le repère de ces malfrats. C’est qu’ils ont été délogés ce mardi 2017, et le feuilleton du Km 5, « couloir de la mort », rebondit sur la scène sécuritaire. Il faut une coalition de la Minusca et des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour désarmer le Km5 et sécuriser définitivement le troisième arrondissement de la ville de Bangui. La balle est dans le camp des commerçants pour contribuer activement à cette purge salutaire. Et le plutôt serait le mieux pour la paix dans la ville de Bangui. Certaines mauvaises langues mettent en cause les libanais qui auraient manipulé ces bandits pour paralyser les activités au Km5, afin de favoriser les achats en ville. Nous n’avons pas les preuves, mais nous entendons certaines personnes évoquer cette hypothèse.

Julien BELA

 

 

 

 

TENSION AU KM5, ACCROCHAGE A BOCARANGA, AFFRONTEMENTS MEURTRIERS

A BAMBARI : LA RCA EST A LA CROISEE DES CHEMINS

 

 

Nous assistons depuis un certain temps à un regain de violences avec des affrontements très meurtriers entre les factions rebelles de la Séléka d’une part, et les éléments du mouvement 3R de Sidiki avec les Anti-Balaka d’autre part. Tout porte à croire que la RCA se trouve en ce moment à la croisée des chemins. Décidément, le chemin de la paix en République Centrafricaine est encore loin de compte. Malgré le sacrifice consenti par le peuple centrafricain et la Communauté internationale pour sortir le pays de la crise,  des crimes et des massacres se poursuivent allégrement  sur une bonne partie du territoire.

Les préfectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto sont devenues une jungle, le théâtre des combats répétitifs avec des dégâts matériels incalculables et de lourdes pertes en vies humaines. Les populations civiles errent d’un endroit à un autre à la recherche d’un abri sûr et de la paix. Chaque jour apporte son lot de malheurs. Les grincements des dents, les pleurs et les lamentations constituent le pain quotidien des populations civiles abandonnées à leur triste sort et qui ne savent à quel saint se vouer pour se protéger.

La Minusca a présenté sur un écran des images accablantes des déplacés internes des régions de la Ouaka et de la Haute-Kotto qui donnent l’envie de pleurer. A travers la présentation de ces images, nous nous posons la question de savoir : que font réellement les Casques Bleus sur le terrain pour défendre et protéger les civiles en proie aux actes barbares des seigneurs de guerre ? Pourtant, nous entendons souvent la Minusca dire, « notre mission principale est de protéger les populations civiles face aux exactions et massacres des groupes armés ».Est-ce réellement ce qu’elle fait sur le terrain ?

Bakala, Ippy et leurs environs ne font-elles pas partie de la RCA ? Pourquoi continuer de sacrifier les populations civiles sur l’autel des seigneurs de guerre sans âme, ni conscience qui ravagent tout sur leur passage ? Le peuple centrafricain a choisi la voie des élections pour aspirer à la paix, rien que la paix. Et les populations des régions du Centre et du Centre-est du pays s’étaient massivement mobilisées pour aller élire leurs futurs dirigeants. Au  jour des scrutins, certains compatriotes des régions précitées ont perdu leur vie sous la pluie des balles perdues pour tourner la page sombre de l’histoire du pays et faire la paix. Alors pourquoi continuer à maintenir cette population dans la souffrance la plus ordurière ? C’est le même son de cloche dans les régions du Mbomou et du Haut-Mbomou où la population ne peut vaquer librement à ses occupations quotidiennes à cause de la LRA de joseph Kony. Malgré la présence de l’armée Ougandaise dans ces zones géographiques du pays, la population civile est terrorisée, massacrée. Et ce, depuis bientôt neuf (09) ans.

Les villes de Bocaranga et Koui ne sont pas épargnées de cette rage destructrice des ennemis du peuple et de la république qui ne font que tuer, piller, incendier et détruire les biens de l’Etat et des particuliers. L’autorité de l’Etat n’existe que de nom dans ces villes et leurs environs. Une partie de ces régions est contrôlée par les Anti-Balaka qui font à leur tête. Les éléments de 3R de Sidiki règnent en maître absolu sur l’autre partie et dictent leur propre loi aux populations civiles. Tout se passe comme si la RCA a désormais plusieurs républiques où chacun est libre de faire ce qui lui semble bon. C’est le même cas de figure à Bangui et notamment dans le 3éme arrondissement. Avec la disparition des criminels tels, 50/50, Abdoul Danda et bien d’autres qui terrorisaient la population, l’on pensait que la paix est revenue définitivement dans ce secteur. Mais tel ne semble pas être le cas au regard des derniers événements survenus ce mardi 07 février au km5, bouleversant le calme précaire qui règne au sein de la population. Selon certaines informations en notre possession, les secteurs proches du km5 se sont vidés de leurs habitants suite aux détonations d’armes lourdes et légères enregistrées lors des échanges de tirs entre les deux(02) camps. Pourtant, le km5 vient de renouer avec ses activités commerciales.

Nous interpellons la CEEAC, l’UA, le G8, les Etats-Unis, les Nations-Unies, la France voire la communauté internationale sur la crise centrafricaine qui continue de perdurer. La souffrance du peuple centrafricain a débordé le vase  et franchi le seuil de l’intolérable . L’urgence de l’heure est de réduire la gâchette des groupes armés pour permettre à la population de vaquer à ses occupations en toute quiétude. Il faut donner une opportunité aux nouvelles autorités du pays qui se battent tous les jours pour sortir le pays de la misère. Pour en arriver là, il faut la sécurité, la paix, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la réconciliation nationale.                                                                                                                                                                                                                                                   

Bénistant MBALLA

 

 

 

 

ETABLISSEMENT DES ACTES D’ETAT-CIVIL ET LEGALISATION DES DIPLOMES ET AUTRES DOCUMENTS : PERIODE DE VACHE GRASSE POUR LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE ET LA MAIRIE DE BANGUI

 

Depuis deux (2) semaines, le Tribunal de Grande Instance (TGI) et la Mairie de Bangui sont pris d’assaut et inondés des jeunes de deux (2) sexes. Et pour causes, la publication officielle du calendrier des examens et concours de l’année académique 2017-2018 par le ministère de l’Education Nationale, ainsi que le lancement officiel de recrutement de 250 policiers et de 250 gendarmes. D’où les jeunes concernés se bousculent, s’alignent à la queue leu leu  devant les services compétents de ces deux (2) institutions précitées. Et ceci pour se faire soit établir leurs actes d’Etats-civil (Certificats de Résidence et de Nationalité, Casiers Judiciaires), soit légaliser leurs diplômes (Brevet de Collège, Baccalauréat …), ainsi que d’autres documents. Motif pour  lequel, nous disons que c’est une période de vache grasse pour le TGI et la Mairie de Bangui. Car leurs caisses sont renflouées d’argent par leurs diverses prestations de service, mises à la disposition de leurs usagers.

C’est une bonne chose pour ces deux (2) institutions de l’Etat, mais il leur serait très judicieux de bien gérer et de faire bons usages de toutes ces mannes financières. Et ce, pour le bon fonctionnement de tous leurs services et surtout dans l’intérêt général de la Nation. Et c’est çà le véritable sens de la « Rupture » avec les vieilles pratiques du passé. « Un homme averti en vaut deux », dit-on. Sinon …

Le Petit YEKOA

 

 

UNE MOTO D’UN CLIENT DE LA BANQUE POPULAIRE MAROCO-CENTRAFRICAINE A ETE VOLEE CE MARDI 07 FEVRIER 2017 A 13 HEURES

 

Un fait anodin  s’était produit ce mardi 07 février aux environs de 13 heures, au niveau de la Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC), en plein centre ville de Bangui. En effet, un homme âgé d’une cinquantaine d’années, client de la BPMC, était venu sur sa moto neuve, ce jour, faire une opération financière. Après avoir garé et anti volée sa moto, il a fait son entrée dans ladite Banque. Et quelques minutes plus tard, il était ressorti et se dirigeait là où il a garé sa moto. Mais  grande fut sa surprise de constater malheureusement que sa moto n’y est plus au lieu où il l’a  garée et anti volée. Donc il a été victime d’un cas de vol de sa moto. Incroyable, mais pourtant vrai. Informés de ce cas de vol par la victime, certains clients de la BPMC présents, ont fait  savoir, « ce n’est pas la première fois que de tels cas de vol se sont produits au niveau de la BPMC. Mais pour ce cas d’espèce, c’est un coup bien préparé, monté et mis en exécution par un jeune habitant le même quartier que le propriétaire de la moto. Donc l’auteur de ce forfait connait et maîtrise bien les déplacements de sa victime, en le suivant de près ».

Mais ce qui est le plus choquant, il y a à la BPMC, la présence permanente de deux (2) éléments de la Gendarmerie et de trois (3) éléments de Fox Security, une société de gardiennage privée, chargés de contrôler les entrées et sorties des personnes, et surtout de sécuriser le lieu. Malheureusement, en réalité, ces derniers n’assument pas comme il se doit leur tâche. Car étant très distraits par les débats et discussions stériles et inutiles. Chose pire encore, les agents de Fox Security ont abandonné leur poste, pour se transformer en garçons de course, pour ne pas dire, des agents de commission des caissières de la BPMC. Est-ce possible ? Dans ce cas de piètre figure, comment ne pas parler des cas de vol des motos et autres objets de valeur dans les administrations publiques et privées ? Et surtout au niveau des Banques de la place, ainsi que des lieux publics et privés ?

Fort de tout ce qui précède, il faille revoir toutes les stratégies en matière de protection et de sécurisation des institutions publiques et privées en RCA. Car beaucoup d’efforts restent encore à déployer dans ce domaine.

Le Petit YEKOA

 

 

JFDDH, UNE ONG LOCALE AU SERVICE DE LA PAIX ET DU DEVELOPPEMENT A TRAVERS SES « NOYAUX DE PAIX »

 

 

S’il y a une ONG nationale qui œuvre pour le développement, les droits de l’homme, sans oublier la paix que les Centrafricains cherchent depuis belle lurette, c’est JFDDH, entendue Jeunes et Femmes pour le Développement et les Droits de l’Homme. Créée le 19 octobre 2011, deux (2) ans avant le déclenchement de la crise par la coalition Séléka, sous l’impulsion de certains jeunes et femmes soutenus par les hommes, JFDDH est une ONG de développement local et des droits humains. Son siège se trouve au quartier Galabadja 3 dans le 8ème arrondissement de la ville de Bangui. Elle est dirigée par sa présidente, madame Viviane Gokouzou et dispose de 26 membres actifs qui étaient et sont soucieux de voir le pays se développer.

Si nous avons choisi aujourd’hui de parler de cette ONG, c’est parce qu’elle regorge de jeunes et femmes qui, d’après nous, ont payé le plus lourd tribut de cette crise larvée qui ne dit pas son nom. De plus, ces jeunes qui sont considérés comme étant des instigateurs de violences à travers le pays, se retrouvent tous ensemble afin d’œuvrer pour le développement et la promotion des droits de l’homme. Ce sont ces jeunes et femmes qui sont appelés les « Noyaux de paix ». Ces « Noyaux de  paix » que nous pouvons qualifier de « vecteurs de paix », ont des objectifs spécifiques à poursuivre et à atteindre. Il s’agit pour eux notamment de renforcer la capacité de la population dans la cohabitation, la gestion pacifique des conflits, la paix, la défense des droits humains et l’éducation civique ; d’appuyer la démarche d’autopromotion et de structuration des groupes de base ; de renforcer les groupes de base dans les capacités de gestion et de gouvernance, d’organisation et d’animation – sensibilisation ; et enfin  de renforcer le pouvoir de la femme à travers le genre et le plaidoyer, l’éducation à la paix et la micro-finance. Donc un Noyau de paix est défini comme un organe communautaire regroupant tous les acteurs communautaires (jeunes, femmes, sages, autorités nationales et religieuses), renforcé en notions de droits, de citoyenneté et du vivre ensemble pour la cohésion sociale et la culture de la paix. C’est une mission noble et louable.

L’ONG JFDDH a pour mission de renforcer les capacités des jeunes et des femmes pour le respect des droits humains, le plaidoyer pour le bien-être socioéconomique par la sensibilisation, l’éducation et tous les projets pouvant émanciper l’homme à l’instar de la constitution des Noyaux de paix dans leurs démarches d’autopromotion, de structuration et de communautés fortes.

En dehors des objectifs assignés aux Noyaux de paix, JFDDH a ses propres objectifs qui se caractérisent de la manière suivante : promouvoir les droits humains inscrits dans les législations nationales et internationales ; sensibiliser la jeunesse sur ses droits et devoirs au sein de la société ; promouvoir l’autonomisation de la femme, le genre et le bien-être social ; promouvoir la culture de la paix et de la tolérance au sein des communautés ; encourager la jeunesse et les femmes dans les activités de protection et conservation de l’environnement..voilà des objectifs qui peuvent aider le pays à aller de  l’avant et les jeunes, les femmes à se prendre  en charge.

Enfin, les actions menées par l’ONG JFDDH sont orientées vers les formations – informations, l’éducation à la paix, l’éducation civique, le plaidoyer et genre, l’accompagnement des initiatives de développement communautaire par :

-  La participation : c’est un moyen d’accroître l’efficacité des actions de développement et permettre à la population de développer ses potentialités et de prendre son destin en main ;

-   L’autopromotion : l’homme doit développer les mécanismes et les capacités lui permettant de se prendre en charge ;

-  La capacité : le renforcement des groupes de base afin qu’ils participent à la prise de décision et au contrôle de la vie sociale.

Alors, chers lectrices et lecteurs, Centrafricains de bonne foi, vous êtes bien situés et outillés sur les activités, les objectifs et la mission dévolue par l’ONG JFDDH aux « noyaux de paix ». Nous vous exhortons à adhérer massivement à cette ONG, car elle est présente dans les huit (8) arrondissements de la ville Bangui et à Bimbo. En outre, elle a lancé, le vendredi 27 janvier 2017, la mise en place des noyaux de paix à Bambari, Bouar et Kaga-Bangoro, les villes les plus touchées par cette crise centrafricaine, afin de trouver des voies et moyens pour y faire revenir la paix.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

LA PREMIERE OBLIGATION DU JOURNALISME EST CELLE DE LA VERITE

 

L’information est débat. Les médias sont le lieu naturel des confrontations d’idées. En principe ces échanges portent sur des faits, leur réalité, leur causalité, leurs conséquences. Mais à une époque où les faits ont pour certains moins d’importance pour modeler l’opinion que les appels à l’émotion et aux préjugés, faire vivre ces débats en respectant la véracité et l’exactitude de ce qui les sous-tend est un défi pour les journalistes.

L’expression post-truth a été choisie par le très sérieux Oxford English Dictionary comme mot de l’année. On la traduit par post-vérité. Le linguiste Sylvain Gatelais propose post-factuel et écrit* que "cet adjectif permet de qualifier une situation où l’opinion publique est moins influencée ou modelée par la véracité des faits, par des arguments objectifs (donc la "vérité") que par l’appel à l’émotion, aux opinions personnelles, ou à une réalité plus subjective".

Le risque d’alimenter cette post vérité n’est pas nul pour les rédactions. Prenons l’exemple de la délinquance, qui concerne tout un chacun et sert de support à bien des combats partisans. C’est une réalité que les médias doivent décrire pour ce qu’elle est, sans la nier ni l’exagérer. Mais il arrive que des habitants de quartiers où il n’y a pas ou très peu d’agression se disent d’abord préoccupés par des menaces sur leur sécurité physique et matérielle. Ils expriment leur impression, pas des faits qu’ils ont vécus. Il y a de multiples explications à cela, que les sociologues analysent. Mais présenter ce sentiment comme décrivant la réalité du terrain revient à faire primer l’émotion sur les faits. Le journaliste doit revenir à la réalité et dire si il y a eu ou pas des délits dans le quartier considéré, en enquêtant auprès des autorités, en interrogeant d’une façon poussée les habitants dont ceux qui expriment ce sentiment. Il ne leur opposera pas un démenti péremptoire mais les questionnera longuement et concrètement, pour rechercher les faits qui servent de support à leur inquiétude, ou constater l’absence de faits. Leur vécu et leur parole sont respectables. Qu’ils aient ce sentiment d’insécurité est un fait, qui mérite reportage et explications, mais ce n’est pas un fait d’insécurité.

Certains politiciens pour qui la fin justifie les moyens sont prêts à inventer pour appuyer leur certitude. On parle depuis peu en anglais d’alternative facts. L’expression ne désigne pas d’autres faits qui apporteraient un complément aux faits déjà connus pour mieux saisir la complexité d’un événement, mais de faits de rechange, qui se substituent à des faits alors réputés inexistants. Le rôle du journaliste est ici de vérifier contradictoirement les éléments concrets qui permettent d’établir la vérité du fait controversé. Et de dire que sont mensonges les affirmations qui reposent sur des éléments faux. On ne peut pas dire qu’il n’a pas plu quand la pluie est tombée, qu’il y avait foule quand il n’y avait personne, qu’une décision n’a pas telle conséquence quand elle les a. Le dire est choisir une démarche de polémique, pas d’information. Quand on dit d’une façon sérieuse, définitive, non distanciée des contre vérités, c’est un mensonge. Le journaliste ne les reprend pas, ou s’il les cite il les décrit comme ce qu’elles sont : des assertions contraires à ce qu’il a établi.

 

Maintenir critiques et débats à un niveau d’exactitude factuelle

 

Le rôle du journalisme est de donner au public un espace pour la confrontation des points de vue et une tribune pour exposer les critiques. Mais "un forum qui ne tient pas compte des faits faillit à sa mission d’information. Un débat qui baigne dans les idées préconçues et les hypothèses sans fondement ne fait qu’exacerber les passions"**. La responsabilité du journaliste est de maintenir critiques et débats à un niveau d’exactitude factuelle. Il doit préparer très soigneusement ces rendez vous. Quand il anime un débat ou conduit une interview, il ne peut pas laisser passer dans la bouche de tiers des informations contraires aux faits sans les rectifier, ou sans demander à son interlocuteur sur quels éléments repose une affirmation ou des accusations. Il doit très largement préparer ces rendez-vous et connaître les sujets et les dossiers dont il va être question.

Les interviews menées par des journalistes qui pensent pouvoir être compétents sur tout sujet se limitent souvent à des questions générales ouvertes qui facilitent les réponses hors sujet ou limitées à des positionnements partisans. Les médias doivent permettre aux journalistes rubricards, c’est-à-dire chargés de suivre au jour le jour et dans tous ses aspects un secteur voire un dossier de l’actualité, de participer à ces rendez-vous. C’est une garantie d’une meilleure information du public, à travers les échanges qu’aura ce rubricard avec son interlocuteur : le dialogue portera plus sur la réalité des faits et moins sur les positionnements et les opinions.

Il est de plus en plus, sur toute question, fait appel à des experts. Ceux ci doivent avoir une réelle compétence, appuyée sur leurs travaux et publications. La vérifier est une règle professionnelle. Il ne faut pas hésiter à demander ses références sur le domaine concerné à celui auquel on va offrir une tribune et un public, et plus encore à celui qui propose ses services ou qui est suggéré par une partie prenante au débat en cours. Et il ne faut pas se contenter de ses affirmations mais les recouper auprès des universités, des éditeurs, des organismes mis en avant sur les CV. Les titres ronflants ne correspondent pas toujours à des expériences et activités réelles. Des « instituts internationaux » ou des « centres de recherche » sont parfois des coquilles vides. La consultation de leur site internet est une précaution minimum indispensable pour savoir à qui on a affaire. Evidemment, le journaliste aura avec l’expert la même exigence qu’avec le politique, d’analyses et de commentaires basés sur des faits. Il importe aussi de faire tourner les experts, pour leur laisser le temps de renouveler et d’approfondir leurs connaissances entre deux prestations.... et d’abord pour offrir une pluralité d’analyses au public.

Mais il faut surtout se souvenir, qu’il s’agisse d’échanges didactiques ou de talk show à grand spectacle, de débats ou d’interviews, que cela ne peut remplacer les enquêtes et reportages basés sur la recherche et la vérification des faits et de leur contexte.

 

Presse-francophone.org

 

 

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

LA PREFETE DE L’OUHAM BROSSE LA SITUATION SECURITAIRE ET LA RELANCE DE LA CULTURE DU COTON

 

Dans une interview accordée le samedi 04 Février 2017 au RJDH, la Préfète de l’Ouham, Mme Clotilde Namboye a salué la stabilité sécuritaire à Bossangoa, mais souhaite le renforcement en personnel et en moyen des forces de sécurité déployées dans l’Ouham.

RJDH : Mme Clotilde bonjour !

CN : Bonjour Madame la journaliste !

RJDH : Madame la préfète, avec la relance des activités cotonnières dans l’Ouham, peut-on dire que la sécurité est revenue à Bossangoa après les évènements qui ont secoué la RCA?

CN : Après la crise qui a secoué l’Ouham en général, et la ville de Bossangoa en particulier, je puis dire que  la sécurité et  la paix sont retrouvées depuis plus d’un an à Bossangoa. La population vaque librement à ses occupations. Mais il faut souligner qu’en dehors de Bossangoa, il  y a encore quelques zones d’ombres dans certaines Sous-préfectures comme Markounda, Kabo, Bocaranga mais dans l’ensemble, il y a la quiétude.

RJDH : Vous dites que la sécurité est retrouvée. Donc les policiers et gendarmes assurent-t-ils leurs responsabilités classiques?

CN : Malheureusement non, nos policiers et gendarmes ont un faible effectif et sont basés précisément à Bossangoa et Bouca. Nous déplorons qu’ils manquent de moyens logistiques et organiques pour remplir convenablement leurs missions. Malgré ce dénuement, il y a des efforts qui se font afin que la sécurité soit rétablie sur toute l’étendue du territoire.

RJDH : Aujourd’hui, les ex- Anti-Balaka sont au pied du mur dans la ville de Bossangoa dans le cadre des activités du pré-DDR. Comment appréciez-vous la collaboration entre les autorités, les ex-Anti-Balaka et la population ?

CN : Sur ce point, Bossangoa est un exemple. Signalons qu’un comité a été mis en place depuis le 22 juin 2016 et qui est présidé par moi-même et co-présidé par le chef du sous-bureau de la Minusca de Bossangoa pour le suivi des activités du pré-DDR. Ensemble, nous avons lancé officiellement les activités du pré-DDR le 22 août 2016. Après des sensibilisations, des Anti-Balaka ont accepté de déposer les armes. Et si  vous sillonnez la ville, vous verrez que Bossangoa est embellie, même la tribune qui a été inaugurée hier par le Chef de l’Etat a été construite par ces anciens combattants convertis, le nettoyage des marchés, la construction des toilettes publics. La population les a acceptés et eux aussi ont accepté la population.

RJDH: Le Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera a procédé à Bossangoa au lancement de la campagne cotonnière. Quels sont les enjeux?

CN : La culture de coton, est une culture de rente. Grace à elle, les paysans ont cette chance de faire des cultures vivrières. Par son geste, le Président a boosté les coton-culteurs à faire encore davantage. C’est vraiment une grande joie pour moi et pour ma population.

RJDH : Madame la Préfète, l’insécurité perdure dans certaines Sous-préfectures, cela ne perturbera-t-elle pas les activités cotonnières ?

CN : L’insécurité persiste certes dans certaines villes de la région, sinon on ne peut pas l’enrayer sur le champ et on ne peut pas attendre le retour total de la quiétude pour relancer cette culture indispensable à la RCA. Progressivement, je crois que les choses vont rentrer dans l’ordre.

RJDH: Clotilde Namboye, je vous remercie.

CN : C’est à moi de vous remercier !

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CELEBRATION DE LA SEMAINE DE L’ENSEIGNEMENT A BERBERATI

 

23 établissements scolaires ont pris part aux manifestations de la semaine de l’enseignement, dans la ville de Berberati située à l’Ouest de la République Centrafricaine.

Berberati à l’instar des autres villes du pays célèbre la semaine de l’enseignement. Cette célébration est placée sous le signe de la paix, la réconciliation et l’unité. Les manifestations se déroulent aux lycées Barthélémy Boganda et Saint Marcellin Champagnan. Pour cette journée, les élèves ont présenté des sketchs et poèmes, interpellant parents et autorités sur les maux qui gangrènent le pays.

Sur cette manifestation, le président du comité d’organisation, Fidèle Moungoli a expliqué l’originalité de cette fête scolaire qui selon lui,  «vise à aider les élèves à s’exprimer devant le public à travers les manifestations culturelles». 

Ensuite, Samuel Ndofara, représentant du Préfet de la Mambéré-Kadeï a exhorté les élèves de vivre ce moment-ci dans la cohésion sociale. « Cette année, nous plaçons la semaine de l’enseignement sous le signe de la cohésion, car ils se sont passés des évènements qui ont traumatisés les élèves et fragilisés la cohésion qui régnaient entre les communautés ».

Les parents d’élèves ne voient pas l’importance de cette manifestation lorsque le système éducatif ne fonctionne pas bien dans la ville depuis les crises militaro-politiques qu’a connues le pays.

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LES ACTIVITES REPRENNENT AU MARCHE MAGALE A BANGUI

 

Après des mois d’arrêt, le plus grand marché de vente de bois de construction de Bangui reprend ses activités. Reprise favorisée par le retour de la sécurité dans les 3ème et 6ème arrondissements de Bangui.

Il est 11heures, nous sommes au marché Magalé, précisément dans le quartier Fatima. Il y a 3 ans, vendeurs et clients avaient déserté ce marché après les événements du 05 décembre 2013. La recrudescence de la violence entre les mouvements armés rivaux a occasionné le vol de bois qui a favorisé la faillite de certains commerçants. Pour continuer leur business et garantir l’avenir de leurs familles, les vendeurs s’étaient éparpillés et ont installé leurs points de vente à Chicago, Pétévo et Maya toujours dans le 6e arrondissement.

Ainsi, à la faveur du retour au calme à Bangui, ce marché a repris son ambiance d’antan. Les quincailleries se sont réinstallées et les différents étalages sont garnis de bois. Pareillement pour les ateliers de rabotage et des gargotes qui veulent aussi tirer partie de cette reprise. Aussi, il ne se passe pas un jour sans que des véhicules viennent décharger des tonnes de bois.

Sur les raisons de leur retour sur cet espace de vente,  Anicet Ngam-Ngam, un vendeur de bois que nous avons croisé explique leurs motivations : « Il y a beaucoup de raisons liées à cela. D’abord, l’installation au bord de la route a occasionné beaucoup d’incidents et d’autres se sont installés dans des concessions privées où les propriétaires nous posent beaucoup de  problèmes. Pour éviter tout cela, nous avons décidé de regagner le marché parce qu’ici, nous sommes chez nous et personne ne viendra nous déranger ».

A quelques pas, nous retrouvons Marguerite Ndapou.  Cette Dame note une amélioration de la situation sécuritaire dans la zone et appelle les autres vendeurs qui sont encore sur d’autres marchés à les rejoindre. « Il n’y a plus d’inquiétude. Depuis que nous sommes revenus, tout va bien. Nous recevons les clients de toutes les confessions religieuses. Moi-même, je suis musulmane donc, je demande à nos frères de nous rejoindre pour qu’on vende ensemble afin de consolider la cohésion sociale », a-t-elle lancé.

Félicien Mataya se réjouit de ce climat de sécurité qui favorise les affaires. Pour rassurer vendeurs et clients, il demande au gouvernement de « procéder rapidement au désarmement ».

Florent, un client rencontré sur le marché s’est aussi exprimé, « je suis heureux de revenir ici. C’est le marché reconnu de la vente des bois. Je suis menuisier et je trouve mieux ici. Il faut parfois dépasser les contraintes de la crise et reprendre les activités dans les zones qualifiées de dangereuses », a-t-il dit.

Avant la crise en RCA, différentes commerçants de la Sous-région s’approvisionnaient en bois sur le marché Magalé, précisément les tchadiens et soudanais. Depuis la fermeture de la frontière entre le Centrafrique et le Tchad, les grands clients ne sont plus visibles à Magalé. Tous souhaitent revoir ceux-ci au bénéfice des vendeurs de bois.

 

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CENTRAFRIQUE : FORMATION DE 50 EX-COMBATTANTS SUR LES PETITS METIERS

Dans le cadre du projet « Réduction de la violence communautaire en Centrafrique, 50 Ex-Combattants bénéficient d’une formation offerte par Caritas à Bangui.

Selon Thierry Dongobada, Chef du projet réduction de la violence communautaire à l’ONG/Caritas Bangui, « son organisation a été retenue par  INOPS.  C’est dans cette optique que depuis le mois de novembre 2016 ,50 Ex – Combattants, garçons et filles subissent des formations sur le petit commerce et la soudure ».

Il a précisé que « cette formation durera 5 mois : 3 Mois de théorie et  2 mois  de pratique et sera sanctionnée par un  Certificat. Des Kits d’accompagnements sont prévus pour une autonomisation de ses ex-combattants », a-t-il ajouté.

Pour justifier l’accompagnement de ces ex-combattants à la fin de cette formation,  le Chef du projet a soutenu « qu’il s’agit d’un geste pour éviter le retour de ses jeunes ne retombent dans les erreurs du passé en leur donnant une qualification et une autonomie financière et matérielle ».

Boris Kpeko, l’un des bénéficiaires a quant à lui remercié INOPS pour « cette initiative qui fait de lui désormais un responsable capable de se prendre en charge ».

Pour cette première phase, 1400 ex-combattants subissent des formations dans différents domaines. Au moins 3000 sont ciblés pour ces formations.

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CENTRAFRIQUE : 196 EX-ANTI-BALAKA DE BOSSANGOA OPTENT POUR LE PRE-DDR

Les ex Anti-Balaka de Bossangoa ont décidé de reconstruire les édifices publics de la ville qui ont été vandalisés, pendant la crise militaro-politique de 2013 à 2014. Les Travaux à Haute Intensité de Main d’Œuvre  (THIMO) ont été réalisés par eux.

Les ex Anti-Balaka de Bossangoa se sont engagés à contribuer à la reconstruction de la RCA, précisément de leur ville. 196 de ses ex-combattants contribuent à la réhabilitation de Bossangoa dans le cadre du projet  THIMO. Ces activités sont appuyées par la Minusca.

Dans une interview accordée au RJDH, le représentant des ex-combattants de la ville de Bossangoa, Bertin Namndoka a confirmé leur participation dans la reconstruction de Bossangoa.

A côté de cette activité, les ex-Anti-Balaka continuent de sécuriser la ville en vue d’appuyer la Minusca. « Nous ne sommes pas restés bras croisé. Tous les jours, nous contrôlons les axes, afin de déjouer des éventuelles attaques. 196 personnes ont déposé les armes afin de bénéficier du processus du pré-DDR.

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